06-08-2010

Hugo Lapointe : Célibataire – 2004

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Célibataire
J’commence à m’y faire
À sortir tous les soirs
Rencontrer, boire et rentrer tard
J’ai vécu ces dernières années
Des nuits chaudes non censurées
Je fais la cour sans préalable
Je fais l’amour comme un nomade

Célibataire
J’commence à m’y plaire
Je n’ai rien d’un solitaire
P’t'être que j’ai seulement besoin d’air

(refrain)
Je me sens devenir vieux garçon
Sans être en manque d’émotion
L’amitié, les femmes, la musique
La liberté c’est poétique
J’aime mieux quand personne ne m’attend
Je suis en retard trop souvent
Je préfère prendre mon temps…
Et une célibataire de temps en temps!

Célibataire
Y’a pas de quoi sans faire
On est jamais seul sur la terre
Les amis c’ta ça que ça sert
Je veux vivre les prochaines années
À faire l’amour et m’amuser
Je n’ai qu’une seule vie à vivre,
Pas question que j’me prive

Célibataire
C’est le critère pour me plaire
Je n’ai rien d’un solitaire
P’t'être que j’ai seulement besoin d’air

(refrain)
Je me sens devenir vieux garçon
Sans être en manque d’émotions
L’amitié, les femmes, la musique
La liberté c’est poétique
J’aime mieux quand personne ne m’attend
Je suis en retard trop souvent
Je préfère prendre mon temps…
Et une célibataire de temps en temps!

Bien sûr j’aimerais trouver l’âme soeur
Et redéfinir mon bonheur
Quelqu’un avec qui partager
Mes peines, mes joies et ma fierté
Je n’suis pas un très bon menteur
Quand je parle avec mon coeur
Dites-moi qui veux consoler
Un manque d’amour en liberté
Consoler

Un célibataire
Qui commence à s’y faire
À sortir tous les soirs
Rencontrer, boire et rentrer tard

(refrain)
Je me sens devenir vieux garçon
Sans être en manque d’émotion
L’amitié, les femmes, la musique
La liberté c’est poétique
J’aime mieux quand personne ne m’attend
Je suis en retard trop souvent
Je préfère prendre mon temps…
Et une célibataire de temps en temps!

Prendre mon temps
Et une célibataire de temps en temps!

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04-08-2010

Y, Le Dernier Homme (1) : No man’s land

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02-08-2010

Enfants du placard

  1. 1835: Apparition de Kaspar Hauser.
  2. 1931 : Edith Riley.
  3. 1938: Anna de Pennesylvanie et Isabelle de l’Ohio.
  4. 1963 : Yves Cheneau, de Saint-Brévin.
  5. 1970-11-4 : Génie Curtiss, jeune fille de 13 ans, découverte à Los Angelèes, enfermée et maltraitée durant 10 ans par un père handicapé mental. Genie allait tout juste commencer à parler à 20 mois, quand un médecin annonça à sa famille qu’elle semblait un peu lente, probablement mentalement retardée. Le père de Genie interpréta cet avis à l’extrême et, la croyant profondément retardée, lui fit subir un sévère isolement et un mal-traitement rituel, afin « de la protéger ». Harnachée nue sur une chaise percée le jour, ficelée dans un sac de contention la nuit, affamée quelquefois, elle était battue par son père si elle essayait d’attirer l’attention.. La date de naissance de Gennie coïncide avec la date de publication des Syntatic Structures par Noam Chomsky qui professait à nouveau la nature innée du langage. On ne pouvait rêver d’un être sorti d’un univers plus inimaginable pour tomber dans les bras de la science. Elle allait devenir l’enjeu de la confirmation ou de la réfutation des théories de Chomsky et une véritable aubaine pour la neurologie. Elle constituait un exemple exceptionnel de communication non-verbale. Allait-elle être capable d’un développement linguistique complet traversant les phases canoniques décrites par les spécialistes? Existait-il une date limite à l’apprentissage du langage ? Gennie allait-elle être capable de formuler des événements vécus antérieurement à l’inclusion des mots dans son monde ? En avait-elle gardé la mémoire ? Les fonctions cérébrales de l’enfant étaient-elles équilibrées ? Quel effet avait l’expérience vécue sur le développement et le comportement du cerveau ? Dans quelle mesure l’intelligence a-t-elle besoin des liens affectifs pour se déployer ? Elle est, comme Victor, le prototype de l’enfant qui émerge à point nommé pour les tests, les études et les rivalités savantes. A un autre moment, elle aurait sans doute glissé de l’oubli à l’oubli après un bref passage sous les flashs de la presse.Pendant plus d’une décennie elle fut complètement cloîtrée, laissée seule dans une pièce, sans aucune forme d’échange.Découverte à l’âge de 13 ans, elle n’émettait aucun son. Genie devint rapidement un sujet d’étude, notamment pour découvrir s’il existe un âge limite pour l’apprentissage du langage. Placée dans une maison d’accueil spécialisée, elle développa sa motricité fine, apprit à parler (quelques phrases élémentaires) et à pratiquer le langage des signes. En dépit d’une éducation intensive, Genie ne progressa guère. 1 an après sa libération : à l’âge de 14 ans, son langage correspondait à celui d’un enfant «normal» de 18-20 mois.

  6. 1984-2008 : Elizabeth Fritzl et ses enfants.
  7. 1988 : Horst Weiner, de Dûsseldorf.
  8. 1998-2006 : Natasha Kampusch
  9. septembre 1999 : Découverte de Norco, Californie. Enchainée à un lit depuis 5 ans, une fillette de 6 ans.

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01-08-2010

Milan Kundera (1929-

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Solitude : douce absence de regards. L’Immortalité

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31-07-2010

Stéphane Mallarmé (1842-1898) : Salut

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Rien, cette écume, vierge vers
À ne désigner que la coupe;
Telle loin se noie une troupe
De sirènes mainte à l’envers.

Nous naviguons, ô mes divers
Amis, moi déjà sur la poupe
Vous l’avant fastueux qui coupe
Le flot de foudres et d’hivers;

Une ivresse belle m’engage
Sans craindre même son tangage
De porter debout ce salut

Solitude, récif, étoile
À n’importe ce qui valut
Le blanc souci de notre toile.

un coup de dés, jamais

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30-07-2010

Damien Robitaille : Homme autonome

Je suis venu seul au monde, sans assistance
Un enfant qui vit dans l’indépendance
Pour grandir, je m’étirais en me retirant
Et comme ça, je suis devenu un grand.

Je fais tout, tout seul
Seul, comme un grand
Grand, comme un homme
Un homme autonome.

x2

Condition héréditaire
Ma famille, c’est une bande de solitaires
Depuis plus de cinq générations
Nous n’avons eu aucune réunion.

(refrain) 

Un maniaque, autodidacte
Libre comme l’air, célibataire.
Je ne reçois qui que ce soit
Tant que je gueule, je reste tout seul.

Ma voiture, c’est une auto-exclusion
Elle me mène dans des coins à reculons.
J’vais l’échanger, tout comme mon téléphone
Il doit être brisé, jamais il ne sonne.

