Archives pour la catégorie 'Poésies'

08-04-2017

Marie Uguay

ces îles dont nous parlons depuis des siècles
avec leurs diamants d’os taillés sur d’anciennes vies
avec leur gratitude d’oiseaux inassouvis
avec leur misère toujours pareille

ces îles où nous irons ouvrir la terre
reconnaître le ciel des saisons découpées
aux heures des songes et aux matins d’orange
ces îles à bout de bras
dont nous parlons depuis des siècles

ô ces solitudes

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01-04-2017

Catherine Mansfield (1888-1923) : Poèmes – 1923

Solitude

C’est la Solitude maintenant qui vient la nuit,
A la place du Sommeil, s’asseoir près de mon lit.
Comme une enfant fatiguée je repose et guette ses pas,
Je la regarde doucement souffler la bougie.
 
Elle reste assise, immobile et sans bruit,
Lasse, si lasse, laissant tomber sa tête.
Elle aussi est vieille, elle aussi a livré le combat.
De feuilles de lauriers son front est couronné.
 
Dans l’obscurité morne, la marée lentement descend,
Se brise inassouvie sur la rive stérile.
Un vent étrange passe… puis, le silence. Je voudrais
Me tourner vers elle, la prendre par la main,
La serrer dans mes bras, et attendre ainsi que la terre stérile
Soit remplie par la terrible monotonie de la pluie.

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10-04-2014

Pétrarque : CCLIX

J'ai recherché toujours la solitaire vie
(les rivages le savent, les champs et les bois)
afin de fuir ces esprits sourds et louches
qui du chemin du ciel sont fourvoyés ;

si mon désir en ce s'accomplissait,
loin du doux air des provinces toscanes,
encor m'aurait aux beaux coteaux ombreux
Sorgue qui m'aide à pleurer et chanter. 

Mais ma fortune toujours ennemie
me refoule en ces lieux où suis fâché
de voir mon beau trésor parmi la fange.

A ma main qui écrit elle est amie
pour une fois, et peut-être à bon droit : 
Amour le vit, sait Madame, et moi.

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13-08-2011

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) : L’Exilé

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Oui, je le sais, voilà des fleurs,
Des vallons, des ruisseaux, des prés et des feuillages;
Mais une onde plus pure et de plus verts ombrages
Enchantent ma pensée, et me coûtent des pleurs.

Oui, je le voie, ces frais zéphyrs
Caressent en jouant de naïves bergères;
Mais d’un zéphyr plus doux les haleines légères
Attirent loin de moi mon âme et mes soupirs.

Ah ! je le sens, c’est que mon cœur,
Las d’envier ces bois, ces fleurs, cette prairie,
Demande, en gémissant, des fleurs à ma patrie :
Ici rien n’est à moi, si ce n’est ma douleur. »

Triste exilé, voilà ton sort :
La plainte de l’écho m’a révélé ta peine.
Comme un oiseau captif, tu chantes dans ta chaîne;
Comme un oiseau blessé, j’y joins un cri de mort.

Goûte l’espoir silencieux !
Tu reverras un jour le sol qui te rappelle;
Mais rien ne doit changer ma douleur éternelle :
Mon exil est le monde… et mon espoir aux cieux.

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16-07-2011

Félicité de La Mennais (1782-1854) : L’éxilé

58261jmdelamennais.jpg Il s’en allait errant sur la terre. Que Dieu guide le pauvre exilé !
“J’ai passé à travers les peuples et ils m’ont regardé. Je les ai regardés et nous ne sommes point reconnus. L’exilé partout est seul !
Lorsque je voyais au déclin du jour s’élever du creux du vallon la fumée de quelque chaumière, je me disais : heureux celui qui retrouve le soir le foyer domestique et s’y assied au milieu des siens. L’exilé partout est seul !

Ces arbres sont beaux, ces fleurs sont belles, mais ce ne sont point les fleurs ni les arbres de mon pays. Ils ne me disent rien. L’exilé partout est seul !
Ces chants sont doux, mais les tristesses et les joies qu’ils réveillent ne sont ni mes tristesses ni mes joies. L’exilé partout est seul !
On m’a demandé : pourquoi pleurez-vous ? Et quand je l’ai dit, nul n’a pleuré, parce que nul ne me comprenait. L’exilé partout est seul !
J’ai vu des jeunes filles sourire, d’un sourire aussi pur que la brise du matin, à celui que leur amour avait choisi pour époux ; mais aucune ne m’a souri. L’exilé partout est seul !
J’ai vu des vieillards entourés d’enfants, comme l’olivier de ses rejetons, mais aucun de ces vieillards ne m’appelait son fils, aucun de ces enfants ne m’appelait son frère. L’exilé partout est seul !

J’ai vu des jeunes hommes, poitrine contre poitrine, s’étreindre comme s’ils avaient voulu de deux vies n’en faire qu’une ; mais aucun ne m’a serré la main. L’exilé partout est seul !”
Pauvre exilé, cesse de gémir ! Tous sont punis comme toi. Tous voient passer et s’évanouir pères, frères, épouses, amis.
La patrie n’est point ici-bas ; l’homme vainement l’y cherche ; ce qu’il prend pour elle n’est qu’un gîte d’une nuit.
Il s’en va errant sur la terre ! Que Dieu guide le pauvre exilé !

