24-08-2009

Besoin d’îles – Louis Brigand

234brigand.jpgRésumé : Louis Brigand souhaitait s’évader des conventions doctorales. Ce qu’il nous propose ici, c’est une vie de recherches racontée comme un voyage. Comment il découvre la mer d’Iroise. Comment il s’attache à toutes les terres émergées, avec une prédilection pour les îles provisoires, celles qui n’apparaissent que le temps d’une marée. Comment, de l’île, il passe à l’insularité, allant observer des gens qui, loin de toute mer, sont des îliens du fait de leur isolement. Comment cela l’entraîne en Sibérie, au Chili. Comment, enfin, nous assistons à la métamorphose de nos îles familières dont les populations s’éloignent et sont remplacées par des touristes amoureux. Terre de solitude, terre d’exil, terre d’autonomie, l’île nous parle à tous car elle nous parle de l’essentiel. Et Louis Brigand, avec beaucoup de sincérité et de simplicité – même si l’érudition n’est jamais loin -, évoque notre histoire commune.

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23-08-2009

Natascha Kampusch

241natascha.jpg

Trois ans après s’être échappée du réduit souterrain où son ravisseur l’avait séquestrée pendant huit ans, Natascha Kampusch attire toujours l’attention des médias qui font état de nouveaux soupçons sur d’éventuels complices de ce kidnapping.

L’histoire de la jeune Autrichienne, enlevée le 2 mars 1998 à l’âge de 10 ans alors qu’elle se rendait à l’école dans la banlieue de Vienne et qui s’était libérée elle-même le 23 août 2006, a fait le tour du monde.

Son ravisseur, Wolfgang Priklopil, agent immobilier de 44 ans, s’est suicidé en se jetant sous un train, le soir même de la fuite de Natascha.

Elle sortait de huit années de séquestration dans le sous-sol d’un pavillon de Strasshof, à 25 kilomètres de la capitale autrichienne, où son ravisseur lui avait aménagé une pièce de 5 m2 et avec pour seul contact avec l’extérieur un poste de télévision.

Chouchou des médias dans les mois suivants son extraordinaire cavale – rendue possible grâce à un moment d’inattention de son ravisseur -, sa première interview télévisée avait été diffusée par plus de 120 chaînes dans le monde. Natascha Kampusch avait aussi brièvement animé une émission d’entretiens avec des personnalités sur une chaîne autrichienne câblée.

Depuis plusieurs mois cependant, elle se faisait plus discrète et insistait sur son droit à la vie privée.

Mais récemment, la commission d’enquête, constituée en février 2008 pour vérifier d’éventuelles erreurs ou négligences policières lors des investigations sur l’enlèvement, suggérait qu’il pourrait y avoir eu plusieurs ravisseurs.

Une fillette de 12 ans, témoin de l’enlèvement avait déjà dit en 1998 avoir vu deux hommes dans la camionnette blanche dans laquelle Natascha Kampusch avait été enlevée. Cet élément, négligé apparemment par les enquêteurs dans les semaines qui avaient suivi la réapparition de la victime, avait conduit la ministre de l’Intérieur à mettre en place cette commission d’enquête.

Kampusch elle-même a toujours défendu la thèse du ravisseur unique et a refusé de parler en public de ses relations avec lui pendant sa détention.

Le président de la commission, l’ex-président de la Cour constitutionnelle Ludwig Adamovich, a fait sensation récemment en déclarant au tabloïd Kronen Zeitung: « Il est concevable que sa période de captivité était meilleure que ce qu’elle avait vécu jusque là » ajoutant que la mère de la victime, Brigitta Sirny, « n’était pas une mère particulièrement affective ».

Mme Sirny a immédiatement annoncé qu’elle portait plainte contre lui.

Un autre membre de la commission, l’ex-président de la Cour suprême Johann Rzeszut, est encore allé plus loin dans un courriel au quotidien populaire Österreich en affirmant que la vie de Kampusch pourrait être en danger si Priklopil avait effectivement eu un complice.

« Nous ne craignons rien de plus que de lire un jour dans les journaux : +Natascha Kampusch victime d’un accident mortel+ », a-t-il écrit.

Même si la commission a pris soin de toujours parler d’hypothèses nécessitant des compléments d’enquête, elle fait passer la victime pour un suspect, estiment les avocats de la jeune femme, aujourd’hui âgée de 21 ans.

Kampusch vit maintenant dans son propre appartement à Vienne et rattrape son baccalauréat. Elle a hérité de la maison de Priklopil à Strasshof ainsi que de sa voiture. Plusieurs experts ont laissé entendre qu’elle pouvait souffrir du syndrome de Stockholm, selon lequel les victimes d’enlèvement finissent par développer de la sympathie pour leur ravisseur.

Dans une interview à la radio allemande NDR diffusée jeudi, elle s’est plainte de ne toujours pas pouvoir se sentir libre : « je dois constamment me défendre et justifier ma façon d’être et cela exige beaucoup d’énergie. Personne ne me laisse être moi-même » ajoutant ensuite « le ravisseur lui, m’a laissé être moi-même, d’une certaine manière ».

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18-08-2009

Ryôkan

215silhouette.jpgSous le souffle de l’automne
une silhouette
se dresse

 

Anthologie du poème court japonais, p. 131

 

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11-08-2009

Masaoka Shiki

215araigne.jpg

J’ai tué une araignée -
solitude
de la nuit froide.

Anthologie du poème court japonais, p. 117

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05-08-2009

Solitude – Françoise Dolto (Le sommeil)

Ces mots de grâce du phénomène humain que nous sommes aussi pour nous-mêmes, nous en connaissons tous depuis notre enfance, lorsque la solitude n’est pas par nous ressentie comme l’amer rejet de notre désir par celui des autres mais parce que, las de nous être exercés jusqu’à notre meilleure expression donnée, dans la veille, dans un travail, ou dans des rencontres avec les autres aux limites de notre désir et de notre pouvoir, nous sombrons, avec délices dans le sommeil réparateur. Car l’homme après les jeux du désir se doit de revenir à son corps dans une solitude récupératrice de son être au monde, au rythme de son souffle, dans l’oubli des pensées, et des gestes, de ses sentiments, de lui-même et des êtres chers comme de ses ennemis dans la plongée à son anonymat réassumé.

