Archives pour la catégorie 'Insularité'

10-09-2017

Claude Labarraque Reyssac : Les oubliés de Clipperton

64-282 les-oublies-de-clippertonLes oubliés de Clipperton sont des personnes qui ont été oubliées sur l’île de Clipperton à la suite de la Révolution mexicaine.

À la suite de l’acquisition des droits d’exploitation du guano par la Pacific Island Company en 1906, une base est créée sur l’île de Clipperton. Un phare est édifié sur le point culminant de l’île, le Rocher, visible à 30 milles nautiques. La garnison mexicaine dirigée par le capitaine Arnaud est composée en 1914 d’une centaine de personnes. L’île étant totalement désertique (fréquentée seulement par des millions de crabes et de nombreux oiseaux…), elle est approvisionnée tous les deux mois par un bateau venu d’Acapulco. À la suite de la Révolution mexicaine, le gouvernement oublia la garnison de soldats installée sur place avec femmes et enfants. Lorsque l’USS Lexington accosta l’île fin 1915, la plupart des habitants étaient morts, principalement du scorbut. Les survivants voulurent évacuer l’île, mais le gouverneur mexicain s’y opposa. En 1917, tous les hommes sont décédés sauf le gardien du phare, Victoriano Álvarez ainsi que 15 femmes et enfants. Victoriano Álvarez se proclame roi. Son règne brutal (on l’accuse notamment de viol et de meurtre) se termina par son assassinat par la veuve du capitaine Arnaud. Le 18 juillet 1917, le lendemain de la mort de Victoriano Álvarez, l’USS Yorktown, venu vérifier que les Allemands n’avaient pas installé de base sur l’île, découvre les onze derniers survivants – trois femmes, une adolescente et 7 enfants – et les ramène en Californie. Jugées pour leur crime, les femmes furent acquittées et purent rentrer au Mexique.

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08-04-2017

Marie Uguay

ces îles dont nous parlons depuis des siècles
avec leurs diamants d’os taillés sur d’anciennes vies
avec leur gratitude d’oiseaux inassouvis
avec leur misère toujours pareille

ces îles où nous irons ouvrir la terre
reconnaître le ciel des saisons découpées
aux heures des songes et aux matins d’orange
ces îles à bout de bras
dont nous parlons depuis des siècles

ô ces solitudes

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07-04-2017

Lucy Irvine : Castaway – 1984

64-130 irvine-En 1981, Lucy Irvine, 25 ans, répond à une annonce Écrivain recherche épouse pour une année dans une île tropicale placé par Gerald Kingsland, 49 ans, dans le magazine Time Out London. Choisie parmi plus de cinquante candidates, elle accepte de se marier avec lui pour satisfaire aux lois restreignant l’immigration puis de passer un an dans l’île de Tuin. Ensuite elle retourne en Angleterre pour écrire le livre Castaway relatant cette expérience.

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31-03-2017

Meurtre sur une île déserte – 1993

64-130 bugliosi-Été 1974. Palmyre, un atoll perdu au milieu de l’océan Pacifique. Au mouillage, un splendide voilier, le Sea Wind. Mac et Muff Graham ont décidé de passer là quelques mois en amoureux. Mais bientôt ils voient arriver un vieux rafiot, le Lolae. A bord, Jennifer et Buck, deux marginaux qui fuient la police.
Mac et Muff, Jennifer et Buck… Deux couples que tout sépare et qui vont devoir se côtoyer, jour après jour. Méfiance, jalousie… Quelque temps plus tard, le Sea Wind, repeint et débaptisé, fait son entrée dans une baie de Hawaii. A bord, Jennifer et Buck. Que sont devenus les Graham ?
Quand, des années plus tard, on découvre sur une plage de Palmyre un crâne et des ossements humains, la police inculpe Buck et Jennifer. Pour assurer sa défense, Jennifer choisit Vincent Bugliosi. Un défi pour ce ténor du barreau : peut-on innocenter un suspect que tout accuse ?

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24-03-2017

Henning Mankell : Les chaussures italiennes – 2006

64- mankel

A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s’est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer.

Le temps de deux solstices d’hiver et d’un superbe solstice d’été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l’amour et la rédemption.