(refrain x3)

Je dors
Tout seul
Je marche
Seul
Je parle
Seul
Je pleure
Seul
Je ris
Seul
Je bois
Tout seul
Je chante
Seul
Je danse
Seul

Voir+ 

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29-07-2010

Protégé : Modifs de juillet

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25-07-2010

Yvon Deschamps (1935-)

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C’est tout seul qu’on est le plus nombreux. Titre de son spectacle d’humoriste.

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24-07-2010

Winston Perez : Etoiles solitaires

Le ciel est parsemé d’étoiles solitaires
Qui vivent dans l’oubli en ces temps bien obscurs
Tristes sont les augures, quand vient le long sommeil,
Quand l’horizon se perd, quand s’assombrit l’Azur,
Ces étoiles sont pétries d’Angor et de douleurs
Quand en se retournant elles voient le ciel briller
Elles entendent siffler ces Symphonies d’Auteurs
que l’amertume des sens a réussi à tuer
Ô Vénus ton arôme est si bon quand il vient
se poser sur l’Etoile. Et protéger la Fleur
Que l’Ange et son Démon un jour ont partagé,
D’une belle saison aux jardins enchanteurs
que tout héros perdu parvient à museler

Soleil brille, Ô Soleil brille
Dans le cœur des gens triste qu’on croyait inégaux
Viens détruire l’astre fixe qu’au lendemain des nuits
on abhorre en geignant

Exécute ta tâche
Ô Globe
du firmament

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18-07-2010

Sophie Fontanel (1962-

Je vis seule parce que l’idée d’avoir à construire un couple me fait penser au métier de notaire. Parce que je n’ai plus peur de la solitude. Parce que les hommes me font rêver. Parce que les hommes ont peur des femmes qui attendent d’eux des merveilles. Parce que rien ne me fait plus peur qu’un homme qui a peur. Parce que l’amour survient, même quand on vit seule, le savez-vous ?

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11-07-2010

Bernard Werber (1961-

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J’ai le sentiment d’être un homme libre, sans aucune dépendance ; mais si j’éprouve une euphorie, c’est dans le fait d’écrire, pas dans celui de vivre seul. Je n’ai rien contre le couple, c’est le quotidien qui me fait horreur, la routine de ce demain qui est un autre hier. J’ai une compagne, mais nous ne vivons pas ensemble. Nous n’avons donc pas à négocier tous les jours nos territoires.

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10-07-2010

Nérée Beauchemin (1850-1931) : La maison vide

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Petite maison basse, au grand chapeau pointu,
Qui, d’hiver en hiver, semble s’être enfoncée
Dans la terre sans fleurs, autour d’elle amassée.
Petite maison grise, au grand chapeau pointu,
Au lointain bleu, là-bas, dis-le-moi, que vois-tu ?

Par les yeux clignotants de ta lucarne rousse,
Pour voir plus clair, plus loin, tu sembles faire effort,
Et froncer les sourcils sous ton chapeau de mousse.
Vers ces couchants de rêve où le soleil s’endort,
Pour voir plus clair, plus loin, tu sembles faire effort.

Il est couché, là-bas, au fond du cimetière,
Celui qui t’aime encore autant que tu l’aimais.
Petite maison vieille, au chapeau de poussière,
Celui qui t’aime encore autant que tu l’aimais,
L’absent, tant regretté, ne reviendra jamais.

Patrie intime

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04-07-2010

Marc Lévy (1961-

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Il n’est de pire solitude que celle qu’on éprouve quand on est deux.
La solitude peut être une forme de compagnie.

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03-07-2010

Victor Hugo : Aux arbres

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! – vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
La contemplation m’emplit le coeur d’amour.
Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l’oeil dans l’herbe profonde,
L’étude d’un atome et l’étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m’avez vu fuir l’homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s’élance,
Et je suis plein d’oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, – je vous atteste, ô bois aimés du ciel! -
J’ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,
Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai.

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01-07-2010

9% des français souffrent de solitude

Près d’un Français sur dix souffre de grande solitude, un phénomène de plus en plus précoce, selon une enquête de la Fondation de France, diffusée jeudi par le Parisien/Aujourd’hui en France et France Info.

Quatre millions de personnes, soit 9% de la population, vivent dans un état d’isolement absolu, coupés de tout réseau social, à commencer par la famille et les amis.

Ces derniers ont moins de trois « contacts directs » dans une année, c’est-à-dire qu’ils ne tiennent pratiquement aucune conversation personnelle avec autrui.

A l’approche des grands départs en vacances, l’enquête rappelle que les victimes de la canicule de 2003 sont moins morts de chaleur que d’isolement.

« Nous devons tous rester conscients que la solitude et l’isolement d’un nombre trop important de personnes constituent une voie sans issue, tant pour ceux qui s’épuisent à l’affronter que pour la société à laquelle ils appartiennent », souligne Francis Charhon, directeur général de la Fondation de France.

Quelque 23% des Français ne disposent que d’un réseau de socialisation (famille, amis, voisins, collègues, voisins…), ce qui les place dans une situation de fragilité. Un simple déménagement suffit à faire basculer dans l’isolement.

Une personne interrogée sur dix confie se sentir soit exclue, soit abandonnée, soit inutile, même lorsqu’il dispose d’au moins un réseau relationnel. Ce ressenti concerne une personne sur trois, quand il s’agit de Français touchant un faible niveau de revenu (moins de 1.000 euros par mois).

Autre enseignement de cette enquête, la « précocité » du phénomène d’isolement, qui commence à se manifester de manière sensible dès la quarantaine.

Même si la solitude touche d’abord les seniors, 16% des plus de 75 ans, elle frappe aussi la tranche d’âge des 40-49 ans (9%), des 50-59 ans (11%) et des 60-74 ans (15%).

Sondage effectué par téléphone, entre le 5 et le 22 janvier 2010, auprès de 4.006 Français âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

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27-06-2010

Julien Green (1900-1998) : Journal 1935-1939

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Je voudrais écrire pour celui qui est seul.
Le Livre de Poche n° 3704 p. 252

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26-06-2010

Sybille Rembard : Artichaut de l’espoir – 1997

Patauger dans une mare noire, fine
Suivant le chant du corbeau
Qui nous ronge au plus profond de notre âme
Rouge


Comme un éclat rubis d’une mouette blessée
Je t’ai cueilli le jour de tes rubicondes solitudes
Comme un soupir qui s’éparpille dans la lenteur
Jaune


La vie débute au chant du coq
Désormais je ne suis plus seule.
Bleu

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25-06-2010

Joe Dassin : Ça m’avance à quoi ? – 1966

Chaque fois que j’y pense,
Ça m’avance à quoi?
Dis, ça m’avance à quoi?

Si, j’en rêve, oh oh whoh
Car j’en crève, oh oh whoh
De rester sans toi

Passer d’une pièce à l’autre,
Ça m’avance à quoi?
Dis, ça m’avance à quoi?

Quand en deux places, oh oh whoh
Dans l’espace, oh oh whoh
Tout est vide sans toi

Ces mégots que j’ecrase
Ça m’avance à quoi?
Ça m’avance à quoi?

Dans la brume, oh oh whoh
Qui m’enfume, oh oh whoh
J’oublie ton parfum

Et l’alcool qui me soule,
Ouais, ça change quoi?
Dis, ça m’avance à quoi?