Il s’y ressource en son dormir dans des forces qui, aux franges de son inconscience, réaniment la foi archaïque en un vivre qui s’ignore créature individuée, dans l’éclipse rythmée de son  » moi  » qui toujours désire, le confiant au repos qui le fait s’ignorer jusqu’à son réveil. Là, parfois surpris de l’étrangeté qui en songes l’a visité, menant ses pensées dans des chemins que sa veille ignore, il retrouve ses besoins d’échanges et de consommation qui le rendent alors à nouveau à son corps attentif et, par ses désirs repris, de nouveau prêt à en poursuivre les dessins. Le Livre de Poche p. 511

Illustration : Bleu sommeil, de Andrzej Malinowski

 

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04-08-2009

Takahama Kyoshi

Seul
je polis mes poèmes
dans le jour qui s’attarde

Anthologie du poème court japonais, p. 28

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02-08-2009

Jules Verne

L’homme est fait pour la société et non pour l’isolement. La solitude ne peut engendrer que le désespoir. C’est une question de temps. Que d’abord les soucis de la vie matérielle, les besoins de l’existence, distraient le malheureux à peine sauvé des flots, que les nécessités du présent lui dérobent les menaces de l’avenir, c’est possible. Mais ensuite, quand il se sent seul, loin de ses semblables, sans espérance de revoir son pays et ceux qu’il aime, que doit-il penser, que doit-il souffrir ? Son îlot, c’est le monde entier. Toute l’humanité se renferme en lui, et, lorsque la mort arrive, mort effrayante dans cet abandon, il est là comme le dernier homme au dernier jour du monde. Les Enfants du capitaine Grant, chp III.

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02-08-2009

Jules Verne

Un jour, j’étais seul dans une mauvaise yole sans quille. A dix lieues en aval de Chantenay, un bordage cède, une voie d’eau se déclare. Impos­sible de l’aveugler ! Me voici en détresse ! La yole coule à pic et je n’ai que le temps de m’élancer sur un îlot aux grands roseaux touffus dont le vent courbait les panaches.

Or, de tous les livres de mon enfance, celui que j’affectionnais par­ticulièrement, c’était le Robinson Suisse, de préférence au Robinson Crusoë. Je sais bien que l’œuvre de Daniel de Foë a plus de portée philosophique. C’est l’homme livré à lui-même, l’homme seul, l’homme qui trouve un jour la marque d’un pied nu sur le sable ! Mais l’œuvre de Wyss, riche en faits et incidents, est plus intéressante pour les jeunes cervelles. C’est la famille, le père, la mère, les enfants et leurs aptitudes diverses. Que d’années j’ai passées sur leur île ! Avec quelle ardeur je me suis associé à leurs découvertes ! Combien j’ai envié leur sort ! Aussi ne s’étonnera-t-on pas que j’aie été irrésistiblement poussé à mettre en scène dans l’Ile Mystérieuse les Robinsons de la Science, et dans Deux ans de vacances tout un pensionnat de Robinsons.

En attendant, sur mon îlot ce n’étaient pas les héros de Wyss. C’était le héros de Daniel de Foë qui s’incarnait en ma personne. Déjà je songeais à construire une cabane de branchages, à fabriquer une ligne avec un roseau et des hameçons avec des épines, à me procurer du feu, comme les sau­vages, en frottant deux morceaux de bois secs l’un contre l’autre. Des signaux ?… je n’en ferais pas, car ils seraient trop vite aperçus, et je serais sauvé plus tôt que je ne le voudrais ! Et tout d’abord, il convenait d’apaiser ma faim. Comment ? Mes provisions s’étaient noyées pendant le naufrage. Aller à la chasse aux oiseaux ?… Je n’avais ni chien ni fusil ! Eh bien, et les coquillages ?… Il n’y en avait pas ! Enfin, je connaissais donc les affres de l’abandon, les horreurs du dénuement sur une île déserte, comme les avaient connus les Selkirks et personnages des Naufrages célèbres, qui ne furent point des Robinsons imaginaires ! Mon estomac criait !…

Cela ne dura que quelques heures, et, dès que la marée fut basse, je n’eus qu’à traverser avec de l’eau jusqu’à la cheville pour gagner ce que j’appelais le continent, c’est à dire la rive droite de la Loire. Et, je revins tranquillement à la maison, où je dus me contenter du dîner de famille au lieu du repas à la Crusoë que j’avais rêvé, des coquillages crus, une tranche de pécari et du pain fait de farine de manioc !

Souvenirs d’enfance et de jeunesse.

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30-07-2009

Les Plaisirs difficiles – Mark Greene

211greene.jpg Un journaliste économique qui enquête sur la mort de sa petite amie. Un père déchu, rôdant dans les tournois de tennis pour assister aux matchs de son fils. Un expert en systèmes de sécurité désorienté par la disparition d’une jeune Italienne. Une responsable du contentieux à la recherche de son premier amour. Un juriste accablé par la fermeture d’une maison de plaisir. Un cadre supérieur errant, la nuit, dans la banlieue parisienne… Autant de portraits de solitaires à la dérive, hantés par l’image de leur bonheur perdu, illustrant, chacun à leur manière, les formes diverses du désenchantement contemporain.

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28-07-2009

Kobayashi Issa

Des érables d’automne
je m’approche -
la solitude me prend
Anthologie du poème court japonais, p. 150

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21-07-2009

Ozaki Hôsai

Si seul
que je fais bouger mon ombre
pour voir
Anthologie du poème court japonais, p. 194

 

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15-07-2009

Alain Bombard

196.jpgOh ! Solitude, tu commences à m’inquiéter sérieusement, le jour où j’écris cette chose typique ! Je comprends la différence entre solitude et isolement. De l’isolement dans la vie normale, je sais comment je peux sortir : tout simplement par la porte pour descendre dans la rue ou par le téléphone afin d’entendre la voix d’un ami. L’isolement existe que si on s’isole. Mais la solitude, quand elle est totale, nous écrase. Naufragé volontaire, ch. XI, Le Livre de Poche, p. 179.