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17-03-2017

Paul Zumbiehl : Un atoll et un rêve -1986

64-128 Zumbiehl- Ah, vivre sur une île déserte ! Fuir la ville, le bruit, les soucis, et paresser au soleil, là où la mer est toujours verte et le ciel toujours bleu…
Ce rêve, Paul et Danièle l’ont réalisé. Ils ont tout quitté pour s’installer sur Ahunui, un atoll inhabité de l’archipel des Tuamotu. Un anneau de corail de six kilomètres de diamètre. Au centre, le lagon. Autour, le Pacifique. Noix de coco; crabes géants et poissons multicolores… Le paradis !
Aventure, certes, mais minutieusement préparée : nos deux rêveurs sont des réalistes qui ne comptent pas vivre d’amour et d’eau salée. Cultiver des huîtres perlières, planter des arbres fruitiers, élever des poulets… Paul a tout prévu… sauf les cinq cyclones qu’ils vont essuyer coup sur coup ! Que faire ? Renoncer ou se battre ? Après tout le paradis, ça se mérite !

Source : J’ai Lu

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03-03-2017

Trois naufrages pour trois îles – 1998

64-127 TroisNaufragesCe recueil publie les récits authentiques, par ceux qui les ont subis, de trois naufrages qui se sont produits au 19ème siècle sur les côtes des îles australes françaises :
- l’Aventure à Crozet (William Lesquin) en 1825
- la Favorite à Kerguelen (John Nunn) en 1825
- le Strathmore à Crozet (Ian Church) en 1875

 

 

 

 

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24-02-2017

Richard Nelson : L’île, l’océan et les tempêtes – 2003

64-127 nelson-Richard Nelson n’est pas un écrivain comme les autres. Sensible et surprenant, son récit échappe à toute définition. Il fait naître, au contraire, le rêve d’une autre vie. Une île déserte au large des côtes de l’Alaska, offerte à l’océan… Ce lieu vierge de toute trace  » civilisatrice « , l’anthropologue va le découvrir et le partager avec les cerfs, les ours, les aigles, les loutres de mer et les baleines à bosse qui le peuplent. Immergé dans la nature, fort de son savoir mais libéré de ses préjugés culturels, il prend peu à peu possession de l’espace… avant que celui-ci ne s’empare de lui. Richard Nelson transcende cette expérience unique de simplicité avec enchantement et poésie, et nous entraîne dans un monde ancien que peu d’entre nous auront l’occasion de connaître. Ode à la nature, véritable histoire d’amour entre un homme et une terre, L’île, l’océan et les tempêtes réveille, comme par magie, une forme d’innocence perdue. (10/2003)

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17-02-2017

Jean-François Petit : Le chant des Kerguelen – 2001

64-126 petit-Jean-François Petit est recruté par l’administration des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) pour s’occuper, avec trois autres collègues, des transmissions du district de l’archipel des Kerguelen. Ce qui était une mission professionnelle se transforme en choc de la découverte : des paysages époustouflants, une faune et une flore luxuriantes sont alors restitués dans une description sensible, tout au long d’un carnet de voyage tenu pendant un an. Jean-François Petit, a effectué ce séjour en 1993, alors qu’il était militaire dans l’armée de l’air. Des séjours à l’étranger qu’il a effectués, c’est celui qui l’a le plus marqué, physiquement et affectivem

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23-12-2016

Henri Bourdens : Croisière cruelle – 1968

64-131 Bourdens-Âpre lutte pour l’existence sur une Ile déserte

Singa Betina navigue à travers calmes et grains, d’une ile à l’autre du Grand Archipel d’Asie. C’est la route des galions, des épices, intouchée depuis les premiers découvreurs. Mais entre Célébes et Moluques les choses se gâtent : le gréement est en si mauvais état que Henri Bourdens décide de se dérouter vers Timor. Hélas, un cyclone souffle sur la mer d’Arafura : Timor ne pourra être atteint, et après une longue traversée, essayant de gagner Darwin, Singa Betina, drossée par les courants et les vents, s’échoue sur le rivage de l’ile Bathurst, à 100 milles au nord de l’Australie.

