23-02-2010

Protégé : Modifs d’avril

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21-02-2010

Jean-Marie Domenach

Dans notre société, on ne peut plus croire ensemble… On croit seul.

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20-02-2010

Charles Baudelaire (1821-1867) : Le vin du solitaire

Le regard singulier d’une femme galante
Qui se glisse vers nous comme le rayon blanc
Que la lune onduleuse envoie au lac tremblant,
Quand elle y veut baigner sa beauté nonchalante ;

Le dernier sac d’écus dans les doigts d’un joueur ;
Un baiser libertin de la maigre Adeline ;
Les sons d’une musique énervante et câline,
Semblable au cri lointain de l’humaine douleur,

Tout cela ne vaut pas, ô bouteille profonde,
Les baumes pénétrants que ta panse féconde
Garde au cœur altéré du poète pieux ;

Tu lui verses l’espoir, la jeunesse et la vie,
- Et l’orgueil, ce trésor de toute gueuserie,
Qui nous rend triomphants et semblables aux Dieux !

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19-02-2010

Brassaï

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19-02-2010

Grégoire : Toi + Moi

Toi plus moi plus ceux plus tous ceux qui le veulent
Plus lui plus elle et tous ceux qui sont seuls
Allez venez et entrez dans la danse
Allez venez et laissez faire l’insouciance

A deux a mille je sais qu’on est capable
Tout est possible tout est réalisable
On peut s’enfuir bien plus haut que nos rêves
On peut partir bien plus loin que la grève

Oh toi plus moi plus ceux plus tous ceux qui le veulent
Plus lui plus elle plus tous ceux qui sont seuls
Allez venez et entrez dans la danse
Allez venez c’est notre jour de chance

Avec l’envie la force et le courage
Le froid la peur ne sont que des mirages
Laissez tombez les malheurs pour une fois
Allez venez reprenez avec moi.

Oh toi plus moi plus ceux plus tous ceux qui le veulent
Plus lui plus elle et tous ceux qui sont seuls
Allez venez et entrez dans la danse
Allez venez et laissez faire l’insouciance

Je sais c’est vrai ma chanson est naïve
Même un peu bête , mais bien inoffensive
Et même si elle ne change pas le monde
Elle vous invite à entrer dans la ronde

Oh toi plus moi plus tous ceux qui le veulent
Plus lui plus elle et tous ceux qui sont seuls
Allez venez et entrez dans la danse
Allez venez c’est notre jour de chance

L’espoir l’ardeur font tous ceux qu’il te faut
Mais bras mon cœur mes épaules et mon dos
Je veux te voir des étoiles dans les yeux
Je veux nous voir un sourire et heureux

Oh toi plus moi plus tous ceux qui le veulent
Plus lui plus elle et tous ceux qui sont seuls
Allez venez et entrez dans la danse
Allez venez et laissez faire l’insouciance

Oh toi plus moi plus ceux plus tous ceux qui le veulent
Plus lui plus elle plus tous ceux qui sont seuls
Allez venez et entrez dans la danse
Allez venez c’est notre jour de chance
Oh toi plus moi plus ceux plus tous ceux qui le veulent
Plus lui plus elle plus tous ceux qui sont seuls
Allez venez et entrez dans la danse
Allez venez et entrez dans la danse

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19-02-2010

Elisa Brune : La solitude de l’écrivain de salon

En janvier, vous avez reçu une très aimable invitation, signée par le maire de la ville de Limoges. Il espère vous compter parmi les participants à la Fête du Livre qui aura lieu du 7 au 9 avril. Il vous invite, tous frais payés, et mettra tout en œuvre pour que votre séjour soit des plus agréables.

Après quelques années de vie littéraire, vous n’avez plus la naïveté de croire que quelqu’un aurait pris connaissance de votre prose à Limoges et mourrait d’impatience de vous rencontrer. Les organisateurs de salons s’adressent aux éditeurs pour recevoir des listes d’auteurs qu’ils invitent par ordre d’importance. Les auteurs les plus cotés sont courtisés un an à l’avance. Vous faites partie de la salve « J – trois mois », ce qui n’est pas encore le plus mortifiant, mais quand même.

Vous vous souvenez qu’une sporadique mais persistante expérience de figuration vous avait fait jurer de ne plus jamais aller jouer les marchands de papier derrière une table. Vous vous en souvenez, oui, mais il y a longtemps que vous n’avez plus bougé, et la perspective d’un petit week-end à l’œil n’est pas pour vous déplaire. Aussi : ce sera peut-être une occasion de rencontrer des gens formidables ? L’expédition en terre inconnue, vue de loin, semble toujours souriante, riche en surprises, et pour un peu vous imagineriez que votre vie doit passer par Limoges pour prendre le virage qui compte. Vous avez donc accepté l’invitation, et quelques jours plus tard vos billets de train sont arrivés par la poste.

Le 7 avril arrive, à l’allure caractéristique d’un 7 avril, c’est-à-dire en son temps. Il vous cueille dans votre état caractéristique, c’est-à-dire pareille à vous-même. Ce n’est pas du tout ce que vous aviez prévu. Pour être au sommet de votre configuration personnelle et remplir votre rôle d’écrivain avec sérénité et conviction, il aurait fallu boucler cet énorme article sur la bilharziose, accomplir ce foutu régime, passer chez le coiffeur et dans plusieurs magasins, éradiquer cette éternelle impression de bâcler cette vie-ci en vue de mieux négocier la suivante. On est loin du compte mais vous partez quand même dans un certain état de jubilation. Partir sans savoir sur qui ni sur quoi on va tomber, c’est un frisson qui ne se présente pas tous les jours.

En jeans et baskets, vous montez dans le wagon de première classe du Thalys, celui où la presse et les collations sont gratuites. Vous éprouvez le chatouillis d’un début de sentiment d’importance. Vous savourez la tarte au sucre artisanale et le sourire obséquieux du steward. Quel beau métier, l’écriture ! En gare de Paris-Austerlitz, on vous oriente vers le wagon réservé aux auteurs, déjà bien garni. Vous demandez l’hospitalité près d’une dame seule, qui affirme attendre des gens de sa maison d’édition, vraiment désolée. Vous prenez place de l’autre côté du couloir. Un inconnu à moustache vient vous saluer. Il travaille quelque part dans la structure qui chapeaute votre éditeur – il fait « partie du groupe », comme on dit, sauf que les groupes, de nos jours, comptent mille personnes. Quoi qu’il en soit, il vous « encadre », ainsi que quelques auteurs inconnus de vous, car nichés dans d’autres tentacules du « groupe ». Il est parti et vous avez déjà oublié son nom. Deux jeunes gens arrivent et sollicitent une place auprès de la dame qui attend ses collègues. Subitement, elle ne les attend plus – on voit d’ici la romancière sur le retour intéressée par la chair fraîche. Les deux hommes s’installent, parlent entre eux pendant la moitié du trajet sans qu’elle n’en perde une parole. Quand arrive le minibar, la romancière demande un whisky soda. Elle a dû décréter : « soyons fous ». Mieux, elle passe à l’abordage. Ses deux voisins vivront un moment assez difficile à supporter un torrent de souvenirs héroïques et de conseils aux jeunes auteurs.