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02-07-2009

Jean Genêt

Que ta solitude, paradoxalement, soit en pleine lumière, et l’obscurité composée de milliers d’yeux qui te jugent, qui redoutent et espèrent ta chute, peu importe : tu danseras sur et dans une solitude désertique, les yeux bandés, si tu le peux, les paupières agrafées.

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26-06-2009

Masaoka Shiki

Solitude -
après le feu d’artifice
une étoile filante
Anthologie du poème court japonais, p. 81

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24-06-2009

Franz Kafka

Le désir de solitude allant jusqu’à la perte de conscience. Seul face à moi-même. Peut-être l’obtiendrai-je à Riva ? Journal, 1er juillet 1913, Le Livre de Poche, p. 273

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16-06-2009

Mort depuis trois ans

Bernard est mort il y a trois ans. Trois années durant lesquelles personne ne s’est soucié de son absence. Ni sa famille, ni ses proches, ni ses voisins, ni le syndic de copropriété. Sa boîte aux lettres vomissant le courrier donnait bien des signes inquiétants, mais la vie des autres a suivi son cours. Jusqu’à mardi.

Mardi 16 juin, l’une des voisines, un peu plus scrupuleuse que les autres, a fini par donner l’alerte. Elle se doutait bien que le petit monsieur à l’allure modeste qu’elle croisait si rarement dans les escaliers n’avait pas pu quitter son logement précipitamment. En arrivant au premier étage de son immeuble, rue Saint-Michel (6e), les marins-pompiers ont sonné sans conviction à la porte. Ils redoutaient d’avoir affaire à l’un de ces innombrables drames de la solitude.

Une fois l’entrée forcée, leurs craintes se sont justifiées. Dans le petit appartement, les secours n’ont pas tardé à retrouver l’homme, ou plutôt son squelette, étendu sur son lit. Ce sont les courriers, accumulés au fil des semaines, qui ont permis aux enquêteurs de dater, approximativement, la date du décès. Le premier retrouvé remontait à 2006.

Hier, sur place, au premier étage, seul un scellé de la police barrait l’entrée de l’appartement du défunt. Sur le palier, un couple absent. Au-dessus, un étudiant, qui a « bien entendu du remue-ménage« , mais qui n’habite là que depuis deux ans. Forcément, il n’a jamais vu Bernard. Au dernier niveau, le propriétaire s’étonne aussi de la situation. « J’habite ici depuis 6 ans. Sur cette période, je ne l’ai vu que deux ou trois fois. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a jamais eu d’odeur suspecte dans l’immeuble. »

Le septuagénaire ne fréquentait pas sa famille depuis trente ans. « Bernard ? Non, cela ne me dit rien, rétorque une interlocutrice jointe par téléphone. Elle vit à Miramas et porte le même patronyme. Ce nom est très rare ici. C’est plutôt originaire du Sud-Ouest. »

Une autopsie devait avoir lieu hier dans la journée, mais les premiers éléments et notamment l’absence de traces de strangulation, écarteraient la thèse criminelle.

Par Romain Luongo

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30-04-2009

Sylvie Briet : Les Robinsons noirs

Un îlot perdu au milieu de l’océan Indien dont le voisin le plus proche est Madagascar, à 500 km de là…

Au XVIIIe siècle, un navire s’y échoue et les survivants vont jouer les Robinson pendant quinze ans !

L’archéologie vient compléter les morceaux d’une histoire extraordinaire car ces survivants étaient des esclaves malgaches embarqués illégalement par un équipage français.

Pour la première fois, l’épave et les restes du campement ont été fouillés par une équipe qui revient de l’île.

Le 17 novembre 1760, l’Utile, navire de la compagnie française des Indes, est armé à Bayonne. Il se rend à Madagascar pour y chercher des provisions, riz, boeuf, etc.

Il lui est interdit de ramener des esclaves mais le commandant passe outre et charge entre 100 et 200 esclaves.

L’Utile n’arrivera jamais à destination, l’île de France (aujourd’hui île Maurice). Il s’échoue sur l’île de Tromelin, jadis connue sous le nom d’île de Sable, et à l’époque mal positionnée sur les cartes : 1 500 mètres de long sur 700 mètres de large ; pas de végétation car elle se trouve sur le chemin des cyclones et les arbres n’y résistent pas.

Sur cet îlot, se retrouvent 122 membres d’équipage français et 88 Malgaches. Marc Guérout, leader de l’expédition, a retrouvé aux archives de Lorient les notes de l’écrivain de bord avec deux cartes de l’île.

Il mentionne que beaucoup d’esclaves n’ont pu sortir du bateau et sont morts durant le naufrage «parce que les panneaux étaient cloutés». Il raconte également que les rescapés ont trouvé de l’eau au bout de trois jours, ce qui leur a permis de survivre.

Au bout de deux mois, les marins Français, qui ont construit un bateau de fortune, reprennent la mer en laissant sur place les esclaves à qui ils promettent de revenir avec des secours.

Ils arrivent sur l’île de France mais le gouverneur refuse d’organiser le sauvetage. L’écrivain Bernardin de Saint-Pierre qui se trouvait là s’élève contre cette décision, d’autres voix le rejoignent, en vain. Les esclaves sont oubliés.

Pourtant durant quinze ans, les Malgaches vont survivre sur ce bout de caillou traversé par les vents. Ce n’est qu’en 1776 qu’ils sont repérés. L’îlot est très difficile à atteindre, trois bateaux ne parviennent pas à accoster, le quatrième, celui du chevalier de Tromelin, qui donne son nom à l’île, réussit. Il ramène à l’île de France huit survivants, sept femmes et un bébé de huit mois.

