17-11-2008

Michel Tournier : Vendredi ou les limbes du Pacifique

Ce fut l’occasion pour lui de découvrir un aspect important de la métamorphose que son esprit subissait sous l’influence de sa vie solitaire. . Le champ de son attention paraissait en même temps s’approfondir et s’étrécir. Il lui devenait de plus en plus difficile de songer à plusieurs choses à le fois, et même de passer d’un sujet de préoccupation à un autre. Il s’avisa ainsi qu’autrui est pour nous un puissant facteur de distraction, non seulement parce qu’il nous dérange sans cesse et nous arrache à notre pensée actuelle, mais aussi parce que la seule possibilité de sa survenue jette une vague lueur sur un univers d’objets situés en marge de notre attention, mais capable à tout instant d’en devenir le centre. Cette présence marginale et comme fantomatique des choses dont il ne se préoccupait pas dans l’immédiat s’était peu peu à effacée de l’esprit de Robinson. p. 35

Publié par Jean dans Note de lecture | RSS 2.0

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