Finalement, dans ce « wagon du livre », personne ne semble correspondre aux « gens formidables » que vous ne deviez pas manquer de rencontrer. Votre contact le plus intime est un moustachu sans nom. Vous constatez l’étendue de votre isolement et frissonnez. Que n’avez-vous adhéré au charme éprouvé d’un week-end tranquille à la maison ? En gare de Limoges, chacun est dirigé vers son hôtel, le vôtre est au pied de la gare. Vous y voilà sans avoir échangé deux mots et sans aucune envie de ressortir pour le dîner d’accueil prévu dans un autre hôtel. Faire risette aux auteurs inconnus, perspective qui jusque hier semblait stimulante, devient tout à coup insurmontable. Le temps que tout le monde se rassemble, que tout le monde s’asseye, que tout le monde soit servi… combien de politesses faudra-t-il laborieusement formuler, coincée entre un auteur d’histoire régionale et une illustratrice de livres pour enfants ? Echouée dans votre chambre qui sent le pin printanier, vous vous sentez plus seule qu’un paquet de linge sale. Pourquoi, mais pourquoi, avoir cédé à l’image d’Epinal, jamais confirmée, de la vie passionnante de l’auteur en tournée ? Quarante-huit heures à tirer avant la fin du martyre. Vous vous donneriez des baffes.

Dans l’enveloppe de bienvenue, vous trouvez quelques informations pratiques et le programme du salon. Vous apprenez avec des grincements d’estomac que les têtes d’affiche seront Hervé Vilard, Yves Duteil, Yvette Horner et Raymond Poulidor, tous écrivains nobélisables à n’en pas douter. C’est devenu la tradition dans les salons : les vedettes, odieux coucous, volent la vedette à ceux qui n’ont d’autre activité que d’écrire, et parviennent même à faire croire que le livre n’est pas mort en ameutant les derniers lecteurs autour d’elles. Il restera toujours la possibilité de visiter Limoges. Le dépliant touristique vous dévoile ses richesses : ancien four à porcelaine, aquarium, crypte Saint-Martial, souterrain de la Règle, maison traditionnelle de la boucherie, maison natale du maréchal Jourdan. Bigre, même pas de quoi remplir une demi-journée. Et les musées ? La liste est encore plus courte : musée des compagnons du tour de France, musée national de la porcelaine, musée municipal de l’évêché, musée de l’émail, musée de la résistance. Le désert. Les beaux-arts, les sciences et la littérature n’ont pas encore atteint ces contrées. La perspective du week-end à tirer devient intolérable.

En tout cas pour ce soir, c’est assez d’efforts et de déconvenues. Vous resterez cloîtrée. Vous tirez les rideaux, sauf qu’il n’y a pas de rideaux, ce sont de fausses amorces, aussi fixes qu’un tronc d’arbre. Vue imprenable sur le voisin, dans la chambre à angle droit. En plus, la faim vous tenaille. Sortir seule ? L’hôtel est en pleine zone. Room-service ? Pas inscrit sur la carte. Et… le paquet cadeau qui trône sur la table ? Si c’est comme à Brive, il s’agira d’un pot de pâté de foie gras, qui pourra faire en-cas. Vous déballez fébrilement le paquet pour découvrir… hélas, une tasse en porcelaine. Vous pensez à ce que pourrait être ce moment si seulement le scénario était bien fait : une troupe d’amis vous aurait attendue à la gare, vous seriez sortis dans un endroit typique, vous auriez discuté, chanté, dansé toute la nuit. Dans un roman, tout cela se règle en un tournemain. Mais dans la vie, sérieusement, le scénario, vous pouvez me dire qui s’en occupe ?

Vous descendez à la réception, en quête d’un paquet de chips. C’est encore trop demander. La jeune fille, prise de pitié, vous offre quelques cakes aux fruits sous plastique qu’elle dérobe dans le panier du petit déjeuner. Vous terminerez la soirée en suçotant des cakes qui collent aux dents, affalée devant un documentaire sur les guépards. Le voisin, lui, regarde la soirée des restos du cœur sur TF1 – que vous ne pouvez éviter de suivre en parallèle, juste de quoi avoir honte pour Michel Fugain, Julien Clerc et Francis Cabrel, qui égayèrent vos jeunes années et que vous n’auriez pas voulu voir en si débile posture.

A huit heures du matin, tout le monde dort encore, vous dites-vous, c’est le moment de descendre en catimini. Vous tombez dans une animation bourdonnante. Ils sont prêts de pied en cap et attendent déjà le bus, pour un salon qui ouvre ses portes à neuf heures. Un autre contingent occupe la salle du petit déjeuner. Les conversations éditoriales vont bon train. Un tel a déjà envoyé cinq chapitres à la traduction, alors qu’il est en train d’écrire le sixième. Assise à la dernière petite table, vous jouez les voyageurs de commerce égarés. Et vous remontez piquer un petit somme. A dix heures, vous arrivez dans un salon encore désert. Seules les places des auteurs sont occupées, en rang serrés, dans les quatre grands stands de libraires. Toutes sauf une. Ainsi vous êtes vraiment censée occuper votre poste ? On vous accueille avec force sourires. Les piles de vos livres occupent tout un coin du stand. Un paquet cadeau vous attend. Qu’est-ce ? Mais qu’est-ce ? Calmez-vous, c’est une cuiller en porcelaine. Votre chaise est encastrée dans le coin des deux tables. Vous parvenez à vous faufiler, mais il ne s’agira pas de sortir pour un oui ou pour un non. Vous faites connaissance avec votre voisin de gauche, un type qui donne des cours de judo à des enfants trisomiques et qui a écrit un livre sur un type qui donne des cours de judo à des enfants trisomiques. A sa gauche, un journaliste local a publié un manuel pratique sur les chemins de Compostelle. Au-delà, vous distinguez un gros livre sur les enfants cachés pendant la guerre dans le Limousin. Puis un livre sur la libération de Limoges. Puis un album sur les champignons du Limousin. Toute la table s’étire en sujets régionaux. Derrière vous, le long de la table à angle droit, cinq romanciers natifs de Limoges. Vous vous sentez de plus en plus excentrique. Le judoka n’est pas à l’aise non plus. Lors de son dernier salon, le week-end dernier, il a reçu le prix de « La Lyonnaise des eaux », qui lui a permis de vendre trois cent cinquante livres. Mais ici, il n’a pas encore décapuchonné son stylo et déprime.