Si tout se trouble, oh oh whoh
Si je vois double, oh oh whoh
Je ne te vois pas plus pour ça

Toute la nuit à t’attendre
Ça m’avance à quoi?
Dis, ça m’avance à quoi?

Le jour se lève, oh oh whoh
Et j’en crève, oh oh whoh
De rester sans toi

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20-06-2010

Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) : Terre des hommes

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Nul n’échappe dans la solitude à ces retours. L’autre se réveillait en lui, sans prévenir.

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19-06-2010

François Coppée (1842-1908)

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Elle sait que l’attente est un cruel supplice,
Qu’il doit souffrir déjà, qu’il faut qu’elle accomplisse
Le serment qu’elle a fait d’être là, vers midi.
Mais, parmi les parfums du boudoir attiédi,
Elle s’est attardée à finir sa toilette.
Et devant le miroir charmé qui la reflète,
Elle s’impatiente à boutonner son gant ;
Et rien n’est plus joli que le geste élégant
De la petite main qui travaille ; et, mutine,
Elle frappe le sol du bout de sa bottine.

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13-06-2010

Emilio Prados (1899-1962)

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Solitude, nuit à nuit je te construis.

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13-06-2010

Stefan Zweig (1881-1942) : Amok ou le fou de Malaisie – 1922

… sans argent, sans montre, sans illusions, je tournai le dos à l’Europe, et je n’éprouvais pas la moindre tristesse lorsque nous sortîmes du port.

« Je m’assis sur le pont, comme vous voilà en ce moment, comme tous les autres, et j’aperçus un jour la Croix du Sud et les palmiers, et mon cœur s’épanouit. Ah ! les forêts, la solitude, le recueillement, tout cela remplissait mes rêves.

 » Oh ! ce n’est pas la solitude qui allait me manquer. On ne m’envoya pas à Batavia ou à Soerabaya, dans une ville où se trouvent des êtres humains, des clubs, un jeu de golf, des livres et des journaux, mais – le nom ne fait rien à l’affaire – dans une de ces stations de district qui sont à deux journées de voyage de la ville la plus voisine. Quelques fonctionnaires ennuyeux et desséchés, deux « demi-caste » formaient toute ma société ; à part cela, il n’y avait partout autour de moi que la forêt, des plantations, la brousse et le marais.

Au début, c’était encore supportable. Je me livrai à des études de toutes sortes. Un jour, comme le vice-résident, au cours de sa tournée d’inspection, avait eu son automobile renversée et s’était cassé la jambe, je fis, à moi tout seul une opération dont il fut beaucoup parlé. Je collectionnais des poisons et des armes d’indigènes ; je m’occupais de cent petites choses pour me tenir en haleine.

Mais cela ne dura que tant qu’agit en moi l’énergie apportée de l’Europe ; après quoi, je me rabougris. Les rares Européens que je voyais ne m’inspiraient que de l’ennui ; je rompis toutes les relations avec eux, et je me mis à boire et à me recroqueviller dans des rêveries solitaires.

Bibliothèque cosmopolite Stock p. 35

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06-06-2010

Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) : Terre des hommes – 1939

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« Les hommes seuls bâtissent leur solitude. » Dans un monde où la vie rejoint si bien la vie, où les fleurs dans le lit même du vent se mêlent aux fleurs, où le cygne connaît tous les cygnes, les hommes seuls bâtissent leur solitude.

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05-06-2010

Katia Granoff (1895-1989) : Les Fleurs n’ont plus de jardinier

Tu me chargeais les bras de roses
Que tu coupais en ce jardin
Où tu gardais mon âme enclose
Quand je partais dans le matin

L’âme, je ne l’ai pas reprise…
Les fleurs n’ont plus de jardinier.
Seule, je prends la route grise
Où tu venais m’accompagner.

Mémoire Chemin de ronde, 10/18 p. 41

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30-05-2010

Milan Kundera (1929- : La plaisanterie – 1975

Car ce ne sont pas les ennemis, mais les amis qui condamnent l’homme à la solitude.

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23-05-2010

Edouard Estaunié (1862-1942)

La solitude ne dépend pas de l’extérieur; – C’est une chose du dedans.

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05-04-2010

Alain : mort chez lui depuis un an !

Depuis des mois, ce retraité de la sécurité sociale ne donnait plus signe de vie. La boîte aux lettres, dans le hall de son immeuble, regorgeait de courrier, selon La Provence. Alain, 66 ans, n’avait plus payé les charges de copropriété de son appartement, situé rue Château-Payan, à Notre-Dame-du-Mont, dans le 6ème arrondissement de Marseille. Vendredi, une employée du syndic s’est présentée à son domicile. Elle était accompagnée des pompiers et de la police. C’est dans la salle de bains de l’appartement qu’Alain a été retrouvé, sans vie, précise aussi La Provence. Mort depuis plus d’un an. Le parquet de Marseille a ordonné une autopsie du corps de la victime. Toutefois, selon les premiers éléments de l’enquête, ce retraité serait mort de mort naturelle. Une mort naturelle, dans l’indifférence générale. «J’avais même téléphoné l’an dernier au commissariat du 6ème arrondissement. On m’avait dit qu’il fallait appeler le 17 ! Je me disais aussi: c’est pas normal, il vient d’habitude à toutes les réunions de copropriété» témoigne aussi un de ses voisins à La Provence. D’autres voisins confient qu’ils étaient «inquiets», tout en imaginant que le retraité «était parti passer quelques temps dans une maison de repos».

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02-04-2010

Pearl Sydentricher-Buck (1892-1973) : Je n’oublierai jamais – 1961

Je me laissai tomber sur le talus couvert d’herbe, et j’écoutai. Les cris cessèrent, remplacés par des éclats de voix et des rires. C’était donc un garçon ! Une nouvelle vie ! Je m’étendis sur l’herbe et restai longtemps le regard fixai sur le ciel. On ne voyait pas d’étoiles, la lune brillait et je la fixai si longtemps qu’il me sembla la voir bouger. Une immense lassitude s’infiltrait en moi, la lassitude que donne l’acceptation de l’inévitable, la certitude de l’immuable. Désormais, je devais me résigner à ne partager avec personne les moments importants de mon existence, et pourtant j’en connaitrais encore. Nous savourions toujours en commun l’exaltation de la beauté ou de l’accomplissement, nous partagions tout, lui et moi, aussi instinctivement, que l’air que nous respirions. Eh bien, c’était fini… Comment peut-on croire que la créature ne parcourt pas seule le chemin de la vie ? Au contraire, le chemin sans fin se déroule devant elle, dans une solitude éternelle. Le Livre de Poche n° 3885 p. 221

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02-04-2010

Alma Perdida

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Plus…

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26-03-2010

Masahisa Fukase (1934- : Solitude of Ravens – 1998

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Sendagaya district of Tokyo, 1984

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20-03-2010

57-109

Aujourd’hui la barre  des :

500 000 !

visites est dépassée !