Dans le cadre de l’année internationale de commémoration de la lutte contre l’esclavage, sous le patronage de l’Unesco, Max Guérout, ancien officier de marine, créateur d’un groupe de recherche en archéologie navale (Gran) a monté son expédition pour retrouver les traces du séjour des naufragés.

L’équipe a travaillé sur l’île du 10 octobre au 9 novembre 2006. Aujourd’hui, Tromelin, revendiquée par Maurice et Madagascar, est rattaché aux Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).

Il est habité par une station météo, ses quatre météorologues et des tortues qu’ils comptent tous les matins, ce qui occupe. A l’arrivée des dix membres de l’expédition, l’îlot a frôlé la surpopulation. Particularité, il s’agissait à la fois de fouilles sous-marines et terrestres : 120 plongées «sous déferlante», par petit fond mais dans des conditions difficiles à cause des vents, permettent de repérer les ancres, les canons…

La fouille de l’épave n’a cependant pas appris grand-chose de nouveau. Sur terre, les archéologues découvrent en revanche le four utilisé par les naufragés et des vestiges de l’habitat conservés sous 60 à 80 cm de sable. Ils montrent comment ces naufragés ont essayé «avec ordre et méthode de survivre», note Max Guérout.

«Des structures de pierre bien construites, en dur à cause des cyclones, ne donnent pas l’impression d’avoir des gens écrasés par le sort. Ils ont utilisé des récipients de cuisine en cuivre récupérés de l’épave et rafistolés huit fois pour certains…»

Les femmes rescapées ont raconté qu’elles avaient entretenu le feu durant les quinze ans, et qu’elles s’habillaient de pagnes en plumes d’oiseaux. Coquillages. Les survivants se nourrissaient de petits oiseaux et de tortues, «il n’existe plus aujourd’hui d’oiseaux d’aussi petite taille, soit ils ont disparu de l’île, soit les Malgaches mangeaient des très jeunes plus faciles à attraper», explique Thomas Romon, archéologue de l’Inrap, membre de l’équipe, qui travaille en Guadeloupe habituellement, et connaît la période coloniale.

S’y ajoutent quelques coquillages et très peu de poissons car il était trop difficile de pêcher dans cette mer. L’expédition de l’automne dernier a été un peu frustrante pour les chercheurs qui espéraient trouver les sépultures des esclaves morts durant les quinze années.

«Nous y retournerons avec un matériel plus adapté à cette recherche, notamment des petites foreuses, et je pense que nous les trouverons», note Thomas Romon. Une autre expédition est prévue pour 2008.

Autre article

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29-12-2008

Hector de Saint-Denis Garneau : Ma solitude n’a pas été bonne

Ma solitude au bord de la nuit
N’a pas été bonne
Ma solitude n’a pas été tendre
À la fin de la journée au bord de la nuit
Comme une âme qu’on a suivie
sans plus attendre
L’ayant reconnue pour sœur

Ma solitude n’a pas été bonne
Comme celle qu’on a suivie
Sans plus attendre choisie
Pour une épouse inébranlable

Pour la maison de notre vie
Et le cercueil de notre mort
Gardien de nos os silencieux
Dont notre âme se détacha.

Ma solitude au bord de la nuit
N’a pas été cette amie
L’accompagnement de cette gardienne

La profondeur claire de ce puits
Le lieu de retrait de notre amour
Où notre cœur se noue et se dénoue
Au centre de notre attente

Elle est venue comme une folie par surprise
Comme une eau qui monte
Et s’infiltre au-dedans
Par les fissures de notre carcasse
Par tous les trous de notre architecture
Mal recouverte de chair
Et que laissent ouverte
Les vers de notre putréfaction.

Elle est venue une infidélité
Une fille de mauvaise vie
Qu’on a suivie
Pour s’en aller
Elle est venue pour nous ravir
Dans le cercle de notre lâcheté
Et nous laisser désemparés
Elle est venue pour nous séparer.

Alors l’âme en peine là-bas
C’est nous qu’on ne rejoint pas
C’est moi que j’ai déserté
C’est mon âme qui fait cette promenade cruelle
Toute nue au froid désert
Durant que je me livre à cet arrêt tout seul
À l’immobilité de ce refus
Penché mais sans prendre part au terrible jeu
À l’exigence de toutes ces peines
Secondes irremplaçables.

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19-12-2008

Mme Woillez : Emma ou le Robinson des demoiselles – 1835

M. de Surville a perdu sa belle plantation à Saint-Domingue à cause de la révolte des nègres. Rapatrié, il ne trouve qu’une place de régisseur près de Blois. Sa femme meurt en couches et pendant un an il refuse de voir sa petite fille, qui est confiée aux soins d’une nourrice et du bon nègre Dominique. Finalement, Dominique raccommode le père avec sa progéniture en plaçant le berceau du bébé sur la tombe de l’épouse à l’heure où M. de Surville vient y faire ses dévotions.

M. de Surville donne une éducation très complète à la jeune Emma, dont le meilleur ami est un chien, Azor. Quand Emma atteint une douzaine d’années, un parent installé à Buenos-Aires propose à M. de Surville de l’y rejoindre. Une telle offre est providentielle pour l’ancien colon, qui s’embarque donc avec Emma, Dominique et Azor. Sur le bateau, les voyageurs font la connaissance d’une Mme Duval, qui voyage avec sa petite fille âgée de cinq ans.

Tempête et naufrage. Emma se retrouve sur une île déserte avec le chien Azor. Elle récupère quelques objets qui ont flotté jusqu’au rivage et s’installe dans une caverne où elle monte son ménage tant bien que mal. Elle se confectionne l’inévitable robe en peau. La petite fille vit essentiellement de la cueillette. Azor chasse des tortues, des cabiais et des vigognes, et les fournit tous deux en viande. La petite fille, qui a du papier et qui arrivera à se fabriquer de l’encre, tient une sorte de journal, qui est en fait une longue lettre au père absent, où elle fait son examen de conscience. Elle passe aussi un temps considérable en oraisons.

