07-04-2007

Onoda Hirō

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(° 19 mars 1922 (an 11 de l’ère de Taisho) à Kamekawa dans la Préfecture de Wakayama au Japon) est un célèbre soldat japonais.

Issu d’une famille de six frères et sœurs, Onoda Hiroo fait ses études au collège de Kainan. À dix-sept ans, il entre dans la société d’import-export Tajima-Yoko, spécialisé dans la vente de Vernis à Wakayama, puis demande à être affecté dans une succursale dans l’entreprise à Han-Kéou en Chine. À vingt ans, le jeune Japonais est appelé pour son service militaire à intégrer le 61e régiment d’infanterie de Wakayama. Peu de temps après, Onoda est affecté au 218e régiment d’infanterie : destination Nan-tchang, où il retrouve son frère Tadao.

En 1943, Onoda arrive à Kurume, qui a une école d’une réputation effrayante sous les ordres du général Shigetoumi. Après 3 mois d’entrainements intensifs, Onoda regagne son unité d’origine. Le 13 août 1944, Onoda quitte Kurume pour rejoindre la 33e compagnie à Futamata qui est une annexe de l’école de Nakano dans laquelle sont formés des officiers commandos. En décembre 1944, Onoda fait parti des vingt-deux hommes formés aux techniques de la guérilla ; destination : les Philippines. Ils ont pour mission de retarder le débarquement des Américains sur l’île de Lubang, sur laquelle Onoda Hiroo passera plus de trente années dans la jungle attendant que ses supérieurs lui donnent l’ordre de capituler.

C’est le 9 mars 1974 seulement, son commandant étant venu lui remettre en main propre l’ordre de cesser le feu, que le sous-lieutenant Onoda Hirō « se rend ».

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07-04-2007

Friedrich Nietzsche (1878-1879)

20070407arbre.jpg Du pays des anthropophages. - Dans la solitude le solitaire se ronge le coeur ; dans la multitude c’est la foule qui le lui ronge. Choisis donc !

(Humain, trop humain)

C’est tellement vrai que le contact permanent avec la foule use votre esprit, c’est ce que je connais chaque jour.

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07-04-2007

Parfois se sentir seul.

parfoissesentirseul.jpg

http://surmonchemin.blogspot.com/

Un blog plein de photos qui parlent de solitude même si les commentaires de l’auteur ne le disent pas toujours.

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07-04-2007

Solitude, le blog de Pierre

lotto.jpg Je me lève seul. Je me couche seul. Quand je regarde dans la glace, je ne vois que mon reflet.

Cet après midi j’ai regardé la pluie tomber. Elle était froide. Le ciel était gris. On entendait que le bruit du vent et des goutelettes d’eau tomber contre la lucarne. Au lointain, on entendait un oiseau, mais rien ne lui répondait.

Dans ces moments, j’ai l’impression que j’ai toujours été seul. Pourtant j’ai plein d’amis, j’ai eu des copines, je fais régulièrement la fête… Mais dans mon coeur il y a un vide qui ne s’est jamais comblé. Cette impression d’être en décallage par rapport au reste du monde, de ne pas être né à la bonne époque, de n’être à ma place nul part.

Est ce pour ça que les gens veulent être deux tout en étant qu’un. Pourquoi cherche t’on à aimer ? Jusqu’à présent, je me contentais de la réponse : « C’est comme ça que je me sens le mieux ? », « Je ne choisi pas d’aimer, je subis l’amour, je vis l’instant présent ».
Je repense à la belle Amélie Poulain… Est ce que je lui ressemble ? Est ce que j’ai le coeur en verre ? Est ce qu’elle me comprendrait ? Est ce que je suis ce regard sur le tableau, cette personne qui ne regarde pas dans la même direction ?

Malheureusement j’ai l’impression que je ne suis pas le seul dans ce cas là. J’ai l’impression que l’on est beaucoup à ne pas regarder dans la même direction. Que l’on est beaucoup à être seul, fondamentalement, inplacablement, profondément.

La vie n’a pas de sens. Je ne suis qu’un esprit qui né et qui mourra un jour, tout le monde m’oubliera dans quelques dizaines d’années, une poussière aux yeux de l’infini.
 
Pour la peinture, c’est une nouvelle fois une peinture italienne, de Lorenzo Lotto, « Ritratto di giovane Gentiluomo nel suo studio ».

http://blog.aufeminin.com/blog

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07-04-2007

Georges de Caunes 1919-2004

decaunes.jpg En septembre 1962, Georges de Caunes tente une nouvelle aventure, mais cette fois seul, en complet isolement et en totale rupture avec le monde des humains. Il entend vivre en vrai (pour pouvoir la raconter) l’aventure de Robinson Crusoë. Il se retire à Eiao, une île déserte des Marquises, en compagnie de son chien Eder, d’un chat et d’un rossignol, relié avec la civilisation par radio, mais seulement pour émettre. Son matériel n’est pas agencé pour recevoir. Il peut se faire entendre mais, volontairement, ne veut plus rien entendre des autres. Il dresse ainsi le cadre de son lieu de séjour : “L’Ile d’Eiao, à quelques degrés de l’Equateur, au Nord de l’archipel des Marquises se présente sous un aspect particulièrement rébarbatif. On n’en voit d’abord que des murailles noires culminant à 400 mètres apparemment inaccessibles. Contre cette forteresse vient se briser la houle du Pacifique. Le mythe de Robinson Crusoë tourne autour de l’installation du héros dans un séjour enchanteur. Si l’on avait pu planter des arbres à Eiao, ils se seraient transformés en piquets. C’est toute la différence qu’il y a entre l’interprétation du romancier et celle du journaliste. Mon reportage et son cadre n’ont aucun rapport avec la romance de Robinson. Eiao est déserte parce qu’inhumaine Désireux de sortir du troupeau des humains, je me retrouvais donc mouton parmi les moutons, à la recherche de ma pâture, susceptible de retomber dans le lot commun de ceux qui attendent de la mort leur délivrance, et de l’au-delà leur libération. Raison de plus d’aller une fois encore à contre-courant, de m’accrocher farouchement à la vie, soucieux non pas tellement de la gagner que de ne pas la perdre. Ainsi dans la solitude de l’île, à la sueur de mon front, je gagnais ma vie et la possibilité d’en réapprendre l’essentiel. Le goût des choses simples, celui de l’ombre et celui de l’eau. » Il faut ajouter cet aveu de conscience professionnelle pour comprendre son acharnement à poursuivre son calvaire et sa mission impossible : “Le seul lien qui me rattachait au monde (en dehors des attaches familiales) était le contrat personnel passé avec Paul Gilson pour France Inter et avec Pierre Lazareff pour France-Soir”. Robinson Crusoë et son île luxuriante, c’est de la littérature ou du cinéma. Dans la fiction, on peut gommer l’insupportable, dans la réalité il faut la supporter : le soleil et sa chaleur, l’absence de végétation ombragée, une faune squelettique et peu comestible constituée du mouton malingre “diable imbécile” et de la chèvre sauvage “diable malin”, le harcèlement permanent des moustiques et des “nonos”, bestioles infernales à vous rendre fou, qui s’incrustent à la peau. Ce régime qui lui avait fait perdre 18 kilos, il le supportait depuis quatre mois, “en économisant ma fatigue avec des raffinements d’Harpagon”, mais toujours riche de mes illusions”. A ce moment critique, il reçoit une visite qui n’était pas celle de Vendredi, mais du Docteur Dugency, débarqué pour contrôler son état de santé et pour décider immédiatement de le faire évacuer (avec Eder le chien, Patisson le chat et le rossignol) à Nuku-Hiva pour recevoir les premiers soins nécessaires à la récupération de ses forces. Quelques semaines plus tard, Martine Carol l’accueillera à Tahiti, où il sera hospitalisé pour poursuivre son rétablissement. Il sera resté 4 mois soit 122 jours à Eiao. Il lui faudra près d’un an pour se remettre complètement de cette aventure…personnelle, si peu banale qu’elle ne pouvait être que la sienne.

Eiao est la plus grande île du groupe ( avec Hatutu et l’atoll de Motu One) le plus septentrional des Îles Marquises . Elle est situé aux coordonnées 8° S, 140.42° W. C’est aussi la plus grande île inhabitée de l’archipel. Elle n’est séparée de sa voisine Hatutu que par un chenal de 3 km, mais se trouve à 100 km de Nuku Hiva, la plus proche île habitée, dont elle dépend administrativement. Elle a la forme d’un croissant long de 13 km et large de 3,5. Le centre d’Eiao est un plateau élevé, à l’altitude comprise entre 300m et 500m, incliné vers le nord-ouest et bordé au sud par de hautes falaises côtières. Ses côtes présentent peu de points de mouillages :  la baie de Vaitahu, à l’ouest, où débouche la seule rivière de l’île,  la baie du Charner, au nord-ouest de l’île. Le nom d’Eiao n’a pas d’équivalent dans le reste de l’Océanie.

