20-05-2008

Thomas Glavinic : Le travail de la nuit

Un jour de juillet, Jonas essaie en vain de joindre sa petite amie, de lire le journal, d’écouter la radio, de prendre un bus, mais dans les rues de Vienne il finit par se rendre compte qu’il n’y a plus ni humain, ni animal, ni véhicule. Il reste le seul être vivant sur terre…

Vienne, 4 juillet. Pour Jonas, cette journée commence comme n’importe quel autre jour. Si ce n’est qu’il se rend compte que durant la nuit, toute vie a disparu de la surface de la Terre. Il ne reste que lui. A quelle catastrophe a-t-il échappé ? Et que faire lorsqu’on est seul, absolument seul au monde ? Sur ce début digne d’un récit de Kafka, commence alors une errance angoissée dans un monde strictement désert, où Jonas va guetter le moindre signe qui pourrait démentir cette énormité absurde, ou lui donner un sens. Il va tenter de piéger la vie absente par tous les moyens, avec méthode, méticuleusement. Il va partir sur les routes, visiter les lieux de son enfance et de son adolescence. Il va s’y perdre, s’y retrouver. C’est l’image en creux de notre réalité la plus quotidienne qui défile ainsi au cours de ce road-movie philosophique, raconté avec une sobriété hallucinée et magistrale.

Ce 4 juillet commence comme n’importe quel jour. Jonas envoie un SMS à Marie, sa petite amie partie quelques jours en Angleterre. Elle ne répond pas. Il veut lire son journal mais s’aperçoit qu’il n’a pas été livré. La radio et le téléviseur ne captent plus rien ; Internet ne fonctionne pas non plus. Jonas sort de chez lui et attend son bus à l’arrêt habituel. Au bout de quelques minutes, il se rend compte qu’il ne voit passer aucun véhicule, et que les rues sont vides. Son agacement fait place à l’inquiétude. Il tente de joindre ses amis, sa famille, les secours : personne ne répond. Il traverse sa ville, Vienne, et sa crainte se confirme : il est le seul être humain qui reste ici. Le seul être vivant, même. Plus le moindre oiseau, le moindre insecte. Et lorsque ses recherches et ses tentatives de trouver quelqu’un commencent à lui donner à penser qu’il n’y a plus de vie non seulement à Vienne mais sur la Terre entière, le cauchemar prend une dimension plus angoissante encore. Que s’est-il passé ? Pourquoi ne reste-t-il que lui ? D’où viennent ces signes de vie que Jonas croit remarquer ? Pourquoi les caméras qu’il place un peu partout, et notamment dans sa chambre, lorsqu’il dort, enregistrent-elles des images étranges ? Tout cela n’est-il pas juste un cauchemar ? Par une construction implacable et un style visuel très dépouillé, Thomas Glavinic réussit le pari de tenir le lecteur en haleine sur près de 400 pages avec cette énigme terrible, où la peur de ne trouver personne finit par se transformer en peur de trouver quelqu’un – car qui ? Pourquoi ? Un roman très original, au suspense haletant, qui convoque aussi bien Le Troisième Homme de Carol Reed que La Jetée de Chris Marker.
http://stalker.hautetfort.com/archive/2007/07/21/le-travail-de-la-nuit-de-thomas-glavinic.html

Publié par Jean dans Livres | RSS 2.0

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