Archives pour la catégorie 'Actualité'

07-07-2017

Morte depuis quatre ans…

64-217 solitude urbaineLe 3 juillet 2017, à Culleredo, petite ville du nord de l’Espagne, le corps momifié d’une quinquagénaire a été découvert dans son appartement d’après la Garde civile. Le préfet de région, a déclaré que le cadavre était allongé dans le couloir. Il ne présentait pas de signe de violence et la femme serait décédée de mort naturelle.

Le corps se serait desséché naturellement. Les voisins ont assuré qu’aucune odeur de décomposition ne s’échappait de l’appartement. Selon la Garde civile,  » des voisins avaient porté plainte en affirmant que cette femme n’avait pas été vue depuis au moins quatre ans, que personne ne prenait son courrier et que son véhicule restait garé au même endroit avec une couche très épaisse de poussière ».

Selon le journal régional La Voz de Galicia, qui a enquêté sur la disparue, celle-ci travailla temporairement pour l’administration de la région jusqu’en avril 2011, quand les voisins cessérent de la voir. Jusqu’à lundi, personne n’avait effectué de démarches pour retrouver cette femme – réputée souffrir de dépression depuis la mort de sa mère –, même si « c’était un secret de polichinelle qu’il lui était arrivé quelque chose », selon un voisin cité par le journal. « On ne lui connaît pas de famille », a dit le porte-parole de la Garde civile, précisant simplement que « l’électricité lui avait été coupée pour impayés ».

Crédit photo : Esbay 

Voir sur Esbay la érie de photos sur la solitude urbaine.

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06-03-2017

José-Louis Luiz Poveda : retrouvé mort chez lui depuis plus d’un an

Le corps de Jose-Louis, un homme de 68 ans, a été retrouvé jeudi mort à son domicile, de Mantes-la-Jolie, Yvelines. Les policiers ont découvert son corps en état de momification. Ils étaient accompagnés d’un huissier de justice envoyé par la bailleur face aux loyers impayés par le locataire.

D’après le courrier accumulé dans la boitre à lettres depuis janvier 2016, l’homme serait mort depuis plus d’un an. Selon les témoignages, l’homme était apprécié de tous ses voisins, pas assez malheureusement pour que l’un d’eux ne s’étonne de son silence durant douze mois.

Additif : José-Louis a été inhumé le mardi 18 mars dans le cimetière de Mantes-la-Jolie près de sa mère. Mis à part les employés funéraires personne ne l’a acompagné. Fils unique il vivait dans la solitude après le décès de sa mère en 2009.

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28-02-2017

Fabrice Amadeo – 11e du Vendée Globe

64-130 amadeo-La solitude vous a-t-elle pesé ?
Évidemment il y a eu le manque douloureux de ma femme, de mes enfants, de mes proches. Mais j’ai adoré la solitude et je l’ai apprivoisée. Et je vais maintenant continuer à la chercher quand je serai à terre. C’est un luxe de pouvoir être seul et d’avoir autant de temps pour soi. Tout ça dans l’adversité et en se découvrant soi-même. Cela a été une expérience très riche.

Vous saviez que le Vendée Globe était une aventure humaine unique…
Oui, mais je n’avais pas appréhendé à quel point cela pouvait être puissant d’un point de vue personnel. J’avais sous-estimé l’impact que cela peut avoir d’être seul face à soi-même dans l’adversité, dans des régions sauvages, dans des moments dangereux. Je reviens changé. [Source : Le Figaro]

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28-02-2017

Mort depuis un an !

Le 28 février; à Laval, (Myenne) les policiers découve dans un immeuble le corps d’un homme de 65 ans, décédé chez lui depuis plus d’un an. C’est l’employé du syndic de gestion de l’immeuble, chargé de relevé les compteurs d’eau, qui donne l’alerte après avoir constaté que la comsommation au compteur était rigoureusement la même que celle de l’année dernière.

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01-07-2010

9% des français souffrent de solitude

Près d’un Français sur dix souffre de grande solitude, un phénomène de plus en plus précoce, selon une enquête de la Fondation de France, diffusée jeudi par le Parisien/Aujourd’hui en France et France Info.

Quatre millions de personnes, soit 9% de la population, vivent dans un état d’isolement absolu, coupés de tout réseau social, à commencer par la famille et les amis.

Ces derniers ont moins de trois « contacts directs » dans une année, c’est-à-dire qu’ils ne tiennent pratiquement aucune conversation personnelle avec autrui.

A l’approche des grands départs en vacances, l’enquête rappelle que les victimes de la canicule de 2003 sont moins morts de chaleur que d’isolement.

« Nous devons tous rester conscients que la solitude et l’isolement d’un nombre trop important de personnes constituent une voie sans issue, tant pour ceux qui s’épuisent à l’affronter que pour la société à laquelle ils appartiennent », souligne Francis Charhon, directeur général de la Fondation de France.

Quelque 23% des Français ne disposent que d’un réseau de socialisation (famille, amis, voisins, collègues, voisins…), ce qui les place dans une situation de fragilité. Un simple déménagement suffit à faire basculer dans l’isolement.

Une personne interrogée sur dix confie se sentir soit exclue, soit abandonnée, soit inutile, même lorsqu’il dispose d’au moins un réseau relationnel. Ce ressenti concerne une personne sur trois, quand il s’agit de Français touchant un faible niveau de revenu (moins de 1.000 euros par mois).