« Effectivement, j’ai été un vrai Robinson sur une île déserte. Or il se trouve que Robinson Crusoé est un nom d’emprunt car il n’a jamais existé, l’auteur de Robinson Crusoé est un journaliste qui a inventé le journalisme contemporain. Il s’appelle Daniel Defaux. Le journalisme contemporain est à base de rewriting, cela signifie de reprendre une situation de la réalité et en faire quelque chose de pittoresque.

Je suis contre cette formule d’abord parce que je crois qu’aujourd’hui il y a des radios, des photos, des caméras. Tout le monde peut aller partout. Alors, j’ai pas vécu une histoire romancée dans une île sinistre des Marquises à hauteur de l’équateur couverte de Nonos, sans eau potable, sur un rocher, dans des conditions inhumaines puisque personne ne vient dans ces îles là. Moi j’y suis resté pendant 4 mois en faisant tous les jours une chronique pour la radio. Voilà ! J’ai parlé de ma solitude. La solitude ce n’est pas drôle à part quand on aime être tout seul dans les villes mais être seul dans un désert surchauffé dans ces conditions là c’est difficile en plus le poisson n’était pas comestible… Disons que j’ai eu une expérience ! »

Précisions apportées par Mike Charleux : Je connais bien l’île de Eiao pour y avoir séjourné 32 jours en mission archéologique en Juillet-Août 1987 avec deux polynésiens, et pour y être revenu en Mars 2007 avec la mission pluridisciplinaire de la DIREN. L’île est dure (pas de “rivière” contrairement à ce qui est dit dans le texte, juste une source), et sur le plateau, de la terre rouge. On se croirait sur Mars. Dommage que je ne puisse joindre mes photos! Mais que cette île est belle, avec ses couleurs et cette solitude! Je prépare une nouvelle mission d’un mois pour Avril 2009. Objectif: inventaire archéologique (l’île est particulièrement riche), datation.. . Si il y a des amateurs , me contacter!

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07-04-2007

7 avril

cerisierenfleurapt.jpg Une personne mortellement ennuyeuse, c’est une personne qui vous prive de solitude sans vous procurer de compagnie.

Anonyme

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06-04-2007

André Malraux

foretenneigee.jpg S’il existe une solitude où le solitaire est abandonné, il en existe une où il n’est solitaire que parce que les hommes ne l’ont pas encore rejoint.

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06-04-2007

Solitude, par Arnaud Launay

plouf.jpg Toutes les tentatives que j’ai pu, et peux encore faire, pour tenter de me séparer de cet état de fait, se soldent toutes par des échecs. Quoi que je fasse, même entouré par une quinzaine de personnes, je me sens seul. Transparent. Avec ou sans moi, la soirée se déroulerait de la même manière. Je prendrais un livre pour aller lire dans un coin, personne ne s’en rendrait compte. À quoi bon s’évertuer à tenter de forcer le destin ? Je suis un solitaire, un ermite. Au plus profond de mon être, je le sais. Pourquoi, alors, tenter de m’imposer des réunions sociales avec des gens pour qui de toute façon je ne compte pas, à part par pur masochisme ?

http://launay.org/blog 

J’aime l’image de la tranparence de l’homme solitaire.

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06-04-2007

A t-on peur de la solitude ?

fille.bmp En me demandant ce que je pouvais bien vous raconter aujourd’hui, cette question est apparu dans mon esprit: A-t-on peur de la solitude? Parce que je me disais que j’allais pas vous raconter la soirée plate d’hier soir ou j’étais tout seul dans mon appartement.

Toute la journée d’hier, d’une monotonie a faire déprimer un clown, j’attendais le salvateur chocolat chaud du soir au Art Java histoire de me changer les idées. J’espérais aussi faire quelque chose avec quelqu’un, n’importe quoi pourvu que je ne me retrouve pas tout seul comme un crétin dans mon nouvel appartement. (Je sais, ca fait 3 semaines mais comme j’ai toujours des cartons qui traînent, j’ai l’impression d’avoir déménagé hier). Mais voila, Franck est malade, Amandine a du courrier en retard et Helo est dans un bar trop loin pour moi !

Malgré tous mes messages subliminaux, j’avais pas d’amis pour hier soir…..ma plus grande phobie allait se réaliser ! Je me retrouve tout seul pour la soirée. (Je vois déjà les mauvaises langues -pas de mauvais jeux de mots-, j’ai pas peur de me retrouver dans la même pièce que mon collocs!) Bizarrement, j’ai vécu 2 ans a Paris dans une chambre de bonne mais je ne me suis jamais senti seul. Pis la a Montréal, dans une chambre correct avec des collocs, j’ai peur de me retrouver tout seul ! C’est quoi le problème?

Je pense avoir perdu les habitudes de celibataire. En couple, t’as toujours quelqu’un a appeler ou quelqu’un avec qui passer ta soirée. Bon personne panique, j’ai finalement reussi a m’en sortir. Je me suis meme fait a souper. Le truc qui est drole est que je me suis fait mon repas a l’envers….j’ai commencé par le dessert pour finir par les pates!

Pour vaincre la solitude: mon remède…Guitar Hero! Et une tune a expert de passer en plus!

http://poloa.unblog.fr/

La solitude effraie toujours par ce qu’elle révèle de renoncement à être compris. Bertrand Poirot-Delpech.

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06-04-2007

2) Jacques Brel : Seul (1959)

brel.jpg

On est deux mon amour
Et l’amour chante et rit
Mais à la mort du jour
Dans les draps de l’ennui
On se retrouve seul

On est dix à défendre
Les vivants par des morts
Mais cloué par leurs cendres
Au poteau du remords
On se retrouve seul

On est cent qui dansons
Au bal des bons copains
Mais au dernier lampion
Mais au premier chagrin
On se retrouve seul

On est mille contre mille
A se croire les plus forts
Mais à l’heure imbécile
Où ça fait deux mille morts
On se retrouve seul

on est million à rire
Du million qui est en face
Mais deux millions de rires
N’empêchent que dans la glace
On se retrouve seul

On est mille à s’asseoir
Au sommet de la fortune
Mais dans la peur de voir
Tout fondre sous la lune
On se retrouve seul

On est cent que la gloire
Invite sans raison
Mais quand meurt le hasard
Quand finit la chanson
On se retrouve seul

On est dix à coucher
Dans le lit de la puissance
Mais devant ces armées
Qui s’enterrent en silence
On se retrouve seul

On est deux à vieillir
Contre le temps qui cogne
Mais lorsqu’on voit venir
En riant la charogne
On se retrouve seul.

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06-04-2007

14) Gérald Sédrati-Dinet : Enfin seul

nuages.bmp

Enfin seul, à me jouer des nuages
À projeter dans le ciel des images
Enfin seul, à déguiser le soleil
Dans son costume rayonnant de thune
Enfin seul, à voir clignoter la lune
En sirotant une vie sans pareil.

15/04/92

Enfin seuls

Enfin seuls, dans le jardin des mirages
Loin de l’artificielle étude sage
Enfin seuls, à débrancher nos réveils
Pour rester allongés dans l’herbe brune
Enfin seuls, à frôler nos peaux lagunes
En absorbant un fraternel sommeil.

15/04/92

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06-04-2007

13) Solitude solitaire salvatrice

coucherdesoleil.jpg

Et je hais l’humanité toute entière
Parce qu’il me suffirait d’être seul
Sans personne au monde ni sur la Terre
Pour y vivre heureux sans rien qui dégueul’

Et la vue de mes semblables m’écœure
Plus un visag’ n’arrive à m’émouvoir
Et leur triste sort ombrage mes heures
Je voudrais du soleil à en pleuvoir.

12/04/92 http://gibuskro.lautre.net/

La solitude agressive et égoïste !!!!