C’est vrai que le trafic est faible, mais surtout, il ne s’arrête pas chez vous. En revanche, les chemins de Compostelle attirent l’attention. C’est à croire que tout le monde, à Limoges, a été ou ira à Compostelle. Il y a ceux qui s’inquiètent pour leur vieille maman (« A soixante-quinze ans, elle veut partir toute seule ! »), ceux qui s’entraîne en marchant un kilomètre par jour, ceux qui demandent s’il faut prévoir des médicaments contre la malaria. Le journaliste signe à tour de bras. Ses voisins ne chôment pas non plus. L’enfilade de la table évoque un parloir de prison, où dix têtes penchées abreuvent et rassurent dix têtes tendues. Mais entre le judoka et vous, on compte les mouches. Vous attendez philosophiquement la fin de l’épreuve, tandis qu’il fulmine et s’obstine à aborder les gens d’autorité : « Achetez mon livre, enfin, qu’est-ce que vous attendez ? » La méthode ne produit que quelques sourires contraints ou apitoyés, et au fond cela vous rassure. Plus besoin de culpabiliser parce que vous ignorez le chaland. Le chaland tient à être ignoré de ceux qu’il ignore. Le chaland va là où il veut aller, dans la longue file qui s’étire pour Hervé Vilard ou devant la tignasse rouge d’Yvette Horner. Ou chez la jeune romancière qui se trouve juste derrière vous. Une critique élogieuse d’une page entière dans le quotidien local d’hier lui vaut un tel intérêt que tout le stock est vendu à midi. La voilà obligée de quitter le salon faute de munition. Et le judoka de marmonner : « Elle aurait quand même pu continuer en vendant le mien ! ».

Vers midi trente, vous sentez venir le moment où on vous emmènera dans un restaurant pour un « repas des auteurs ». Préventivement, vous annoncez que vous partez visiter la ville. Vous voilà enfin libre pour deux heures. Vous déambulez au hasard vers les rues piétonnières du centre ville. Le soleil brille avec entrain, la flânerie vous ravit et soudain vous comprenez que ce qui vous plaît dans les salons, c’est la solitude. Etre là plutôt qu’ailleurs, mais pour une raison légère, un simple acte de présence, et pour le reste dériver sans but précis, observer, absorber, prendre un bain d’humanité. Traverser un vieux marché, regarder les sabots, les boudins de châtaignes, les casse-noix du pays, les porcelets noirs et roses, s’asseoir sur une terrasse aux Délices du Fournil, observer ce père aux yeux tristes, cet amoureux trop empressé, cette imposante coiffeuse dont on devine le string. La voilà, la vraie vie d’écrivain, c’est la vie tout court, le regard dégagé des contraintes, la balade en roue libre, l’immersion dans la banalité intense, qui brûle les yeux. Affublée d’une troupe d’amis ou d’admirateurs, vous n’auriez rien pu voir, acculée stupidement à tenir votre rôle, alors que là, vous manquez crever d’émotion à sillonner Limoges comme si c’était une autre planète. La vie brute, quelle tornade tout de même. On en oublierait l’heure.

A quinze heures, vous êtes de nouveau la dernière à réintégrer votre poste. Le judoka a déjeuné avec un auteur noir né en France, dont le livre explique l’appartenance entière à la culture de sa région natale, le Périgord. Et dans les salons il passe son temps, se lamente-t-il, à répondre aux gens qui viennent lui parler passionnément du Cameroun. Le judoka décide de poursuivre sa méthode offensive. Il beugle à qui veut l’entendre : « Le seul livre anti-CPE de tout le salon ! » S’il voit un chauve, il assène : « Le livre qui fera repousser vos cheveux ». Sur le coup de dix-huit heures, il s’oriente people : « Découvrez la liaison secrète entre Hervé Vilard et Yvette Horner ! » Malgré tous ses efforts, la journée se termine sur un score de 6-4 en votre faveur, et vous vous demandez comment six personnes ont pu s’intéresser à un de vos livres, tandis qu’il se dit anéanti par le nombre de dégonflés : « Ils travaillent dans le social, ils se disent concernés, et puis ils reposent le livre, est-ce que tu comprends ça ? » Le libraire qui vous a accueillis avec de grands sourires ce matin se montre beaucoup plus froid, d’une froideur qui doit se mesurer précisément à la hauteur des stocks qu’il devra remballer. Vous vous sentez comme un cheval qui a déçu son turfiste, mais après tout vous ne lui avez rien promis.

D’après votre supérieur moustachu, qui rejoindra votre table au petit déjeuner du lendemain, il ne faut pas vous inquiéter. Dans un salon régional, même les prix Goncourt se tournent les pouces, c’est normal. Ah bon, vous dites-vous, pas très sûre de décerner un compliment ou une consolation. Et pourquoi ça ? Le public des salons est un public particulier, souvent des gens qui ne mettent jamais les pieds dans une librairie. Ils viennent pour voir des têtes et sortir en famille. Et pourquoi les éditeurs prennent-ils la peine de convoyer leurs poulains dans cette galère ? En fait, ils ne paient rien. C’est la Ville de Limoges qui endosse tous les frais de voyage et d’hébergement. Elle invite des auteurs parisiens ou même étrangers pour faire chic, et ce qu’on vend sera donc tout bénéfice pour l’éditeur. Bon, vous vous sentez mieux. Mais le libraire, en revanche paie son emplacement assez chez. Allons, vous revoilà coupable. Quelle idée aussi, de vous avoir choisie ! Oh, vous dit-on, c’est un débutant, il a repris la librairie depuis deux mois, il a sans doute choisi au hasard. C’était donc ça ! Vous compterez parmi ses erreurs de jeunesse… Et la ville, pourquoi fait-elle un investissement pareil ? Pour son prestige, sa politique culturelle… après tout, elle a des budgets à dépenser.

A dix heures, vous retrouvez votre ami judoka qui vous félicite d’avoir joué cavalier seul hier soir (vous êtes allée au cinéma, peinard). Lui a voulu voir à quoi ressemblait le dîner de gala et a enduré la cérémonie de remise du Grand prix littéraire de la ville de Limoges, à … Hervé Villard. Très ému, le chanteur qui jouit d’une rente à vie depuis « Capri c’est fini » s’est déclaré très honoré de faire partie de la confrérie tant admirée des écrivains (dont il était tout de même en train de voler le pain). Consécration suprême, Jean d’Ormesson lui avait téléphoné pour le féliciter. A table, après un racket éhonté des auteurs sur le buffet des zakouski, le judoka s’était retrouvé en compagnie d’un homosexuel réactionnaire qui semblait sérieusement prôner l’euthanasie pour les trisomiques. Et le homard était caoutchouteux. Mais en fin de soirée, il avait pu frapper un grand coup en allant parler de son bouquin à un patron de revue. Depuis quinze jours, il essayait de passer les barrages des téléphonistes sans succès. Cette fois, il avait le nom d’une chroniqueuse, à appeler de la part du patron. Vous vous étonnez naïvement : n’est-ce pas le boulot de l’éditeur de contacter la presse ? « Parce que tu crois que je vais leur faire confiance ! Ils donnent un coup de fil et c’est tout. Moi, j’en donne soixante s’il le faut, mais j’obtiens un papier. Depuis deux mois, je ne fais que ça. J’ai eu Le Monde, j’ai eu Libé, tu crois qu’ils auraient bougé si je ne les avais pas harcelés tous les jours ? » Ah bon, c’est donc ça le secret ! Mais à choisir, vous préférez vous passer de la presse et aller au cinéma, peinard.