Un beau jour, Emma trouve une femme mourant de faim, à côté de sa petite fille. Il s’agit de la Mme Duval, rencontrée sur le bateau, qui a eu moins de chance qu’Emma, et n’a survécu qu’à grand peine. Mme Duval meurt, et Emma élève la petite Henriette, qui lui sert donc de Vendredi, et qu’elle commence à endoctriner dans une religiosité transie et larmoyante.

« Ne dis pas, je veux, chère Henriette ; car ce que tu demandes est impossible : nous ne pouvons rien sur la terre sans la volonté de Dieu, qui est notre père, notre bon père à tous. Si tu le pries, et te soumets toujours à lui, il exaucera tes prières ; il te rendra heureuse et ta mère aussi. »

Emma enterre le cadavre en putréfaction de Mme Duval. Les deux filles sont malades en même temps, Henriette de la rougeole, Emma d’une forte fièvre, mais elles guérissent et, en guise d’action de grâce, Emma élève un autel de gazon sous le baobab et arrive même à confectionner une statue de la Vierge.

Quelques temps après, arrivent sur l’île M. de Surville, le nègre Dominique, avec des amis, un capitaine de marine espagnol, un célèbre médecin et deux sauvages. Le naufrage a jeté M. de Surville sur les rivages de la Patagonie et il a vécu parmi les Patagons, jusqu’au moment de rencontrer ses amis.

Tout le monde se rend à Buenos-Aires, comme prévu initialement. Mais le parent de M. de Surville est mort et on rentre en France une fois en possession de l’héritage. Emma retrouve la propriété près de Blois, dont son père s’est porté acquéreur.

Le Robinson des demoiselles est une robinsonade minimaliste. La petite Emma ne fait pas grande chose sur son île, qu’elle n’explore pas complètement. (Il n’y a du reste pas d’animaux dangereux, à part un vague serpent ; le seul accident qui advienne à Azor provient du fait qu’un troupeau de vigognes l’a piétiné parce qu’il attaquait les petits.) Les péripéties dramatiques sont tout aussi réduites : une tempête, un ruisseau grossi par les pluies, une chute sont les périls les plus graves que rencontre la jeune fille. Emma ne cultive pas, n’apprivoise guère que quelques oiseaux et une antilope. En ce qui concerne l’industrie, son maximum est une poterie primitive, que l’auteur appelle ses « vaisseaux de terre », et le reste arrive en ready-made. (Par exemple la fillette peut éclairer sa caverne en allumant en guise de chandelles des filaments d’amiante qui tapissent les parois.)

D’un autre côté, le roman de Mme Woillez est si farci d’admonestations religieuses et la petite Emma vit dans de telles mortifications qu’on a l’impression qu’elle est plutôt une très jeune pénitente installée au désert qu’une petite robinsonne.

Du modèle de Defoe, Mme Woillez a retenu surtout l’enjeu religieux : la solitude comme épreuve envoyée par le ciel. Elle y ajoute une démonstration concernant l’éducation des jeunes filles (si Emma se débrouille si bien sur l’île, c’est à cause de l’excellente instruction, tant religieuse que scolaire, qu’elle a reçue). Il reste une description fade et gracieuse d’une robinsonne qui paraît ne pas avoir quitté son château campagnard, s’adonne au dessin et au chant, cueille des fleurs, s’occupe de sa volière et se livre à ses dévotions toutes imbibées de la spiritualité mièvre d’une Mme Cottin.

Harry Morgan

Source :

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17-12-2008

Robinson Crusoé

 

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15-12-2008

Byron Haskins : Robinson Crusoe sur Mars – 1964

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 voir

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12-12-2008

Paul Auster : La Solitude du labyrinthe

Je crois ; malgré tout, que chaque personne est seule, tout le temps. On vit seul. Les autres nous entourent mais on vit seul. Chacun est comme enfermé dans sa tête et pourtant nous ne sommes ce que nous sommes que grâce aux autres. Les autres nous « habitent ». Par « autre », il faut entendre la culture, la famille, les amis, etc. Parfois, on peut percer le mystère de l’autre, le pénétrer, mais c’est tellement rare. C’est l’amour, surtout, qui permet une telle rencontre. Il y a environ un an, j’ai retrouvé un vieux cahier du temps où j’étais étudiant. J’y prenais des notes, j’y enfermais des idées. Une citation m’a particulièrement troublée: « Le monde est dans ma tête. Mon corps est dans le monde. » J’avais dix-neuf ans et cela continue d’être ma philosophie.

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11-12-2008

Solitude

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10-12-2008

Robinson Crusoé (3)

2630bfcdeed5d717cef2b2645bf9e88eAprès avoir sauvé un indigène d’une mort atroce, Robinson décide de prendre en main la destinée du sauvage.

Il commence par le baptiser Vendredi, pour qu’il soit reconnu des hommes et de Dieu, lui apprend les bons usages, lui enseigne l’anglais et la religion.

Au fil du temps, Robinson découvre en Vendredi un être candide et attachant, en voie de devenir un bon chrétien.

 

 

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08-12-2008

Byron Haskin’s : Robinson Crusoé sur Mars – 1964

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03-12-2008

Charlotte Bronté – 1835

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01-12-2008

Byron Haskins : Robinson Crusoe sur Mars – 1964

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1964

Pour la 1ere fois, un missile américain est envoyé sur Mars, avec deux hommes et une petite guenon. Mais suite a une collision avec un immense météore, ils arrivent sur Mars avec très peu de réserve d’eau et d’oxygène..