 

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06-04-2007

Claude Louis-Combet, D’île et de mémoire,

louiscombet.gif Ce petit texte intimiste est une méditation, d’inspiration autobiographique, sur le déploiement de la solitude à travers une série d’expériences vécues, données comme autant de points d’ancrage de la mémoire : solitude de l’enfant dans ses moments de rêverie, solitude du jeune adolescent aux prises avec les pulsions de sa sensualité, solitude intellectuelle du jeune clerc en rupture de ban avec les impératifs de la vie religieuse, solitude de l’homme que l’amour tient face à l’évidence de la mort, enfin solitude du créateur et fauteur de texte dans le silence où mûrissent les mots. La solitude dans laquelle les âmes bien assises pouvaient lire un risque – une menace pour la communication et le partage, une contagion pathologique ruinant l’équilibre affectif et moral de l’enfant et de l’adolescent – révèle toute sa force de signification et sa valeur définitive, dans cette issue de l’existence que représente la création par l’écriture, pour autant que celle-ci affirme son intransigeante fidélité à la nécessité intérieure – sa seule justification. C.L-C.

 Extrait :

     Sans autre savoir étymologique que mon désir du sens des mots que j’aime, et rêvant sur leur charge de secret comme s’y prendrait l’amant, contemplant en l’épelant la forme de l’aimée, jusqu’à ce qu’elle révèle la nature singulière de l’âme qu’elle tient close et celée, je lis dans l’insula du latin comme dans l’isola de l’italien, la racine de solitude qui a disparu de l’île du français. Et je tiens absolument à lire dans solitude, la conjonction, à l’infini, du soleil et de la terre, selon toute l’ambivalence du radical sol, le soleil, mais aussi le sol sur lequel nous marchons et que nous cultivons – radical qui est le même que solus, le seul, esseulé, solitaire, isolé, sola, au féminin, qui appelle, même s’il n’existe pas, pour dire l’île, le mot in-sola, l’intériorité ou territoire intérieur de celle qui est seule, en sorte que la voie est ouverte pour que l’île devienne, au féminin, la métaphore de la solitude. Je dirai que l’île figure la solitude même de la féminité – la solitude, chez l’homme, de l’anima, qui est sa part d’être-femme. Et je n’oublie pas, non plus, le neutre solum, celui de notre socle terrestre, de notre assise tellurique, mais aussi de la fécondité naturelle – et l’on parle alors d’un sol pauvre, d’un sol ingrat, ou d’un sol riche, gras et fertile. Enfin ce solum de la solidité, me ramène en mémoire la conjugaison du verbe soleo, solere, qui signifie avoir l’habitude de, ce qui fait que solitum désigne ce qui est habituel. Et si je rapproche cet adjectif-participe passé de solitudo, solitude mais aussi délaissement, abandon, privation, j’entends que cette terminologie négative et douloureuse évoque réellement, en son fond étymologique, le lot commun de l’humanité : ce qui est habituel, c’est d’être en état de manque et d’être abandonné – comme si l’humain n’était humain qu’en vertu de l’inhumaine déréliction qui préside à son destin, d’avoir été rejeté et par le Soleil-Dieu (Sol) et par la Terre-Mère (Solum) en sorte que le solitaire (solus) désormais n’a d’âme, au féminin, qu’insulaire (insula), écartée de tout, tranchée au vif de ses racines, expulsée de la béatitude de l’inconscience prénatale. Cependant, si le verbe est là pour nous rappeler sans cesse les limites existentielles qui nous tiennent enfermés et qui nous fixent dans une destinée sans remède, sans espoir, sans salut, le désir qui a rêvé sur le poids des mots s’emporte à rêver librement sur le vide entre les atomes de la pensée sans appel – laquelle est foncièrement nocive et délétère – et à jeter comme des ponts de soupirs et d’aspirations, construisant en cette hypnose poétique les mirages dont le cœur a besoin pour subsister, jusqu’à croire possibles des échappées d’ordre éthique ou religieux ou métaphysique ou esthétique pour combler la faille, relier les bords, réparer la blessure et restaurer l’unité. Faire en sorte que l’île soit rattachée, telle qu’avant le commencement, à son continent d’origine ; que la toute-solitude se laisse absorber par son radical de soleil et de terre et que sa valeur de séparation s’estompe jusqu’à se faire oublier. Une échappatoire se dessine à travers un désir qui cherche ses mots parmi les métaphores de nuptialité : pour lors, les noces cosmiques, la version toute primitive du Cantique des cantiques des étreintes du Soleil et de la Terre. L’âme – l’intériorité solitaire, douloureuse, fracturée, de l’anima éperdue de féminité – cons-truit mot à mot son poumon artificiel de texte qui lui permet de respirer, dans lequel elle s’enferme si étroitement, si justement, qu’elle croit se confondre avec lui, comme si cet appareillage de mots figurait entièrement la vérité de l’être. C’est ainsi qu’elle chante, d’abord avec la voix de quelques poètes, puis avec la petite corde de voix personnelle qu’elle gratte avec application, quelquefois avec inspiration. Et alors, c’est l’illusion grandiose et captivante du Soleil qui renaît, Sol invictus, élément invincible, éruptant hors de la nuit matricielle qui le retenait, à quoi répond, au sein d’un même mouvement, d’un même battement de cœur, l’ouverture charnelle de la Terre, fleurissant violemment et tendrement en lèvres sexuelles et vallonnements de femme amoureuse. Et le poème qui tient la place de l’âme exalte son essence épithalamique. Et le poète, plus retiré que jamais dans les abysses de sa cécité, et plus solitaire que le premier et le dernier des humains, ne voit plus autre chose que les mots dont il sature sa page blanche et il se prend à croire qu’il vit ce qu’il écrit et qu’il écrit ce qu’il vit et il avance son authenticité comme une cuirasse matricule, sous laquelle il bombe le torse – cependant que son identité est périmée depuis le commencement, et que la plus belle phrase du monde est un leurre et un pur divertissement, apothéose d’oubli de la condition sans condition, inhumaine condition humaine de n’être rien ni personne pour personne et pour rien. Sois assuré, mon cœur, et ne cherche pas à te rassurer, que ton île est inabordable, que tu n’en sortiras jamais, qu’il n’y a jamais eu de portes percées dans les murs, des dessins seulement, des ouvertures factices, qu’il n’y a pas d’être sous le paraître, et que la vérité n’est rien de plus que l’évidence du lapsus.

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06-04-2007

Romain Guilleaumes

cielarbrehiveretangparc.jpg C’est dans la solitude que l’homme puise, au plus profond de lui-même, ses richesses les plus inespérées.

 

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04-04-2007

Rousseau : « La solitude, sagesse de l’âge »

