12-02-2010

solitude… au niveau de l’eau

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10-02-2010

Colette : La Vagabonde

Comme d’habitude, c’est avec un grand soupir que je referme derrière moi la porte de mon rez-de-chaussée. Soupir de fatigue, de détente, de soulagement ? — ou l’angoisse de la solitude ? Ne cherchons pas, ne cherchons pas !

Qu’est-ce que j’ai donc, ce soir ?… C’est ce brouillard de décembre, glacial, tout en paillettes de gel suspendues, qui vibre autour des becs de gaz en halo irisé, qui fond sur les lèvres avec un goût de créosote… Et puis, ce quartier neuf que j’habite, surgi tout blanc derrière les Ternes, décourage le regard et l’esprit.
Sous le gaz verdâtre, ma rue, à cette heure, est un gâchis crémeux, praliné, marron-moka et jaune caramel, — un dessert éboulé, fondu, où surnage le nougat des moellons. Ma maison elle-même, toute seule dans la rue, a « l’air que ce n’est pas vrai ». Mais ses murs neufs, ses cloisons minces offrent, pour un prix modeste, un abri suffisamment confortable à des « dames seules » comme moi.
Quand on est « dame seule », c’est-à-dire tout ensemble la bête noire, la terreur et le paria des propriétaires, on prend ce qu’on trouve, on gîte où l’on peut, on essuie la fraîcheur des plâtres…
La maison que j’habite donne miséricordieusement asile à toute une colonie de « dames seules ». A l’entresol, nous avons la maîtresse en titre de Young, Young-Automobiles ; au-dessus, l’amie, très « tenue », du comte de Bravailles ; plus haut, deux sœurs blondes reçoivent, chaque jour, la visite d’un seul Monsieur- très-bien -qui-est-dans -l’industrie : plus haut encore, une terrible petite noceuse mène, jour et nuit, un train de fox-terrier déchaîné : cris, piano, chants, bouteilles vides jetées par la fenêtre :
— C’est la honte de la maison, a dit un jour Mme Young-Automobiles. Le Livre de Poche n° 283 p. 11 et 12

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07-02-2010

Napoléon Ier

Un homme d’Etat est toujours seul d’un côté, avec le monde de l’autre.

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07-02-2010

Frida Kahlo (1907-1954)

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Je peins des auto-portraits parce que je me sens si souvent seule,
parce que je suis la personne que je connais le mieux.
Frida Kahlo 

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06-02-2010

Nicolas-Germain Léonard (1744-1793) : Les regrets

Pourquoi ne me rendez-vous pas
Les doux instants de ma jeunesse ?
Dieux puissants ! ramenez la course enchanteresse
De ce temps qui s’enfuit dans la nuit du trépas !
Mais quelle ambition frivole !
Ah ! dieux ! si mes désirs pouvaient être entendus,
Rendez-moi donc aussi le plaisir qui s’envole
Et les amis que j’ai perdus !

Campagne d’Arpajon ! solitude riante
Où l’Orge fait couler son onde transparente !
Les vers que ma main a gravés
Sur tes saules chéris ne sont-ils plus encore ?
Le temps les a-t-il enlevés
Comme les jeux de mon aurore ?
Ô désert ! confident des plus tendres amours !
Depuis que j’ai quitté ta retraite fleurie,
Que d’orages cruels ont tourmenté mes jours !

Ton ruisseau dont le bruit flattait ma rêverie,
Plus fidèle que moi, sur la même prairie,
Suit constamment le même cours :
Ton bosquet porte encore une cime touffue
Et depuis dix printemps, ma couronne a vieilli,
Et dans les régions de l’éternel oubli
Ma jeune amante est descendue.