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19-03-2010

Masahisa Fukase (1934- : Solitude of Ravens – 1998

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12-03-2010

Masahisa Fukase (1934- : Solitude of the Ravens – 1998

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12-03-2010

Marc Lavoine : Ma solitude.com

Ma solitude point comme
Un soleil matinal
Une migraine en automne
Une aube grise et sale
Le solo de trombone qui vient de l’arrière salle
Dans ma mémoire résonne comme un carnet de bal

Ma solitude.com
La lumière est si pâle
La lune est comme une pomme
Mon lit bien vertical
Sur un nuage de rhum dans les bois de santal
Comme un fumeur d’opium qui s’en foutrait pas mal

Etre vivant m’étonne ce que la vie fait mal
Elle reprend ce qu’elle donne
C’est la vie c’est normal

Ma solitude.com
Ma solitude.com

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09-03-2010

Ankana : La solitude

Elle a toujours été là,
Quelque part en nous,
Derrière chacun de nos pas,
Elle s’insinue dans tout.
Dans une boule à l’estomac,
Un creux qui aspire tout.
Un mal qui n’en fini pas.
Une douleur qui nous met à genoux.
Elle se nourrit de l’incompréhension,
De tous ce qui nous fait défaut,
D’une souffrance, d’un abandon,
A quoi bon l’expliquer avec des mots.
La solitude on la vit,
On la ressent, on y survit.
Elle nous entoure, elle nous traverse,
A chaque détours, elle nous renverse.
On a beau être fort, ça a beau être dur,
On gardera en nous ses brûlures.

Ankana.

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07-03-2010

Aziz Chouaki

La solitude c’est promener son chien.

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05-03-2010

Masahisa Fukase (1934- : Solitude of the Ravens – 1998

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05-03-2010

Gerard Presgurvic : La solitude

J’devais avoir dix ans
Quand j’me suis dit maint’nant
A personne, je dirai plus rien
Même si ça me fait du bien
J’ai pas t’nu ma promesse
Et les soirs de détresse
Quand le blues a retrouvé mon adresse
A des paumés d’un soir
J’raconte mon désespoir
Mais je sais bien que personne n’écoute
Oui je sais que personne n’écoute
La solitude
Ça s’apprend
La solitude
Ça s’apprend
C’est pour une femme qui vous ment
Pour un ami qui vous vend
La solitude
Combien d’fois j’suis parti
Seul au milieu de la nuit
Combien d’fois j’ai tendu les mains
Pour dire à quelqu’un
Je t’aime, à toi je tiens
Mais je sais bien que personne n’écoute
Oui je sais bien que personne n’écoute

La solitude
Ça s’apprend
La solitude
Ça s’apprend
C’est pour une femme qui vous ment
Pour le chagrin d’un enfant
La solitude
C’est comme la peur
On vit avec, mais on en meurt
La solitude
Je connais ceux qui veulent
A tout prix vivre seuls
C’est vivre dans un désert
Le cœur froid comme la pierre
Et moi j’veux pas
Non j’veux pas

La solitude
Ça s’apprend
La solitude
Ça s’apprend
C’est pour une femme qui vous ment
Pour un ami qui vous vend
La solitude
C’est comme le vent
Quand c’est trop fort
Ça vous rend…
La solitude
C’est pour une femme qui vous ment
Pour un ami qui vous vend
La solitude
La solitude

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28-02-2010

Jean Cocteau

Le cinématographe est un moyen admirable de donner corps à des rêves individuels et de permettre à un grand nombre de personnes d’y participer, d’expulser et d’orchestrer de la solitude. La nuit des salles devient alors semblable à celle des corps où une foule d’individus rêverait à l’unisson.

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26-02-2010

Tunisiano : solitude

Tu tu tunisianoo ouhoo ohh ouhoo hoooo
Tuuniisiiaanoo..

Tunisiano :
Elle est venue sans prévenir
Sans le savoir elle m’a prise,
Elle m’a marqué de son étreinte
M’a fait rentrer dans sa matrice,
Sa présence fait réfléchir
Mon esprit est en crise
Oui elle m’a laissé son empreinte
Observe donc comme elle m’attriste
Solitude, tu me fais peur et ta présence est si rude
Ton silence brise le cœur
Oui je brise les pleurs lorsque je pense à ma famille
J’ai si peur de perdre ces gens qui peuplent ma vie
J’ai vu des amis changer, cherchant à se venger
Me traitant tel un étranger
Sous prétexte que j’aurais manger en ayant trouvé un public
J’y ai laissé des proches
Car ma présence se fait plus rare que ce que je me mets dans les poches
A quoi bon prier
Car des tonnes d’enragés tu sais
A quoi bon kiffer sans pouvoir partager
C’est vrai que je remplis des salles grâce à ma sale gueule
Mais le soir face au miroir au final je suis seul

Seule,
J’ai si peur d’être sans vous
Mais sans vous Je suis si seule
Parce que le temps sépare
Parce qu’on vient et on part
On est seul
Sans personne pour entendre
Ni comprendre comme on est seul
Parce que le temps sépare même si le temps répare

Amel Bent :
Je suis seule et sans recours
Dans ma tête tout se trame
Sans pouvoir appeler au secours
Sans pouvoir verser de larmes
Y a trop d’choses qui me font peur
Quand j’imagine le futur
Un jour on vis, un jour on meurt
Partir le dernier c’est dur
J’aimerai être naïve et croire que tout est éternel
que l’amour c’est pour la vie
Les amis sont tous fidèles
Sans même jamais penser à ce jour tant redouté
Quand je perdrais ma mère, ma moitié
J’ai, j’ai si peur qu’on me tourne le dos
Et si j’en pleur
C’est que c’est le genre de maux qui ne se soignent pas par des mots
Et j’ai si peur, je n’trouve pas de repos
Et si j’en meurs, je crèverais seule en sortant avec moi ce fardo

Seule,
J’ai si peur d’être sans vous
Mais sans vous Je suis si seule
Parce que le temps sépare
Parce qu’on vient et on part
On est seul
Sans personne pour entendre
Ni comprendre comme on est seul
Parce que le temps sépare même si le temps répare

Tunisiano :
J’écris ce que j’endure mes blessures sont des résines
Ma carapace est une armure qui m’écrase contre les récifs
Tout ceci me rend ouf j’aimerais vous dire ce que j’éprouve
C’est fou comme je souffre et comme ce silence me bouffe
Hé Aket’, Blacko, j’aimerais vous dire comme je regrette
Comme je vous ai dans la peau
J’en pleur quand je suis seul, cette fierté me tuera
Si Sniper meurt c’est une partie de moi-même qui s’en va
Hé les gars, même si à cette heure-ci je saigne
Les gars, faut qu’je vous dise comme je vous aime
Les gars vous pourrez toujours compter sur moi
Les gars comment sommes-nous arriver là?
t’sais, je viens parler avec le cœur
J’en suis bouleversé, chaque larme qui coule a la couleur du sang versé
Prendre le temps et l’inverser
Repartir en arrière mais tout refaire
Mais en mieux car aujourd’hui je me sens

Seule,
J’ai si peur d’être sans vous
Mais sans vous Je suis si seule
Parce que le temps sépare
Parce qu’on vient et on part
On est seul
Sans personne pour entendre
Ni comprendre comme on est seul
Parce que le temps sépare même si le temps répare

Tunisiano :
C’est ce sentiment qui peut parler à tout le monde,
On a tous peur d’se retrouver seul quelque part
Que serait Amel sans sa mère ?
Bachir sans S.N.I.P.E.R ?
Einh ?