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09-07-2011

Sumitaku Kenshin (1961-1987)

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02-07-2011

Nakamura Kusatao (1901-1983)

Nakamura Kusatao (1901-1983) dans Poésies 59-090-nakamura--95x150

Nakamura Kusatao

biographie

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25-06-2011

Hoshinaga Fumio

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18-06-2011

Yokoyama Hakkô

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11-06-2011

John Keats (1795-1821)

Ô solitude ! si je dois avec toi demeurer,
Que ce soit parmi l’inextricable amas
De bâtiments noircis! Escale avec moi la pente escarpée —
Cet observatoire de la Nature — d’où le val
Ses pentes fleuries, sa rivière gonflée de cristal,
Paraissent un empan peut-être; laisse-moi veiller à ta place,
Parmi les rameaux en bannières, où le bond vif du cerf
Effraie l’abeille sauvage hors les doigts de la digitale
Mais quand bien même j’aurais joie à tracer ces scènes avec toi
La douce conversation d’un esprit innocent
Dont les mots sont images de pensées raffinées
Est le plaisir de mon âme; et ce doit être en vérité
Des humains la cime ou peu s’en faut de la félicité
Lorsque vers tes repaires deux âmes-sœurs s’enfuient.

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12-02-2011

Alfred de Musset (1810-1857) : A George Sand

Il faudra bien t’y faire à cette solitude,
Pauvre cœur insensé, tout prêt à se rouvrir,
Qui sait si mal aimer et sait si bien souffrir.
Il faudra bien t’y faire ; et sois sûr que l’étude,

La veille et le travail ne pourront te guérir.
Tu vas, pendant longtemps, faire un métier bien rude,
Toi, pauvre enfant gâté, qui n’as pas l’habitude
D’attendre vainement et sans rien voir venir.

Et pourtant, ô mon cœur, quand tu l’auras perdue,
Si tu vas quelque part attendre sa venue,
Sur la plage déserte en vain tu l’attendras.

Car c’est toi qu’elle fuit de contrée en contrée,
Cherchant sur cette terre une tombe ignorée
Dans quelque triste lieu qu’on ne te dira pas.

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16-10-2010

Gertrud Kolmar (1894-1943) : La Solitaire

57323kolmar.jpg
je m’entoure de ma solitude
elle est comme une robe chaude
sur moi venue sans pincement ni piqûre
même si les manches tombent profondément sur ma main
un inconnu en a pris les mesures,
le visage étranger se ressent comme souffle trouble ;
Les longs cous noirs des cygnes sont courbés
sur leurs plis : mais seule moi je peux les voir.

Mes regards intérieurs se font ouverts
- un regard de paon qui déploie ses ailes -
et montre l’onde du courant couleur jade,
les bordures débordent lumière et affluent.
Comme un cheveu de l’Elbe elles mouillent.
Elles portent encore le fleuve. Elles halent le profond.
Et l’année est prise dans une ville abrupte,
c’est ainsi qu’un oiseau affolé appelle le jour.
Et tout est maintenant silence. Et l’habit se gonfle.

Je dois grandir, pour qu’encore il m’aille
à l’intérieur des poissons, comme jamais ils ne furent vraiment,
et ma poitrine flotte avec des branchies bleu pourpre.
la pointe de la terre est ensemencée de l’intérieur.
De mes épaules surgit une falaise d’or,
le drap nageant au travers, s’aiguise et se gonfle
et doucement roule en boule sur mon front.

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09-10-2010

Christine de Pisan (1363-1430)

A qui dira-t-elle sa peine,
La fille qui n’a point d’ami?

La fille qui n’a point d’ami,
Comment vit-elle?
Elle ne dort jour ne demi
Mais toujours veille.
Ce fait amour qui la réveille
Et qui la garde de dormir.

A qui dit-elle sa pensée,
La fille qui n’a point d’ami?

Il y en a bien qui en ont deux,
Deux, trois ou quatre,
Mais je n’en ai pas un tout seul
Pour moi ébattre.
Hélas! mon joli temps se passe.
Mon téton commence à mollir.

A qui dit-elle sa pensée,
La fille qui n’a point d’ami?

J’ai le vouloir si très humain
Et tel courage
Que plus tôt anuit que demain
En mon jeune âge
J’aimerais mieux mourir de rage
Que de vivre en un tel ennui.

A qui dit-elle sa pensée,
La fille qui n’a point d’ami?

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28-08-2010

Charles Cros (1842-1888)

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Feuilles, tombez sous la fureur du vent
Et sous la pluie atroce de novembre.
Toute splendeur, à la fin, se démembre.
L’eau, trouble, perd son reflet décevant.
Ainsi s’en va tout mon bonheur d’avant.
Les doux retraits de mon âme charmée
Sont dénudés, sans oiseaux. L’avenir
Et mes projets, forte et brillante armée,
Sont en déroute à ton seul souvenir,
Ô ma maîtresse absolument aimée !