Autre enseignement de cette enquête, la « précocité » du phénomène d’isolement, qui commence à se manifester de manière sensible dès la quarantaine.

Même si la solitude touche d’abord les seniors, 16% des plus de 75 ans, elle frappe aussi la tranche d’âge des 40-49 ans (9%), des 50-59 ans (11%) et des 60-74 ans (15%).

Sondage effectué par téléphone, entre le 5 et le 22 janvier 2010, auprès de 4.006 Français âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

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05-04-2010

Alain : mort chez lui depuis un an !

Depuis des mois, ce retraité de la sécurité sociale ne donnait plus signe de vie. La boîte aux lettres, dans le hall de son immeuble, regorgeait de courrier, selon La Provence. Alain, 66 ans, n’avait plus payé les charges de copropriété de son appartement, situé rue Château-Payan, à Notre-Dame-du-Mont, dans le 6ème arrondissement de Marseille. Vendredi, une employée du syndic s’est présentée à son domicile. Elle était accompagnée des pompiers et de la police. C’est dans la salle de bains de l’appartement qu’Alain a été retrouvé, sans vie, précise aussi La Provence. Mort depuis plus d’un an. Le parquet de Marseille a ordonné une autopsie du corps de la victime. Toutefois, selon les premiers éléments de l’enquête, ce retraité serait mort de mort naturelle. Une mort naturelle, dans l’indifférence générale. «J’avais même téléphoné l’an dernier au commissariat du 6ème arrondissement. On m’avait dit qu’il fallait appeler le 17 ! Je me disais aussi: c’est pas normal, il vient d’habitude à toutes les réunions de copropriété» témoigne aussi un de ses voisins à La Provence. D’autres voisins confient qu’ils étaient «inquiets», tout en imaginant que le retraité «était parti passer quelques temps dans une maison de repos».

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23-02-2010

Mort depuis février 2007

Le sexagénaire, habitant Asnières-sur-Seine, en banlieue parisienne, ne donnait plus signe de vie depuis trois ans. Pourtant, c’est seulement vendredi dernier, vers 17h30, que le commissariat d’Asnières recevait un message d’alerte de son frère, qui ne s’était pas inquiété jusque-là. Ce proche venait en fait d’être contacté par un généalogiste, lui-même mandaté par les avocats du syndic de l’immeuble. L’homme ne payait en effet plus les charges de son studio depuis janvier 2007.

Arrivés sur place, rue Liouville, dans un quartier résidentiel et proche du centre-ville, les policiers devaient découvrir une boîte aux lettres débordant de courriers, les plus anciens remontant à février 2007. Les pompiers, appelés par la police, se rendaient alors à l’appartement de l’homme qui ne donnait plus de nouvelles, situé au premier étage d’un immeuble en comptant quatre. Et c’est dans ce logement qu’ils découvraient le corps en état de putréfaction du sexagénaire, allongé au sol, dans son studio.

Le corps a été transporté depuis lors à l’Institut médico-légal pour une autopsie, mais selon les premiers éléments de l’enquête, la mort serait naturelle. « Ce drame est assez révélateur de l’isolement dans nos sociétés« , a réagi le maire socialiste d’Asnières Sébastien Pietrasanta. « La vraie difficulté, c’est qu’on ne peut pas obliger une personne qui ne veut pas être en contact avec les services sociaux à le faire« .

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26-09-2009

Christophe Dejours – Florence Bègue

56270dejours.gifEntretien . Alors que les directions d’entreprise persistent à ne voir que des drames individuels, le psychiatre Christophe Dejours souligne le rôle délétère des organisations du travail qui ont déstructuré le « vivre ensemble ».

Comment en vient-on à tolérer l’intolérable, le sort des chômeurs, des nouveaux pauvres, mais aussi des conditions de travail qui mettent en danger notre santé mentale ? s’interrogeait déjà il y a dix ans Christophe Dejours dans un livre, Souffrance en France, qui fit événement. Aujourd’hui, le psychiatre, spécialiste du travail, creuse le sillon en publiant, avec Florence Bègue, un ouvrage consacré à la question du suicide et du travail. Analyse des causes, qui nous mène au coeur des transformations du travail, mises en oeuvre au nom d’une « doctrine de gestion » conçue pour accroître les profits, et qui ont « déstructuré le vivre ensemble ». Mais aussi, et surtout, proposition d’une approche, de principes d’action pour enrayer le fléau. Tant il est vrai, comme le clame Christophe Dejours dans l’entretien qu’il nous a accordé, qu’ « il n’y a pas de fatalité dans le suicide au travail ».

Les suicides au travail défrayent la chronique depuis quelques années. S’agit-il vraiment d’un phénomène nouveau ?

Christophe Dejours. C’est un phénomène qui n’existait pas, à ma connaissance, sauf dans un milieu particulier, l’agriculture, qui est à la fois lieu de travail et lieu de vie. Les salariés agricoles étaient la catégorie socioprofessionnelle la plus touchée par le suicide. C’est d’ailleurs intéressant parce que l’une des raisons pour lesquelles les salariés agricoles se suicidaient, c’était l’isolement. Or, c’est le même problème qu’on retrouve aujourd’hui dans les autres sphères de l’activité productive : la solitude.