Quand irai-je revoir ce fortuné vallon
Qu’elle embellissait de ses charmes ?
Quand pourrai-je sur le gazon
Répandre mes dernières larmes ?
D’une tremblante main, j’écrirai dans ces lieux
 » C’est ici que je fus heureux ! « 

Amour, fortune, renommée,
Tes bienfaits ne me tentent plus ;
La moitié de ma vie est déjà consumée,
Et les projets que j’ai conçus
Se sont exhalés en fumée :
De ces moissons de gloire et de félicité
Qu’un trompeur avenir présentait à ma vue,
Imprudent ! qu’ai-je rapporté ?
L’empreinte de ma chaîne et mon obscurité :
L’illusion est disparue ;

Je pleure maintenant ce qu’elle m’a coûté ;
Je regrette ma liberté
Aux dieux de la faveur si follement vendue.
Ah ! plutôt que d’errer sur des flots inconstants,
Que n’ai-je le destin du laboureur tranquille !
Dans sa cabane étroite, au déclin de ses ans,
Il repose entouré de ses nombreux enfants ;
L’un garde les troupeaux ; l’autre porte à la ville
Le lait de son étable, ou les fruits de ses champs,
Et de son épouse qui file
Il entend les folâtres chants.

Mais le temps même à qui tout cède
Dans les plus doux abris n’a pu fixer mes pas !
Aussi léger que lui, l’homme est toujours, hélas !
Mécontent de ce qu’il possède
Et jaloux de ce qu’il n’a pas.
Dans cette triste inquiétude,
On passe ainsi la vie à chercher le bonheur.
A quoi sert de changer de lieux et d’habitude
Quand on ne peut changer son cœur ?

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05-02-2010

Alain Souchon : Ultra moderne solitude – 1988

Ça s’passe boul’vard Haussman à cinq heures
Elle sent venir une larme de son cœur
D’un revers de la main elle efface
Des fois on sait pas bien c’qui s’passe

Pourquoi ces rivières
Soudain sur les joues qui coulent
Dans la fourmilière
C’est l’Ultra Moderne Solitude

Ça s’passe à Manhattan dans un cœur
Il sent monter une vague des profondeurs
Pourtant j’ai des amis sans bye-bye
Du soleil un amour du travail

Pourquoi…

Ça s’passe partout dans l’monde chaque seconde
Des visages tout d’un coup s’inondent
Un revers de la main efface
Des fois on sait pas bien c’qui s’passe

On a les panoplies les hangars
Les tempos les harmonies les guitares
On danse des étés entiers au soleil
Mais la musique est mouillée, pareil

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05-02-2010

Seule

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03-02-2010

Colette : La Vagabonde

Elle va me dire : « Est-ce toi qui es là ?… Là, toute seule, dans cette cage aux murs blancs que des mains oisives, impatientes, prisonnières, ont écorchés d’initiales entrelacées, brodés de figures indécentes et naïves? Sur ces murs de plâtre, des ongles rougis, comme les tiens, ont écrit l’appel inconscient des abandonnés… Derrière toi, une main féminine a gravé : Marie… et la fin du nom s’élance en parafe ardent, qui monte comme un cri… Est-ce toi qui es là, toute seule, sous ce plafond bourdonnant que les pieds des danseurs bourdonnant que les pieds des danseurs émeuvent comme le plancher d’un moulin actif ? Pourquoi es-tu là, toute seule? et pourquoi pas ailleurs ? Le Livre de Poche n° 283, p. 6

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31-01-2010

Antonio Fontanesi : Solitudine – 1875

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31-01-2010

Pierre Mendès-France

Seuls les démagogues ne sont jamais solitaires.

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30-01-2010

Nicolas-Germain Léonard (1744-1793) : L’Absence

Des hameaux éloignés retiennent ma compagne.
Hélas ! Dans ces forêts qui peut se plaire encor ?
Flore même à présent déserte la campagne
Et loin de nos bergers l’amour a pris l’essor.

Doris vers ce coteau précipitait sa fuite,
Lorsque de ses attraits je me suis séparé :
Doux zéphyr ! si tu sors du séjour qu’elle habite,
Viens ! que je sente au moins l’air qu’elle a respiré.

Quel arbre, en ce moment, lui prête son ombrage ?
Quel gazon s’embellit sous ses pieds caressants ?
Quelle onde fortunée a reçu son image ?
Quel bois mélodieux répète ses accents ?