rousseau.jpg  « Je deviens vieux en apprenant toujours ».
    Solon répétait souvent ce vers dans sa vieillesse. Il a un sens dans lequel je pourrais le dire aussi dans la mienne, mais c’est une bien triste science que celle que depuis vingt ans l’expérience m’a fait acquérir : l’ignorance est encore préférable. L’adversité sans doute est un grand maître, mais ce maître fait payer cher ses leçons, et souvent le profit qu’on en retire ne vaut pas le prix qu’elles ont coûté. D’ailleurs, avant qu’on ait obtenu tout cet acquis par des leçons si tardives, l’à-propos d’en user se passe. La jeunesse est le temps d’étudier la sagesse, la vieillesse est le temps de la pratiquer. L’expérience instruit toujours, je l’avoue ; mais elle ne profite que pour le temps qu’on a devant soi. Est-il temps au moment où il faut mourir d’apprendre comment on aurait dû vivre ?
    Eh ! que me servent des lumières si tard et si douloureusement acquises sur ma destinée et sur les passions d’autrui dont elle est l’oeuvre ? Je n’ai appris à mieux connaître les hommes que pour mieux sentir la misère où ils m’ont plongé, sans que cette connaissance, en me découvrant toujours des pièges, m’en ait pu faire éviter aucun. Que ne suis-je resté toujours dans cette imbécile mais douce confiance qui me rendit durant tant d’années la proie et le jouet de mes bruyants amis, sans qu’enveloppé de toutes leurs trames j’en aie même le moindre soupçon ! J’étais leur dupe et leur victime, il est vrai, mais je me croyais aimé d’eux, et mon coeur jouissait de l’amitié qu’ils m’avaient inspirée en leur en attribuant autant pour moi. Ces douces illusions sont détruites. La triste vérité que le temps et la raison m’ont dévoilée en me faisant sentir mon malheur m’a fait voir qu’il était sans remède et qu’il ne me restait qu’à m’y résigner. Ainsi toutes les expériences de mon âge sont pour moi dans mon état sans utilité présente et sans profit pour l’avenir.
    Nous entrons en lice à notre naissance, nous en sortons à la mort. Que sert d’apprendre à mieux conduire son char quand on est au bout de la carrière ? Il ne reste plus qu’à penser alors à comment on en sortira. L’étude d’un vieillard, s’il en reste encore à faire, est uniquement d’apprendre à mourir, et c’est précisément celle qu’on fait le moins à mon âge. On pense à tout hormis à cela. Tous les vieillards tiennent plus à la vie que les enfants et en sortent de plus mauvaise grâce que les jeunes gens. C’est que, tous leurs.travaux ayant été pour cette même vie, ils voient à la fin qu’ils ont perdu leurs peines. Tous leurs soins, tous leurs biens, tous les fruits de leurs laborieuses veilles, ils quittent tout quand ils s’en vont. Ils n’ont songé à rien acquérir durant leur vie qu’ils puissent emporter dans leur mort.
    Je me suis dit tout cela quand il était temps de me le dire, et si je n’ai pas mieux su tirer parti de mes réflexions, ce n’est pas faute de les avoir faites à temps et de les avoir bien digérées. Jeté dès mon enfance dans le tourbillon du monde, j’appris de bonne heure par l’expérience que je n’étais pas fait pour y vivre, et que je n’y parviendrais jamais à l’état dont mon coeur sentait le besoin. Cessant donc de rechercher parmi les hommes le bonheur que je sentais ne pas pouvoir y trouver, mon ardente imagination sautait déjà par-dessus l’espace de ma vie, à peine commencée, comme sur un terrain qui m’était étranger, pour se reposer sur un plateau tranquille ou je pourrais me fixer.
    Ce sentiment, nourri par l’éducation dès mon enfance et renforcé durant toute ma vie par ce long tissu de misères et d’infortunes qui l’a remplie, m’a fait chercher dans tous les temps à connaître la nature et la destination de mon être avec plus d’intérêt et de soin que je n’en ai trouvé dans aucun autre homme. J’en ai beaucoup vu qui philosophaient bien plus doctement que moi, mais leur philosophie leur était pour ainsi dire étrangère. Voulant être plus savants que d’autres, ils étudiaient l’univers pour savoir comment il était arrangé, comme ils auraient étudié quelque machine qu’ils auraient aperçue, par pure curiosité. Ils étudiaient la nature humaine pour pouvoir en parler savamment, mais non pas pour se connaître ; ils travaillaient pour instruire les autres, mais non pas pour s’éclairer en dedans. Plusieurs d’entre eux ne voulaient que faire un livre, n’importe lequel, pourvu qu’il soit accueilli. Quand le leur était fait et publié, son contenu ne les intéressait plus en aucune sorte, si ce n’est pour le faire adopter aux autres et pour le défendre au cas où il serait attaqué, mais du reste sans rien en tirer pour leur propre usage, sans s’embarrasser même que ce contenu soit faux ou vrai pourvu qu’il ne soit pas réfuté. Pour moi, quand j ai désiré apprendre, c’était pour savoir moi-même et non pas pour enseigner ; j’ai toujours cru qu’avant d’instruire les autres il fallait commencer par savoir assez pour soi, et de toutes les études que j’ai tâché de faire pendant ma vie au milieu des hommes, il n’y en a guère d’études que je n’aurais faites de la même manière, seul dans une île déserte où j’aurais été confiné pour le restant de mes jours. Ce qu’on doit faire dépend beaucoup de ce qu’on doit croire, et dans tout ce qui ne tient pas aux premiers besoins de la nature nos opinions sont la règle de nos actions. Dans ce principe qui fut toujours le mien, j’ai cherché souvent et longtemps pour diriger l’emploi de ma vie à connaître sa véritable fin, et je me suis bientôt consolé de mon peu d’aptitude à me conduire habilement dans ce monde, en sentant qu’il ne fallait pas y chercher cette fin.
   070702rousseau.jpg Né dans une famille où régnaient les moeurs et la piété, élevé ensuite avec douceur chez un ministre plein de sagesse et de religion, j’avais reçu dès ma plus tendre enfance des principes, des maximes que d’autres diraient des préjugés, qui ne m’ont jamais tout à fait abandonné. Enfant encore et livré à moi-même, alléché par des caresses, séduit par la vanité, leurré par l’espérance, forcé par la nécessité, je me fis catholique, mais je demeurai toujours chrétien, et bientôt gagné par l’habitude, mon coeur s’attacha sincèrement à ma nouvelle religion. Les instructions, les exemples de Madame de Warens m’affermirent dans cet attachement. La solitude champêtre où j’ai passé la fleur de ma jeunesse, l’étude des bons livres à laquelle je me livrai tout entier renforcèrent auprès d’elle mes dispositions naturelles aux sentiments affectueux, et me rendirent dévot. La méditation dans la retraite, l’étude de la nature, la contemplation de l’univers forcent un solitaire à s’élancer incessamment vers l’auteur des choses et à rechercher avec une douce inquiétude la fin de tout ce qu’il voit et la cause de tout ce qu’il ressent. Lorsque ma destinée me rejeta dans le torrent du monde, je n’y retrouvai plus rien qui aurait pu flatter un moment mon coeur. Le regret de mes doux loisirs me suivit partout et jeta l’indifférence et le dégoût sur tout ce qui pouvait se trouver à ma portée, propre à mener à la fortune et aux honneurs. Incertain dans mes inquiets désirs, j’espérai peu, j’obtins moins, et je sentis dans des lueurs même de prospérité que quand j’aurais obtenu tout ce que je croyais chercher, je n’y aurais point trouvé ce bonheur dont mon coeur était avide sans savoir en démêler l’objet. Ainsi tout contribuait à détacher mes affections de ce monde, même avant les malheurs qui devaient m’y rendre tout à fait étranger. Je parvins jusqu’à l’âge de quarante ans flottant entre l’indigence et la fortune, entre la sagesse et l’égarement, plein de vices d’habitude, sans aucun mauvais penchant dans le coeur, vivant au hasard sans principes bien décidés par ma raison, et distrait sur mes devoirs sans les mépriser, mais souvent sans bien les connaître. Dès ma jeunesse j’avais fixé cette époque de quarante ans comme le terme de mes efforts pour parvenir et celui de mes prétentions en tout genre. Bien résolu, dès cet âge atteint et dans quelque situation que je sois, de ne plus me débattre pour en sortir et de passer le reste de mes jours à vivre au jour le jour sans plus m’occuper de l’avenir. Le moment venu, j’exécutai ce projet sans peine et quoique alors ma fortune ait semblé vouloir prendre un équilibre plus fixe, j’y renonçai non seulement sans regret mais avec un plaisir véritable. En me délivrant de tous ces leurres, de toutes ces vaines espérances, je me livrai pleinement à l’incurie et au repos d’esprit qui fit toujours mon goût le plus dominant et mon penchant le plus durable. Je quittai le monde et ses pompes, je renonçai à toutes parures — plus d’épée, plus de montre, plus de bas blancs, de dorure, de coiffure, une perruque toute simple, un bon gros habit de drap, et mieux que tout cela, je déracinai de mon coeur les cupidités et les convoitises qui donnent du prix à tout ce que je quittais. Je renonçai à la place que j’occupais alors, pour laquelle je n’étais nullement propre, et je me mis à copier de la musique à la page, occupation pour laquelle j’avais toujours eu un goût prononcé. Je ne bornai pas ma réforme aux choses extérieures. Je sentis que celle-là même en exigeait une autre, plus pénible sans doute mais plus nécessaire dans les opinions, et résolu de ne pas en faire à deux fois, j’entrepris de soumettre mon intérieur à un examen sévère qui le règlerait pour le restant de ma vie et le rendrait tel que je voudrais le trouver à ma mort.
    Une grande révolution qui venait de se faire en moi, un autre monde moral qui se dévoilait à mes regards, les insensés jugements des hommes dont, sans prévoir encore combien j’en serais la victime, je commençais à sentir l’absurdité, le besoin toujours croissant d’un autre bien que la gloriole littéraire dont à peine la vapeur m’avait atteint que j’en étais déjà dégoûté, le désir enfin de tracer pour le reste de ma carrière une route moins incertaine que celle dans laquelle je venais de passer la plus belle moitié — tout m’obligeait à cette grande revue dont je sentais depuis longtemps le besoin. Je l’entrepris donc et je ne négligeai rien de ce qui dépendait de moi pour bien exécuter cette entreprise. C’est de cette époque que je puis dater mon entier renoncement au monde et ce goût vif pour la solitude qui ne m’a plus quitté depuis ce temps-là. L’ouvrage que j’entreprenais ne pouvait s’exécuter que dans une retraite absolue ; il demandait de longues et paisibles méditations que le tumulte de la société ne souffre pas.

Les rêveries du promeneur solitaire Jean-Jacques Rousseau

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04-04-2007

Une solitude qui vous veut du bien – Isabelle Filliozat

lheureusesolitudedessindelareinehortense.jpgSource: Revue Psychologies.