Ces suicides au travail sont apparus à la fin des années 1990, et depuis ils sont en augmentation, semble-t-il, assez continue. Certes, le travail pouvait être en cause par le passé dans l’apparition d’un certain nombre de suicides. Mais ils ne se passaient jamais sur le lieu de travail. Quand quelqu’un va se pendre dans la forêt, commence une argumentation compliquée sur les raisons qui l’ont conduit au suicide. En revanche, quand quelqu’un va se suicider sur son lieu de travail, il n’y a plus de discussion possible : c’est évident que le travail est en cause. D’autre part, il y a des gens qui, comme le salarié de France Télécom qui s’est donné la mort à Marseille, laissent des lettres, disant clairement que ce n’est pas la peine d’aller chercher la moindre cause de leur geste ailleurs que dans le travail.

C’est d’autant plus véridique que c’est quelqu’un qui vient de bénéficier d’une augmentation. On voit bien qu’on n’est pas dans une configuration psychologique attendue quand on est psychiatre : quelqu’un qui présente depuis longtemps des symptômes annonçant une personnalité fragile, une vulnérabilité, une prédisposition à la dépression, qui serait déjà un bras cassé, qui ne marcherait pas bien dans son travail. On a des suicides chez des gens qui ne correspondent pas du tout à ce profil, sont très appréciés dans leur travail, et qui, par ailleurs, n’ont pas particulièrement de problèmes dans leur espace privé, des gens plutôt bien entourés socialement, avec une famille qui fonctionne bien. Mais si on analyse les choses plus en détail, on se rend compte qu’à chaque fois que ces choses arrivent, la personne qui se suicide est dans une relation de fondamentale solitude sur le lieu de travail.

On est frappé aujourd’hui par la vague de suicides chez France Télécom. Toutefois, pour vous, ce n’est pas le nombre qui compte, un seul suicide dans une entreprise révèle une situation alarmante.

Christophe Dejours. Une seule mort, c’est déjà une tragédie du point de vue du fonctionnement de l’entreprise. Les suicides ne survenaient pas autrefois sur le lieu de travail. Quand un suicide de ce type se produit, c’est que quelque chose a changé. Ce que cela révèle, c’est une déstructuration en profondeur de tout le tissu social du travail, tout le vivre ensemble dans le travail, sous la forme de l’attention à l’autre, le respect de l’autre, la camaraderie. Les gens sont très nombreux quelquefois, y compris sur un plateau clientèle, dans des open spaces, et en même temps, chacun est seul. Quand quelqu’un commence à présenter des signes de souffrance, de dépression, de tristesse, d’irritabilité, personne ne bouge. Autrefois, vous ne laissiez pas, dans un collectif de travail, un collègue s’enfoncer sans intervenir au bout de deux ou trois jours : « Qu’est-ce qui se passe ? » Il y avait des solidarités très fortes. Les gens se regardaient, se parlaient. La prévention du suicide était faite par tout le monde, les copains, les collègues. Le vivre ensemble, c’est une prévention du suicide. La solitude est un élément déterminant du suicide sur le lieu de travail.

Quand quelqu’un est pris tout à coup sous le feu d’un harcèlement, de quelqu’un qui commet contre lui des actes manifestement injustes, des discriminations, qui le place dans les postes les plus difficiles, cela n’a rien de nouveau dans le monde du travail. En revanche, ce qui est neuf, c’est que, lorsque vous êtes pris comme cible d’un tel comportement, personne ne bouge. À ce moment-là, vous faites l’expérience de la trahison du collectif. Ce n’est pas une simple solitude, c’est une trahison.

Vous insistez sur l’importance de ne pas laisser classer sans suite un suicide au travail.

Christophe Dejours. Si on ne fait rien à la suite d’un suicide, qu’on se contente de faire faire les constats nécessaires par la police, et qu’on reprend le travail sans pouvoir en faire quelque chose, on entérine le suicide comme un événement banal. Le message que laisse le mort, c’est que la mort fait maintenant partie des risques normaux du travail. Du coup, ça dégrade l’état psychique des gens, ils ont peur, ça aggrave le repli sur soi, la solitude, et donc le risque de suicide.

Le geste suicidaire est souvent perçu comme résultant d’un ensemble de facteurs mêlant vie privée, vie professionnelle. Les directions d’entreprise appuient en ce sens, en qualifiant les suicides de drames individuels. Pour vous, cependant, on peut affirmer que ce qui se passe dans la sphère du travail peut être déterminant ?

Christophe Dejours. Il y a une véritable difficulté, en général, à dire de façon pertinente, après investigation : il y a une cause unique au suicide. Mais dire que c’est plurifactoriel, c’est une manière de botter en touche. En fait, il y a un chemin causal. Une conjugaison d’éléments qui s’alignent les uns avec les autres selon une logique qui, finalement, conduit au suicide. C’est important de comprendre cette logique car c’est ce qui va nous permettre d’agir rationnellement. Il y a des cas où, indiscutablement, le rapport au travail est en cause. Mais il est vrai qu’en regardant ce qui se passe dans la vie privée, on va parfois voir que la situation familiale est en crise depuis un certain temps. Je peux alors vous montrer, pièces à l’appui, que c’est à cause du travail, des difficultés qu’a un agent à tenir les contraintes de travail, qui intoxiquent la sphère domestique, contaminent les relations avec le conjoint, les enfants.