Que ne suis-je la fleur qui lui sert de parure,
Ou le nœud de ruban qui lui presse le sein,
Ou sa robe légère, ou sa molle chaussure,
Ou l’oiseau qu’elle baise et nourrit de sa main !

Rossignols, qui volez où l’amour vous appelle,
Que vous êtes heureux ! que vos destins sont doux !
Que bientôt ma Doris me verrait auprès d’elle
Si j’avais le bonheur de voler comme vous !

Ah ! Doris, que me font ces tapis de verdure,
Ces gazons émaillés qui m’ont vu dans tes bras,
Ce printemps, ce beau ciel, et toute la nature,
Et tous les lieux enfin où je ne te vois pas ?

Mais toi, parmi les jeux et les bruyantes fêtes,
Ne va point oublier les plaisirs du hameau,
Les champêtres festons dont nous parions nos têtes,
Nos couplets ingénus, nos danses sous l’ormeau !

Ô ma chère Doris, que nos feux soient durables !
Il me faudrait mourir, si je perdais ta foi.
Ton séjour t’offrira des bergers plus aimables,
Mais tu n’en verras point de plus tendres que moi.

Que ton amant t’occupe au lever de l’aurore,
Et quand le jour t’éclaire, et quand il va finir ;
Dans tes songes légers, qu’il se retrace encore,
Et qu’il soit, au réveil, ton premier souvenir.

Si mes jaloux rivaux te parlaient de leur flamme,
Rappelle à ton esprit mes timides aveux :
Je rougis, je tremblai ; tu vis toute mon âme
Respirer sur ma bouche et passer dans mes yeux.

Et maintenant, grands dieux ! quelle est mon infortune !
De mes plus chers amis je méconnais la voix,
Tout ce qui me charmait m’afflige et m’importune ;
Je demande Doris à tout ce que je vois.

Tu reposais ici ; souvent dans ce bocage,
Penché sur tes genoux, je chantais mon amour :
Là, nos agneaux paissaient au même pâturage ;
Ici, nous nous quittions vers le déclin du jour.

Revenez, revenez, heures délicieuses,
Où Doris habitait ces tranquilles déserts,
L’écho répétera mes chansons amoureuses,
Et sur ma flûte encor je veux former des airs.

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29-01-2010

Solitudine – 1977

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27-01-2010

Anaïs Nin

Je comprends la solitude mieux que quiconque, c’est pourquoi je réponds à toutes les lettres, et quand vous parlez d’une indigence de rapports humains je me rappelle les époques et les lieux qui ne donnaient pas la vie. Faut-il que vous restiez là ? On devrait avoir le courage de quitter les endroits vides ou déserts. La vie est bien trop précieuse. Lorsque je regarde en arrière je vois comment nous créons notre propre destinée, comment nous suscitons les aspects négatifs par notre passivité. Nous ne devrions jamais accepter la pauvreté de vie. Je sais qu’il est difficile de faire face à l’inconnu, de créer un autre travail, ou un autre style de vie. Mais si cela dépend de vous, n’acceptez pas le vide. Journal, Hiver 1958-59, Le Livre de Poche p. 274

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24-01-2010

Gérald Aubert

57051affichesentimentsprovisoires.jpgLa solitude est un chien du cœur et j’ai perdu la laisse. Sentiments provisoires.

 

 

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24-01-2010

Camille Corot : La solitude – Souvenir de Vigen

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Napoléon III acheta cette toile au salon de 1866.

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23-01-2010

Solitude – Tazounette

S’accrocher à ta voix coulant du récepteur
Oublier les jours tristes où grandit cette attente
Laisser aller ses rêves au fil des silences ou
Intonations aimées. Sourire, rire, être émue
Trouver de la quiétude dans ta fausse présence
Une impression de toi, un vide presque tût
Doux instants partagés par cet infime lien
Ecouter cette voix et te sentir si là…

Lien : Tazounette : Voilà un vrai blog ! Ce que je ne sais pas faire ! En parcourant les articles on a une idée précise des goûts, du caractère, de l’ambition intérieure de la blogeuse ! Outre celui-ci, elle y a publié à cette heure 56 autres poèmes, qui finiront (j’en fais le pari) en livre ! Il n’y a plus qu’à espérer qu’elle ne le fermera jamais !