Tu, tunissanO

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26-02-2010

Brassaï

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23-02-2010

Mort depuis février 2007

Le sexagénaire, habitant Asnières-sur-Seine, en banlieue parisienne, ne donnait plus signe de vie depuis trois ans. Pourtant, c’est seulement vendredi dernier, vers 17h30, que le commissariat d’Asnières recevait un message d’alerte de son frère, qui ne s’était pas inquiété jusque-là. Ce proche venait en fait d’être contacté par un généalogiste, lui-même mandaté par les avocats du syndic de l’immeuble. L’homme ne payait en effet plus les charges de son studio depuis janvier 2007.

Arrivés sur place, rue Liouville, dans un quartier résidentiel et proche du centre-ville, les policiers devaient découvrir une boîte aux lettres débordant de courriers, les plus anciens remontant à février 2007. Les pompiers, appelés par la police, se rendaient alors à l’appartement de l’homme qui ne donnait plus de nouvelles, situé au premier étage d’un immeuble en comptant quatre. Et c’est dans ce logement qu’ils découvraient le corps en état de putréfaction du sexagénaire, allongé au sol, dans son studio.

Le corps a été transporté depuis lors à l’Institut médico-légal pour une autopsie, mais selon les premiers éléments de l’enquête, la mort serait naturelle. « Ce drame est assez révélateur de l’isolement dans nos sociétés« , a réagi le maire socialiste d’Asnières Sébastien Pietrasanta. « La vraie difficulté, c’est qu’on ne peut pas obliger une personne qui ne veut pas être en contact avec les services sociaux à le faire« .

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23-02-2010

Protégé : Modifs d’avril

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21-02-2010

Jean-Marie Domenach

Dans notre société, on ne peut plus croire ensemble… On croit seul.

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20-02-2010

Charles Baudelaire (1821-1867) : Le vin du solitaire

Le regard singulier d’une femme galante
Qui se glisse vers nous comme le rayon blanc
Que la lune onduleuse envoie au lac tremblant,
Quand elle y veut baigner sa beauté nonchalante ;

Le dernier sac d’écus dans les doigts d’un joueur ;
Un baiser libertin de la maigre Adeline ;
Les sons d’une musique énervante et câline,
Semblable au cri lointain de l’humaine douleur,

Tout cela ne vaut pas, ô bouteille profonde,
Les baumes pénétrants que ta panse féconde
Garde au cœur altéré du poète pieux ;

Tu lui verses l’espoir, la jeunesse et la vie,
- Et l’orgueil, ce trésor de toute gueuserie,
Qui nous rend triomphants et semblables aux Dieux !

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19-02-2010

Brassaï

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19-02-2010

Grégoire : Toi + Moi

Toi plus moi plus ceux plus tous ceux qui le veulent
Plus lui plus elle et tous ceux qui sont seuls
Allez venez et entrez dans la danse
Allez venez et laissez faire l’insouciance

A deux a mille je sais qu’on est capable
Tout est possible tout est réalisable
On peut s’enfuir bien plus haut que nos rêves
On peut partir bien plus loin que la grève

Oh toi plus moi plus ceux plus tous ceux qui le veulent
Plus lui plus elle plus tous ceux qui sont seuls
Allez venez et entrez dans la danse
Allez venez c’est notre jour de chance

Avec l’envie la force et le courage
Le froid la peur ne sont que des mirages
Laissez tombez les malheurs pour une fois
Allez venez reprenez avec moi.

Oh toi plus moi plus ceux plus tous ceux qui le veulent
Plus lui plus elle et tous ceux qui sont seuls
Allez venez et entrez dans la danse
Allez venez et laissez faire l’insouciance

Je sais c’est vrai ma chanson est naïve
Même un peu bête , mais bien inoffensive
Et même si elle ne change pas le monde
Elle vous invite à entrer dans la ronde

Oh toi plus moi plus tous ceux qui le veulent
Plus lui plus elle et tous ceux qui sont seuls
Allez venez et entrez dans la danse
Allez venez c’est notre jour de chance

L’espoir l’ardeur font tous ceux qu’il te faut
Mais bras mon cœur mes épaules et mon dos
Je veux te voir des étoiles dans les yeux
Je veux nous voir un sourire et heureux

Oh toi plus moi plus tous ceux qui le veulent
Plus lui plus elle et tous ceux qui sont seuls
Allez venez et entrez dans la danse
Allez venez et laissez faire l’insouciance

Oh toi plus moi plus ceux plus tous ceux qui le veulent
Plus lui plus elle plus tous ceux qui sont seuls
Allez venez et entrez dans la danse
Allez venez c’est notre jour de chance
Oh toi plus moi plus ceux plus tous ceux qui le veulent
Plus lui plus elle plus tous ceux qui sont seuls
Allez venez et entrez dans la danse
Allez venez et entrez dans la danse

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19-02-2010

Elisa Brune : La solitude de l’écrivain de salon

En janvier, vous avez reçu une très aimable invitation, signée par le maire de la ville de Limoges. Il espère vous compter parmi les participants à la Fête du Livre qui aura lieu du 7 au 9 avril. Il vous invite, tous frais payés, et mettra tout en œuvre pour que votre séjour soit des plus agréables.

Après quelques années de vie littéraire, vous n’avez plus la naïveté de croire que quelqu’un aurait pris connaissance de votre prose à Limoges et mourrait d’impatience de vous rencontrer. Les organisateurs de salons s’adressent aux éditeurs pour recevoir des listes d’auteurs qu’ils invitent par ordre d’importance. Les auteurs les plus cotés sont courtisés un an à l’avance. Vous faites partie de la salve « J – trois mois », ce qui n’est pas encore le plus mortifiant, mais quand même.

Vous vous souvenez qu’une sporadique mais persistante expérience de figuration vous avait fait jurer de ne plus jamais aller jouer les marchands de papier derrière une table. Vous vous en souvenez, oui, mais il y a longtemps que vous n’avez plus bougé, et la perspective d’un petit week-end à l’œil n’est pas pour vous déplaire. Aussi : ce sera peut-être une occasion de rencontrer des gens formidables ? L’expédition en terre inconnue, vue de loin, semble toujours souriante, riche en surprises, et pour un peu vous imagineriez que votre vie doit passer par Limoges pour prendre le virage qui compte. Vous avez donc accepté l’invitation, et quelques jours plus tard vos billets de train sont arrivés par la poste.

Le 7 avril arrive, à l’allure caractéristique d’un 7 avril, c’est-à-dire en son temps. Il vous cueille dans votre état caractéristique, c’est-à-dire pareille à vous-même. Ce n’est pas du tout ce que vous aviez prévu. Pour être au sommet de votre configuration personnelle et remplir votre rôle d’écrivain avec sérénité et conviction, il aurait fallu boucler cet énorme article sur la bilharziose, accomplir ce foutu régime, passer chez le coiffeur et dans plusieurs magasins, éradiquer cette éternelle impression de bâcler cette vie-ci en vue de mieux négocier la suivante. On est loin du compte mais vous partez quand même dans un certain état de jubilation. Partir sans savoir sur qui ni sur quoi on va tomber, c’est un frisson qui ne se présente pas tous les jours.