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01-12-2008

Hector de Saint Louis Garneau : Maison fermée

Je songe à la désolation de l’hiver
Aux longues journées de solitude
Dans la maison morte —
Car la maison meurt où rien n’est ouvert —
Dans la maison close, cernée de forêts

Forêts noires pleines
De vent dur

Dans la maison pressée de froid
Dans la désolation de l’hiver qui dure

Seul à conserver un petit feu dans le grand âtre
L’alimentant de branches sèches
Petit à petit
Que cela dure
Pour empêcher la mort totale du feu
Seul avec l’ennui qui ne peut plus sortir
Qu’on enferme avec soi
Et qui se propage dans la chambre

Comme la fumée d’un mauvais âtre
Qui tire mal vers en haut
Quand le vent s’abat sur le toit
Et rabroue la fumée dans la chambre
Jusqu’à ce qu’on étouffe dans la maison fermée

Seul avec l’ennui
Que secoue à peine la vaine épouvante
Qui nous prend tout à coup
Quand le froid casse les clous dans les planches
Et que le vent fait craquer la charpente

Les longues nuits à s’empêcher de geler
Puis au matin vient la lumière
Plus glaciale que la nuit.

Ainsi les longs mois à attendre
La fin de l’âpre hiver.

Je songe à la désolation de l’hiver
Seul
Dans une maison fermée.

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30-11-2008

Michel Tournier : Vendredi ou les limbes du Pacifique

Je sais maintenant que chaque homme porte en lui – et comme au-dessus de lui – un fragile et complexe échafaudage d’habitudes, réponses, réflexes, mécanismes, préoccupations, rêves et implications qui s’est formé et continue à se transformer par les attouchements perpétuels de ses semblables. privée de sève, cette délicate efflorescence s’étiole et se désagrège. Autrui, pièce maîtresse de mon univers.. Je mesure chaque jour ce que je lui devais en enregistrant de nouvelles fissures dans mon édifice personnel. Je sais ce que je risquais en perdant l’usage de la parole, et je combats de toute l’ardeur de mon angoisse cette suprême déchéance. Mais mes relations avec les choses se trouvent elles-mêmes dénaturées par ma solitude. Lorsqu’un peintre ou un graveur introduit des personnages dans un paysage ou à proximité d’un monument, ce n’est pas par goût de l’accessoire. le personnages donnent l’échelle et, ce qui importe davantage encore, ils constituent des points de vue possibles qui ajoutent au point de vue réel de l’observateur d’indispensables virtualités. p. 52

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30-11-2008

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28-11-2008

Catherine Audibert : L’incapacité d’être seul

http://www.decitre.fr/gi/60/9782228902960FS.gif Certaines personnes ressentent une véritable angoisse à l’idée même d’être seules.

D’autres voient se manifester des symptômes (vertiges, phobies, insomnies) quand éprouver la solitude est, pour elles, synonyme de détresse. Pour pallier cette incapacité d’être seules, elles vont déployer inconsciemment diverses stratégies psychiques addictives. Dans la relation de couple, par exemple, elles vont attendre de l’autre qu’il soit tout le temps présent. Ou bien, en cas de séparation, elles vont se mettre à boire ou à consommer des drogues.

Pourquoi ces addictions ? Parce qu’elles leur permettent de moins souffrir de la solitude sans faire appel à l’autre. Tout, dans ces conditions, peut fonctionner comme une drogue : les substances, mais aussi l’activité physique, l’amour, le sexe. Cet essai étonnant bouscule nos certitudes et éclaire, avec l’addiction et la solitude, deux des principaux maux dont souffre notre société. Il révèle aussi pourquoi une  » bonne  » solitude, une solitude sereine, est absolument nécessaire à notre équilibre psychique.

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28-11-2008

Catherine Audibert

Vous dites que l’alcoolisme, la boulimie, la drogue sont des moyens d’échapper à cette incapacité à être seuls.

C.A. Oui, les addictions permettent au sujet de se sentir exister alors qu’il se sent menacé de disparition psychique, lorsqu’il éprouve de tout son être cette solitude. Paradoxalement, ces personnes ne cherchent pas tant à se remplir ou à s’évader, comme on le croit souvent, qu’à atteindre enfin un sentiment de vide, mais un vide serein, apaisé, celui qui leur fait justement défaut, et qu’on trouve dans la solitude quand elle est vécue de façon épanouie.

A vous entendre, le couple est une des addictions les plus fortes qu’on ait développées contre la peur de la solitude !

C.A. Tous les couples ne sont pas comme ça, bien sûr. Mais c’est un moteur chez certains. On voit des couples se créer sur le besoin de tenir la solitude à distance. Chaque partenaire espère inconsciemment que l’autre va pouvoir réparer sa détresse à être seul. Le risque est de se figer dans une relation de besoin. On ne développe pas un rapport équilibré avec son conjoint, mais il est impossible de vivre sans lui. Et, si l’un des deux évolue vers une capacité à être seul, le couple a toutes les chances d’éclater. Pour qu’une relation soit équilibrée, il faut qu’il existe une « aire de solitude » entre les partenaires, où chacun peut vivre son « être-seul » sans avoir peur de perdre l’autre ou d’en être séparé.

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26-11-2008

Françoise Dolto : Solitude refuge

La solitude se fait attirante cependant aux heures d’échec du désir, ainsi que de peine ou de déception dans la communication manquée. Elle livre l’humain alors à l’expérience de la magie de sa seule rêverie, où le désir brode des fantasmes en apaisant ses tensions dans un plaisir qui endort l’épreuve de la solitude ; mais le sujet dont le désir ne s’exerce plus dans la réalité n’opère plus aucun renouvellement à son soi-même connu qui, hors le corps et la monotonie de son vivre de besoins, est livré aux champ de l’imaginaire. Le désir s’y reduplique au narcissisme.

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25-11-2008

Madeleine Chapsal

Mais il faut se rappeler que Maliens, Somaliens, Birmans ou Hindous se plaignent du contraire : d’une surpopulation qui, du fait de l’absence de logements, du poids des traditions familiales, aboutis à la promiscuité, au manque absolu de solitude.