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22-01-2010

Loneliness

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17-01-2010

Hans Thoma (1839-1924) : Solitude

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15-01-2010

בדידות!

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10-01-2010

Einsamkeit – Moritz Bauernfeind – 1911

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09-01-2010

174) Louis Aragon (1897-1982)

J’ai vu ce couple au déclin du jour je ne sais dans quel quartier
Nous avions fait un détour au-dessus de Nice avec la voiture
La ville mauve en bas allumait peu à peu ses devantures

Ces enfants se tenaient par la main comme sur une peinture
Histoire de les regarder je me serais arrêté volontiers.

Il n’y avait dans ce spectacle rien que de très ordinaire
Ils étaient seuls ils ne se parlaient pas ne bougeaient pas rêvant
Ils écoutaient leur cœur à distance et n’allaient point au-devant
La place était vide autour d’eux il n’y remuait que le vent
Et l’auto n’a pas ralenti Les phares sur les murs tournèrent

Le Roman inachevé, Une respiration profonde

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09-01-2010

T.E. Turner : Loneliness – 1999

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08-01-2010

Samoce

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06-01-2010

Paul Van Mulder : La Solitude d’un acteur de peep-show avant son entrée en scène

57233solitude.jpgIl est toujours difficile de prendre la parole, surtout quand on a rien à dire, surtout quand on ne vous l’a jamais donnée… C’est pourtant ce qu’il veut faire… cet acteur de peep-show… ce soir… malgré tout… parler… raconter… Il y va de sa survie, de sa vérité. Alors avec toute l’énergie du désespoir, les mots, les phrases se construisent, et il offre malgré lui aux spectateurs un récit témoignant que toute vie, même la plus insignifiante renferme une humanité où chacun peut s’y retrouver.

Ce texte a été écrit dans un sentiment d’urgence. Car au-delà de la quête de ce personnage vers un désir de reconnaissance, un besoin d’amour, de parler de ses angoisses, il y a aussi un besoin viscéral de trouver sa place dans cette société. Il y a en toile de fond la dénonciation que la société fabrique de plus en plus d’exclus et engendre une nouvelle classe sociale : « les travailleurs pauvres », qui avec des salaires de plus en plus tirés vers le bas, ne peuvent plus que « survivre » et ne jamais accéder à leurs rêves.

C’est aussi de cela dont souffre ce personnage, ce travailleur précaire : une non-reconnaissance de son travail. Mais il s’accroche à ce petit boulot, comme à une bouée de sauvetage : il ne veut pas être complètement marginalisé, se retrouver à la rue. Alors, il accepte d’être humilié, de prester des heures supplémentaires non payées, il supporte le petit chef qui rend la vie encore plus difficile, car « si tu n’es pas content, la porte est grande ouverte. On n’a pas besoin de toi… »

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06-01-2010

Le Gardien de Phare – Georges Pierre Moreau

Le phare se dressait comme un « I »
Au large des côtes bretonnes
L’océan beuglait jour et nuit
Comme une vache qui moutonne!
Les coups de mer tonnaient un à un
Avec un bruit de canonnade
Le vent de norois chargé d’embruns
Postillonnait sa sérénade
Et les goélands aux abois
Goëlaient comme des putois!

Le gardien était jeune et beau
Il vivait seul. Pour se distraire
Il attrapait les bigorneaux
Au lasso… c’était sa manière
Et quand les ténèbres tombaient
Alors il allumait son phare
Et les pêcheurs, au loin, pensaient:
Le gardien à le jeu quelque part
Et les courlis dans leur dodo
Courlissaient vivement les rideaux!

Or un soir, seul dans son grand lit
Il contemplait avec tristesse
La grosse lanterne, et il se dit:
Ce qui manque ici, c’est une négresse!
Il en trouva une rapidement
Et ce fut un très beau mariage
La négresse était tout en blanc
Avec un lys à son corsage,
Et les homards sortant de leurs trous
S’homaraient comme des petits fous!

