04-05-2008

Virginia Woolf (1882-1941) : Journal

http://aristotelianbirdseyeview.files.wordpress.com/2007/01/hoursvw1.jpgJournée glaciale succédant à une nuit fraîche et venteuse durant laquelle on avait allumé toutes les lanternes chinoises pour la garden-party de Roger. Ah, je n’aime pas mes semblables ! Je les déteste. Je les ignore. Je les laisse glisser sur moi comme des gouttes de pluie sale. Et je ne parviens plus à rassembler cette énergie qui, lorsqu’elle aperçoit une de ces petites formes flottant à la dérive, ou plutôt collée à un rocher, tourne autour d’elles, les soulève, les pénètre, les anime, et finalement les emplit et les crée. Il fut un temps où j’avais un don pour cela, et une ardeur, et c’était ce qui rendait les réceptions à la fois difficiles et passionnantes. Maintenant, lorsqu’il m’arrive de m’éveiller tôt, je goûte le luxe d’une pleine journée de solitude ; une journée de calme, sans être obligée de se composer un visage ; un peu de gravure ; et glisser tranquillement dans les eaux profondes de mes propres pensées ; naviguer dans le monde souterrain ; et, le soir, remplir ma citerne d’un peu de Swift. samedi 27 juin 1925

Publié par Jean dans Paroles de solitaires | RSS 2.0

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