Qui ne préfère vivre seul ou seule plutôt que de se réveiller sur une paillasse ou un ponton, accolé à d’autres avec lesquels on n’a rien à faire, peu ou rien dire ? Une soudaine Solitude, Le Livre de Poche p. 116

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24-11-2008

Bloc-notes (25)

Solitude : Certes, je suis seul et je m’avance inconnu parmi eux. Mais celui qui est un homme ne peut-il pas plus que cent qui sont seulement des tronçons d’homme ? Friedrich Hôderling (1770-1842) (Hyperion, 1797-1799)

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24-11-2008

Sven Malik : Die Einsamkeit

Sitzt du auf der Parkbank allein,
Merkst du, die Einsamkeit sucht dich heim.
Mit der Einsamkeit kommst du nicht weiter,
Denn die Einsamkeit ist gar nicht heiter.

Da du mit der Einsamkeit ziemlich einsam bist,
Die Einsamkeit du niemals vermisst.
Als erstes fühlst du dich verlassen,
Du merkst, die Einsamkeit bekommt dich zu fassen.

Such dir jemanden, den du brauchst,
Jemanden der zu dir hält,
Und du merkst, wie die Einsamkeit von dir fällt.

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23-11-2008

Solitude…

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21-11-2008

Catherine Audibert

Vous dites qu’on peut faire l’expérience de cette solitude détresse tout en côtoyant les autres…

Bien sûr ! Elle n’est pas forcément liée à l’état de solitude, mais peut être éprouvée au milieu de nos semblables. Les gens qui souffrent d’être seuls ne se sentent reliés à rien : ni à eux-mêmes ni aux autres. Quand ils sont en société, leur sentiment de solitude est exacerbé.

De multiples outils nous relient en permanence aux autres. Cela n’aggrave-t-il pas notre incapacité à être seuls ?

C’est certain. Dans notre mode de vie, il n’y a plus beaucoup de moments où l’on peut faire l’expérience de l’ennui, du vide. Les enfants ont des sorties et des loisirs organisés en permanence. Le temps restant est absorbé par la télé et l’ordinateur. Ils n’ont plus d’instants où ils peuvent se tourner vers eux-mêmes. Et, lorsqu’ils sont confrontés à des moments de flottement (inévitables), c’est la panique. Mais on pourrait en dire autant des adultes.

Avez-vous l’impression que l’on souffre davantage de cette solitude aujourd’hui qu’il y a un siècle ?

Sans doute. La société d’autrefois était moins individualiste : les gens étaient enserrés dans des structures traditionnelles, familiales et sociales, qui pouvaient les sécuriser davantage. Aujourd’hui, les gens vivent avec l’idée que le groupe ne va pas être là pour les soutenir. Regardez comme ils sont inquiets face à la mondialisation. Ils ont l’impression que certains acquis sociaux, certaines solidarités vont disparaître et qu’ils se retrouveront en concurrence. C’est anxiogène. Et on ne peut supporter la solitude que si on est sûr de pouvoir compter sur un autre.

Comment se développe l’incapacité à être seul ?

Cela démarre très tôt dans l’enfance. Parce que le bébé a été soit hypersollicité, soit, au contraire, livré à lui-même. Le trop ou le trop peu laissent des empreintes traumatiques. Dans le premier cas, les adultes ne laissent pas l’enfant développer une vie personnelle. C’est important que, parfois, le bébé puisse oublier sa mère pour jouer tranquillement avec son corps ou avec ses jouets. Il faut développer la notion d’être « seul avec », qui permet au tout-petit de jouir de son « être-seul » tout en étant dans la présence de la mère. Au contraire, d’autres adultes sont incapables d’être seuls parce qu’ils ont souffert de carences. Enfants, ils ont été abandonnés, en proie à la solitude. Dans ces cas-là, les adultes n’ont pas suffisamment répondu à leurs besoins vitaux, les ont trop laissés livrés à la douleur, à la faim, au froid, mais peut-être surtout au besoin d’amour. La bonne solitude est celle qui est portée par l’Autre. Un Autre qui sait être présent et absent à la fois.

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21-11-2008

Michel Tournier : Vendredi ou les limbes du Pacifique

La solitude n’est pas une situation immuable où je me trouverais plongé depuis le naufrage de la Virginie. C’est un milieu corrosif qui agit sur moi lentement, mais sans relâche et dans un sens purement destructifs. Le premier jour, je transitais entre deux sociétés humaines également imaginaires : l’équipage disparu et les habitants de l’île, car je la croyais peuplée. J’étais encore tout chaud de mes contacts avec mes compagnons de bord, je poursuivais imaginairement le dialogue interrompu par la catastrophe. Et puis l’île s’est révélée déserte. J’avançai dans un paysage sans âme qui vive. Derrière moi, le groupe de mes malheureux compagnons s’enfonçait dans la nuit. Leur voix s’étaient tues depuis longtemps, quand la mienne commençait seulement à se fatiguer de son soliloque. Dès lors je suis avec une horrible fascination le processus de déshumanisation dont je sens en moi l’inexorable travail. p. 52

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20-11-2008

Victor Hugo

La solitude sainte aux faibles est fatale.

Voyez, il part, il fuit, il se cache, il s’installe
Dans un bois, dans un trou, loin de tout grand chemin.
Le voilà seul. Bonsoir ! Voir un visage humain?
Pourquoi ? qui? Non! plutôt, que le soleil périsse !
Vivent les ours ! L’ennui le tient et le hérisse.
Il ne se peigne plus, il ne se rase plus:
Son âme est cul-dejatte et son cœur est perclus.
Fermez la porte. Il vit, fauve, dans sa tanière.

N’ayant pas autre chose, il prend sa cuisinière.

Il devient triste, froid, lascif, méchant, petit

Son esprit par degrés dans la chair` s’engloutit.

En lui la brute monte et gagne sa cervelle ;

Le néant sous son front lentement se nivelle ;

Il boit,- il mange, il marche ; autrefois ça, pensait.

Vit-il? on ne sait plus au juste ce que c’est,
Et le vieux loup Satan rit dans ses nuits funèbres

De voir cette lueur sombrer dans les ténèbres.