Mais bientôt jaloux, fou furieux,
Il la saisit, ce fut atroce
D’un seul coup il lui fit trois bleus
Et d’un autre, il lui fit trois gosses!
Puis saisissant à bras le corps
Sa petite femme en bois d’ébène
Il la balança par-dessus bord
En s’écriant: La mer est pleine
Et les morues, qu’avaient les foies
Moururent de peur toutes à la fois!

Mais stupeur le lendemain les flots
Étaient noirs… sitôt tout le monde
Pensa: C’est la faute aux bateaux
Qui jettent leur… ancre dans l’onde!
La vérité, moi je vous l’apporte
Notre négresse c’est notoire
Avait déteint et… la mère morte
Flottait maintenant dans la mer noire
Et le gardien désespéré
Se jeta… dans les mots croisés!

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03-01-2010

George Grie : Loneliness – 2009

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02-01-2010

173) Je ne dors pas pour rêver – Mahmoud Darwitch

Je ne dors pas pour rêver, lui dit-elle
Je dors pour t’oublier. Qu’il est bon de dormir seule,
sans tumulte et dans la soie.

Eloigne-toi que je te voie
solitaire, là-bas, pensant à moi quand je t’oublie.

Rien ne me fait mal dans ton absence,
la nuit ne griffe pas ma poitrine, ni tes lèvres.
Je dors sur mon corps tout entier,
tout entier, sans partage,
tes mains ne déchirent pas ma robe et tes pas
ne martèlent pas mon cœur comme une noisette
lorsque tu refermes la porte.

Rien ne me manque dans ton absence :
mes seins m’appartiennent. Mon nombril.
Mes tâches de rousseur. Mon grain de beauté
et mes mains et mes jambes m’appartiennent.

Tout en moi m’appartient
et pour toi, les images désirées,
prends-les donc pour meubler ton exil,
lève tes visions comme un dernier toast
et dis, si tu veux : ton amour est trépas.

Quand à moi, j’écouterai mon corps
avec le calme d’une médecin : rien, rien
ne me fait mal dans l’absence
si ce n’est la solitude de l’univers.

Traduction de Elias Sambar

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01-01-2010

Alexandre Buisse : Loneliness

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30-12-2009

Pénélope Frédérique Douet : Poussières de solitude

57084douet.jpgGenre : roman
Année : 2009 Edilivre
Résumé : Jeune veuve confrontée à la solitude après la mort de son mari, la narratrice va, au cours d’un voyage au Portugal et au hasard des rencontres, partager les expériences de personnes d’âge et de sexe différents. Que la solitude soit subie, qu’elle soit choisie, qu’elle prenne la forme de la fatalité, de l’attente ou de la réflexion, qu’elle soit d’amour ou de raison, elle touche indifféremment chaque individu à un moment ou à un autre de sa vie. Elle peut être souffrance mais aussi bien-être. Source de force ou de fragilité, elle ne laisse personne indifférent. Cette retraite sera pour elle une sorte d’étude de cas ouvrant une porte sur la réflexion pour construire l’avenir de ses enfants mais aussi son devenir de femme. Quels seront son bilan et son analyse dix ans plus tard ?

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30-12-2009

Sombre dimanche – Jean Marèze – François-Eugène Gonda – Rezsö Seress.

Sombre dimanche… Les bras tout chargés de fleurs
Je suis entré dans notre chambre le cœur las
Car je savais déjà que tu ne viendrais pas
Et j’ai chanté des mots d’amour et de douleur
Je suis resté tout seul et j’ai pleuré tout bas
En écoutant hurler la plainte des frimas …
Sombre dimanche…

Je mourrai un dimanche où j’aurai trop souffert
Alors tu reviendras, mais je serai parti
Des cierges brûleront comme un ardent espoir
Et pour toi, sans effort, mes yeux seront ouverts
N’aie pas peur, mon amour, s’ils ne peuvent te voir
Ils te diront que je t’aimais plus que ma vie
Sombre dimanche. »