J’ai tant vécu dans ton charme énervant,
Comme nourri de gâteaux de gingembre,
Comme enivré de vétyver et d’ambre !
Et, rassuré, je m’endormais souvent
Sur tes beaux seins, tiède ivoire vivant.
Moi, j’aurais cru ta voix accoutumée ;
Le sort brutal voulut la démentir.
Car il mentait ton long regard d’almée !…

Mais je n’ai pas, certes, de repentir,
Ô ma maîtresse absolument aimée !
Et maintenant, seul comme en un couvent,
J’attends en vain le sommeil dans ma chambre,
Ta silhouette adorable se cambre
Dans ma mémoire. Et je deviens savant
À m’enivrer des drogues du Levant,
Que ma ferveur soit louée ou blâmée,
Je veux t’aimer, n’ayant meilleur loisir.
Tu resteras en moi comme un camée,
Comme un parfum chaud qui ne peut moisir,
Ô ma maîtresse absolument aimée !

ENVOI

Monde jaloux de ma vie embaumée,
Enfer d’engrais, de charbon et de cuir,
Je hais tes biens promis, sale fumée !…
Pour ne penser qu’à toi, toujours, où fuir
Ô ma maîtresse absolument aimée ?

Le Coffret de santal, Poésie/Gallimard n° 77 p. 136

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21-08-2010

Lucien Becker (1911-1984) : La Solitude est partout

57299beckerlucien.jpg

Au-dessus de la terre, il y a une chambre
où la solitude et le papier peint sont éternels.
Quand je n’y suis pas, des femmes de clarté
vont au-devant du jour ou de l’armoire

et, dès que je rentre, rejoignent mes yeux.
Gardiennes de secrets, elles revivent en moi
comme un buisson éperdu de printemps.
Le cœur s’enfonce dans le corps

tiède de pleurs, de plantes et de sources.
La voix n’a plus d’ombre, ni de retard
et monte comme une lame ensanglantée
de la terre entr’ouverte par le ciel.

Une grande amertume envahit la fenêtre
qui dénude le front avec un reste de jour
en y laissant la cicatrice des veines
et partout le rire jaillit des bouteilles.

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07-08-2010

Louis Aragon (1887-1982)

57300aragon.jpg

C’était un temps de solitude
O long carême des études
Où tout à son signe est réduit
Aux constellations la nuit
La vie affaire de mémoire
De chiffres blancs au tableau noir
Et lorsqu’on mourait à Viny
Moi j’apprenais l’anatomie

J’avais l’homme abstrait pour domaine
Or les récits des Téramène
Fallait-il deux fois qu’on les tue
Transformaient les morts en statues
De toujours les grands mots m’irritent
Et ces millions d’Hippolyte
Ils étaient sur leurs chars et moi
J’avais quatre-vingts francs par mois

Pardonnez-moi cette amertume
Mais l’âge d’aimer quand nous l’eûmes
Comme le regain sous la faux
Tout y sonnait morte et faux
Et qu’opposer sinon nos songes
Au pas triomphant du mensonge
Nous qui n’avions pour horizon
Qu’hypocrisie et trahison

La guerre on la voit à l’envers
Et vienne le troisième hiver
Petit verre des condamnés
Est-ce que c’est pour cette année
Le ciel déjà prend goût de terre
Puisqu’on est des morts sursitaire
Tous les calculs que nous ferons
Auront une balle en plein front

Comment croire ce qu’on enseigne
J’ai touché pourtant ce qui saigne
J’ai vu frémir j’ai dû fermer
De mes doigts des yeux bien-aimés
D’autres les ont à la taverne
J’eus moi mes vingt ans en caserne
Enfant maigre habillé de bleu
Rêvant beaucoup et mangeant peu

C’était le Paris de l’An Mille
Adieu ma vie adieu ma ville
Pont Alexandre pâle et beau
Le soir comme un vers de Rimbaud
Ma Tour au loin qui semble un air
Renouvelé d’Apollinaire
Se peut-il que je vous oublie
O palefreniers de Marly

J’ai laissé mon cœur à la traine
Dans les bosquets de Cour-la-Reine
Je ne vous reverrai jamais
Fleurir marronniers que j’aimais
Je pars et je vous abandonne
Longs quais de pierre sans personne
Veillant sur le fleuve profond
Où les désespérés s’en vont

Il paraît que je pars me battre
Adieu Paris mon grand théâtre
Adieu viaduc de Passy
Adieu tout ce qu’on voit d’ici
Les deux rives fuyant à l’amble
Ce qui se cache et ce qui tremble
Les jardins du Trocadéro
Et le ver luisant du métro

Le roman inachevé, Poésie n° 7, Gallimard, p. 50

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31-07-2010

Stéphane Mallarmé (1842-1898) : Salut

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Rien, cette écume, vierge vers
À ne désigner que la coupe;
Telle loin se noie une troupe
De sirènes mainte à l’envers.