A onze heures, vous décidez d’assister à une conférence de linguistique qui fait partie du programme des animations. Le libraire vous regarde bizarrement : « Allez-y, si ça vous intéresse vraiment. Je dirai aux gens qui viennent pour vous de repasser dans l’après-midi. » De quels clients parle-t-il au juste ? Vous en veut-il de ne pas être Mireille Darc ou Sylvie Vartan ? La conférence est passionnante et vous aurez au moins appris quelques vérités sur l’évolution de la langue française depuis les Gaulois jusqu’à nos jours, l’influence germanique sur les toponymes du nord, le rôle de la première guerre mondiale dans le recul des dialectes, et la disparition spontanée de la moitié des mots franglais utilisés dans les années 60. Vous n’êtes pas venue pour rien.

De retour au poste, vous attendez le chaland pour le dernier round. Dimanche après-midi, il pleut des cordes, les conditions idéales sont réunies. La foule se presse en rangs beaucoup plus compacts qu’hier. En l’observant, vous aboutissez à trois conclusions. Les gens sont gros. Les gens sont tristes. Les filles ressemblent incroyablement à leur mère. Seuls les enfants vous émeuvent, les yeux encore habités d’une curiosité insatiable. Un visiteur entre dans le chapiteau, et se dirige droit vers vous. Compulse tous vos livres. Sa copine fait le pied de grue à côté, visiblement agacée. Soudain, il vous en achète trois. Curieuse, vous demandez : « Vous me connaissez ? » « Non, je découvre ». Et il augmente votre chiffre d’affaires de 50% d’un coup ! Les salons sont pleins de surprises… Le judoka est quasiment battu (9-5) et proche de la dépression nerveuse. Il fulmine quand les clients de son voisin font écran devant lui ou signent leur chèque sur sa pile de livre. En fin de journée, il harponne une femme qui se met à blaguer avec lui puis s’éloigne. L’homme de Compostelle en devient vert de rage : « Mais tu l’as détournée ! Tu voyais bien qu’elle allait m’acheter un livre, non ? ». Vous pensez qu’il blague, mais pas du tout. Lui qui jusque-là était tout sourire se mue en porte de prison. L’affront est impardonnable. Les deux hommes termineront la journée sans plus s’adresser la parole. Ce qui n’empêchera pas le judoka d’effectuer une belle remontée. Vous terminez sur le score risible mais solidaire de 11-11. Le libraire ne vous parle plus. Au moins deux cent livres à remballer. Il rêve de vous assassiner. Bon, mais c’est pas tout ça, vous avez un train à prendre, plus tôt que les autres en raison de votre correspondance à Paris. Cela vous évitera les conversations oiseuses.

A peine assise, vous voyez s’installer en face de vous un chauve hilare qui sait que vous étiez au salon. Il en revient aussi. Il est avocat et signait un livre sur les dysfonctionnements de la justice. Encore un pique-assiette. Mais reste-t-il quelqu’un sur terre qui écrit pour écrire ? Et regardez celui-ci, qui disserte comme seul un avocat sait le faire. On devrait interdire d’écrire aux gens qui parlent aussi bien. Mais son enthousiasme est communicatif et vous vous lancez dans une longue discussion sur les vocations, les métiers, l’épanouissement personnel et le sens de la vie. L’homme tient des raisonnements éblouissants avec un brio qui vous fait baver d’envie. Mais dès que vous le complimentez, il tire la grimace. Simple numéro de bouffon. Pur cabotinage. Parler, vous savez, c’est ce qui reste aux gens qui n’ont pas pu s’imposer autrement. Et de vous raconter sa jeunesse difficile. Les complexes sur son physique, petit, maigrichon et moche, les complexes sur son intellect, nul en math au point d’atterrir en fac de droit par dépit. Le baratin comme seule voie de salut, voilà ce qui fait un tribun hors pair. Vous en restez sans voix, ce qui ne vous change guère, sauf que cette fois vous n’en faites pas un fromage. Vous, vous avez eu le choix. Vous écrivez par plaisir. Le petit monsieur qui pérore vous semble tout à coup si fragile. Si émouvant. Et le judoka aussi. Et Hervé Vilard aussi. Ils ont bien le droit d’écrire, après tout. La langue appartient à tout le monde.

Comme souvent, vous n’avez rien vécu de grandiose, mais vous rentrez songeuse, la tête remplie d’un magma improbable qui rend un son presque poétique. Vous avez vu et entendu plus de choses que n’en pourrait démêler un bon roman. Tout cela ne rime à rien et pourtant résonne sans fin dans votre tête. Vous venez de traverser une tranche de réalité. Il n’en faut pas plus pour vous sentir réveillée, revigorée, rafraîchie. Les yeux rincés d’avoir été là où vous n’êtes pas d’habitude, vous ressentez l’étrangeté fondamentale du monde. Quel meilleur moteur pour écrire ?

Elisa Brune : site officiel

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17-02-2010

Colette : La Vagabonde

Me voilà donc, telle que je suis ! Seule, seule, et pour la vie entière sans doute. Déjà seule ! C’est bien tôt. J’ai franchi, sans m’en croire humiliée, la trentaine ; car ce visage-ci, le mien, ne vaut que par l’expression qui l’anime, et la couleur du regard, et le sourire défiant qui s’y joue — ce que Marinetti appelle ma gaiezza volpina… Renard sans malice, qu’une poule aurait su prendre ! Renard sans convoitise, qui ne se souvient que du piège et de la cage… Renard gai, oui, mais parce que les coins de sa bouche, et de ses yeux, dessinent un sourire involontaire… Renard las d’avoir dansé, captif, au son de la musique… Le Livre de Poche n° 283 p. 13