La dernière Gerbe

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20-11-2008

Paul Auster

Solitaire. Mais cela ne signifie pas qu’il était seul. Pas dans le sens où Thoreau, par exemple, cherchait dans l’exil à se trouver ; pas comme Jonas non plus, qui dans le ventre de la baleine priait pour être délivré. La solitude comme une retraite. Pour n’avoir pas à se voir, pour n’avoir pas à voir le regard des autres sur lui. . L’invention de la solitude, Le Livre de Poche 13503, p. 25

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19-11-2008

Bohumil Hrabal : Une trop bruyante solitude

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/7/4/8/9782221109847.jpgVoilà trente-cinq ans que M. Hanta nourrit la presse d’une usine de recyclage où s’engloutissent jour après jour des tonnes de livres interdits par la censure, et jusqu’aux chefs-d’œuvre de l’humanité. « Ce genre d’assassinat, ce massacre d’innocents, il faut bien quelqu’un pour le faire. » Hanta travaille, boit de la bière, déambule dans les rues de Prague, lit, et ressasse la mission dont il s’est investi : sauver la culture en arrachant à la mort des trésors si injustement condamnés. Il en sauve jusqu’à deux tonnes qu’il entasse au-dessus de son lit. Mais à ce jeu de cache-cache, son rendement baisse. Rejeté, abandonné de tous, il ne lui reste plus qu’à rejoindre ses livres bien-aimés…
Le lecteur suit les pensées de Hanta à travers un long monologue obsessionnel et émaillé d’images singulières. Hanta revient sans cesse sur son travail, son passé et, sans le dire réellement, sur la solitude qui le mine. C’est le destin d’un homme, un ouvrier, rattrapé par une modernité assassine.
Une trop bruyante solitude, d’abord diffusé en 1976 à Prague sous forme de « samizdat » (publication clandestine), est sans doute le livre qui a valu au grand écrivain tchèque le plus de notoriété.

Majestueux cri de révolte lancé à l’assaut des sociétés totalitaires, l’histoire du narrateur, ouvrier dans une usine de vieux papiers destinés au recyclage, n’est pas sans faire penser – mutatis mutandis – au 1984 d’Orwell. Car notre héros, instruit presque malgré lui par la lecture des ouvrages interdits destinés au pilon (la Bible, le Talmud, les écrits de Lao-tseu entre autres), va faire renaître ces chefs-d’œuvres sous la forme d’une autre œuvre d’art (qui n’est pas sans rappeler les travaux d’un Jiri Kolar) : les pages broyées sont transformées en balles de papier décoratives ! Divers incidents et personnages tragicomiques viennent émailler cette fable sensible et émouvante qui invite le lecteur à une aimable réflexion sur le moderne, digne à la fois de nos philosophes des Lumières et des meilleurs esprits libertins.

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19-11-2008

Paul Eluard : La Nuit

La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l’affirme
Au bout du chagrin
une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un cœur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie à se partager.

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19-11-2008

Françoise Dolto : Solitude et communication

Ce vécu de trajectoire que dans ma solitude j’apprécie comme mon histoire, en suis-je l’objet ou en suis-le le sujet ? Sans la communication, moi sans les autres, sans lieu, ni temps, serais-je, suis-je ? Puisqu’aux autres je les dois tous deux. Dans cette  » trajectoire du vécu« , comme l’a dit Merleau-Ponty ; lorsqu’elle est acceptée « la solitude et la communication ne doivent pas être les deux termes d’une alternative, mais deux moments d’un seul phénomène. » Oui, ce phénomène qu’est l’Homme transparait, pour les autres qui en sont témoins gratifiés lorsqu’un enfant, un adolescent, une jeune fille, un homme, une femme, inconscients de leur nécessité, dans une parfaite coïncidence entre leur âge, leur apparence, leur expression dans l’espace où ils ne sont que relief et ombres pour leur surface qui renvoie la lumière, deviennent prismes éphémères de leur espèce qui s’y exemplarise à leur insu, tels qu’ils sont, quand ils se donnent dans une présence qui s’ignore, riches de cette vie qui les habite et les anime dans une rayonnante simplicité qui ruisselles d’eux-mêmes. Ils sont là présents avec et pour les autres, naturellement donnés dans une communication vivante qui s’exprime en éblouissante vérité. Emouvant phénomène humain. p. 438

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18-11-2008

Madeleine Chapsal

Tout de que peut espérer un individu humain, c’est d’apprendre à organiser sa solitude pour qu’elle pèse le moins possible. Cela ne s’enseigne pas, mais se découvre à l’usage – pourvu qu’on y consente. Car beaucoup de solitaires refusent de s’adapter, ancrés dans l’idée que  » quelqu’un va arriver et les tirer de là.

Ce quelqu’un vient et c’est la mort. Une soudaine solitude, Le Livre de Poche, p.110

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17-11-2008

Protégé : Typologie

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16-11-2008

Protégé : Modifs

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15-11-2008

Paul Serusier : Solitude – La Ramasseuse de fougères – 1864

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14-11-2008

Catherine Audibert

C’est vrai que la solitude inspire souvent la honte, la pitié, le sentiment d’exclusion. Elle est toutefois essentielle, universelle et inexorable. Malgré toute l’empathie de notre entourage, c’est seul que l’on éprouve sa naissance, son vieillissement, ses sentiments heureux ou malheureux, et la perspective, sereine ou angoissée, de sa propre mort. C’est à partir de sa capacité à accepter son destin d’être seul que l’humain arrive à organiser – ou non – son existence. Il faut donc apprendre à apprivoiser sa solitude. Elle,

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13-11-2008

Bloc-notes (14)

Solitude : On est plus heureux dans la solitude que dans la monde. Cela ne viendrait-il pas de ce que dans la solitude, on pense aux choses, et que dans la monde on est forcé de penser aux hommes ?

Sébastien-Roch Nicolas dit Chamfort (1741-1794) (Maximes et Pensées et de Caractères et Anecdotes, 1795)

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