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27-12-2009

Paul Henry – La vieille Femme – 1920

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26-12-2009

172) Solitude – Colette Peugniez

Il a perdu le fil des mots,
mais le fil du temps,
le fil conducteur des choses, il l’a trouvé…
Ciseaux vides des êtres mille fois rencontrés,
qui l’avez décousu, habité, comme un manteau vide,
Si le manteau peut vous servir, gardez-le
Si cet homme peut vous servir, gardez-le
Si le fil peut encore retenir un vieux secret qui s’est perdu
Laissez-le faire,
Mais si la nuit lui tombe de la tête
Ne vous baissez pas pour la ramasser,
S’il oublie qui vous êtes,
Pour s’asseoir seul, à la porte de n’importe quel endroit
S’il caresse dans son silence un cheval pur
Qui se souvient de moi
Si le cheval hennit, à la porte des villes où il passe
S’il frappe d’échos neufs le morne bruit des portes
A tout jamais fermées,
Si vous ne l’entendez pas, n’arrêtez pas le bruit
Pour le laisser passer,
Mais si cet homme voit à travers son image,
ressusciter le sens exact des choses
Si l’herbe haute pousse la porte des bars où il se trouve,
S’il se met à parler au col de son manteau
Comme à une trace vivante,
s’il sort dans la nuit seul
laissez-le passer…

Lointains, 1960

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25-12-2009

Of Time and the City

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23-12-2009

Jean-Jacques Rousseau : Emile et Sophie ou Les solitaires

5785rousseau.gif Sophie infidèle ! Les adeptes de L’Emile ne peuvent cacher leur désarroi.

Le grand livre de Rousseau s’était pourtant achevé dans le bonheur : deux jeunes mariés annoncent à leur précepteur la naissance de leur premier enfant. Mais L’Emile à peine achevé, Jean-Jacques entreprend de lui donner une suite, Emile et Sophie, où il entend éprouver son système éducatif, en exposant les époux aux cruautés du sort. Or, il aura suffi de quelques mois passés à Paris pour qu’Emile et Sophie voient leur couple se briser.
Faut-il conclure que, de l’aveu même de son auteur, l’éducation rousseauiste est un lamentable échec ? L’inachèvement d’Emile et Sophie – composé de deux lettres d’Emile à son vieux précepteur – permet de le penser. Il reste que les malheurs d’Emile et de Sophie traduisent avant tout les difficultés que rencontre Rousseau lorsqu’il tente de concilier l’amour et le mariage. Après avoir exploré les possibilités offertes par le ménage à trois de La Nouvelle Héloïse, il nous propose la passion condamnée d’Emile et Sophie.
Celle-ci possède le double avantage d’éliminer le tiers et de préserver la flamme des époux, mais à la condition que ceux-ci prouvent leur amour en se séparant à jamais.

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23-12-2009

Serge Lama : Je suis malade

Je ne rêve plus je ne fume plus
Je n’ai même plus d’histoire
Je suis sale sans toi je suis laid sans toi
Je suis comme un orphelin dans un dortoir

Je n’ai plus envie de vivre ma vie
Ma vie cesse quand tu pars
Je n’ai plus de vie et même mon lit
Se transforme en quai de gare
Quand tu t’en vas

Je suis malade complètement malade
Comme quand ma mère sortait le soir
Et qu’elle me laissait seul avec mon désespoir

Je suis malade parfaitement malade
T’arrives on ne sait jamais quand
Tu repars on ne sait jamais où
Et ça va faire bientôt deux ans
Que tu t’en fous

Comme à un rocher comme à un péché
Je suis accroché à toi
Je suis fatigué je suis épuisé
De faire semblant d’être heureux quand ils sont là

Je bois toutes les nuits mais tous les whiskies
Pour moi ont le même goût
Et tous les bateaux portent ton drapeau
Je ne sais plus où aller tu es partout

Je suis malade complètement malade
Je verse mon sang dans ton corps
Et je suis comme un oiseau mort quand toi tu dors

Je suis malade parfaitement malade
Tu m’as privé de tous mes chants
Tu m’as vidé de tous mes mots
Pourtant moi j’avais du talent avant ta peau

Cet amour me tue, si ça continue
Je crèverai seul avec moi
Près de ma radio comme un gosse idiot
Écoutant ma propre voix qui chantera :