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14-02-2010

Luis Lonjedo

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Plus…

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13-02-2010

Paul Géraldy (Paul Lefèvre, 1885-1983) : Finale

Alors, adieu, tu n’oublies rien ? … C’est bien. Va-t-en,
Nous n’avons plus rien à nous dire. Je te laisse.
Tu peux partir… Pourtant, attends encore, attends !
Il pleut … Attends que cela cesse.
Couvre-toi bien, surtout ! Tu sais qu’il fait très froid
dehors. C’est un manteau d’hiver qu’il fallait mettre …
Je t’ai bien tout rendu ? Ne pleurons pas ! Ce serait bête.
Quel effort il faut faire, hein ? dans nos pauvres têtes
pour revoir les amants que nous avons été !
Nos deux vies s’étaient l’une à l’autre données toutes,
pour toujours … Et voici que nous les reprenons.
Et nous allons partir, chacun avec son nom,
recommencer, errer, vivre ailleurs… Oh ! sans doute,
nous souffrirons… pendant quelque temps. Et puis quoi !
l’oubli viendra, la seule chose qui pardonne.
Et il y aura toi, et il y aura moi,
et nous serons parmi les autres deux personnes.
Ainsi, déjà, tu vas entrer dans mon passé,
Nous nous rencontrerons par hasard, dans les rues,
Je te regarderai de loin, sans traverser.
Tu passeras avec des robes inconnues.
Et puis nous resterons sans nous voir de longs mois.
Et mes amis te donneront de mes nouvelles.
Et je dirai de toi qui fus mon sang, de toi
qui fus ma force et ma douceur : « Comment va-t-elle ? »
Notre grand coeur, c’était cette petite chose !
Etions-nous assez fous, pourtant, les premiers jours.
Tu te souviens, l’enchantement, l’apothéose ?
S’aimait-on !… Et voilà : c’était ça , notre amour !
Ainsi nous, même nous, quand nous disons « je t’aime »,
Voilà donc la valeur que cela a ! Mon Dieu !
Vrai, c’est humiliant. On est donc tous les mêmes ?
Nous sommes donc pareils aux autres ? Comme il pleut !
Tu ne peux pas partir par ce temps… Allons, reste.
Oui, reste, va ! On tâchera de s’arranger.
On ne sait pas. Nos coeurs, quoiqu’ils aient changé,
se reprendront peut-être au charme des vieux gestes.
On fera son possible. On sera bon. Et puis,
on a beau dire, au fond, on a des habitudes …
Assieds-toi va ! Reprends près de moi ton ennui.
Moi près de toi je reprendrai ma solitude.

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12-02-2010

Alain Souchon : Seul dans ton coin

Les petites filles sont des traîtresses
Si jamais tu tires leurs tresses
Elles le disent à la maîtresse
Et toi, tu finis au coin

{Refrain:}
Qu’est-ce que ça change ? T’es tout seul
T’es toujours, toujours tout seul
De tes langes à ton linceul
T’es toujours seul dans ton coin

Les petites filles, c’est pas facile
C’est jamais vraiment docile
Pour que tu te les fasses, il
Faudrait toujours jouer des poings

Le temps de te bagarrer
Qu’un type vienne vous séparer
Elles se sont déjà barrées
Et tu restes tout seul dans ton coin

{au Refrain}

Les petites filles, c’est des vampires
C’est peut-être même encore pire
Que les mégères de Shakespeare
Qui s’apprivoisent, elles, au moins

Ça téléphone de Bombay
D’un bain de boue chez Bobet
T’es qu’une pomme qu’on laisse tomber
Newton n’est même pas dans le coin

{au Refrain}

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12-02-2010

solitude… au niveau de l’eau

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10-02-2010

Colette : La Vagabonde

Comme d’habitude, c’est avec un grand soupir que je referme derrière moi la porte de mon rez-de-chaussée. Soupir de fatigue, de détente, de soulagement ? — ou l’angoisse de la solitude ? Ne cherchons pas, ne cherchons pas !

Qu’est-ce que j’ai donc, ce soir ?… C’est ce brouillard de décembre, glacial, tout en paillettes de gel suspendues, qui vibre autour des becs de gaz en halo irisé, qui fond sur les lèvres avec un goût de créosote… Et puis, ce quartier neuf que j’habite, surgi tout blanc derrière les Ternes, décourage le regard et l’esprit.
Sous le gaz verdâtre, ma rue, à cette heure, est un gâchis crémeux, praliné, marron-moka et jaune caramel, — un dessert éboulé, fondu, où surnage le nougat des moellons. Ma maison elle-même, toute seule dans la rue, a « l’air que ce n’est pas vrai ». Mais ses murs neufs, ses cloisons minces offrent, pour un prix modeste, un abri suffisamment confortable à des « dames seules » comme moi.
Quand on est « dame seule », c’est-à-dire tout ensemble la bête noire, la terreur et le paria des propriétaires, on prend ce qu’on trouve, on gîte où l’on peut, on essuie la fraîcheur des plâtres…
La maison que j’habite donne miséricordieusement asile à toute une colonie de « dames seules ». A l’entresol, nous avons la maîtresse en titre de Young, Young-Automobiles ; au-dessus, l’amie, très « tenue », du comte de Bravailles ; plus haut, deux sœurs blondes reçoivent, chaque jour, la visite d’un seul Monsieur- très-bien -qui-est-dans -l’industrie : plus haut encore, une terrible petite noceuse mène, jour et nuit, un train de fox-terrier déchaîné : cris, piano, chants, bouteilles vides jetées par la fenêtre :
— C’est la honte de la maison, a dit un jour Mme Young-Automobiles. Le Livre de Poche n° 283 p. 11 et 12

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07-02-2010

Napoléon Ier

Un homme d’Etat est toujours seul d’un côté, avec le monde de l’autre.

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07-02-2010

Frida Kahlo (1907-1954)

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Je peins des auto-portraits parce que je me sens si souvent seule,
parce que je suis la personne que je connais le mieux.
Frida Kahlo 

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06-02-2010

Nicolas-Germain Léonard (1744-1793) : Les regrets

Pourquoi ne me rendez-vous pas
Les doux instants de ma jeunesse ?
Dieux puissants ! ramenez la course enchanteresse
De ce temps qui s’enfuit dans la nuit du trépas !
Mais quelle ambition frivole !
Ah ! dieux ! si mes désirs pouvaient être entendus,
Rendez-moi donc aussi le plaisir qui s’envole
Et les amis que j’ai perdus !

Campagne d’Arpajon ! solitude riante
Où l’Orge fait couler son onde transparente !
Les vers que ma main a gravés
Sur tes saules chéris ne sont-ils plus encore ?
Le temps les a-t-il enlevés
Comme les jeux de mon aurore ?
Ô désert ! confident des plus tendres amours !
Depuis que j’ai quitté ta retraite fleurie,
Que d’orages cruels ont tourmenté mes jours !

Ton ruisseau dont le bruit flattait ma rêverie,
Plus fidèle que moi, sur la même prairie,
Suit constamment le même cours :
Ton bosquet porte encore une cime touffue
Et depuis dix printemps, ma couronne a vieilli,
Et dans les régions de l’éternel oubli
Ma jeune amante est descendue.

Quand irai-je revoir ce fortuné vallon
Qu’elle embellissait de ses charmes ?
Quand pourrai-je sur le gazon
Répandre mes dernières larmes ?
D’une tremblante main, j’écrirai dans ces lieux
 » C’est ici que je fus heureux ! « 

Amour, fortune, renommée,
Tes bienfaits ne me tentent plus ;
La moitié de ma vie est déjà consumée,
Et les projets que j’ai conçus
Se sont exhalés en fumée :
De ces moissons de gloire et de félicité
Qu’un trompeur avenir présentait à ma vue,
Imprudent ! qu’ai-je rapporté ?
L’empreinte de ma chaîne et mon obscurité :
L’illusion est disparue ;

Je pleure maintenant ce qu’elle m’a coûté ;
Je regrette ma liberté
Aux dieux de la faveur si follement vendue.
Ah ! plutôt que d’errer sur des flots inconstants,
Que n’ai-je le destin du laboureur tranquille !
Dans sa cabane étroite, au déclin de ses ans,
Il repose entouré de ses nombreux enfants ;
L’un garde les troupeaux ; l’autre porte à la ville
Le lait de son étable, ou les fruits de ses champs,
Et de son épouse qui file
Il entend les folâtres chants.