En jeans et baskets, vous montez dans le wagon de première classe du Thalys, celui où la presse et les collations sont gratuites. Vous éprouvez le chatouillis d’un début de sentiment d’importance. Vous savourez la tarte au sucre artisanale et le sourire obséquieux du steward. Quel beau métier, l’écriture ! En gare de Paris-Austerlitz, on vous oriente vers le wagon réservé aux auteurs, déjà bien garni. Vous demandez l’hospitalité près d’une dame seule, qui affirme attendre des gens de sa maison d’édition, vraiment désolée. Vous prenez place de l’autre côté du couloir. Un inconnu à moustache vient vous saluer. Il travaille quelque part dans la structure qui chapeaute votre éditeur – il fait « partie du groupe », comme on dit, sauf que les groupes, de nos jours, comptent mille personnes. Quoi qu’il en soit, il vous « encadre », ainsi que quelques auteurs inconnus de vous, car nichés dans d’autres tentacules du « groupe ». Il est parti et vous avez déjà oublié son nom. Deux jeunes gens arrivent et sollicitent une place auprès de la dame qui attend ses collègues. Subitement, elle ne les attend plus – on voit d’ici la romancière sur le retour intéressée par la chair fraîche. Les deux hommes s’installent, parlent entre eux pendant la moitié du trajet sans qu’elle n’en perde une parole. Quand arrive le minibar, la romancière demande un whisky soda. Elle a dû décréter : « soyons fous ». Mieux, elle passe à l’abordage. Ses deux voisins vivront un moment assez difficile à supporter un torrent de souvenirs héroïques et de conseils aux jeunes auteurs.

Finalement, dans ce « wagon du livre », personne ne semble correspondre aux « gens formidables » que vous ne deviez pas manquer de rencontrer. Votre contact le plus intime est un moustachu sans nom. Vous constatez l’étendue de votre isolement et frissonnez. Que n’avez-vous adhéré au charme éprouvé d’un week-end tranquille à la maison ? En gare de Limoges, chacun est dirigé vers son hôtel, le vôtre est au pied de la gare. Vous y voilà sans avoir échangé deux mots et sans aucune envie de ressortir pour le dîner d’accueil prévu dans un autre hôtel. Faire risette aux auteurs inconnus, perspective qui jusque hier semblait stimulante, devient tout à coup insurmontable. Le temps que tout le monde se rassemble, que tout le monde s’asseye, que tout le monde soit servi… combien de politesses faudra-t-il laborieusement formuler, coincée entre un auteur d’histoire régionale et une illustratrice de livres pour enfants ? Echouée dans votre chambre qui sent le pin printanier, vous vous sentez plus seule qu’un paquet de linge sale. Pourquoi, mais pourquoi, avoir cédé à l’image d’Epinal, jamais confirmée, de la vie passionnante de l’auteur en tournée ? Quarante-huit heures à tirer avant la fin du martyre. Vous vous donneriez des baffes.

Dans l’enveloppe de bienvenue, vous trouvez quelques informations pratiques et le programme du salon. Vous apprenez avec des grincements d’estomac que les têtes d’affiche seront Hervé Vilard, Yves Duteil, Yvette Horner et Raymond Poulidor, tous écrivains nobélisables à n’en pas douter. C’est devenu la tradition dans les salons : les vedettes, odieux coucous, volent la vedette à ceux qui n’ont d’autre activité que d’écrire, et parviennent même à faire croire que le livre n’est pas mort en ameutant les derniers lecteurs autour d’elles. Il restera toujours la possibilité de visiter Limoges. Le dépliant touristique vous dévoile ses richesses : ancien four à porcelaine, aquarium, crypte Saint-Martial, souterrain de la Règle, maison traditionnelle de la boucherie, maison natale du maréchal Jourdan. Bigre, même pas de quoi remplir une demi-journée. Et les musées ? La liste est encore plus courte : musée des compagnons du tour de France, musée national de la porcelaine, musée municipal de l’évêché, musée de l’émail, musée de la résistance. Le désert. Les beaux-arts, les sciences et la littérature n’ont pas encore atteint ces contrées. La perspective du week-end à tirer devient intolérable.

En tout cas pour ce soir, c’est assez d’efforts et de déconvenues. Vous resterez cloîtrée. Vous tirez les rideaux, sauf qu’il n’y a pas de rideaux, ce sont de fausses amorces, aussi fixes qu’un tronc d’arbre. Vue imprenable sur le voisin, dans la chambre à angle droit. En plus, la faim vous tenaille. Sortir seule ? L’hôtel est en pleine zone. Room-service ? Pas inscrit sur la carte. Et… le paquet cadeau qui trône sur la table ? Si c’est comme à Brive, il s’agira d’un pot de pâté de foie gras, qui pourra faire en-cas. Vous déballez fébrilement le paquet pour découvrir… hélas, une tasse en porcelaine. Vous pensez à ce que pourrait être ce moment si seulement le scénario était bien fait : une troupe d’amis vous aurait attendue à la gare, vous seriez sortis dans un endroit typique, vous auriez discuté, chanté, dansé toute la nuit. Dans un roman, tout cela se règle en un tournemain. Mais dans la vie, sérieusement, le scénario, vous pouvez me dire qui s’en occupe ?

Vous descendez à la réception, en quête d’un paquet de chips. C’est encore trop demander. La jeune fille, prise de pitié, vous offre quelques cakes aux fruits sous plastique qu’elle dérobe dans le panier du petit déjeuner. Vous terminerez la soirée en suçotant des cakes qui collent aux dents, affalée devant un documentaire sur les guépards. Le voisin, lui, regarde la soirée des restos du cœur sur TF1 – que vous ne pouvez éviter de suivre en parallèle, juste de quoi avoir honte pour Michel Fugain, Julien Clerc et Francis Cabrel, qui égayèrent vos jeunes années et que vous n’auriez pas voulu voir en si débile posture.

A huit heures du matin, tout le monde dort encore, vous dites-vous, c’est le moment de descendre en catimini. Vous tombez dans une animation bourdonnante. Ils sont prêts de pied en cap et attendent déjà le bus, pour un salon qui ouvre ses portes à neuf heures. Un autre contingent occupe la salle du petit déjeuner. Les conversations éditoriales vont bon train. Un tel a déjà envoyé cinq chapitres à la traduction, alors qu’il est en train d’écrire le sixième. Assise à la dernière petite table, vous jouez les voyageurs de commerce égarés. Et vous remontez piquer un petit somme. A dix heures, vous arrivez dans un salon encore désert. Seules les places des auteurs sont occupées, en rang serrés, dans les quatre grands stands de libraires. Toutes sauf une. Ainsi vous êtes vraiment censée occuper votre poste ? On vous accueille avec force sourires. Les piles de vos livres occupent tout un coin du stand. Un paquet cadeau vous attend. Qu’est-ce ? Mais qu’est-ce ? Calmez-vous, c’est une cuiller en porcelaine. Votre chaise est encastrée dans le coin des deux tables. Vous parvenez à vous faufiler, mais il ne s’agira pas de sortir pour un oui ou pour un non. Vous faites connaissance avec votre voisin de gauche, un type qui donne des cours de judo à des enfants trisomiques et qui a écrit un livre sur un type qui donne des cours de judo à des enfants trisomiques. A sa gauche, un journaliste local a publié un manuel pratique sur les chemins de Compostelle. Au-delà, vous distinguez un gros livre sur les enfants cachés pendant la guerre dans le Limousin. Puis un livre sur la libération de Limoges. Puis un album sur les champignons du Limousin. Toute la table s’étire en sujets régionaux. Derrière vous, le long de la table à angle droit, cinq romanciers natifs de Limoges. Vous vous sentez de plus en plus excentrique. Le judoka n’est pas à l’aise non plus. Lors de son dernier salon, le week-end dernier, il a reçu le prix de « La Lyonnaise des eaux », qui lui a permis de vendre trois cent cinquante livres. Mais ici, il n’a pas encore décapuchonné son stylo et déprime.