 On souffre parfois le martyre. Mais apprendre à  s’aimer soi-même pour aimer les autres, c’est une étape qui ne peut se franchir qu’en solitaire.

Quand on rentre le soir et que personne ne vous attend, quand on se retrouve seul devant son téléviseur, l’angoisse surgit, les doutes affluent. «Qu’est-ce que j’ai de spécial, de différent, de moins bien que les autres ? Pourquoi ne puis-je pas aimer et être aimé (e) ?» On n’a jamais tant parlé de communication qu’aujourd’hui, et on n’en a jamais autant manqué. Manqué ? À dire vrai, radio, télé, publicité, poste et téléphone, on n’en a jamais tant abusé ! On dit que les gens ne se parlent plus. Mais se sont-ils un jour parlés ? Croyez-vous vraiment que vos parents, vos grands-parents se parlaient ?

Communiquer, c’est s’exprimer, affirmer ses désirs, ses besoins et écouter l’autre dans les siens. C’est possible entre deux êtres qui n’ont pas peur l’un de l’autre, qui n’ont donc pas besoin de jouer des rôles ou de s’enliser dans des jeux de pouvoir, de se dissimuler ou de fuir. Deux individus qui savent être eux-mêmes, libres l’un face à l’autre.

Apprendre à s’aimer soi est un passage obligé pour aimer l’autre pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il vous apporte. C’est une étape qui se franchit en solitaire. Il faut se détacher de l’autre pour se trouver soi, se détacher du désir de l’autre pour laisser émerger le sien propre. Oser la solitude, oser la traversée du désert, pour apprendre à étancher sa soif en ne puisant qu’en soi.

Que l’on vive seul ou à deux, la route pour devenir vraiment soi-même est à parcourir seul, à l’intérieur de soi, pour y trouver ce que l’on cherchait chez l’autre. Aucun autre, si amoureux, si aimant soit-il, ne pourra jamais combler les manques du passé. Il nous incombe de guérir nos blessures, guérir l’enfant à l’intérieur de nous.

Solitude est souvent synonyme de désespoir. Elle est perte de cet espoir, qui signifie projection dans le futur. La solitude oblige à vivre dans le présent. Et pourtant, elle est aussi l’espace qui laisse remonter son histoire, ses émotions, pour aller à la recherche de soi et répondre à «Qui suis-je et qu’est-ce que je veux de ma vie ?»

La solitude fait peur parce qu’elle confronte. Personne sur qui s’appuyer pour occuper le temps, prendre les décisions. Nous sommes inquiets à l’idée de ne pas savoir faire face. Dans le silence, ce que nous, simples mortels, découvrons en premier lieu, ce sont nos «démons». Ces démons sont nos angoisses, nos peurs, nos colères refoulées, tout ce que nous dissimulions dans les ténèbres de notre inconscient. Nous n’aimons pas beaucoup les regarder en face. Si nous ne faisons ce retour, cette plongée dans nos profondeurs, notre face réprimée, se manifestera dans notre vie, provoquant souffrances, échecs et répétitions.

Une époque solitaire – si difficile à vivre soit-elle parfois – est une étape de construction importante. Elle ne veut que nous apprendre à aimer, à rester un être entier auprès de l’autre. C’est en soi qu’est la solitude. Elle peut se vivre seul ou à deux. Il n’est pas nécessaire de se séparer pour trouver son autonomie. Il s’agit de prendre de temps à autre un peu de distance, de se garder des moments seuls, de conserver des activités indépendantes, d’être attentifs à ne pas chercher à combler tous les instants de manque par la présence de l’autre. Et… de ne pas faire reposer sur lui toutes les décisions de la vie quotidienne. Chacun passe par cette étape d’indépendance marquée par le besoin d’être seul, libre, d’explorer, de tester ses capacités propres, de choisir par soi-même.

Avec la liberté vient souvent la souffrance. L’apprentissage de la responsabilité est un long chemin. Ne laissez pas les autres décider pour vous. On court plus de risques à abdiquer sa liberté qu’à se tromper de temps en temps. Il est important de faire des expériences, de faire des erreurs, des bêtises même, pour acquérir des certitudes intérieures, pour construire la confiance en soi.

Les moments de solitude dans une vie sont des occasions de croissance personnelle, des occasions pour établir ou maintenir un meilleur contact avec soi-même et donc créer les meilleures conditions de l’amour. C’est le refus de la solitude bien plus que la solitude elle-même qui fait souffrir! En l’acceptant, en la choisissant, on l’apprivoise, on grandit avec elle. Elle vous apprend à vous aimer, à aimer.

Aimez-la!

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04-04-2007

Alexandre Jollien

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 Sans l’autre, je ne suis rien, je n’existe pas. Autrui peut me construire comme il peut me détruire.
 La présence de l’autre jalonne mon existence.

(Le métier d’homme)

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03-04-2007

Protégé : 9) Blog

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03-04-2007

L’esprit de solitude

L’expérience de la solitude s’avère indispensable à tout être qui veut conquérir ou sauvegarder sa liberté : l’individu n’est plus alors cet homme moyen, mécanique ou « neuronal », cible facile des sondages, de la mode et des médias ; il s’éprouve être unique, oiseau rare, il se distingue.

Le besoin de reconnaissance apparaît bien comme le talon d’Achille de tout individu. Il explique que pour se sentir compris ou acceptés, la plupart des hommes préfèrent renoncer à leur liberté, à leur singularité. Le véritable solitaire ne cherche ni à plaire ni à être réconforté. Sa grande force vient de ce qu’il n’est pas troublé par les agissements et les opinions du monde…

 

Thiérry Le Blog

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03-04-2007

Vivre sa solitude

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Vivre sa solitude dans Paroles de solitaires topquoteeo1 C’est en se taisant que l’on apprend à écouter;
Puis c’est en écoutant que l’on apprend à parler;
Et bien plus tard, c’est en parlant que l’on apprend à se taire.

N’oublie pas que nous sommes Esclaves de ce que nous disons et Maîtres de ce que nous taisons. bottquotekv9 dans Paroles de solitaires

http://vivre-sa-solitude.blogspot.com

Blog d’un argentin qui écrit outre en espagnol mais aussi en français et en espagnol. J’ai aimé cette sentence.

Note (15-04-2007) topquoteeo1 Merci J.C pour ta visite et une petite précision: Je suis un espagnol qui vit en Argentine. bottquotekv9

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03-04-2007

1) Escha Van Den Bogerd : Solitude

56336bogerd.jpg

 

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03-04-2007

lost in solitude

comble de la solitude

Le comble de la solitude pourrait être d’appeler son téléphone fixe depuis son portable afin d’entendre enfin une sonnerie.

http://solitude.blog.lemonde.fr/

Blog ouvert en octobre 2006 mais contenant une dizaine d’articles seulement.

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03-04-2007

seul, de ossiane

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http://ossiane.blog.lemonde.fr

Comment ne pas aimer ?

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03-04-2007

Solitude

Seule sur cette mer immonde qui va m’engloutir
l’Amour aux ailes de feu a consumé mon âme

à l’horizon un aigle de sang souille un ciel en fureur
il fait écho aux sirènes qui m’invitent
sur des vagues dentelées d’écume
leur triste mélopée m’enveloppe
raconte leur royaume
ô Circé, l’hellébore des prés
n’a su me protéger de ton philtre empoisonné
l’Amour aux ailes de feu m’a marquée

seule sur cette mer ténébreuse qui mugit à grande voix
lançant des traits chargés de sanglots
je sombre et je chavire

Pier de Lune

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02-04-2007

12) Anne-Laure Rey – Lîle déserte

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Un matin je me suis réveillé sur une île
Je vais à la découverte de l’île
Je me dirige vers une forêt

Dans cette forêt
J’ai vu un ruisseau
Plus loin dans l’île
J’ai découvert des bananiers

J’ai cherché les singes
Je ne les ai pas trouvés
Je suis revenu là où j’étais

J’ai regardé. Le ciel est noir
Le soleil ne brille plus
Le vent s’est levé, la pluie est tombée
J’ai couru vers la seule maison de l’île

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02-04-2007

Proust Marcel

070410pissenlit.jpg

 Dans l’attente on souffre tant de l’absence de ce qu’on désire  qu’on ne peut supporter une autre présence.

 

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02-04-2007

Protégé : 8) 2 avril, ensoleillé

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02-04-2007

Moore George

Sunlight in a Cafeteria, 1958, Edward Hopper

La vie est essentiellement solitaire et les gens mariés et non mariés diffèrent seulement en ce que nous nous sentons seuls quand nous sommes avec nous-mêmes et qu’ils se sentent seuls quand ils sont ensemble.