Une petite quantité de matériel a été sauvée; un camp est dresse, dans lequel une existence précaire s’organise. Pendant deux mois, Henri et José Bourdens vont lutter pour survivre et rejoindre le monde civilisé. Les vivres sont épuisés, et les ressources locales quasi inexistantes. Inlassablement, ils tentent de traverser ou de contourner l’ile, dans une perpétuelle tragédie. Ils découvrent ce qu’est l’Enfer : un marais de palétuviers grouillant de serpents et de crocodiles. Enfin la mousson se renverse et les deux naufragés s’embarquent sur un radeau, préférant les risques du large à la lente agonie de la faim. Apres quatrevingts heures au cours desquelles l’engin s’enfonce lentement, un bâtiment australien croise leur route, in-extremis, et c’est le miracle.

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09-12-2016

Benjamin Guérif : Pietro Querini – Les naufragés du Röst – 2008

64-132 Querini-En 1431, alors que Venise étend son empire maritime sur la Méditerranée, le capitaine Pietro Querini, patricien cultivé et polyglotte, conduit vers les Flandres un lourd vaisseau de commerce. Â peine le navire a-t-il dépassé Gibraltar qu’une violente tempête l’endommage. Commence alors une longue dérive vers le Nord inconnu, vers le froid et la nuit hivernale arctique, peuplée par l’imagination populaire de monstres et de créatures légendaires… Après avoir enduré d’insupportables épreuves, Pietro Querini et ses hommes débarquent sur l’île de Röst, terre désolée perdue au large de la Norvège. La découverte de cette improbable société  » barbare  » bouleversera leur destin. Porté par une écriture éblouissante, ce livre inspiré de faits réels, fondé sur le journal de bord de Querini et sur des témoignages de marins, est, plus qu’un magnifique récit d’aventures, une réflexion subtile sur l’histoire, l’humanité et l’altérité.

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02-12-2016

Daniel Floch : Les oubliés de l’île Saint-Paul – 1982

64-133 Floch-Ils étaient nos parents ou nos grands-parents. Voulant s’affranchir d’une vie difficile et sans avenir, ils sont partis à la poursuite d’un rêve, celui de la fortune qui devait leur permettre une vie meilleure. « Je vous offre de l’or, l’île Saint-Paul pullule de langoustes, il suffit de se baisser pour les ramasser » : quand, en 1928, René Bossière décide de coloniser l’île Saint-Paul, à quelque 13 000 kilomètres de la Bretagne, non loin des Kerguelen, il n’a aucune difficulté à convaincre quelques dizaines de Bretons de s’engager pour une saison de pêche. Comment résister à de telles sirènes ? Mais les promesses du recruteur sont restées à quai. La réalité se révèle bien différente. Sur Saint-Paul, tout est à faire pour ces pionniers : la pêche elle-même, la construction d’une conserverie et celle des baraquements pour se loger. Les relations s’enveniment alors rapidement, d’autant plus que l’île n’offre guère de distractions : le paysage est désertique et le rocher battu par les tempêtes. Lorsque « L’Austral », seul navire de l’île, quitte Saint-Paul, les quelques gardiens pensent qu’ils vont vivre une courte période d’isolement qui sera récompensée par un ravitaillement en produits frais. Mais les mois passent, l’hiver s’installe et « L’Austral » n’est toujours pas au rendez-vous. C’est l’enfer qui commence. La maladie – cette fois-ci le scorbut – frappe ces « oubliés ». Des sept Bretons demeurés dans l’île, abandonnés et sans secours durant neuf mois, quatre mourront, trois autres pourront être sauvés. La détermination de René Bossière n’est pourtant nullement entamée. Les tentatives suivantes se soldent par de nouveaux et dramatiques échecs. Saint-Paul, rêve englouti d’une pêche miraculeuse, fut pour les « oubliés » une terrible tragédie.

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18-11-2016

Jean-Claude Brouillet : Lîle aux perles noires – 1984

64-134 Brouillet-Perdue dans le bleu, une île. Introuvable, secrète, inaccessible. Centre de nulle part comme le Paradis. Au cœur de l’île, un lagon de saphir. Et dans l’abîme du lagon, veillées par les requins, plus somptueuses que les nuages, plus rares que le diamant, les perles noires. Nées d’un rêve et d’une nacre. Nacre inconnue, rêveur connu : Jean-Claude Brouillet. Son destin s’inscrit dans les neuf lettres de son nom : B, comme Béarnais. R, comme réussite. O, comme orgueil. U, comme un. I, comme imaginaire. L et L, comme lion et liberté. E, comme espace. T, comme trajectoire. La sienne. Unique. Qui l’a mené, de coups de gueule en coups de poing, de coups d’audace en coups de reins, de la jungle du Gabon aux atolls du Pacifique dans une éblouissante course au soleil où la vie, pour une fois, est plus vraie qu’un roman.