Nous naviguons, ô mes divers
Amis, moi déjà sur la poupe
Vous l’avant fastueux qui coupe
Le flot de foudres et d’hivers;

Une ivresse belle m’engage
Sans craindre même son tangage
De porter debout ce salut

Solitude, récif, étoile
À n’importe ce qui valut
Le blanc souci de notre toile.

un coup de dés, jamais

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24-07-2010

Winston Perez : Etoiles solitaires

Le ciel est parsemé d’étoiles solitaires
Qui vivent dans l’oubli en ces temps bien obscurs
Tristes sont les augures, quand vient le long sommeil,
Quand l’horizon se perd, quand s’assombrit l’Azur,
Ces étoiles sont pétries d’Angor et de douleurs
Quand en se retournant elles voient le ciel briller
Elles entendent siffler ces Symphonies d’Auteurs
que l’amertume des sens a réussi à tuer
Ô Vénus ton arôme est si bon quand il vient
se poser sur l’Etoile. Et protéger la Fleur
Que l’Ange et son Démon un jour ont partagé,
D’une belle saison aux jardins enchanteurs
que tout héros perdu parvient à museler

Soleil brille, Ô Soleil brille
Dans le cœur des gens triste qu’on croyait inégaux
Viens détruire l’astre fixe qu’au lendemain des nuits
on abhorre en geignant

Exécute ta tâche
Ô Globe
du firmament

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10-07-2010

Nérée Beauchemin (1850-1931) : La maison vide

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Petite maison basse, au grand chapeau pointu,
Qui, d’hiver en hiver, semble s’être enfoncée
Dans la terre sans fleurs, autour d’elle amassée.
Petite maison grise, au grand chapeau pointu,
Au lointain bleu, là-bas, dis-le-moi, que vois-tu ?

Par les yeux clignotants de ta lucarne rousse,
Pour voir plus clair, plus loin, tu sembles faire effort,
Et froncer les sourcils sous ton chapeau de mousse.
Vers ces couchants de rêve où le soleil s’endort,
Pour voir plus clair, plus loin, tu sembles faire effort.

Il est couché, là-bas, au fond du cimetière,
Celui qui t’aime encore autant que tu l’aimais.
Petite maison vieille, au chapeau de poussière,
Celui qui t’aime encore autant que tu l’aimais,
L’absent, tant regretté, ne reviendra jamais.

Patrie intime

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03-07-2010

Victor Hugo : Aux arbres

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! – vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
La contemplation m’emplit le coeur d’amour.
Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l’oeil dans l’herbe profonde,
L’étude d’un atome et l’étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m’avez vu fuir l’homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s’élance,
Et je suis plein d’oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, – je vous atteste, ô bois aimés du ciel! -
J’ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,
Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai.

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26-06-2010

Sybille Rembard : Artichaut de l’espoir – 1997

Patauger dans une mare noire, fine
Suivant le chant du corbeau
Qui nous ronge au plus profond de notre âme
Rouge


Comme un éclat rubis d’une mouette blessée
Je t’ai cueilli le jour de tes rubicondes solitudes
Comme un soupir qui s’éparpille dans la lenteur
Jaune


La vie débute au chant du coq
Désormais je ne suis plus seule.
Bleu

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19-06-2010

François Coppée (1842-1908)

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Elle sait que l’attente est un cruel supplice,
Qu’il doit souffrir déjà, qu’il faut qu’elle accomplisse
Le serment qu’elle a fait d’être là, vers midi.
Mais, parmi les parfums du boudoir attiédi,
Elle s’est attardée à finir sa toilette.
Et devant le miroir charmé qui la reflète,
Elle s’impatiente à boutonner son gant ;
Et rien n’est plus joli que le geste élégant
De la petite main qui travaille ; et, mutine,
Elle frappe le sol du bout de sa bottine.

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05-06-2010

Katia Granoff (1895-1989) : Les Fleurs n’ont plus de jardinier

Tu me chargeais les bras de roses
Que tu coupais en ce jardin
Où tu gardais mon âme enclose
Quand je partais dans le matin

L’âme, je ne l’ai pas reprise…
Les fleurs n’ont plus de jardinier.
Seule, je prends la route grise
Où tu venais m’accompagner.

Mémoire Chemin de ronde, 10/18 p. 41

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20-02-2010

Charles Baudelaire (1821-1867) : Le vin du solitaire

Le regard singulier d’une femme galante
Qui se glisse vers nous comme le rayon blanc
Que la lune onduleuse envoie au lac tremblant,
Quand elle y veut baigner sa beauté nonchalante ;

Le dernier sac d’écus dans les doigts d’un joueur ;
Un baiser libertin de la maigre Adeline ;
Les sons d’une musique énervante et câline,
Semblable au cri lointain de l’humaine douleur,

Tout cela ne vaut pas, ô bouteille profonde,
Les baumes pénétrants que ta panse féconde
Garde au cœur altéré du poète pieux ;

Tu lui verses l’espoir, la jeunesse et la vie,
- Et l’orgueil, ce trésor de toute gueuserie,
Qui nous rend triomphants et semblables aux Dieux !

