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06-06-2007

Survivre avec les loups, de Misha Defonseca

080116loups.jpgCe livre dispose d’un soutien médiatique important et pourtant, j’avoue que je ne savais rien de cette histoire. Ce récit autobiographique raconte l’histoire de Mishke, jeune enfant juive de 8 ans, qui se cache à Bruxelles pendant la Seconde Guerre mondiale. À l’approche des Allemands, les parents la confient à une fermière qui n’a rien à envier à la Falcoche de Bazin. Seul le beau-père de cette femme, Grand-Père, la considère comme une enfant à aimer! En entendant la fermière dire à une voisine « on la donnera aux Allemands », Mishke décide de fuir et de partir vers l’est, grâce à une boussole offerte par Grand-Père, pour retrouver ses parents déportés.
Elle vivra dans les bois, s’abritant parfois dans une grange, vivant de rapines, restant plusieurs jours sans manger et allant jusqu’à remplir son estomac de vers, de feuilles voire de terre pour pallier la faim qui lui noue le ventre. Blessée au dos, par un puissant jet de pierre, c’est une louve qui va lui sauver la vie!

Interview de Misha Defonseca
« Les loups m’ont empêchée de basculer dans la folie »
jeudi 1er septembre 2005, par Fabien

Son aventure est à peine croyable. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, alors qu’elle n’a que 7 ans, Misha Defonseca parcourt toute l’Europe, dans l’espoir de retrouver ses parents déportés. Un périple durant lequel elle vivra plusieurs mois parmi une meute de loups.

Comment êtes-vous parvenue à vous faire accepter par ces loups ?

Cela s’est passé de manière tout à fait naturelle. J’ai d’abord eu la chance de rencontrer un loup solitaire, ce qui a facilité les choses. Un loup qui a été chassé de sa meute ou qui a décidé de lui-même de prendre ses distances a davantage de mal à survivre. Il accepte donc mieux la compagnie d’autrui. De plus, j’étais moi-même devenue un animal. Je ne me lavais plus, je ne parlais à personne, je mangeais ce que je trouvais pour survivre. Les seuls contacts que j’avais avec les hommes étaient de guetter pour pouvoir leur voler à manger ou de quoi me vêtir. J’étais devenue une vraie bête sauvage. Je n’appartenais plus au monde des humains. D’instinct, je savais comment me comporter vis-à-vis des loups. Lorsqu’ils grognaient ou montraient les crocs, je me jetais à terre en signe de soumission. J’ai vite appris leurs codes, leurs règles. Pour moi, le comportement d’un animal dépend de la manière dont on l’aborde. Si vous avez peur ou envie de fuir, celui-ci le ressent et peut alors se montrer agressif. Je n’ai jamais ressenti la moindre peur.

D’où vous est venue cette approche du monde animal ?

De mon éducation. Ma mère ne m’a jamais inculqué la peur du loup ni d’aucun animal. Quand elle parlait des animaux, c’était pour me dire que le lion vivait dans la jungle, la poule à la ferme. Elle ne donnait aucun jugement de valeur.

Est-ce que cette période a été la plus magnifique de votre existence ?

Disons que ça a été une parenthèse. Cela m’a tenue à distance des horreurs de la guerre. J’ignorais tout ce qu’il se passait parmi le monde des humains. Durant cette période, je n’étais plus obsédée par le fait de retrouver mes parents. Pour la première fois depuis longtemps, j’appartenais à un clan, à une famille. Je n’étais plus seule. Les loups m’ont empêchée de basculer dans la folie.

Vous êtes allée jusqu’à manger de la viande régurgitée par une louve…

Mais cela n’avait rien de dégoûtant pour moi ! J’avais mangé pire que ça : des gros vers, de la pâtée pour cochons. Il est même arrivé de mâcher la corne et les ongles de mes pieds pour calmer ma sensation de faim. J’étais affamée quand j’ai essayé d’imiter le comportement des louveteaux à l’égard de leur mère. De cette manière, j’avais vraiment l’impression d’appartenir à une famille. Plus que de la nourriture pour mon estomac, c’était de la tendresse et de l’amour que j’avalais.

En quoi la mort de votre chien Jimmy a-t-elle été le déclic pour raconter votre histoire ?

Jimmy était le chien que j’avais ramené de Belgique aux Etats-Unis. Il était le dernier lien avec mon pays, ma langue maternelle, mes parents. Quand il est mort, je suis tombée folle de chagrin. C’était aussi douloureux que si j’avais perdu un enfant. Toutes mes souffrances étaient réactivées. J’avais le sentiment de perdre mes parents une seconde fois. Pendant des mois, j’ai consacré la vie à ce chien disparu. J’ai réuni des photos, j’ai écrit des poèmes, j’ai même réalisé un petit film sur lui. Ça a été ma thérapie. Quand la vidéo a été achevée, quelqu’un m’a demandé pourquoi j’aimais les animaux à ce point. J’ai répondu : « parce qu’ils m’ont sauvé la vie ». C’est à partir de là que je me suis mise à raconter mon histoire.

De nombreuses personnes mettent vos propos en doute. Qu’est-ce que cela vous fait ?

Je m’en fous royalement ! Ces gens n’étaient pas avec moi pour se permettre de juger. Ceux qui n’aiment pas les animaux ne vont sans doute pas me croire. L’homme est ainsi : il voit le mal partout.

Avez-vous revu des loups par la suite ?

Oui. Il y a quelques années, une équipe de télé américaine m’a mise au défi d’entrer dans un enclos. Ils voulaient avoir la preuve que ce que je racontais était la vérité. J’ai accepté, même si je savais que c’était dangereux. Dans la nature, un loup peut fuir. Dans un enclos, il est pris au piège. Malgré tout, je n’ai pas éprouvé le moindre sentiment de peur. Les loups m’ont tout de suite acceptée. Ils m’ont entourée, protégée de leur fourrure. C’était une sensation extraordinaire. Après tant d’années, je revivais cette magie.

Aujourd’hui, quels rapports entretenez-vous avec les animaux ?

Je vis en totale communauté avec eux. Les animaux sont toujours passés avant ma petite personne. Mon mari et moi vivons dans une maison, pas plus grande qu’une roulotte, auprès 23 chats et de 2 chiens, que j’ai recueillis. D’ailleurs, je n’y invite personne. J’évite de les laisser sortir. J’ai peur qu’on leur fasse du mal…

Finalement, vous vous sentez toujours plus animal qu’humaine…

Totalement. A cause de ce que j’ai vécu durant la guerre, quelque chose s’est cassé en moi, et de manière définitive. Je ne me suis jamais sentie en communauté avec les hommes et l’humanité des bêtes. Le terme « humain » n’a d’ailleurs aucun sens pour moi.

Texte : Karine Touboul

http://www.editionsdelaloupe.com/fr/main/images/Exempledemiseenpage.pdf

http://ours-loup-lynx.info/spip.php?article1161

Posté par Jean dans Actualité, Escroquerie | 12 Commentaires »

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