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10-05-2016

Derek Cianfrance : Un vie entre deux océans – 2016

64-120Quelques années après la Première Guerre mondiale en Australie. Tom Sherbourne, ancien combattant encore traumatisé par le conflit, vit sur la petite île inhabitée de Janus Rock dont il est le gardien du phare. Il fait la rencontre d’Isabel et l’épouse.

Leur bonheur se ternit peu à peu : Isabel ne peut avoir d’enfant… Un jour, un canot s’échoue sur le rivage avec à son bord le cadavre d’un homme et un bébé bien vivant. Est-ce la promesse pour Tom et Isabel de fonder enfin une famille ?

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16-06-2012

Les naufragés du lagon bleu – 16 juin 2012

64-137Emma et Dean, deux lycéens, participent avec leur classe à un projet humanitaire sur l’île de Trinidad, dans les Caraïbe. Au cours d’une fête sur un bateau,  Emma tombe accidentellement dans l’eau, elle est sauvée par Dean, ils se retrouvent tous les deux sur un canot de sauvetage, perdus au beau milieu de l’océan. Une tempête éclate alors, entraînant ces derniers sur une île déserte. Loin de leurs proches et en terre inconnue, livrés à eux-mêmes dans la nature, Emma et Dean apprennent à se connaître et tombent follement amoureux l’un de l’autre. Les parents, eux, sont très inquiets comme tous les amis d’Emma et Dean qui voulaient à tout prix les retrouver.

 

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07-04-2007

Georges de Caunes 1919-2004

decaunes.jpg En septembre 1962, Georges de Caunes tente une nouvelle aventure, mais cette fois seul, en complet isolement et en totale rupture avec le monde des humains. Il entend vivre en vrai (pour pouvoir la raconter) l’aventure de Robinson Crusoë. Il se retire à Eiao, une île déserte des Marquises, en compagnie de son chien Eder, d’un chat et d’un rossignol, relié avec la civilisation par radio, mais seulement pour émettre. Son matériel n’est pas agencé pour recevoir. Il peut se faire entendre mais, volontairement, ne veut plus rien entendre des autres. Il dresse ainsi le cadre de son lieu de séjour : “L’Ile d’Eiao, à quelques degrés de l’Equateur, au Nord de l’archipel des Marquises se présente sous un aspect particulièrement rébarbatif. On n’en voit d’abord que des murailles noires culminant à 400 mètres apparemment inaccessibles. Contre cette forteresse vient se briser la houle du Pacifique. Le mythe de Robinson Crusoë tourne autour de l’installation du héros dans un séjour enchanteur. Si l’on avait pu planter des arbres à Eiao, ils se seraient transformés en piquets. C’est toute la différence qu’il y a entre l’interprétation du romancier et celle du journaliste. Mon reportage et son cadre n’ont aucun rapport avec la romance de Robinson. Eiao est déserte parce qu’inhumaine. Désireux de sortir du troupeau des humains, je me retrouvais donc mouton parmi les moutons, à la recherche de ma pâture, susceptible de retomber dans le lot commun de ceux qui attendent de la mort leur délivrance, et de l’au-delà leur libération. Raison de plus d’aller une fois encore à contre-courant, de m’accrocher farouchement à la vie, soucieux non pas tellement de la gagner que de ne pas la perdre. Ainsi dans la solitude de l’île, à la sueur de mon front, je gagnais ma vie et la possibilité d’en réapprendre l’essentiel. Le goût des choses simples, celui de l’ombre et celui de l’eau. » Il faut ajouter cet aveu de conscience professionnelle pour comprendre son acharnement à poursuivre son calvaire et sa mission impossible : “Le seul lien qui me rattachait au monde (en dehors des attaches familiales) était le contrat personnel passé avec Paul Gilson pour France Inter et avec Pierre Lazareff pour France-Soir”. Robinson Crusoë et son île luxuriante, c’est de la littérature ou du cinéma. Dans la fiction, on peut gommer l’insupportable, dans la réalité il faut la supporter : le soleil et sa chaleur, l’absence de végétation ombragée, une faune squelettique et peu comestible constituée du mouton malingre “diable imbécile” et de la chèvre sauvage “diable malin”, le harcèlement permanent des moustiques et des “nonos”, bestioles infernales à vous rendre fou, qui s’incrustent à la peau. Ce régime qui lui avait fait perdre 18 kilos, il le supportait depuis quatre mois, “en économisant ma fatigue avec des raffinements d’Harpagon”, mais toujours riche de mes illusions”. A ce moment critique, il reçoit une visite qui n’était pas celle de Vendredi, mais du Docteur Dugency, débarqué pour contrôler son état de santé et pour décider immédiatement de le faire évacuer (avec Eder le chien, Patisson le chat et le rossignol) à Nuku-Hiva pour recevoir les premiers soins nécessaires à la récupération de ses forces. Quelques semaines plus tard, Martine Carol l’accueillera à Tahiti, où il sera hospitalisé pour poursuivre son rétablissement. Il sera resté 4 mois soit 122 jours à Eiao. Il lui faudra près d’un an pour se remettre complètement de cette aventure…personnelle, si peu banale qu’elle ne pouvait être que la sienne.