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13-02-2010

Paul Géraldy (Paul Lefèvre, 1885-1983) : Finale

Alors, adieu, tu n’oublies rien ? … C’est bien. Va-t-en,
Nous n’avons plus rien à nous dire. Je te laisse.
Tu peux partir… Pourtant, attends encore, attends !
Il pleut … Attends que cela cesse.
Couvre-toi bien, surtout ! Tu sais qu’il fait très froid
dehors. C’est un manteau d’hiver qu’il fallait mettre …
Je t’ai bien tout rendu ? Ne pleurons pas ! Ce serait bête.
Quel effort il faut faire, hein ? dans nos pauvres têtes
pour revoir les amants que nous avons été !
Nos deux vies s’étaient l’une à l’autre données toutes,
pour toujours … Et voici que nous les reprenons.
Et nous allons partir, chacun avec son nom,
recommencer, errer, vivre ailleurs… Oh ! sans doute,
nous souffrirons… pendant quelque temps. Et puis quoi !
l’oubli viendra, la seule chose qui pardonne.
Et il y aura toi, et il y aura moi,
et nous serons parmi les autres deux personnes.
Ainsi, déjà, tu vas entrer dans mon passé,
Nous nous rencontrerons par hasard, dans les rues,
Je te regarderai de loin, sans traverser.
Tu passeras avec des robes inconnues.
Et puis nous resterons sans nous voir de longs mois.
Et mes amis te donneront de mes nouvelles.
Et je dirai de toi qui fus mon sang, de toi
qui fus ma force et ma douceur : « Comment va-t-elle ? »
Notre grand coeur, c’était cette petite chose !
Etions-nous assez fous, pourtant, les premiers jours.
Tu te souviens, l’enchantement, l’apothéose ?
S’aimait-on !… Et voilà : c’était ça , notre amour !
Ainsi nous, même nous, quand nous disons « je t’aime »,
Voilà donc la valeur que cela a ! Mon Dieu !
Vrai, c’est humiliant. On est donc tous les mêmes ?
Nous sommes donc pareils aux autres ? Comme il pleut !
Tu ne peux pas partir par ce temps… Allons, reste.
Oui, reste, va ! On tâchera de s’arranger.
On ne sait pas. Nos coeurs, quoiqu’ils aient changé,
se reprendront peut-être au charme des vieux gestes.
On fera son possible. On sera bon. Et puis,
on a beau dire, au fond, on a des habitudes …
Assieds-toi va ! Reprends près de moi ton ennui.
Moi près de toi je reprendrai ma solitude.

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06-02-2010

Nicolas-Germain Léonard (1744-1793) : Les regrets

Pourquoi ne me rendez-vous pas
Les doux instants de ma jeunesse ?
Dieux puissants ! ramenez la course enchanteresse
De ce temps qui s’enfuit dans la nuit du trépas !
Mais quelle ambition frivole !
Ah ! dieux ! si mes désirs pouvaient être entendus,
Rendez-moi donc aussi le plaisir qui s’envole
Et les amis que j’ai perdus !

Campagne d’Arpajon ! solitude riante
Où l’Orge fait couler son onde transparente !
Les vers que ma main a gravés
Sur tes saules chéris ne sont-ils plus encore ?
Le temps les a-t-il enlevés
Comme les jeux de mon aurore ?
Ô désert ! confident des plus tendres amours !
Depuis que j’ai quitté ta retraite fleurie,
Que d’orages cruels ont tourmenté mes jours !

Ton ruisseau dont le bruit flattait ma rêverie,
Plus fidèle que moi, sur la même prairie,
Suit constamment le même cours :
Ton bosquet porte encore une cime touffue
Et depuis dix printemps, ma couronne a vieilli,
Et dans les régions de l’éternel oubli
Ma jeune amante est descendue.

Quand irai-je revoir ce fortuné vallon
Qu’elle embellissait de ses charmes ?
Quand pourrai-je sur le gazon
Répandre mes dernières larmes ?
D’une tremblante main, j’écrirai dans ces lieux
 » C’est ici que je fus heureux ! « 

Amour, fortune, renommée,
Tes bienfaits ne me tentent plus ;
La moitié de ma vie est déjà consumée,
Et les projets que j’ai conçus
Se sont exhalés en fumée :
De ces moissons de gloire et de félicité
Qu’un trompeur avenir présentait à ma vue,
Imprudent ! qu’ai-je rapporté ?
L’empreinte de ma chaîne et mon obscurité :
L’illusion est disparue ;

Je pleure maintenant ce qu’elle m’a coûté ;
Je regrette ma liberté
Aux dieux de la faveur si follement vendue.
Ah ! plutôt que d’errer sur des flots inconstants,
Que n’ai-je le destin du laboureur tranquille !
Dans sa cabane étroite, au déclin de ses ans,
Il repose entouré de ses nombreux enfants ;
L’un garde les troupeaux ; l’autre porte à la ville
Le lait de son étable, ou les fruits de ses champs,
Et de son épouse qui file
Il entend les folâtres chants.

Mais le temps même à qui tout cède
Dans les plus doux abris n’a pu fixer mes pas !
Aussi léger que lui, l’homme est toujours, hélas !
Mécontent de ce qu’il possède
Et jaloux de ce qu’il n’a pas.
Dans cette triste inquiétude,
On passe ainsi la vie à chercher le bonheur.
A quoi sert de changer de lieux et d’habitude
Quand on ne peut changer son cœur ?

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30-01-2010

Nicolas-Germain Léonard (1744-1793) : L’Absence

Des hameaux éloignés retiennent ma compagne.
Hélas ! Dans ces forêts qui peut se plaire encor ?
Flore même à présent déserte la campagne
Et loin de nos bergers l’amour a pris l’essor.