C’est vrai que le trafic est faible, mais surtout, il ne s’arrête pas chez vous. En revanche, les chemins de Compostelle attirent l’attention. C’est à croire que tout le monde, à Limoges, a été ou ira à Compostelle. Il y a ceux qui s’inquiètent pour leur vieille maman (« A soixante-quinze ans, elle veut partir toute seule ! »), ceux qui s’entraîne en marchant un kilomètre par jour, ceux qui demandent s’il faut prévoir des médicaments contre la malaria. Le journaliste signe à tour de bras. Ses voisins ne chôment pas non plus. L’enfilade de la table évoque un parloir de prison, où dix têtes penchées abreuvent et rassurent dix têtes tendues. Mais entre le judoka et vous, on compte les mouches. Vous attendez philosophiquement la fin de l’épreuve, tandis qu’il fulmine et s’obstine à aborder les gens d’autorité : « Achetez mon livre, enfin, qu’est-ce que vous attendez ? » La méthode ne produit que quelques sourires contraints ou apitoyés, et au fond cela vous rassure. Plus besoin de culpabiliser parce que vous ignorez le chaland. Le chaland tient à être ignoré de ceux qu’il ignore. Le chaland va là où il veut aller, dans la longue file qui s’étire pour Hervé Vilard ou devant la tignasse rouge d’Yvette Horner. Ou chez la jeune romancière qui se trouve juste derrière vous. Une critique élogieuse d’une page entière dans le quotidien local d’hier lui vaut un tel intérêt que tout le stock est vendu à midi. La voilà obligée de quitter le salon faute de munition. Et le judoka de marmonner : « Elle aurait quand même pu continuer en vendant le mien ! ».

Vers midi trente, vous sentez venir le moment où on vous emmènera dans un restaurant pour un « repas des auteurs ». Préventivement, vous annoncez que vous partez visiter la ville. Vous voilà enfin libre pour deux heures. Vous déambulez au hasard vers les rues piétonnières du centre ville. Le soleil brille avec entrain, la flânerie vous ravit et soudain vous comprenez que ce qui vous plaît dans les salons, c’est la solitude. Etre là plutôt qu’ailleurs, mais pour une raison légère, un simple acte de présence, et pour le reste dériver sans but précis, observer, absorber, prendre un bain d’humanité. Traverser un vieux marché, regarder les sabots, les boudins de châtaignes, les casse-noix du pays, les porcelets noirs et roses, s’asseoir sur une terrasse aux Délices du Fournil, observer ce père aux yeux tristes, cet amoureux trop empressé, cette imposante coiffeuse dont on devine le string. La voilà, la vraie vie d’écrivain, c’est la vie tout court, le regard dégagé des contraintes, la balade en roue libre, l’immersion dans la banalité intense, qui brûle les yeux. Affublée d’une troupe d’amis ou d’admirateurs, vous n’auriez rien pu voir, acculée stupidement à tenir votre rôle, alors que là, vous manquez crever d’émotion à sillonner Limoges comme si c’était une autre planète. La vie brute, quelle tornade tout de même. On en oublierait l’heure.

A quinze heures, vous êtes de nouveau la dernière à réintégrer votre poste. Le judoka a déjeuné avec un auteur noir né en France, dont le livre explique l’appartenance entière à la culture de sa région natale, le Périgord. Et dans les salons il passe son temps, se lamente-t-il, à répondre aux gens qui viennent lui parler passionnément du Cameroun. Le judoka décide de poursuivre sa méthode offensive. Il beugle à qui veut l’entendre : « Le seul livre anti-CPE de tout le salon ! » S’il voit un chauve, il assène : « Le livre qui fera repousser vos cheveux ». Sur le coup de dix-huit heures, il s’oriente people : « Découvrez la liaison secrète entre Hervé Vilard et Yvette Horner ! » Malgré tous ses efforts, la journée se termine sur un score de 6-4 en votre faveur, et vous vous demandez comment six personnes ont pu s’intéresser à un de vos livres, tandis qu’il se dit anéanti par le nombre de dégonflés : « Ils travaillent dans le social, ils se disent concernés, et puis ils reposent le livre, est-ce que tu comprends ça ? » Le libraire qui vous a accueillis avec de grands sourires ce matin se montre beaucoup plus froid, d’une froideur qui doit se mesurer précisément à la hauteur des stocks qu’il devra remballer. Vous vous sentez comme un cheval qui a déçu son turfiste, mais après tout vous ne lui avez rien promis.

D’après votre supérieur moustachu, qui rejoindra votre table au petit déjeuner du lendemain, il ne faut pas vous inquiéter. Dans un salon régional, même les prix Goncourt se tournent les pouces, c’est normal. Ah bon, vous dites-vous, pas très sûre de décerner un compliment ou une consolation. Et pourquoi ça ? Le public des salons est un public particulier, souvent des gens qui ne mettent jamais les pieds dans une librairie. Ils viennent pour voir des têtes et sortir en famille. Et pourquoi les éditeurs prennent-ils la peine de convoyer leurs poulains dans cette galère ? En fait, ils ne paient rien. C’est la Ville de Limoges qui endosse tous les frais de voyage et d’hébergement. Elle invite des auteurs parisiens ou même étrangers pour faire chic, et ce qu’on vend sera donc tout bénéfice pour l’éditeur. Bon, vous vous sentez mieux. Mais le libraire, en revanche paie son emplacement assez chez. Allons, vous revoilà coupable. Quelle idée aussi, de vous avoir choisie ! Oh, vous dit-on, c’est un débutant, il a repris la librairie depuis deux mois, il a sans doute choisi au hasard. C’était donc ça ! Vous compterez parmi ses erreurs de jeunesse… Et la ville, pourquoi fait-elle un investissement pareil ? Pour son prestige, sa politique culturelle… après tout, elle a des budgets à dépenser.