Mais le temps même à qui tout cède
Dans les plus doux abris n’a pu fixer mes pas !
Aussi léger que lui, l’homme est toujours, hélas !
Mécontent de ce qu’il possède
Et jaloux de ce qu’il n’a pas.
Dans cette triste inquiétude,
On passe ainsi la vie à chercher le bonheur.
A quoi sert de changer de lieux et d’habitude
Quand on ne peut changer son cœur ?

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05-02-2010

Alain Souchon : Ultra moderne solitude – 1988

Ça s’passe boul’vard Haussman à cinq heures
Elle sent venir une larme de son cœur
D’un revers de la main elle efface
Des fois on sait pas bien c’qui s’passe

Pourquoi ces rivières
Soudain sur les joues qui coulent
Dans la fourmilière
C’est l’Ultra Moderne Solitude

Ça s’passe à Manhattan dans un cœur
Il sent monter une vague des profondeurs
Pourtant j’ai des amis sans bye-bye
Du soleil un amour du travail

Pourquoi…

Ça s’passe partout dans l’monde chaque seconde
Des visages tout d’un coup s’inondent
Un revers de la main efface
Des fois on sait pas bien c’qui s’passe

On a les panoplies les hangars
Les tempos les harmonies les guitares
On danse des étés entiers au soleil
Mais la musique est mouillée, pareil

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05-02-2010

Seule

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03-02-2010

Colette : La Vagabonde

Elle va me dire : « Est-ce toi qui es là ?… Là, toute seule, dans cette cage aux murs blancs que des mains oisives, impatientes, prisonnières, ont écorchés d’initiales entrelacées, brodés de figures indécentes et naïves? Sur ces murs de plâtre, des ongles rougis, comme les tiens, ont écrit l’appel inconscient des abandonnés… Derrière toi, une main féminine a gravé : Marie… et la fin du nom s’élance en parafe ardent, qui monte comme un cri… Est-ce toi qui es là, toute seule, sous ce plafond bourdonnant que les pieds des danseurs bourdonnant que les pieds des danseurs émeuvent comme le plancher d’un moulin actif ? Pourquoi es-tu là, toute seule? et pourquoi pas ailleurs ? Le Livre de Poche n° 283, p. 6

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31-01-2010

Antonio Fontanesi : Solitudine – 1875

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31-01-2010

Pierre Mendès-France

Seuls les démagogues ne sont jamais solitaires.

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30-01-2010

Nicolas-Germain Léonard (1744-1793) : L’Absence

Des hameaux éloignés retiennent ma compagne.
Hélas ! Dans ces forêts qui peut se plaire encor ?
Flore même à présent déserte la campagne
Et loin de nos bergers l’amour a pris l’essor.

Doris vers ce coteau précipitait sa fuite,
Lorsque de ses attraits je me suis séparé :
Doux zéphyr ! si tu sors du séjour qu’elle habite,
Viens ! que je sente au moins l’air qu’elle a respiré.

Quel arbre, en ce moment, lui prête son ombrage ?
Quel gazon s’embellit sous ses pieds caressants ?
Quelle onde fortunée a reçu son image ?
Quel bois mélodieux répète ses accents ?

Que ne suis-je la fleur qui lui sert de parure,
Ou le nœud de ruban qui lui presse le sein,
Ou sa robe légère, ou sa molle chaussure,
Ou l’oiseau qu’elle baise et nourrit de sa main !

Rossignols, qui volez où l’amour vous appelle,
Que vous êtes heureux ! que vos destins sont doux !
Que bientôt ma Doris me verrait auprès d’elle
Si j’avais le bonheur de voler comme vous !

Ah ! Doris, que me font ces tapis de verdure,
Ces gazons émaillés qui m’ont vu dans tes bras,
Ce printemps, ce beau ciel, et toute la nature,
Et tous les lieux enfin où je ne te vois pas ?

Mais toi, parmi les jeux et les bruyantes fêtes,
Ne va point oublier les plaisirs du hameau,
Les champêtres festons dont nous parions nos têtes,
Nos couplets ingénus, nos danses sous l’ormeau !

Ô ma chère Doris, que nos feux soient durables !
Il me faudrait mourir, si je perdais ta foi.
Ton séjour t’offrira des bergers plus aimables,
Mais tu n’en verras point de plus tendres que moi.

Que ton amant t’occupe au lever de l’aurore,
Et quand le jour t’éclaire, et quand il va finir ;
Dans tes songes légers, qu’il se retrace encore,
Et qu’il soit, au réveil, ton premier souvenir.

Si mes jaloux rivaux te parlaient de leur flamme,
Rappelle à ton esprit mes timides aveux :
Je rougis, je tremblai ; tu vis toute mon âme
Respirer sur ma bouche et passer dans mes yeux.

Et maintenant, grands dieux ! quelle est mon infortune !
De mes plus chers amis je méconnais la voix,
Tout ce qui me charmait m’afflige et m’importune ;
Je demande Doris à tout ce que je vois.

Tu reposais ici ; souvent dans ce bocage,
Penché sur tes genoux, je chantais mon amour :
Là, nos agneaux paissaient au même pâturage ;
Ici, nous nous quittions vers le déclin du jour.

Revenez, revenez, heures délicieuses,
Où Doris habitait ces tranquilles déserts,
L’écho répétera mes chansons amoureuses,
Et sur ma flûte encor je veux former des airs.

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29-01-2010

Solitudine – 1977

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27-01-2010

Anaïs Nin

Je comprends la solitude mieux que quiconque, c’est pourquoi je réponds à toutes les lettres, et quand vous parlez d’une indigence de rapports humains je me rappelle les époques et les lieux qui ne donnaient pas la vie. Faut-il que vous restiez là ? On devrait avoir le courage de quitter les endroits vides ou déserts. La vie est bien trop précieuse. Lorsque je regarde en arrière je vois comment nous créons notre propre destinée, comment nous suscitons les aspects négatifs par notre passivité. Nous ne devrions jamais accepter la pauvreté de vie. Je sais qu’il est difficile de faire face à l’inconnu, de créer un autre travail, ou un autre style de vie. Mais si cela dépend de vous, n’acceptez pas le vide. Journal, Hiver 1958-59, Le Livre de Poche p. 274

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24-01-2010

Gérald Aubert

57051affichesentimentsprovisoires.jpgLa solitude est un chien du cœur et j’ai perdu la laisse. Sentiments provisoires.

 

 

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24-01-2010

Camille Corot : La solitude – Souvenir de Vigen

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Napoléon III acheta cette toile au salon de 1866.