Doris vers ce coteau précipitait sa fuite,
Lorsque de ses attraits je me suis séparé :
Doux zéphyr ! si tu sors du séjour qu’elle habite,
Viens ! que je sente au moins l’air qu’elle a respiré.

Quel arbre, en ce moment, lui prête son ombrage ?
Quel gazon s’embellit sous ses pieds caressants ?
Quelle onde fortunée a reçu son image ?
Quel bois mélodieux répète ses accents ?

Que ne suis-je la fleur qui lui sert de parure,
Ou le nœud de ruban qui lui presse le sein,
Ou sa robe légère, ou sa molle chaussure,
Ou l’oiseau qu’elle baise et nourrit de sa main !

Rossignols, qui volez où l’amour vous appelle,
Que vous êtes heureux ! que vos destins sont doux !
Que bientôt ma Doris me verrait auprès d’elle
Si j’avais le bonheur de voler comme vous !

Ah ! Doris, que me font ces tapis de verdure,
Ces gazons émaillés qui m’ont vu dans tes bras,
Ce printemps, ce beau ciel, et toute la nature,
Et tous les lieux enfin où je ne te vois pas ?

Mais toi, parmi les jeux et les bruyantes fêtes,
Ne va point oublier les plaisirs du hameau,
Les champêtres festons dont nous parions nos têtes,
Nos couplets ingénus, nos danses sous l’ormeau !

Ô ma chère Doris, que nos feux soient durables !
Il me faudrait mourir, si je perdais ta foi.
Ton séjour t’offrira des bergers plus aimables,
Mais tu n’en verras point de plus tendres que moi.

Que ton amant t’occupe au lever de l’aurore,
Et quand le jour t’éclaire, et quand il va finir ;
Dans tes songes légers, qu’il se retrace encore,
Et qu’il soit, au réveil, ton premier souvenir.

Si mes jaloux rivaux te parlaient de leur flamme,
Rappelle à ton esprit mes timides aveux :
Je rougis, je tremblai ; tu vis toute mon âme
Respirer sur ma bouche et passer dans mes yeux.

Et maintenant, grands dieux ! quelle est mon infortune !
De mes plus chers amis je méconnais la voix,
Tout ce qui me charmait m’afflige et m’importune ;
Je demande Doris à tout ce que je vois.

Tu reposais ici ; souvent dans ce bocage,
Penché sur tes genoux, je chantais mon amour :
Là, nos agneaux paissaient au même pâturage ;
Ici, nous nous quittions vers le déclin du jour.

Revenez, revenez, heures délicieuses,
Où Doris habitait ces tranquilles déserts,
L’écho répétera mes chansons amoureuses,
Et sur ma flûte encor je veux former des airs.

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23-01-2010

Solitude – Tazounette

S’accrocher à ta voix coulant du récepteur
Oublier les jours tristes où grandit cette attente
Laisser aller ses rêves au fil des silences ou
Intonations aimées. Sourire, rire, être émue
Trouver de la quiétude dans ta fausse présence
Une impression de toi, un vide presque tût
Doux instants partagés par cet infime lien
Ecouter cette voix et te sentir si là…

Lien : Tazounette : Voilà un vrai blog ! Ce que je ne sais pas faire ! En parcourant les articles on a une idée précise des goûts, du caractère, de l’ambition intérieure de la blogeuse ! Outre celui-ci, elle y a publié à cette heure 56 autres poèmes, qui finiront (j’en fais le pari) en livre ! Il n’y a plus qu’à espérer qu’elle ne le fermera jamais !

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09-01-2010

174) Louis Aragon (1897-1982)

J’ai vu ce couple au déclin du jour je ne sais dans quel quartier
Nous avions fait un détour au-dessus de Nice avec la voiture
La ville mauve en bas allumait peu à peu ses devantures

Ces enfants se tenaient par la main comme sur une peinture
Histoire de les regarder je me serais arrêté volontiers.

Il n’y avait dans ce spectacle rien que de très ordinaire
Ils étaient seuls ils ne se parlaient pas ne bougeaient pas rêvant
Ils écoutaient leur cœur à distance et n’allaient point au-devant
La place était vide autour d’eux il n’y remuait que le vent
Et l’auto n’a pas ralenti Les phares sur les murs tournèrent

Le Roman inachevé, Une respiration profonde

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02-01-2010

173) Je ne dors pas pour rêver – Mahmoud Darwitch

Je ne dors pas pour rêver, lui dit-elle
Je dors pour t’oublier. Qu’il est bon de dormir seule,
sans tumulte et dans la soie.

Eloigne-toi que je te voie
solitaire, là-bas, pensant à moi quand je t’oublie.

Rien ne me fait mal dans ton absence,
la nuit ne griffe pas ma poitrine, ni tes lèvres.
Je dors sur mon corps tout entier,
tout entier, sans partage,
tes mains ne déchirent pas ma robe et tes pas
ne martèlent pas mon cœur comme une noisette
lorsque tu refermes la porte.

Rien ne me manque dans ton absence :
mes seins m’appartiennent. Mon nombril.
Mes tâches de rousseur. Mon grain de beauté
et mes mains et mes jambes m’appartiennent.