Je suis malade complètement malade
Comme quand ma mère sortait le soir
Et qu’elle me laissait seul avec mon désespoir

Je suis malade c’est ça je suis malade
Tu m’as privé de tous mes chants
Tu m’as vidé de tous mes mots
Et j’ai le cœur complètement malade
Cerné de barricades t’entends je suis malade

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21-12-2009

Seule

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21-12-2009

2) Jaimes Rosales : La Soledad

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20-12-2009

Plaisir solitaire – Delphine Riffard

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19-12-2009

171) Charles Van Lerberghe – (1861-1907)

Au cœur solitaire du bonheur,
Devenu mon cœur même,
Quelle paix divine en ce jour,
Et quelle plénitude suprême !

Ô le rire adorable d’amour
De tout ce qui m’environne !
Autour de mon bonheur en fleur
Une abeille éternelle bourdonne…

Elle se clôt doucement et s’apaise,
Mon âme heureuse ;
Elle se tait,
La rose qui chantait.

La chanson d’Eve – 1904

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18-12-2009

Lobo solitario

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16-12-2009

Paul Auster : L’invention de la solitude – 1992

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« Paul Auster est devenu écrivain parce que son père, en mourant, lui a laissé un petit héritage qui l’a soustrait à la misère. Le décès du père n’a pas seulement libéré l’écriture, il a littéralement sauvé la vie du fils. Celui-ci n’en finira jamais de payer sa dette et de rembourser en bonne prose le terrifiant cadeau du trépassé. » Là se trouve — Pascal Bruckner le note d’emblée dans sa lecture — la clef de voûte du système Auster. L’invention de la solitude est le premier livre du jeune écrivain, c’est aussi le livre fondateur de son oeuvre, son art poétique. Dans les deux parties — Portrait d’un homme invisible (le père) et le Livre de la mémoire —, Paul Auster interroge la mémoire familiale et met en place un univers que l’on retrouvera dans chacun de ses romans.

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16-12-2009

Solitaire – Elvis Presley

There was a man, a lonely man
Who lost his love, thru his indifference
A heart that cared that went unshared
Until it died within his silence

And Solitaire is the only game in town
And every road that takes him, takes him down
While life goes on around him everywhere
Hes playing Solitaire

And keeping to himself, begins to deal
And still the king of hearts is well concealed
Another losing games comes to an end
And deals them out again

A little hope goes up in smoke
Just how it goes, goes without saying
There was a man, a lonely man
Who would command the hand hes playing

And Solitaire is the only game in town
And every road that takes him, takes him down
While life goes on around him everywhere
Hes playing Solitaire

And keeping to himself, begins to deal
And still the king of hearts is well concealed

Another losing games comes to an end
And deals them out again

And Solitaire is the only game in town
And every road that takes him, takes him down
While life goes on around him everywhere
Hes playing Solitaire

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15-12-2009

Blog : Surprises

5712blackandwhite.jpg

Etre seul,
la douceur d’une pensée,
cette fleur abîmée,
la force d’une impatience,
un certain désespoir,

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13-12-2009

Solitude – 孤独

5716solitude.jpg

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12-12-2009

170) Seul – Blok Modisane (1923

Solitude terrible
Solitude
Comme un cri
en un cri solitaire
un cri sur la grève du rêve
cri d’angoisse, que nul ne peut entendre
mais vous m’entendez clair et fort :
vous écho vibrant ;
comme si je criais pour vous.
Je me parle à moi-même lorsque j’écris
hurle et crie pour moi-même
alors pour moi-même
je crie et hurle :
clamant une prière
criant des mots sans suite
sachant que de cette manière je dis
que le monde autour de moi vit encore ;
peut-être même
seulement pour crier et hurler.

Ou alors ne manque-t-il pas le contact direct
du musicien
ou bien es-il vrai que l’écrivain
crée (sauf la trinité formée par Dieu, sa machine et lui-même)

des silhouettes incestueuses
à chaque cri, à chaque hurlement
pour moi, crier et hurler
chercher pour trouve l’ami
sont déformations normales de la solitude.