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23-01-2010

Solitude – Tazounette

S’accrocher à ta voix coulant du récepteur
Oublier les jours tristes où grandit cette attente
Laisser aller ses rêves au fil des silences ou
Intonations aimées. Sourire, rire, être émue
Trouver de la quiétude dans ta fausse présence
Une impression de toi, un vide presque tût
Doux instants partagés par cet infime lien
Ecouter cette voix et te sentir si là…

Lien : Tazounette : Voilà un vrai blog ! Ce que je ne sais pas faire ! En parcourant les articles on a une idée précise des goûts, du caractère, de l’ambition intérieure de la blogeuse ! Outre celui-ci, elle y a publié à cette heure 56 autres poèmes, qui finiront (j’en fais le pari) en livre ! Il n’y a plus qu’à espérer qu’elle ne le fermera jamais !

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22-01-2010

Loneliness

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17-01-2010

Hans Thoma (1839-1924) : Solitude

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15-01-2010

בדידות!

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10-01-2010

Einsamkeit – Moritz Bauernfeind – 1911

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09-01-2010

174) Louis Aragon (1897-1982)

J’ai vu ce couple au déclin du jour je ne sais dans quel quartier
Nous avions fait un détour au-dessus de Nice avec la voiture
La ville mauve en bas allumait peu à peu ses devantures

Ces enfants se tenaient par la main comme sur une peinture
Histoire de les regarder je me serais arrêté volontiers.

Il n’y avait dans ce spectacle rien que de très ordinaire
Ils étaient seuls ils ne se parlaient pas ne bougeaient pas rêvant
Ils écoutaient leur cœur à distance et n’allaient point au-devant
La place était vide autour d’eux il n’y remuait que le vent
Et l’auto n’a pas ralenti Les phares sur les murs tournèrent

Le Roman inachevé, Une respiration profonde

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09-01-2010

T.E. Turner : Loneliness – 1999

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08-01-2010

Samoce

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06-01-2010

Paul Van Mulder : La Solitude d’un acteur de peep-show avant son entrée en scène

57233solitude.jpgIl est toujours difficile de prendre la parole, surtout quand on a rien à dire, surtout quand on ne vous l’a jamais donnée… C’est pourtant ce qu’il veut faire… cet acteur de peep-show… ce soir… malgré tout… parler… raconter… Il y va de sa survie, de sa vérité. Alors avec toute l’énergie du désespoir, les mots, les phrases se construisent, et il offre malgré lui aux spectateurs un récit témoignant que toute vie, même la plus insignifiante renferme une humanité où chacun peut s’y retrouver.

Ce texte a été écrit dans un sentiment d’urgence. Car au-delà de la quête de ce personnage vers un désir de reconnaissance, un besoin d’amour, de parler de ses angoisses, il y a aussi un besoin viscéral de trouver sa place dans cette société. Il y a en toile de fond la dénonciation que la société fabrique de plus en plus d’exclus et engendre une nouvelle classe sociale : « les travailleurs pauvres », qui avec des salaires de plus en plus tirés vers le bas, ne peuvent plus que « survivre » et ne jamais accéder à leurs rêves.

C’est aussi de cela dont souffre ce personnage, ce travailleur précaire : une non-reconnaissance de son travail. Mais il s’accroche à ce petit boulot, comme à une bouée de sauvetage : il ne veut pas être complètement marginalisé, se retrouver à la rue. Alors, il accepte d’être humilié, de prester des heures supplémentaires non payées, il supporte le petit chef qui rend la vie encore plus difficile, car « si tu n’es pas content, la porte est grande ouverte. On n’a pas besoin de toi… »

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06-01-2010

Le Gardien de Phare – Georges Pierre Moreau

Le phare se dressait comme un « I »
Au large des côtes bretonnes
L’océan beuglait jour et nuit
Comme une vache qui moutonne!
Les coups de mer tonnaient un à un
Avec un bruit de canonnade
Le vent de norois chargé d’embruns
Postillonnait sa sérénade
Et les goélands aux abois
Goëlaient comme des putois!

Le gardien était jeune et beau
Il vivait seul. Pour se distraire
Il attrapait les bigorneaux
Au lasso… c’était sa manière
Et quand les ténèbres tombaient
Alors il allumait son phare
Et les pêcheurs, au loin, pensaient:
Le gardien à le jeu quelque part
Et les courlis dans leur dodo
Courlissaient vivement les rideaux!

Or un soir, seul dans son grand lit
Il contemplait avec tristesse
La grosse lanterne, et il se dit:
Ce qui manque ici, c’est une négresse!
Il en trouva une rapidement
Et ce fut un très beau mariage
La négresse était tout en blanc
Avec un lys à son corsage,
Et les homards sortant de leurs trous
S’homaraient comme des petits fous!

Mais bientôt jaloux, fou furieux,
Il la saisit, ce fut atroce
D’un seul coup il lui fit trois bleus
Et d’un autre, il lui fit trois gosses!
Puis saisissant à bras le corps
Sa petite femme en bois d’ébène
Il la balança par-dessus bord
En s’écriant: La mer est pleine
Et les morues, qu’avaient les foies
Moururent de peur toutes à la fois!

Mais stupeur le lendemain les flots
Étaient noirs… sitôt tout le monde
Pensa: C’est la faute aux bateaux
Qui jettent leur… ancre dans l’onde!
La vérité, moi je vous l’apporte
Notre négresse c’est notoire
Avait déteint et… la mère morte
Flottait maintenant dans la mer noire
Et le gardien désespéré
Se jeta… dans les mots croisés!

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03-01-2010

George Grie : Loneliness – 2009

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02-01-2010

173) Je ne dors pas pour rêver – Mahmoud Darwitch

Je ne dors pas pour rêver, lui dit-elle
Je dors pour t’oublier. Qu’il est bon de dormir seule,
sans tumulte et dans la soie.

Eloigne-toi que je te voie
solitaire, là-bas, pensant à moi quand je t’oublie.

Rien ne me fait mal dans ton absence,
la nuit ne griffe pas ma poitrine, ni tes lèvres.
Je dors sur mon corps tout entier,
tout entier, sans partage,
tes mains ne déchirent pas ma robe et tes pas
ne martèlent pas mon cœur comme une noisette
lorsque tu refermes la porte.

Rien ne me manque dans ton absence :
mes seins m’appartiennent. Mon nombril.
Mes tâches de rousseur. Mon grain de beauté
et mes mains et mes jambes m’appartiennent.

Tout en moi m’appartient
et pour toi, les images désirées,
prends-les donc pour meubler ton exil,
lève tes visions comme un dernier toast
et dis, si tu veux : ton amour est trépas.

Quand à moi, j’écouterai mon corps
avec le calme d’une médecin : rien, rien
ne me fait mal dans l’absence
si ce n’est la solitude de l’univers.