Maximes et souvenirs.

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01-04-2007

Les naufragés de Tromelin.

tromelin.bmpL’Utile est une flûte de la marine Royale vendue à la Compagnie française des Indes Orientales pour effectuer le commerce dans les Mascareignes. Parti de Bayonne le 17 novembre 1760, le navire fait naufrage le 31 juillet 1761 sur l’île de Sable (Tromelin) petit bout de terre perdu sur l’océan Indien. La côte la plus proche se situe à 500 km. Il transporte des esclaves achetés en fraude provenant de Madagascar et destinés à l’île Maurice.
L’équipage (122 marins français ) laisse alors les 60 esclaves sur l’île, regagne Madagascar dans une embarcation de fortune, promettant de venir les rechercher. Cette promesse ne fut jamais tenue et ce n’est que quinze ans plus tard, le 29 novembre 1776, que le chevalier de Tromelin, commandant la corvette La Dauphine, récupérera huit esclaves survivants : sept femmes et un enfant de huit mois.
L’épave de l’Utile a été localisée par une équipe de météorologues qui effectuent des séjours à la station météorologique se trouvant sur l’île.

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01-04-2007

Alexander Selkirk – (1676-1721)

robinsoncrusoeselkirk.gifA 30 ans, il est recueilli par le capitaine Woodes Roger à bord du Duc le 2 février 1709 et raconte quatre ans plus tard ses aventures (Voïage autour du monde).

Fils d’un tanneur écossais, Alexander Selkirk choisit de prendre la mer. Navigant dans l’océan Pacifique en 1704 en qualité de second sur le Cinq-Ports, il se plaint de l’état du navire et s’oppose à son capitaine sur l’opportunité de poursuivre la route. Il demande de lui-même à être abandonné sur un îlot inconnu à 600 kilomètres du Chili (finalement, le voilier s’échouera sur la côte péruvienne, ne laissant que huit rescapés… aussitôt emprisonnés par les autorités locales !).

Alexander Selkirk - (1676-1721) dans Prisonniers de la solitude moz-screenshot-86L'image “http://www.linternaute.com/television/diaporama/06/nicolas-hulot-robinson/images/14.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.L’îlot sur lequel se retrouve Selkirk est un rocher escarpé à la végétation luxuriante qui culmine à 900 mètres. Il est habité par des milliers de chèvres mais aussi des chats, les uns et les autres abandonnées par de précédents naufragés, des phoques etc.

S’accommodant non sans mal de la solitude, Selkirk aménage de ses mains une cabane et apprend à tirer des chèvres l’essentiel de sa nourriture (ainsi que ses vêtements).

Il s’occupe l’esprit en lisant la Bible et récite à haute voix ses prières pour ne pas perdre l’usage de la parole…

Un jour, un vaisseau accoste sur l’îlot mais il s’agit d’Espagnols et ces ennemis acharnés des Britanniques prennent en chasse le malheureux ermite qui finalement leur échappe.

Après sa libération par un équipage de compatriotes, Selkirk va rapidement réapprendre les usages sociaux et se marier. Reprenant la mer comme quartier-maître, il mourra en pleine mer en 1721.

Son aventure inspirera Defoë.

 

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01-04-2007

Bronner André

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Février 1993

Débarqué pour quelques heures sur l’île des Etats, à quelques encablures du cap Horn. André Bronner se perd et survit durant quatre jours sans vêtements chauds (il finira pieds nus) et sans nourriture dans cet univers plus qu’hostile.

Décembre 94 – Mars 95

Il réaliste son rêve, en partant trois mois pour une expérience de totale autarcie sur l’île.
C’est lors de cette retraite qu’André découvre les vestiges du « Phare du Bout du Monde », construit par les argentins en 1884 et qui inspira Jules Verne pour  » Le phare du bout du monde.

Mars – Octobre 1995

De retour à Ushuaïa puis à la Rochelle, l’idée de faire revivre cette lueur proche du cap Horn germe, se développe… Puis tourne à l’obsession :
D’ici la fin du millénaire, le « Phare du Bout du Monde » reprendra du service !

Novembre1995

Création de « L’association du Phare du Bout du Monde »

Décembre 1995

Première sortie officielle de l’association pour le Salon Nautique de Paris.
Le projet est accueilli par tous (média et public) avec beaucoup d’enthousiasme.

Janvier – Février 1996

Deux mois passés à Ushuaïa et à Buenos Aires pour effectuer un travail de recherche (plans du phare, récits d’expéditions passées) , et sentir comment le projet est perçu du côté argentin.
Là encore, enthousiasme général et obtention des autorisations pour reconstruire le phare. Les autorité sont séduites par le fondement même du projet :
Le phare est promu monument historique et la ville d’Ushuaïa déclare d’intérêt municipal le projet de sa reconstruction.
Les caractéristiques du feu (portée lumineuse et géographique, signal optique) sont enregistrées auprès du Service Hydrographique et Océanographique de la Marine.

Aujourd’hui

Fou, le projet fait pourtant des émules, tant et si bien qu’en janvier 1998 débarquent sur l’île des Etats dix hommes et 17 tonnes de matériel. Au terme de deux mois de chantier dans les vents patagons et d’une nuit de près d’un siècle, les deux éclats du Phare du Bout du Monde sont de nouveau visibles par 54° 45 S et 64° 50 W ! Il a été inauguré le 26 février en grande pompe par les autorités argentines.

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01-04-2007

11) Solitude

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Seul face au monde, seul devant soi,
D’autant plus seul que je n’y sois pas…
Que reste-il alors ?
Ne reste que la pure présence silencieuse du réel,
Cet arbre qui ondule au vent,
Cette eau qui s’écoule,
Ce Soleil qui échauffe mon visage,
Ne reste que l’éternité, présent perpétuel de l’impermanence,
La vérité, l’éternité, la présence, le silence, le réel… cette table,
Y trouver quelque bonheur ? pourquoi pas…
Allez jusqu’au bout de soi, effacement de soi devant le vrai,
Oh quel silence ! quelle paix ! quelle plénitude ! quelle béatitude !
Aurais-je besoin d’un autre monde ? d’une autre vie ?
D’ailleurs, que reste-il de moi sinon un souvenir ?

Mai 2000

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01-04-2007

10) Solitude

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Tendre compagne, devant toi, me revoilà.
Pardonne mon ingratitude, je t’en prie,
Je ne sais, comme tu le fais, t’offrir ma vie..
Pourquoi t’ai-je si souvent repoussé, pourquoi?

Tu as été là, dans les jours les plus sombres.
Fidèle, sur toi j’ai toujours pu m’appuyer.
Aux heures de gaité, tu as su t’effacer.
Tu n’étais jamais loin, à veiller, dans l’ombre.

En tout temps, tout lieu, tu m’as servi comme un roi.
Si parfois, à mes caprices, tu me laissais,
tu savais bien qu’à tes cotés je reviendrais.
Et là, nous repartions, comme au temps d’autrefois.

Ce soir, encore, tu reviens. Me rechercher.
Je serai là. Avec toi, ma solitude.
Mon cœur sera ailleurs. Il a l’habitude.
Je sais. Je t’avais tout simplement oublié.

amisdesarts@aol.com

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31-03-2007

Alphonse de Lamartine

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. 

J’avais oulié ce grand classique.

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31-03-2007

La solitude

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La solitude, par itomie 

salut à tout le monde
je sais que c’est assez rare que j’écrie des articles !! d’ailleur je sais pas pourqu’oi ?? peut être que je suis pas capable de trouver les mots qui puissent exprimer et refléter se que je sens….
c’est très dure de ne trouver personne lorsqu’on a envie de parler un peu .. c’est assez bizard chaque fois que j’ai envie de discuter , parler je trouve personne , mais si j’avais pas envie , les qques personnes dont je connais sur le net seront là …
vraiment c’est infernale ce sentiment de solitude, de vide que je suis entrain de resentir même lorsque je suis entourée, je me sens dans un monde parallèle désère, terme, habité par des fantômes du passé……..

http://itomie.blog.fr/ 

J’ai découvert ce blog ce soir. Elle a vingt ans. Elle fait des études de comptabilité. Je n’ai pas pu lui laisser un commentaire parce je devais laisser mon adresse et je ne veux pas être inondé de spam. J’aime cette notion de  » monde paralèle « .

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31-03-2007

10) Charles Baudelaire (1821-1867) : A une heure du matin

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Enfin! seul ! On n’entend plus que le roulement de quelques fiacres attardés et éreintés. Pendant quelques heures, nous posséderons le silence, sinon le repos. Enfin! la tyrannie de la face humaine a disparu, et je ne souffrirai plus que par moi-même.