Tout en moi m’appartient
et pour toi, les images désirées,
prends-les donc pour meubler ton exil,
lève tes visions comme un dernier toast
et dis, si tu veux : ton amour est trépas.

Quand à moi, j’écouterai mon corps
avec le calme d’une médecin : rien, rien
ne me fait mal dans l’absence
si ce n’est la solitude de l’univers.

Traduction de Elias Sambar

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26-12-2009

172) Solitude – Colette Peugniez

Il a perdu le fil des mots,
mais le fil du temps,
le fil conducteur des choses, il l’a trouvé…
Ciseaux vides des êtres mille fois rencontrés,
qui l’avez décousu, habité, comme un manteau vide,
Si le manteau peut vous servir, gardez-le
Si cet homme peut vous servir, gardez-le
Si le fil peut encore retenir un vieux secret qui s’est perdu
Laissez-le faire,
Mais si la nuit lui tombe de la tête
Ne vous baissez pas pour la ramasser,
S’il oublie qui vous êtes,
Pour s’asseoir seul, à la porte de n’importe quel endroit
S’il caresse dans son silence un cheval pur
Qui se souvient de moi
Si le cheval hennit, à la porte des villes où il passe
S’il frappe d’échos neufs le morne bruit des portes
A tout jamais fermées,
Si vous ne l’entendez pas, n’arrêtez pas le bruit
Pour le laisser passer,
Mais si cet homme voit à travers son image,
ressusciter le sens exact des choses
Si l’herbe haute pousse la porte des bars où il se trouve,
S’il se met à parler au col de son manteau
Comme à une trace vivante,
s’il sort dans la nuit seul
laissez-le passer…

Lointains, 1960

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19-12-2009

171) Charles Van Lerberghe – (1861-1907)

Au cœur solitaire du bonheur,
Devenu mon cœur même,
Quelle paix divine en ce jour,
Et quelle plénitude suprême !

Ô le rire adorable d’amour
De tout ce qui m’environne !
Autour de mon bonheur en fleur
Une abeille éternelle bourdonne…

Elle se clôt doucement et s’apaise,
Mon âme heureuse ;
Elle se tait,
La rose qui chantait.

La chanson d’Eve – 1904

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12-12-2009

170) Seul – Blok Modisane (1923

Solitude terrible
Solitude
Comme un cri
en un cri solitaire
un cri sur la grève du rêve
cri d’angoisse, que nul ne peut entendre
mais vous m’entendez clair et fort :
vous écho vibrant ;
comme si je criais pour vous.
Je me parle à moi-même lorsque j’écris
hurle et crie pour moi-même
alors pour moi-même
je crie et hurle :
clamant une prière
criant des mots sans suite
sachant que de cette manière je dis
que le monde autour de moi vit encore ;
peut-être même
seulement pour crier et hurler.

Ou alors ne manque-t-il pas le contact direct
du musicien
ou bien es-il vrai que l’écrivain
crée (sauf la trinité formée par Dieu, sa machine et lui-même)

des silhouettes incestueuses
à chaque cri, à chaque hurlement
pour moi, crier et hurler
chercher pour trouve l’ami
sont déformations normales de la solitude.

Traduit de l’ancglais par Eldridge Mohamadou.

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21-11-2009

La Solitude – Maryline

56323gentiane.jpghttp://lagentiane.org/poemes/poem-0197.htm

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20-10-2009

Parler seul – Jean Follain

Il arrive que pour soi
l’on prononce quelques mots
seul sur cette étrange terre
alors la fleurette blanche
le caillou semblable à tous ceux du passé
la brindille de chaume
se trouvent réunis
au pied de la barrière
que l’on ouvre avec lenteur
pour rentrer dans la maison d’argile
tandis que chaises, table, armoire
s’embrasent d’un soleil de gloire.

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06-10-2009

Taneda Santôka

Sur mon bureau solitaire
la libellule
consent à se poser
Anthologie du poème court japonais, p. 146

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01-09-2009

Yosa Buson

Couchant d’automne –
la solitude aussi
est une joie
Anthologie du poème court japonais, p. 120

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25-08-2009

Matsuo Bashô

La rosée blanche -
n’oublie jamais
son goût de solitude !

Anthologie du poème court japonais, p. 137

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18-08-2009

Ryôkan

215silhouette.jpgSous le souffle de l’automne
une silhouette
se dresse

 

Anthologie du poème court japonais, p. 131

 

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11-08-2009

Masaoka Shiki

215araigne.jpg

J’ai tué une araignée -
solitude
de la nuit froide.