Un rapport au travail détestable finit par dégrader la vie familiale. Votre fonctionnement psychique au travail, vous l’emportez chez vous. Il y a une colonisation de la vie privée, jusque dans l’intimité, par le travail. L’inverse est vrai : si, pour une raison ou une autre, vous avez de gros soucis familiaux, ça a souvent des retentissements sur le travail. Il n’y a pas d’indépendance psychologique entre travail et hors travail. C’est pourquoi l’idée de la multifactorialité, si elle est pratique, est fausse. Il s’agit donc de reconstituer le chemin causal. Et on peut alors dire qu’en modifiant le rapport au travail, on désamorce le risque de suicide. C’est ce que nous montrons dans le livre que nous publions avec Florence Bègue, à partir d’une intervention dans une entreprise après suicides : lorsqu’on modifie l’organisation du travail selon un certain nombre de principes, curieusement, les gens vont beaucoup mieux.

Les organisations du travail jouent, selon vous, un rôle essentiel dans la dégradation de la santé mentale. Vous mettez en cause tout particulièrement l’évaluation individuelle des salariés. En quoi est-ce dangereux ?

Christophe Dejours. L’élément principal dans les transformations de l’organisation, c’est l’introduction des méthodes d’évaluation individualisée, fondées prétendument sur des bases scientifiques, qui passeraient par une mesure quantitative et objective des performances. Ces méthodes mettent en concurrence les individus entre eux. Si, à l’évaluation, vous ajoutez des sanctions, ne serait-ce qu’une prime, en quelque temps, les gens commencent à avoir des conduites qui cassent le vivre ensemble : concurrence déloyale, coups bas, tuyaux pourris, dénonciation du voisin. Si, en plus, vous faites peser la menace sur l’emploi, en disant qu’en fonction de l’évaluation, à la prochaine charrette de licenciements, les moins bien notés partiront, là, c’est sans pitié. L’évaluation individualisée monte les gens les uns contre les autres, elle ne fait pas l’émulation. C’est en réalité un management par la menace. Du coup, les gens ont peur, la méfiance fait son entrée, la déloyauté remplace la loyauté… Le monde du travail est déstructuré en profondeur. En plus, cette méthode est fausse : on ne peut pas évaluer objectivement, quantitativement, le travail.

Une deuxième cause joue un rôle : la qualité totale. C’est aussi un concept faux. Les sciences du travail montrent que le travail ne se présente jamais comme prévu, il y a toujours des imprévus, des incidents, des anomalies, des pannes. La qualité totale, c’est un idéal, ça n’existe pas. Donc si vous décrétez la qualité totale, c’est un déni de la réalité. Le résultat : les gens sont obligés de mentir, de ne pas expliquer ce qui ne marche pas. Ils sont amenés à participer à des conduites que, moralement, ils réprouvent. Du coup, ils portent atteinte à l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes. C’est ce que j’appelle la souffrance éthique. Cette souffrance éthique dans le travail est massive. Dans plein d’endroits, les gens font des choses qu’ils désapprouvent.

Comment jugez-vous les réactions des entreprises qui, face aux suicides, mettent en place des cellules d’écoute, des moyens de « gérer son stress », de relaxation ?

Christophe Dejours. C’est un traitement symptomatique. Elles essaient d’abraser ce qui est le plus visible, le moins décoratif pour l’entreprise. Alors qu’il s’agit d’aller au traitement étiologique : l’analyse du chemin causal, pour avoir une action rationnelle sur l’enchaînement conduisant les gens à se suicider.

Il est essentiel, après un suicide au travail, que les salariés prennent la parole, dites-vous. Pourquoi ?

Christophe Dejours. C’est à partir de l’expérience que les uns et les autres ont du travail qu’on va pouvoir comprendre quelque chose sur ce qui a conduit au geste suicidaire d’un collègue. Pour avoir accès à cette expérience, on ne peut faire autrement que passer par la parole. Mais il ne s’agit pas d’une espèce de catharsis, où les gens parlent, et voilà, ça va mieux. Il s’agit de mettre en place un espace de délibération sur la question du travail qui permet de comprendre ce qui ne va pas dans le travail et débouche sur la possibilité de le transformer. Le simple fait de s’engager dans ce processus modifie le rapport : on reprend la main sur les événements. C’est pour cela que c’est, de fait, non seulement efficace, mais thérapeutique. Il n’y a pas de fatalité dans le suicide au travail. Nous pouvons transformer le travail, ça dépend de nous, et aussi, évidemment, de la façon dont la direction de l’entreprise est partie prenante. Ça dépend également des politiques publiques. Or, aujourd’hui, elles ne soutiennent pas cette démarche-là, alors même qu’elle a été proposée, il y a plusieurs années, dans le rapport dont j’étais responsable, au chapitre « violences et santé ».

Précisément, que devraient apporter ces politiques publiques selon vous ?

Christophe Dejours. Il y a déjà un dispositif législatif non négligeable, en particulier sur les CHSCT, l’inspection du travail. Il est souvent violé. On pourrait redonner à l’inspecteur du travail l’autorité qui lui revient, et surtout, aider par des mesures incitatives la formation des délégués des CHSCT pour développer les compétences dans le domaine de la santé mentale. On n’était pas tellement porté, dans l’activité syndicale, à s’occuper de la santé mentale. La tradition, c’était la santé du corps.

Le droit du travail a été conçu essentiellement pour protéger la santé physique des salariés, contre les accidents, les maladies professionnelles. Il est clair qu’aujourd’hui, avec l’apparition massive des problèmes de psychopathologie, le droit doit évoluer. Il n’y a qu’une loi sur le harcèlement moral au travail, c’est très insuffisant.