Enfin! il m’est donc permis de me délasser dans un bain de ténèbres! D’abord, un double tour à la serrure. Il me semble que ce tour de clef augmentera ma solitude et fortifiera les barricades qui me séparent actuellement du monde.

Horrible vie! Horrible ville! Récapitulons la journée: avoir vu plusieurs hommes de lettres, dont l’un m’a demandé si l’on pouvait aller en Russie par voie de terre (il prenait sans doute la Russie pour une île); avoir disputé généreusement contre le directeur d’une revue, qui à chaque objection répondait: « - C’est ici le parti des honnêtes gens », ce qui implique que tous les autres journaux sont rédigés par des coquins; avoir salué une vingtaine de personnes, dont quinze me sont inconnues; avoir distribué des poignées de main dans la même proportion, et cela sans avoir pris la précaution d’acheter des gants; être monté pour tuer le temps, pendant une averse, chez une sauteuse qui m’a prié de lui dessiner un costume de Vénustre; avoir fait ma cour à un directeur de théâtre, qui m’a dit en me congédiant: « - Vous feriez peut-être bien de vous adresser à Z…; c’est le plus lourd, le plus sot et le plus célèbre de tous mes auteurs, avec lui vous pourriez peut-être aboutir à quelque chose. Voyez-le, et puis nous verrons »; m’être vanté (pourquoi?) de plusieurs vilaines actions que je n’ai jamais commises, et avoir lâchement nié quelques autres méfaits que j’ai accomplis avec joie, délit de fanfaronnade, crime de respect humain; avoir refusé à un ami un service facile, et donné une recommandation écrite à un parfait drôle; ouf! est-ce bien fini ?

Mécontent de tous et mécontent de moi, je voudrais bien me racheter et m’enorgueillir un peu dans le silence et la solitude de la nuit. Ames de ceux que j’ai aimés, âmes de ceux que j’ai chantés, fortifiez-moi, soutenez-moi, éloignez de moi le mensonge et les vapeurs corruptrices du monde, et vous, Seigneur mon Dieu! accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi-même que je ne suis pas le dernier des hommes, que je ne suis pas inférieur à ceux que je méprise!

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30-03-2007

1) Barbara : La solitude

barbara.jpg

Je l’ai trouvée devant ma porte,
un soir que je rentrais chez moi,
partout elle me fait escorte,
elle est revenue, la voilà,
la renifleuse des amours mortes,
elle m’a suivie pas à pas,
la garce, que le Diable l’emporte,
elle est revenue, elle est là.

Avec sa gueule de carême,
avec ses larges yeux cernés,
elle nous fait le cœur à la traîne,
elle nous fait le cœur à pleurer,
elle nous fait des matins blêmes
et de longues nuits désolées ;
la garce elle nous ferait même
l’hiver au plein cœur de l’été.

Dans ta triste robe de moire
avec tes cheveux mal peignés,
t’as la mine du désespoir,
tu n’es pas belle à regarder !
Allez va t en ailleurs porter ailleurs!
ta triste gueule de l’ennui,
je n’ai pas le goût du malheur
va-t-en voir voir ailleurs si j’y suis.

Je veux encore rouler des hanches,
je veux me saouler de printemps,
je veux m’en payer des nuits blanches
à cœur qui bat à cœur battant,
avant que sonne l’heure blême
et jusqu’à mon souffle dernier,
je veux encore dire je t’aime,
et vouloir mourir d’aimer.

Elle a dit : « ouvre moi ta porte,
je t’avais suivi pas à pas,
je sais que tes amours sont mortes,
je suis revenue, me voilà,
ils t’ont récité leurs poèmes,
tes beaux messieurs , tes beaux enfants,
tes faux Rimbaud tes faux Verlaine,
et bien c’est fini maintenant.

Depuis elle me fait des nuits blanches,
elle s’est pendue à mon cou,
elle s’est enroulée à mes hanches
elle se couche à mes genoux,
partout elle me fait escorte,
et elle me suit, pas à pas,
elle m’attend devant ma porte,
elle est revenue, elle est là,
la solitude, la solitude.

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30-03-2007

Patrick Dumarché : Solitude

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Solitude de Patrick Dumarché

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30-03-2007

Particules affectives

Solitude

A trop vouloir vous comprendre, je me suis perdu. Au début, c’était un don. Je vous regardais, je vous écoutais et tout devenait clair, derrière les mots, l’autre langage tel une langue maternelle. Je savais vous parler, vous m’estimiez, je me suis pris au jeu. Jusqu’à ce jour, le plus triste d’entre tous, où je me suis vu dans votre regard. Ce que vous aviez fait de moi, une chose comme le reste, rien de plus, il ne pouvait en être autrement, bien sûr. Réduit, modelé, formaté, sans mes souffrances réelles, mes désirs à moi. Je me suis décalé, j’ai fait de grands gestes, en vain, forcément hors cadre. Pourtant il y a quelqu’un là-dedans, derrière ce que vous savez de moi, ce que vous voulez de moi. Oubliez-moi, regardez-moi, faites quelque chose, existez-moi. Je suis si seul.

Source texte Particules Affectives

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30-03-2007

Franz Kafka – Un homme qui dort

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Il n’est pas nécessaire que tu sortes de ta maison. Restes à ta table et écoute. N’écoute même pas, attends, seulement. N’attends même pas, sois absolument silencieux et seul. Le monde viendra s’offrir à toi pour que tu le démasques, il ne peut faire autrement, extasié, il se tordra devant toi.

 

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30-03-2007

9) Solitude – Alphonse de Pratz de Lamartine

lamartine1.jpg

Heureux qui, s’écartant des sentiers d’ici-bas,
À l’ombre du désert allant cacher ses pas,
D’un monde dédaigné secouant la poussière,
Efface, encore vivant, ses traces sur la terre,
Et, dans la solitude enfin ensevelie,
Se nourrit d’espérance et s’abreuve d’oubli !

Tel que ces esprits purs qui planent dans l’espace,
Tranquille spectateur de cette ombre qui passe,
Des caprices du sort à jamais défendu,
Il suit de l’œil ce char dont il est descendu ! …
Il voit les passions, sur une onde incertaine,
De leur souffle orageux enfler la voile humaine.
Mais ces vents inconstants ne troublent plus sa paix ;
Il se repose en Dieu, qui ne change jamais ;
Il aime à contempler ses plus hardis ouvrages,
Ces monts, vainqueurs des vents, de la foudre et des âges,
Où dans leur masse auguste et leur solidité,
Ce Dieu grava sa force et son éternité.
A cette heure où, frappé d’un rayon de l’aurore,
Leur sommet enflammé que l’Orient colore,
Comme un phare céleste allumé dans la nuit,
Jaillit étincelant de l’ombre qui s’enfuit,
Il s’élance, il franchit ces riantes collines
Que le mont jette au loin sur ses larges racines,
Et, porté par degrés jusqu’à ses sombres flancs,
Sous ses pins immortels il s’enfonce à pas lents :
Là, des torrents séchés le lit seul est sa route,
Tantôt les rocs minés sur lui pendent en voûte,
Et tantôt, sur leurs bords tout à coup suspendu,
Il recule étonné ; son regard éperdu
Jouit avec horreur de cet effroi sublime,
Et sous ses pieds, longtemps, voit tournoyer l’abîme !
Il monte, et l’horizon grandit à chaque instant ;
Il monte, et devant lui l’immensité s’étend
Comme sous le regard d’une nouvelle aurore ;
Un monde à chaque pas pour ses yeux semble éclore !
Jusqu’au sommet suprême où son œil enchanté
S’empare de l’espace, et plane en liberté.
Ainsi, lorsque notre âme, à sa source envolée,
Quitte enfin pour toujours la terrestre vallée,
Chaque coup de son aile, en l’élevant aux cieux,
Elargit l’horizon qui s’étend sous ses yeux ;
Des mondes sous son vol le mystère s’abaisse,
En découvrant toujours, elle monte sans cesse
Jusqu’aux saintes hauteurs d’où l’œil du séraphin
Sur l’espace infini plonge un regard sans fin.