Anthologie du poème court japonais, p. 117

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04-08-2009

Takahama Kyoshi

Seul
je polis mes poèmes
dans le jour qui s’attarde

Anthologie du poème court japonais, p. 28

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28-07-2009

Kobayashi Issa

Des érables d’automne
je m’approche -
la solitude me prend
Anthologie du poème court japonais, p. 150

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21-07-2009

Ozaki Hôsai

Si seul
que je fais bouger mon ombre
pour voir
Anthologie du poème court japonais, p. 194

 

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26-06-2009

Masaoka Shiki

Solitude -
après le feu d’artifice
une étoile filante
Anthologie du poème court japonais, p. 81

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22-06-2009

Uemura Sengyo

173visage.jpg

La solitude
le froid du printemps
rien d’autre
Anthologie du poème court japonais, p. 26

 

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29-12-2008

Hector de Saint-Denis Garneau : Ma solitude n’a pas été bonne

Ma solitude au bord de la nuit
N’a pas été bonne
Ma solitude n’a pas été tendre
À la fin de la journée au bord de la nuit
Comme une âme qu’on a suivie
sans plus attendre
L’ayant reconnue pour sœur

Ma solitude n’a pas été bonne
Comme celle qu’on a suivie
Sans plus attendre choisie
Pour une épouse inébranlable

Pour la maison de notre vie
Et le cercueil de notre mort
Gardien de nos os silencieux
Dont notre âme se détacha.

Ma solitude au bord de la nuit
N’a pas été cette amie
L’accompagnement de cette gardienne

La profondeur claire de ce puits
Le lieu de retrait de notre amour
Où notre cœur se noue et se dénoue
Au centre de notre attente

Elle est venue comme une folie par surprise
Comme une eau qui monte
Et s’infiltre au-dedans
Par les fissures de notre carcasse
Par tous les trous de notre architecture
Mal recouverte de chair
Et que laissent ouverte
Les vers de notre putréfaction.

Elle est venue une infidélité
Une fille de mauvaise vie
Qu’on a suivie
Pour s’en aller
Elle est venue pour nous ravir
Dans le cercle de notre lâcheté
Et nous laisser désemparés
Elle est venue pour nous séparer.

Alors l’âme en peine là-bas
C’est nous qu’on ne rejoint pas
C’est moi que j’ai déserté
C’est mon âme qui fait cette promenade cruelle
Toute nue au froid désert
Durant que je me livre à cet arrêt tout seul
À l’immobilité de ce refus
Penché mais sans prendre part au terrible jeu
À l’exigence de toutes ces peines
Secondes irremplaçables.

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01-12-2008

Hector de Saint Louis Garneau : Maison fermée

Je songe à la désolation de l’hiver
Aux longues journées de solitude
Dans la maison morte —
Car la maison meurt où rien n’est ouvert —
Dans la maison close, cernée de forêts

Forêts noires pleines
De vent dur

Dans la maison pressée de froid
Dans la désolation de l’hiver qui dure

Seul à conserver un petit feu dans le grand âtre
L’alimentant de branches sèches
Petit à petit
Que cela dure
Pour empêcher la mort totale du feu
Seul avec l’ennui qui ne peut plus sortir
Qu’on enferme avec soi
Et qui se propage dans la chambre

Comme la fumée d’un mauvais âtre
Qui tire mal vers en haut
Quand le vent s’abat sur le toit
Et rabroue la fumée dans la chambre
Jusqu’à ce qu’on étouffe dans la maison fermée

Seul avec l’ennui
Que secoue à peine la vaine épouvante
Qui nous prend tout à coup
Quand le froid casse les clous dans les planches
Et que le vent fait craquer la charpente

Les longues nuits à s’empêcher de geler
Puis au matin vient la lumière
Plus glaciale que la nuit.

Ainsi les longs mois à attendre
La fin de l’âpre hiver.

Je songe à la désolation de l’hiver
Seul
Dans une maison fermée.

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24-11-2008

Sven Malik : Die Einsamkeit

Sitzt du auf der Parkbank allein,
Merkst du, die Einsamkeit sucht dich heim.
Mit der Einsamkeit kommst du nicht weiter,
Denn die Einsamkeit ist gar nicht heiter.

Da du mit der Einsamkeit ziemlich einsam bist,
Die Einsamkeit du niemals vermisst.
Als erstes fühlst du dich verlassen,
Du merkst, die Einsamkeit bekommt dich zu fassen.

Such dir jemanden, den du brauchst,
Jemanden der zu dir hält,
Und du merkst, wie die Einsamkeit von dir fällt.

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20-11-2008

Victor Hugo

La solitude sainte aux faibles est fatale.

Voyez, il part, il fuit, il se cache, il s’installe
Dans un bois, dans un trou, loin de tout grand chemin.
Le voilà seul. Bonsoir ! Voir un visage humain?
Pourquoi ? qui? Non! plutôt, que le soleil périsse !
Vivent les ours ! L’ennui le tient et le hérisse.
Il ne se peigne plus, il ne se rase plus:
Son âme est cul-dejatte et son cœur est perclus.
Fermez la porte. Il vit, fauve, dans sa tanière.

N’ayant pas autre chose, il prend sa cuisinière.

Il devient triste, froid, lascif, méchant, petit

Son esprit par degrés dans la chair` s’engloutit.

En lui la brute monte et gagne sa cervelle ;

Le néant sous son front lentement se nivelle ;

Il boit,- il mange, il marche ; autrefois ça, pensait.

Vit-il? on ne sait plus au juste ce que c’est,
Et le vieux loup Satan rit dans ses nuits funèbres

De voir cette lueur sombrer dans les ténèbres.

La dernière Gerbe

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19-11-2008

Paul Eluard : La Nuit

La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l’affirme
Au bout du chagrin
une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un cœur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie à se partager.

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Chawki |
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