Au-delà de l’action dans l’entreprise, du droit à faire évoluer, vous estimez que nous sommes devant un défi intellectuel : repenser le travail.

Christophe Dejours. On a bradé la question du travail, avec un volontarisme extrêmement puissant, depuis quinze-vingt ans, en disant que les sciences du travail, c’était fini ; le travail, une valeur en voie de disparition ;que ce qui compte, c’est la gestion. Ce tournant gestionnaire, qui a des effets sociaux, politiques, majeurs, a été porté par les politiques, mais pas seulement. Les penseurs, les chercheurs ont basculé en faveur de la thèse de la fin du travail. Le travail, en général, c’est le bas de gamme. Si vous faites de la médecine, alors la médecine cardiaque, la chirurgie, la génétique, c’est chic ; si vous faites de la médecine du travail, vous êtes en rez-de-chaussée. Si vous faites de la psychologie, ah ! psychologue de la sexualité, de l’enfance, c’est très bien ; mais le psychologue du travail est au rez-de-chaussée… Tout est comme ça. Il y a vraiment un mouvement social massif, ancien, de disqualification du travail. Le problème, c’est de le réhabiliter. Il y a eu une période après-guerre où le travail était vraiment en discussion, c’est le moment où on a introduit les CHSCT, la Sécurité sociale, la médecine du travail. Il faut rendre justice à cette époque-là. Aujourd’hui, il faut reprendre cette question-là.

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29-08-2009

Mâcon : morte depuis trois ans

Le corps d’une femme née en 1951, locataire d’un appartement du centre-ville de Mâcon (Saône-et-Loire), a été découvert mercredi dans (26 août) son logement, alors qu’elle était décédée depuis le début de l’année 2006, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

Selon le substitut du procureur de Mâcon, Frédéric Jacques, le cadavre de cette femme a été découvert « complètement momifié », assis sur les toilettes de l’appartement, par un huissier, un serrurier et un policier venus après des impayés de loyer.

« Il n’y a pas d’éléments marquants laissant croire à une mort violente. Il n’y a donc pas lieu pour le moment de faire réaliser une autopsie », a expliqué M. Jacques.

De fait, aucune trace d’effraction ou de lutte n’a été relevée dans le logement. Les enquêteurs ont en revanche trouvé des documents et des courriers datant du début de l’année 2006, confirmant ainsi la période du décès estimée lors du premier examen médical.

« Une enquête de voisinage a débuté », qui visera également « à vérifier l’identité de cette femme d’une cinquantaine d’années », a précisé M. Jacques.

Aucun membre de la famille de la locataire ne s’était manifesté depuis le décès et les voisins ont déclaré aux enquêteurs qu’ils pensaient que cette femme avait déménagé.

Ses enfants, contactés par la police, ont quant à eux indiqué qu’ils n’avaient plus aucun contact avec leur mère depuis plus de huit ans.

Selon M. Jacques, il n’est « pas forcément exceptionnel, même si ça peut surprendre », que des personnes « +disparaissent+ parce qu’elles n’ont plus de contact avec les autres, et en arrivent à être complètement désocialisées ».

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28-08-2009

Jaycee Lee Dugard

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23-08-2009

Natascha Kampusch

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Trois ans après s’être échappée du réduit souterrain où son ravisseur l’avait séquestrée pendant huit ans, Natascha Kampusch attire toujours l’attention des médias qui font état de nouveaux soupçons sur d’éventuels complices de ce kidnapping.

L’histoire de la jeune Autrichienne, enlevée le 2 mars 1998 à l’âge de 10 ans alors qu’elle se rendait à l’école dans la banlieue de Vienne et qui s’était libérée elle-même le 23 août 2006, a fait le tour du monde.

Son ravisseur, Wolfgang Priklopil, agent immobilier de 44 ans, s’est suicidé en se jetant sous un train, le soir même de la fuite de Natascha.

Elle sortait de huit années de séquestration dans le sous-sol d’un pavillon de Strasshof, à 25 kilomètres de la capitale autrichienne, où son ravisseur lui avait aménagé une pièce de 5 m2 et avec pour seul contact avec l’extérieur un poste de télévision.

Chouchou des médias dans les mois suivants son extraordinaire cavale – rendue possible grâce à un moment d’inattention de son ravisseur -, sa première interview télévisée avait été diffusée par plus de 120 chaînes dans le monde. Natascha Kampusch avait aussi brièvement animé une émission d’entretiens avec des personnalités sur une chaîne autrichienne câblée.

Depuis plusieurs mois cependant, elle se faisait plus discrète et insistait sur son droit à la vie privée.

Mais récemment, la commission d’enquête, constituée en février 2008 pour vérifier d’éventuelles erreurs ou négligences policières lors des investigations sur l’enlèvement, suggérait qu’il pourrait y avoir eu plusieurs ravisseurs.

Une fillette de 12 ans, témoin de l’enlèvement avait déjà dit en 1998 avoir vu deux hommes dans la camionnette blanche dans laquelle Natascha Kampusch avait été enlevée. Cet élément, négligé apparemment par les enquêteurs dans les semaines qui avaient suivi la réapparition de la victime, avait conduit la ministre de l’Intérieur à mettre en place cette commission d’enquête.

Kampusch elle-même a toujours défendu la thèse du ravisseur unique et a refusé de parler en public de ses relations avec lui pendant sa détention.