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29-03-2007

Mon clavier, mon cahier

La solitude…

Vendredi 23 Mars 2007 à 10h41

Elle est là,
Très souvent parfois,
Toujours bien au chaud en moi,
Elle me chuchote des mots tout bas,

Elle me permet de m’évader,
D’aller là où personne ne peut aller,
Elle guide mes pensées,
Avec douceur et subjectivité,

Emotions ou ressenti,
Quel est cet état d’esprit,
Qui m’envahit et m’éblouis,
Sans me demander mon avis,

Cette solitude, je l’a ressens,
Lorsque tous mes sentiments,
En éveil, à n’importe quel moment,
Font de moi, cet être si blessant,

Je l’avoue, j’ai besoin d’elle,
Même si je n‘ai pas la vie plus belle,
Elle me fait quitter le réel,
C’est ma notion de l’essentiel…

http://cyn.journalintime.com/2007/03/23-la-solitude

Petite pépite découverte sur un blog ouvert le 23 mars par une jeune maman. Elle n’autorise pas les commentaires. Dommage.

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28-03-2007

Seule

Dimanche 10 septembre 2006

Seule

J’ai envie que tout ça se termine. Je n’ai pas ma place sur Terre. Je n’ai aucune capacité, je n’ai pas de but précis, je suis bonne à rien, je n’arrive même pas à me faire aimer des autres. Je suis juste là comme potiche. Je n’ai aucun potentiel. Je voudrai mourir, je mourrais et personne n’y pourra rien. Je suis un déchet. J’ai honte de moi, je suis pourrie de l’intérieur. Et je suis seule. On est samedi soir et je suis seule. Enfin non, on est dimanche matin, et je suis seule en larme dans un lit pour deux, dans un appart pour deux, dans une ville pleine de mecs.

http://journaldefauve.over-blog.net/article-5605197.html 

petit bijou de vérité.

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27-03-2007

8) Pierre Reverdy (1889-1959),

La neige tombe
Et le ciel gris
Sur ma tête où le toit est pris
La nuit
Où ira l’ombre qui me suit
À qui est-elle
Une étoile ou une hirondelle
Au coin de la fenêtre
La lune
Et une femme brune
C’est là
Quelqu’un passe et ne me voit pas
Je regarde tourner la grille
Et le feu presque éteint qui brille
Pour moi seul
Mais là où je m’en vais il fait un froid mortel.

Sources du vent, 1929 (recueil composé à Solesmes)

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27-03-2007

7) Pierre Reverdy (1889-1959)

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Je suis dur
Je suis tendre
Et j’ai perdu mon temps
A rêver sans dormir
A dormir en marchant
Partout où j’ai passé
J’ai trouvé mon absence
Je ne suis nulle part
Excepté le néant
Mais je porte caché au plus haut des entrailles
A la place ou la foudre a frappé trop souvent
Un cœur ou chaque mot a laissé son entaille
Et d’où ma vie s’égoutte au moindre mouvement

La liberté des mers

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27-03-2007

Chateaubriand

Il est seul au fond des forêts, mais l’esprit de l’homme remplit aisément les espaces de la nature, et toutes les solitudes de la terre sont moins vastes qu’une seule pensée de son coeur.

François-René de Chateaubriand, Le Génie du christianisme

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27-03-2007

6) Sully-Prudhomme (1839-1907) : Dernière solitude

Dans cette mascarade immense des vivants
Nul ne parle à son gré ni ne marche à sa guise ;
Faite pour révéler, la parole déguise,
Et la face n’est plus qu’un masque aux traits savants.


Mais vient l’heure où le corps, infidèle ministre,
Ne prête plus son geste à l’âme éparse au loin,
Et, tombant tout à coup dans un repos sinistre,
Cesse d’être complice et demeure témoin.

Alors l’obscur essaim des arrière-pensées,
Qu’avait su refouler la force du vouloir,
Se lève et plane au front comme un nuage noir
Où gît le vrai motif des œuvres commencées.


Le cœur monte au visage, où les plis anxieux
Ne se confondent plus aux lignes du sourire ;
Le regard ne peut plus faire mentir les yeux,
Et ce qu’on n’a pas dit vient aux lèvres s’écrire.

C’est l’heure des aveux. Le cadavre ingénu
Garde du souffle absent une empreinte suprême,
Et l’homme, malgré lui redevenant lui-même,
Devient un étranger pour ceux qui l’ont connu.


Le rire des plus gais se détend et s’attriste,
Les plus graves parfois prennent des traits riants ;
Chacun meurt comme il est, sincère à l’improviste :
C’est la candeur des morts qui les rend effrayants

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27-03-2007

Amour et solitude

Mardi 27 mars 2007

Un autre caractéristique de l’amour, c’est la solitude. Et, nous pouvons toujours se demandé pourquoi la solitude ? Puisque l’amour doit nous apporter la joie, le bonheur et l’harmonie.   

L’amour remplie notre cœur, notre âme et notre pensée. Mais, de l’autre côté, nous apporte, l’incertitude et la peur. Et, c’est cette incertitude et cette peur, qui nous emmène la solitude. 

L’amour à besoin de solitude, pour se renforcer. L’amour à besoin de solitude, pour pouvoir se redécouvrir. L’amour à besoin de solitude, pour mieux se comprendre. 

L’amour, fait en sorte que nous nous mettons en question et pour pouvoir répondre à ces questions, nous avons besoin de la solitude. 

Mais, cette solitude est différente. Car, quand l’amour est là, nous sommes jamais seul. Il/Elle est toujours avec nous, dans notre cœur et notre pensée.   

Nous parlons toujours de l’amour et la passion, d’ailleurs c’est le titre de mon blog. Mais j’aimerai parler de ce que j’appel, le Véritable Amour. 

Qu’est ce que le Véritable Amour ? Pour moi, c’est l’Amour qui reste. C’est l’amour qui grandit de jour en jour. C’est l’amour qui nous donne la force de continuer et la joie de vivre. C’est le bonheur et l’harmonie. 

Nous pouvons dire que tout cela, ce sont les caractéristiques de l’amour et la passion, dans ce cas, qu’est ce qui peut être différent ? 

Donc, il faudra d’abord comprendre qu’est ce que c’est
la Passion amoureuse? 

Remarquons curieusement que le mot passion signifie « douleur ». Voilà une surprise ! Mais en fait, le passionné souffre. ça lui fait mal ! Il vit une douloureuse alternance d’euphorie (quand l’objet de la passion est là) et de manque (quand l’objet de la passion n’est pas là). La passion, c’est comme un feu qui ravage l’être. C’est un feu, que nous ne pouvons pas le maîtriser, et que son fumé nous rend aveugle. 

La passion maîtriser, c’est le Véritable Amour qui dure toute une vie. C’est l’amour que l’Homme est a sa recherche, que peut être, ne le trouvera jamais. 

ULPA

http://ulpa.unblog.fr/amour-et-solitude/

Interessant cette utilisation de la solitude dans l’amour alors que beaucoup de textes donnent pour origine à la solitude l’absence d’un être à aimer.

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26-03-2007

5 ) Solitude – Jean Campion

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À l’heure où l’ombre du mystère
Étends son lourd manteau d’ennui,
Rêvant à l’aube salutaire,
J’accepte le froid de la nuit !

Crois-tu pouvoir réduire en cendres
Mes pauvres souvenirs passés ?
Pour moi, je ne puis me déprendre
De tant de rêves amassés.

Prêtresse de ma solitude,
Puisque me voici désarmé,
Tu peux, en ta sollicitude
Me consacrer au mal d’aimer !

On dit qu’au creuset du silence
Se forge l’espoir du retour…
Peux-tu me donner cette chance
D’ébaucher des rêves d’amour ?…

Déjà, là-bas, perçant la brume,
L’aurore de ses traits dorés
Poursuit la nuit qui se consume :
Pour moi, c’est l’heure d’espérer !

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26-03-2007

Coumarine

Lundi 26 mars 2007 

Solitude (Poème de vie)

Il règne un silence étrangement rigide sur notre petit carré de vie grise. Mais ce n’est qu’illusion. Maman cause, palpite, explique, palabre sans fin. Les mots de Papa, prisonniers derrière des lèvres pourtant entr’ouvertes, n’ont pas de place dans ce cafouillis. Et ma petite sœur chantonne dans son coin. Mes oreilles se sont fermées à l’expression de cette vie trop superficielle. Trop de choses me pèsent, là, au fond de mon cœur. Personne ne veut entendre mes pourquoi et comment. Mes états d’âme dérangent ! J’aimerais communiquer au-delà des apparences, et je me heurte contre un mur de convenances. Les rochers de l’âge adulte ! Ma petite sœur, inatteignable derrière ces lourds manteaux d’habitudes et de traditions établies, que peut-elle bien ressentir ? Je n’aurais qu’un pas à faire hors du cadre pour le savoir, mais par peur de tomber dans le vide, je reste assis. Alors, je pleure à l’intérieur… Et silencieusement, mon cœur se meurt …!

http://coumarine2.canalblog.com/archives/2006/10/25/2987825.html

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