A dix heures, vous retrouvez votre ami judoka qui vous félicite d’avoir joué cavalier seul hier soir (vous êtes allée au cinéma, peinard). Lui a voulu voir à quoi ressemblait le dîner de gala et a enduré la cérémonie de remise du Grand prix littéraire de la ville de Limoges, à … Hervé Villard. Très ému, le chanteur qui jouit d’une rente à vie depuis « Capri c’est fini » s’est déclaré très honoré de faire partie de la confrérie tant admirée des écrivains (dont il était tout de même en train de voler le pain). Consécration suprême, Jean d’Ormesson lui avait téléphoné pour le féliciter. A table, après un racket éhonté des auteurs sur le buffet des zakouski, le judoka s’était retrouvé en compagnie d’un homosexuel réactionnaire qui semblait sérieusement prôner l’euthanasie pour les trisomiques. Et le homard était caoutchouteux. Mais en fin de soirée, il avait pu frapper un grand coup en allant parler de son bouquin à un patron de revue. Depuis quinze jours, il essayait de passer les barrages des téléphonistes sans succès. Cette fois, il avait le nom d’une chroniqueuse, à appeler de la part du patron. Vous vous étonnez naïvement : n’est-ce pas le boulot de l’éditeur de contacter la presse ? « Parce que tu crois que je vais leur faire confiance ! Ils donnent un coup de fil et c’est tout. Moi, j’en donne soixante s’il le faut, mais j’obtiens un papier. Depuis deux mois, je ne fais que ça. J’ai eu Le Monde, j’ai eu Libé, tu crois qu’ils auraient bougé si je ne les avais pas harcelés tous les jours ? » Ah bon, c’est donc ça le secret ! Mais à choisir, vous préférez vous passer de la presse et aller au cinéma, peinard.

A onze heures, vous décidez d’assister à une conférence de linguistique qui fait partie du programme des animations. Le libraire vous regarde bizarrement : « Allez-y, si ça vous intéresse vraiment. Je dirai aux gens qui viennent pour vous de repasser dans l’après-midi. » De quels clients parle-t-il au juste ? Vous en veut-il de ne pas être Mireille Darc ou Sylvie Vartan ? La conférence est passionnante et vous aurez au moins appris quelques vérités sur l’évolution de la langue française depuis les Gaulois jusqu’à nos jours, l’influence germanique sur les toponymes du nord, le rôle de la première guerre mondiale dans le recul des dialectes, et la disparition spontanée de la moitié des mots franglais utilisés dans les années 60. Vous n’êtes pas venue pour rien.

De retour au poste, vous attendez le chaland pour le dernier round. Dimanche après-midi, il pleut des cordes, les conditions idéales sont réunies. La foule se presse en rangs beaucoup plus compacts qu’hier. En l’observant, vous aboutissez à trois conclusions. Les gens sont gros. Les gens sont tristes. Les filles ressemblent incroyablement à leur mère. Seuls les enfants vous émeuvent, les yeux encore habités d’une curiosité insatiable. Un visiteur entre dans le chapiteau, et se dirige droit vers vous. Compulse tous vos livres. Sa copine fait le pied de grue à côté, visiblement agacée. Soudain, il vous en achète trois. Curieuse, vous demandez : « Vous me connaissez ? » « Non, je découvre ». Et il augmente votre chiffre d’affaires de 50% d’un coup ! Les salons sont pleins de surprises… Le judoka est quasiment battu (9-5) et proche de la dépression nerveuse. Il fulmine quand les clients de son voisin font écran devant lui ou signent leur chèque sur sa pile de livre. En fin de journée, il harponne une femme qui se met à blaguer avec lui puis s’éloigne. L’homme de Compostelle en devient vert de rage : « Mais tu l’as détournée ! Tu voyais bien qu’elle allait m’acheter un livre, non ? ». Vous pensez qu’il blague, mais pas du tout. Lui qui jusque-là était tout sourire se mue en porte de prison. L’affront est impardonnable. Les deux hommes termineront la journée sans plus s’adresser la parole. Ce qui n’empêchera pas le judoka d’effectuer une belle remontée. Vous terminez sur le score risible mais solidaire de 11-11. Le libraire ne vous parle plus. Au moins deux cent livres à remballer. Il rêve de vous assassiner. Bon, mais c’est pas tout ça, vous avez un train à prendre, plus tôt que les autres en raison de votre correspondance à Paris. Cela vous évitera les conversations oiseuses.

A peine assise, vous voyez s’installer en face de vous un chauve hilare qui sait que vous étiez au salon. Il en revient aussi. Il est avocat et signait un livre sur les dysfonctionnements de la justice. Encore un pique-assiette. Mais reste-t-il quelqu’un sur terre qui écrit pour écrire ? Et regardez celui-ci, qui disserte comme seul un avocat sait le faire. On devrait interdire d’écrire aux gens qui parlent aussi bien. Mais son enthousiasme est communicatif et vous vous lancez dans une longue discussion sur les vocations, les métiers, l’épanouissement personnel et le sens de la vie. L’homme tient des raisonnements éblouissants avec un brio qui vous fait baver d’envie. Mais dès que vous le complimentez, il tire la grimace. Simple numéro de bouffon. Pur cabotinage. Parler, vous savez, c’est ce qui reste aux gens qui n’ont pas pu s’imposer autrement. Et de vous raconter sa jeunesse difficile. Les complexes sur son physique, petit, maigrichon et moche, les complexes sur son intellect, nul en math au point d’atterrir en fac de droit par dépit. Le baratin comme seule voie de salut, voilà ce qui fait un tribun hors pair. Vous en restez sans voix, ce qui ne vous change guère, sauf que cette fois vous n’en faites pas un fromage. Vous, vous avez eu le choix. Vous écrivez par plaisir. Le petit monsieur qui pérore vous semble tout à coup si fragile. Si émouvant. Et le judoka aussi. Et Hervé Vilard aussi. Ils ont bien le droit d’écrire, après tout. La langue appartient à tout le monde.

Comme souvent, vous n’avez rien vécu de grandiose, mais vous rentrez songeuse, la tête remplie d’un magma improbable qui rend un son presque poétique. Vous avez vu et entendu plus de choses que n’en pourrait démêler un bon roman. Tout cela ne rime à rien et pourtant résonne sans fin dans votre tête. Vous venez de traverser une tranche de réalité. Il n’en faut pas plus pour vous sentir réveillée, revigorée, rafraîchie. Les yeux rincés d’avoir été là où vous n’êtes pas d’habitude, vous ressentez l’étrangeté fondamentale du monde. Quel meilleur moteur pour écrire ?

Elisa Brune : site officiel

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17-02-2010

Colette : La Vagabonde

Me voilà donc, telle que je suis ! Seule, seule, et pour la vie entière sans doute. Déjà seule ! C’est bien tôt. J’ai franchi, sans m’en croire humiliée, la trentaine ; car ce visage-ci, le mien, ne vaut que par l’expression qui l’anime, et la couleur du regard, et le sourire défiant qui s’y joue — ce que Marinetti appelle ma gaiezza volpina… Renard sans malice, qu’une poule aurait su prendre ! Renard sans convoitise, qui ne se souvient que du piège et de la cage… Renard gai, oui, mais parce que les coins de sa bouche, et de ses yeux, dessinent un sourire involontaire… Renard las d’avoir dansé, captif, au son de la musique… Le Livre de Poche n° 283 p. 13

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14-02-2010

Luis Lonjedo

57271efimeroperdida.jpg

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