Le président de la commission, l’ex-président de la Cour constitutionnelle Ludwig Adamovich, a fait sensation récemment en déclarant au tabloïd Kronen Zeitung: « Il est concevable que sa période de captivité était meilleure que ce qu’elle avait vécu jusque là » ajoutant que la mère de la victime, Brigitta Sirny, « n’était pas une mère particulièrement affective ».

Mme Sirny a immédiatement annoncé qu’elle portait plainte contre lui.

Un autre membre de la commission, l’ex-président de la Cour suprême Johann Rzeszut, est encore allé plus loin dans un courriel au quotidien populaire Österreich en affirmant que la vie de Kampusch pourrait être en danger si Priklopil avait effectivement eu un complice.

« Nous ne craignons rien de plus que de lire un jour dans les journaux : +Natascha Kampusch victime d’un accident mortel+ », a-t-il écrit.

Même si la commission a pris soin de toujours parler d’hypothèses nécessitant des compléments d’enquête, elle fait passer la victime pour un suspect, estiment les avocats de la jeune femme, aujourd’hui âgée de 21 ans.

Kampusch vit maintenant dans son propre appartement à Vienne et rattrape son baccalauréat. Elle a hérité de la maison de Priklopil à Strasshof ainsi que de sa voiture. Plusieurs experts ont laissé entendre qu’elle pouvait souffrir du syndrome de Stockholm, selon lequel les victimes d’enlèvement finissent par développer de la sympathie pour leur ravisseur.

Dans une interview à la radio allemande NDR diffusée jeudi, elle s’est plainte de ne toujours pas pouvoir se sentir libre : « je dois constamment me défendre et justifier ma façon d’être et cela exige beaucoup d’énergie. Personne ne me laisse être moi-même » ajoutant ensuite « le ravisseur lui, m’a laissé être moi-même, d’une certaine manière ».

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16-06-2009

Mort depuis trois ans

Bernard est mort il y a trois ans. Trois années durant lesquelles personne ne s’est soucié de son absence. Ni sa famille, ni ses proches, ni ses voisins, ni le syndic de copropriété. Sa boîte aux lettres vomissant le courrier donnait bien des signes inquiétants, mais la vie des autres a suivi son cours. Jusqu’à mardi.

Mardi 16 juin, l’une des voisines, un peu plus scrupuleuse que les autres, a fini par donner l’alerte. Elle se doutait bien que le petit monsieur à l’allure modeste qu’elle croisait si rarement dans les escaliers n’avait pas pu quitter son logement précipitamment. En arrivant au premier étage de son immeuble, rue Saint-Michel (6e), les marins-pompiers ont sonné sans conviction à la porte. Ils redoutaient d’avoir affaire à l’un de ces innombrables drames de la solitude.

Une fois l’entrée forcée, leurs craintes se sont justifiées. Dans le petit appartement, les secours n’ont pas tardé à retrouver l’homme, ou plutôt son squelette, étendu sur son lit. Ce sont les courriers, accumulés au fil des semaines, qui ont permis aux enquêteurs de dater, approximativement, la date du décès. Le premier retrouvé remontait à 2006.

Hier, sur place, au premier étage, seul un scellé de la police barrait l’entrée de l’appartement du défunt. Sur le palier, un couple absent. Au-dessus, un étudiant, qui a « bien entendu du remue-ménage« , mais qui n’habite là que depuis deux ans. Forcément, il n’a jamais vu Bernard. Au dernier niveau, le propriétaire s’étonne aussi de la situation. « J’habite ici depuis 6 ans. Sur cette période, je ne l’ai vu que deux ou trois fois. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a jamais eu d’odeur suspecte dans l’immeuble. »

Le septuagénaire ne fréquentait pas sa famille depuis trente ans. « Bernard ? Non, cela ne me dit rien, rétorque une interlocutrice jointe par téléphone. Elle vit à Miramas et porte le même patronyme. Ce nom est très rare ici. C’est plutôt originaire du Sud-Ouest. »

Une autopsie devait avoir lieu hier dans la journée, mais les premiers éléments et notamment l’absence de traces de strangulation, écarteraient la thèse criminelle.

Par Romain Luongo

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17-10-2008

Susan et Patrick Stübing

 

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L’histoire de Patrick et Susan, frère et sœur et compagnons dans la vie a bouleversé l’opinion publique et la justice allemandes. Ensemble depuis 8 ans, ils ont 4 enfants. Mais jeudi 13 mars 2008, la plus haute juridiction allemande, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, a rendu son verdict: l’emprisonnement du couple.

Patrick Stübing, 30 ans, est né dans une fratrie de huit. À quatre ans, il est confié à des parents adoptifs à Potsdam par les services sociaux pour écapper à une père aloolique et violent. Sa soeur Susan Karolewski, dont il ignore l’existence, grandit à Leipzig, sous la garde de leur mère commune. Bien plus tard, Patrick veut savoir qui sont ses vrais parents. Le contact s’établit en mai 2000. Son père est décédé, mais il rencontre sa mère et sa petite soeur, qui a seize ans. La mère meurt à son tour. Patrick se retrouve dans un deux-pièces de Leipzig, avec Susan qui se sent aussi seule que lui. « Si nous avions été une famille normale, confie-t-il en 2004, tout cela ne se serait sans doute pas produit. » « Tout cela », c’est la naissance d’Erik en 2001, de Sahra en 2003, de Nancy en 2004, puis de Sofia en 2005. « Tout cela », c’est aussi la justice qui sévit.