Traduction de Elias Sambar

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01-01-2010

Alexandre Buisse : Loneliness

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30-12-2009

Pénélope Frédérique Douet : Poussières de solitude

57084douet.jpgGenre : roman
Année : 2009 Edilivre
Résumé : Jeune veuve confrontée à la solitude après la mort de son mari, la narratrice va, au cours d’un voyage au Portugal et au hasard des rencontres, partager les expériences de personnes d’âge et de sexe différents. Que la solitude soit subie, qu’elle soit choisie, qu’elle prenne la forme de la fatalité, de l’attente ou de la réflexion, qu’elle soit d’amour ou de raison, elle touche indifféremment chaque individu à un moment ou à un autre de sa vie. Elle peut être souffrance mais aussi bien-être. Source de force ou de fragilité, elle ne laisse personne indifférent. Cette retraite sera pour elle une sorte d’étude de cas ouvrant une porte sur la réflexion pour construire l’avenir de ses enfants mais aussi son devenir de femme. Quels seront son bilan et son analyse dix ans plus tard ?

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30-12-2009

Sombre dimanche – Jean Marèze – François-Eugène Gonda – Rezsö Seress.

Sombre dimanche… Les bras tout chargés de fleurs
Je suis entré dans notre chambre le cœur las
Car je savais déjà que tu ne viendrais pas
Et j’ai chanté des mots d’amour et de douleur
Je suis resté tout seul et j’ai pleuré tout bas
En écoutant hurler la plainte des frimas …
Sombre dimanche…

Je mourrai un dimanche où j’aurai trop souffert
Alors tu reviendras, mais je serai parti
Des cierges brûleront comme un ardent espoir
Et pour toi, sans effort, mes yeux seront ouverts
N’aie pas peur, mon amour, s’ils ne peuvent te voir
Ils te diront que je t’aimais plus que ma vie
Sombre dimanche. »

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27-12-2009

Paul Henry – La vieille Femme – 1920

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26-12-2009

172) Solitude – Colette Peugniez

Il a perdu le fil des mots,
mais le fil du temps,
le fil conducteur des choses, il l’a trouvé…
Ciseaux vides des êtres mille fois rencontrés,
qui l’avez décousu, habité, comme un manteau vide,
Si le manteau peut vous servir, gardez-le
Si cet homme peut vous servir, gardez-le
Si le fil peut encore retenir un vieux secret qui s’est perdu
Laissez-le faire,
Mais si la nuit lui tombe de la tête
Ne vous baissez pas pour la ramasser,
S’il oublie qui vous êtes,
Pour s’asseoir seul, à la porte de n’importe quel endroit
S’il caresse dans son silence un cheval pur
Qui se souvient de moi
Si le cheval hennit, à la porte des villes où il passe
S’il frappe d’échos neufs le morne bruit des portes
A tout jamais fermées,
Si vous ne l’entendez pas, n’arrêtez pas le bruit
Pour le laisser passer,
Mais si cet homme voit à travers son image,
ressusciter le sens exact des choses
Si l’herbe haute pousse la porte des bars où il se trouve,
S’il se met à parler au col de son manteau
Comme à une trace vivante,
s’il sort dans la nuit seul
laissez-le passer…

Lointains, 1960

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25-12-2009

Of Time and the City

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23-12-2009

Jean-Jacques Rousseau : Emile et Sophie ou Les solitaires

5785rousseau.gif Sophie infidèle ! Les adeptes de L’Emile ne peuvent cacher leur désarroi.

Le grand livre de Rousseau s’était pourtant achevé dans le bonheur : deux jeunes mariés annoncent à leur précepteur la naissance de leur premier enfant. Mais L’Emile à peine achevé, Jean-Jacques entreprend de lui donner une suite, Emile et Sophie, où il entend éprouver son système éducatif, en exposant les époux aux cruautés du sort. Or, il aura suffi de quelques mois passés à Paris pour qu’Emile et Sophie voient leur couple se briser.
Faut-il conclure que, de l’aveu même de son auteur, l’éducation rousseauiste est un lamentable échec ? L’inachèvement d’Emile et Sophie – composé de deux lettres d’Emile à son vieux précepteur – permet de le penser. Il reste que les malheurs d’Emile et de Sophie traduisent avant tout les difficultés que rencontre Rousseau lorsqu’il tente de concilier l’amour et le mariage. Après avoir exploré les possibilités offertes par le ménage à trois de La Nouvelle Héloïse, il nous propose la passion condamnée d’Emile et Sophie.
Celle-ci possède le double avantage d’éliminer le tiers et de préserver la flamme des époux, mais à la condition que ceux-ci prouvent leur amour en se séparant à jamais.

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23-12-2009

Serge Lama : Je suis malade

Je ne rêve plus je ne fume plus
Je n’ai même plus d’histoire
Je suis sale sans toi je suis laid sans toi
Je suis comme un orphelin dans un dortoir

Je n’ai plus envie de vivre ma vie
Ma vie cesse quand tu pars
Je n’ai plus de vie et même mon lit
Se transforme en quai de gare
Quand tu t’en vas

Je suis malade complètement malade
Comme quand ma mère sortait le soir
Et qu’elle me laissait seul avec mon désespoir

Je suis malade parfaitement malade
T’arrives on ne sait jamais quand
Tu repars on ne sait jamais où
Et ça va faire bientôt deux ans
Que tu t’en fous

Comme à un rocher comme à un péché
Je suis accroché à toi
Je suis fatigué je suis épuisé
De faire semblant d’être heureux quand ils sont là

Je bois toutes les nuits mais tous les whiskies
Pour moi ont le même goût
Et tous les bateaux portent ton drapeau
Je ne sais plus où aller tu es partout

Je suis malade complètement malade
Je verse mon sang dans ton corps
Et je suis comme un oiseau mort quand toi tu dors

Je suis malade parfaitement malade
Tu m’as privé de tous mes chants
Tu m’as vidé de tous mes mots
Pourtant moi j’avais du talent avant ta peau

Cet amour me tue, si ça continue
Je crèverai seul avec moi
Près de ma radio comme un gosse idiot
Écoutant ma propre voix qui chantera :

Je suis malade complètement malade
Comme quand ma mère sortait le soir
Et qu’elle me laissait seul avec mon désespoir

Je suis malade c’est ça je suis malade
Tu m’as privé de tous mes chants
Tu m’as vidé de tous mes mots
Et j’ai le cœur complètement malade
Cerné de barricades t’entends je suis malade

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21-12-2009

Seule

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21-12-2009

2) Jaimes Rosales : La Soledad

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20-12-2009

Plaisir solitaire – Delphine Riffard

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19-12-2009

171) Charles Van Lerberghe – (1861-1907)

Au cœur solitaire du bonheur,
Devenu mon cœur même,
Quelle paix divine en ce jour,
Et quelle plénitude suprême !

Ô le rire adorable d’amour
De tout ce qui m’environne !
Autour de mon bonheur en fleur
Une abeille éternelle bourdonne…

Elle se clôt doucement et s’apaise,
Mon âme heureuse ;
Elle se tait,
La rose qui chantait.

La chanson d’Eve – 1904

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18-12-2009

Lobo solitario

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