Traduit de l’ancglais par Eldridge Mohamadou.

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11-12-2009

Solitude

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09-12-2009

Miryam : solitude

57078solitude.jpg

Dans cette belle terre de Bretagne, au ciel bas et lourd, où le vent fait frémir les herbes grises mouillées d’embruns, dans ce pays qu’a chanté le plus grand barde, Botrel… Une histoire à la lois simple et émouvante se déroule… La guerre et l’amour s’y partagent la vedette, et l’auteur a su décrire avec infiniment de talent les angoisses par où passent les héros — héros dans tous les sens — de ce merveilleux roman.
Le comte Yves de Plougonec craint que son nom ne s’éteigne : deux de ses fils sont entrés dans les ordres… Sa fille Jeffic ne va-t-elle pas entendre, elle aussi, la voix des cloîtres blancs ? Et ce Stéphane, cet homme fruste. aux réactions violentes, trouvera-t-il le bonheur dans la terre des marins bretons ?
Vous l’apprendrez en lisant cette oeuvre pleine d’émotion et où le style si particulier de Miryam se donne libre cours.

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09-12-2009

Guy Marchand

Dans ma D.S., ma vieille D.S.
Qu’est plus de la première jeunesse
Je commence vers les minuits
Jusqu’à sept heures sept heures et demie
Y a une photo près du volant
Une vieille dame et un p’tit enfant
Y a prière de ne pas fumer
De n’pas sortir du mauvais côté
Y a une médaille de saint Christophe
Pour éviter les catastrophes
Une carte postale de Tahiti
Un indicateur de Paris
C’est dans cette caisse que j’gagne ma vie
On serre les fesses quand je conduis
Je fais le taxi de nuit

Je prends les gens qui rient qui pleurent
Qui défilent dans l’rétroviseur
Les travelos qui perdent leurs bas
Les messieurs qui s’en vont au bois
Les noirs qui s’marrent, les femmes qui s’barrent
Les gars qui boivent dans tous les bars
Je les surveille du coin de l’œil
Pour pas qu’ils gerbent sur mes fauteuils
Je mets au lit tous les zombies
Ceux qui marchent seuls sous la pluie
Je fais le taxi de nuit

Un soir v’là qu’une fille un châssis
Belle comme un ange de paradis
Me donne une adresse à Neuilly
Et croise les g’noux dans mon taxi
J’ai raté dix fois la première
J’ai même foutu la marche arrière
Quand dans l’rétro elle a souri
J’ai mis en codes tout ébloui
Mon cœur fit un bruit d’carrosserie
J’aurais même bouffé mon permis
Dans mon taxi de nuit

Vous qu’êtes comme une madone madame
Pour moi y a eu maldonne madame
J’ai glissé sur des peaux d’banane
Toute ma vie sur le macadam
Y a pas idée d’être aussi belle
C’est comme ça qu’la vie est cruelle
Ça fait mal à des vieux chiens comme moi
Qui se sentent encore plus seuls après ça
Est-ce qu’on vous l’a jamais dit
C’est pas bien d’être aussi jolie
Dans un taxi de nuit

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04-12-2009

Solo

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02-12-2009

Comme un étranger dans la ville – Gilles Marchal

Comme un étranger dans la ville261ville.jpg
Je suis plus seul qu’une ombre
Et ma voix ne parle qu’à moi
Les gens qui me regardent
N’ont pas de visage
Ils n’ont que l’ombre d’un regard.

Je veux aller où le soleil brille
A travers la pluie
Où un blouson sur mon dos me tient chaud
Echappant au vent du nord
Voguant au ciel d’été
Ou ricochant sur des vagues d’océan.

Je veux aller où le soleil brille
A travers la pluie
Où mon pauvre blouson
Me tient chaud
Echappant au vent du nord
Voguant au ciel d’été
Ou ricochant sur des vagues d’océan.

Comme un étranger dans la ville
Je suis plus seul qu’une ombre
Et ma voix ne parle qu’à moi
Mon cœur que cette ville
Ne connais pas
Mon cœur que cette ville.
Ne connais pas
Mon cœur que cette ville.

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