Dès la première naissance, Patrick est condamné à un an avec sursis pour « accomplissement de l’acte sexuel dans seize cas » avec sa soeur. Laquelle, mineure au moment des faits, échappe à toute poursuite. L’enfant, Erik, est donné en nourrice. Leur relation se poursuit, ils s’accrochent l’un à l’autre, paumés, vaguement perturbés. Car après l’arrivée de Sahra et de Nancy, le jeune père sera rejugé et passera dix mois derrière les barreaux.

Novembre 2005. Troisième procès, des deux cette fois-ci, intenté à cause des nouvelles naissances. Patrick est condamné à deux ans et demi de prison ferme pour inceste, Susan placée dans un programme de réinsertion sociale. Elle y rencontre Jürgen, 49 ans, dont elle aura Sophira, son cinquième enfant, le premier né légalement. Aux dernières nouvelles, Patrick est sorti de prison et vit à nouveau avec Susan. « Il s’est fait stériliser », explique Endrik Wilhelm, son avocat qui s’apprête à saisir la Cour constitutionnelle. D’après lui, le tabou de l’inceste n’a plus lieu d’être. Il cite l’exemple de la France où le Code pénal ignore cette notion dès lors qu’il s’agit d’adultes consentants. Côté politique, son point de vue a reçu le soutien d’un député Vert, Jerzy Montag, qui parle de « lois de l’avant-dernier siècle » à abolir.

Des quatre enfants communs de Patrick et Susan, seul l’aîné vit avec ses parents, les trois autres ont été confiés à des familles. Deux d’entre eux sont retardés. C’est ce qui se produit statistiquement dans 50 % des cas d’unions incestueuses, selon Jürgen Kunze, généticien berlinois.

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29-07-2008

Mort chez lui depuis trois ans.

An 14e étage de la tour d’HLM d’Artimon dans le quartier du Sierroz d’Aix-les-Bains, le corps momifié d’un homme d’environ soixante-dix ans a été découvert le 23 juillet par la police. C’est la gardienne, étonnée de voir la boîte aux lettres d’un de ses résidents déborder, qui a alerté son employeur, l’OPAC Savoie, il y a quelques semaines.

Le responsable de l’agence d’Aix-les-Bains, a vérifié dans un premier temps que le septuagénaire acquittait toujours ses loyers. Mais le compte de l’homme était prélevé automatiquement. Le bailleur a ensuite contacté les services du Trésor Public pour lancer des recherches. Au regard des résultats, qui laissaient présager une disparition, la police a été prévenue.

Mort naturelle

Sur le pallier de cinq appartements, aucun des locataires n’a rien remarqué. Pas même une odeur suspecte. Interrogé sur ce point, le responsable de l’agence de l’OPAC de Savoie explique que « s’il y avait eu quelque chose qui avait gêné les locataires, ils seraient venus (lui) en parler, l’agence étant située à 200 mètres de la tour l’Artimon ».

Locataire depuis 2001, l’homme vivait seul dans son appartement, au 14e et dernier étage. Pour ses voisins, c’était un homme solitaire et certains le croyaient le parti. Un d’entre eux a déclaré l’avoir croisé il y a quatre ans dans l’ascenseur. Il venait de perdre son chien. L’homme n’avait pas de contact avec ses deux enfants. Le Parquet de Chambéry a précisé qu’il s’agissait d’une mort naturelle, le permis d’inhumer a été délivré. Il n’y a pas eu d’ouverture d’une enquête de police « .

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22-07-2008

Belles et seules

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06-06-2007

Survivre avec les loups, de Misha Defonseca

080116loups.jpgCe livre dispose d’un soutien médiatique important et pourtant, j’avoue que je ne savais rien de cette histoire. Ce récit autobiographique raconte l’histoire de Mishke, jeune enfant juive de 8 ans, qui se cache à Bruxelles pendant la Seconde Guerre mondiale. À l’approche des Allemands, les parents la confient à une fermière qui n’a rien à envier à la Falcoche de Bazin. Seul le beau-père de cette femme, Grand-Père, la considère comme une enfant à aimer! En entendant la fermière dire à une voisine « on la donnera aux Allemands », Mishke décide de fuir et de partir vers l’est, grâce à une boussole offerte par Grand-Père, pour retrouver ses parents déportés.
Elle vivra dans les bois, s’abritant parfois dans une grange, vivant de rapines, restant plusieurs jours sans manger et allant jusqu’à remplir son estomac de vers, de feuilles voire de terre pour pallier la faim qui lui noue le ventre. Blessée au dos, par un puissant jet de pierre, c’est une louve qui va lui sauver la vie!

Interview de Misha Defonseca
« Les loups m’ont empêchée de basculer dans la folie »
jeudi 1er septembre 2005, par Fabien

Son aventure est à peine croyable. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, alors qu’elle n’a que 7 ans, Misha Defonseca parcourt toute l’Europe, dans l’espoir de retrouver ses parents déportés. Un périple durant lequel elle vivra plusieurs mois parmi une meute de loups.

Comment êtes-vous parvenue à vous faire accepter par ces loups ?