Eiao est la plus grande île du groupe (avec Hatutu et l’atoll de Motu One) le plus septentrional des Îles Marquises. Elle est situé aux coordonnées 8° S, 140.42° W. C’est aussi la plus grande île inhabitée de l’archipel. Elle n’est séparée de sa voisine Hatutu que par un chenal de 3 km, mais se trouve à 100 km de Nuku Hiva, la plus proche île habitée, dont elle dépend administrativement. Elle a la forme d’un croissant long de 13 km et large de 3,5. Le centre d’Eiao est un plateau élevé, à l’altitude comprise entre 300 m et 500 m, incliné vers le nord-ouest et bordé au sud par de hautes falaises côtières. Ses côtes présentent peu de points de mouillages :  la baie de Vaitahu, à l’ouest, où débouche la seule rivière de l’île,  la baie du Charner, au nord-ouest de l’île. Le nom d’Eiao n’a pas d’équivalent dans le reste de l’Océanie.

« Effectivement, j’ai été un vrai Robinson sur une île déserte. Or il se trouve que Robinson Crusoé est un nom d’emprunt car il n’a jamais existé, l’auteur de Robinson Crusoé est un journaliste qui a inventé le journalisme contemporain. Il s’appelle Daniel Defaux. Le journalisme contemporain est à base de rewriting, cela signifie de reprendre une situation de la réalité et en faire quelque chose de pittoresque.

Je suis contre cette formule d’abord parce que je crois qu’aujourd’hui il y a des radios, des photos, des caméras. Tout le monde peut aller partout. Alors, j’ai pas vécu une histoire romancée dans une île sinistre des Marquises à hauteur de l’équateur couverte de Nonos, sans eau potable, sur un rocher, dans des conditions inhumaines puisque personne ne vient dans ces îles là. Moi j’y suis resté pendant 4 mois en faisant tous les jours une chronique pour la radio. Voilà ! J’ai parlé de ma solitude. La solitude ce n’est pas drôle à part quand on aime être tout seul dans les villes mais être seul dans un désert surchauffé dans ces conditions là c’est difficile en plus le poisson n’était pas comestible… Disons que j’ai eu une expérience ! »

Précisions apportées par Mike Charleux : Je connais bien l’île de Eiao pour y avoir séjourné 32 jours en mission archéologique en Juillet-Août 1987 avec deux polynésiens, et pour y être revenu en Mars 2007 avec la mission pluridisciplinaire de la DIREN. L’île est dure (pas de “rivière” contrairement à ce qui est dit dans le texte, juste une source), et sur le plateau, de la terre rouge. On se croirait sur Mars. Dommage que je ne puisse joindre mes photos ! Mais que cette île est belle, avec ses couleurs et cette solitude ! Je prépare une nouvelle mission d’un mois pour avril 2009. Objectif : inventaire archéologique (l’île est particulièrement riche), datation… Si il y a des amateurs, me contacter !

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