Cela s’est passé de manière tout à fait naturelle. J’ai d’abord eu la chance de rencontrer un loup solitaire, ce qui a facilité les choses. Un loup qui a été chassé de sa meute ou qui a décidé de lui-même de prendre ses distances a davantage de mal à survivre. Il accepte donc mieux la compagnie d’autrui. De plus, j’étais moi-même devenue un animal. Je ne me lavais plus, je ne parlais à personne, je mangeais ce que je trouvais pour survivre. Les seuls contacts que j’avais avec les hommes étaient de guetter pour pouvoir leur voler à manger ou de quoi me vêtir. J’étais devenue une vraie bête sauvage. Je n’appartenais plus au monde des humains. D’instinct, je savais comment me comporter vis-à-vis des loups. Lorsqu’ils grognaient ou montraient les crocs, je me jetais à terre en signe de soumission. J’ai vite appris leurs codes, leurs règles. Pour moi, le comportement d’un animal dépend de la manière dont on l’aborde. Si vous avez peur ou envie de fuir, celui-ci le ressent et peut alors se montrer agressif. Je n’ai jamais ressenti la moindre peur.

D’où vous est venue cette approche du monde animal ?

De mon éducation. Ma mère ne m’a jamais inculqué la peur du loup ni d’aucun animal. Quand elle parlait des animaux, c’était pour me dire que le lion vivait dans la jungle, la poule à la ferme. Elle ne donnait aucun jugement de valeur.

Est-ce que cette période a été la plus magnifique de votre existence ?

Disons que ça a été une parenthèse. Cela m’a tenue à distance des horreurs de la guerre. J’ignorais tout ce qu’il se passait parmi le monde des humains. Durant cette période, je n’étais plus obsédée par le fait de retrouver mes parents. Pour la première fois depuis longtemps, j’appartenais à un clan, à une famille. Je n’étais plus seule. Les loups m’ont empêchée de basculer dans la folie.

Vous êtes allée jusqu’à manger de la viande régurgitée par une louve…

Mais cela n’avait rien de dégoûtant pour moi ! J’avais mangé pire que ça : des gros vers, de la pâtée pour cochons. Il est même arrivé de mâcher la corne et les ongles de mes pieds pour calmer ma sensation de faim. J’étais affamée quand j’ai essayé d’imiter le comportement des louveteaux à l’égard de leur mère. De cette manière, j’avais vraiment l’impression d’appartenir à une famille. Plus que de la nourriture pour mon estomac, c’était de la tendresse et de l’amour que j’avalais.

En quoi la mort de votre chien Jimmy a-t-elle été le déclic pour raconter votre histoire ?

Jimmy était le chien que j’avais ramené de Belgique aux Etats-Unis. Il était le dernier lien avec mon pays, ma langue maternelle, mes parents. Quand il est mort, je suis tombée folle de chagrin. C’était aussi douloureux que si j’avais perdu un enfant. Toutes mes souffrances étaient réactivées. J’avais le sentiment de perdre mes parents une seconde fois. Pendant des mois, j’ai consacré la vie à ce chien disparu. J’ai réuni des photos, j’ai écrit des poèmes, j’ai même réalisé un petit film sur lui. Ça a été ma thérapie. Quand la vidéo a été achevée, quelqu’un m’a demandé pourquoi j’aimais les animaux à ce point. J’ai répondu : « parce qu’ils m’ont sauvé la vie ». C’est à partir de là que je me suis mise à raconter mon histoire.

De nombreuses personnes mettent vos propos en doute. Qu’est-ce que cela vous fait ?

Je m’en fous royalement ! Ces gens n’étaient pas avec moi pour se permettre de juger. Ceux qui n’aiment pas les animaux ne vont sans doute pas me croire. L’homme est ainsi : il voit le mal partout.

Avez-vous revu des loups par la suite ?

Oui. Il y a quelques années, une équipe de télé américaine m’a mise au défi d’entrer dans un enclos. Ils voulaient avoir la preuve que ce que je racontais était la vérité. J’ai accepté, même si je savais que c’était dangereux. Dans la nature, un loup peut fuir. Dans un enclos, il est pris au piège. Malgré tout, je n’ai pas éprouvé le moindre sentiment de peur. Les loups m’ont tout de suite acceptée. Ils m’ont entourée, protégée de leur fourrure. C’était une sensation extraordinaire. Après tant d’années, je revivais cette magie.

Aujourd’hui, quels rapports entretenez-vous avec les animaux ?

Je vis en totale communauté avec eux. Les animaux sont toujours passés avant ma petite personne. Mon mari et moi vivons dans une maison, pas plus grande qu’une roulotte, auprès 23 chats et de 2 chiens, que j’ai recueillis. D’ailleurs, je n’y invite personne. J’évite de les laisser sortir. J’ai peur qu’on leur fasse du mal…

Finalement, vous vous sentez toujours plus animal qu’humaine…

Totalement. A cause de ce que j’ai vécu durant la guerre, quelque chose s’est cassé en moi, et de manière définitive. Je ne me suis jamais sentie en communauté avec les hommes et l’humanité des bêtes. Le terme « humain » n’a d’ailleurs aucun sens pour moi.

Texte : Karine Touboul

http://www.editionsdelaloupe.com/fr/main/images/Exempledemiseenpage.pdf

http://ours-loup-lynx.info/spip.php?article1161

Posté par Jean dans Actualité, Escroquerie | 12 Commentaires »

17-04-2007

Morte depuis trois ans !

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Publié le 14 avril 2006

Posté par Jean dans Actualité, Mort | 10 Commentaires »

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