Archives pour avril 2008

29-04-2008

Ouang-tchang-ling (Wang Changling)

Tantôt couché sous les grands arbres, je m’abandonne à une longue rêverie,
Tantôt je me promène, solitaire, sans m’inquiéter s’il fait jour ou s’il fait nuit.
Un jour que j’étais ainsi descendu dans la vallée de Palin,
Je longeais les bords de la rivière, où j’avais jeté mes hameçons.
Ma main enleva deux carpes,
Tandis que mes yeux suivaient un vol d’oies sauvages qui se perdit à l’horizon ;
Je compris combien ces oiseaux étaient heureux de leur liberté immense ;
Je sentis dans quelle affliction ces deux poissons étaient tombés ;
Et, laissant aller les poissons dans l’onde fraîche et pure,
Je fis un retour sur moi-même, je songeai aux périls où la convoitise peut entraîner.
Alors je me mis à penser aux montagnes, aux hôtes de leurs cimes bleuâtres,
Qui, s’ils retournent la tête, se voient séparés du monde par les nuages blancs.
Placés à ces sublimes hauteurs, ils n’ont que du dédain pour les passions de la terre ;
L’ambition leur est inconnue : les idées de gloire et de renommée ne sauraient troubler la paix de leur cœur.

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29-04-2008

Claude Roy : Le Printemps

Après tout ce blanc vient le vert,
Le printemps vient après l’hiver.
Après le grand froid le soleil,

Après la neige vient le nid,
Après le noir vient le réveil,
L’histoire n’est jamais finie.

Après tout ce blanc vient le vert,
Le printemps vient après l’hiver,
Et après la pluie le beau temps.

Farandoles et fariboles

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28-04-2008

Alexis Clérel de Tocqueville (1805-1859)

Chaque classe venant à se rapprocher des autres et à s’y mêler, ses membres deviennent indifférents et comme étrangers entre eux. L’aristocratie avait fait de tous les citoyens une longue chaîne qui remontait du paysan au roi; la démocratie brise la chaîne et met chaque anneau à part. À mesure que les conditions s’égalisent, il se rencontre un plus grand nombre d’individus qui, n’étant plus assez riches ni assez puissants pour exercer une grande influence sur le sort de leurs semblables, ont acquis cependant ou ont conservé assez de lumières et de biens pour pouvoir se suffire à eux-mêmes. Ceux-là ne doivent rien à personne, ils n’attendent pour ainsi dire rien de personne; ils s’habituent à se considérer toujours isolément, ils se figurent volontiers que leur destinée tout entière est entre leurs mains. Ainsi, non seulement la démocratie fait oublier à chaque homme ses aïeux, mais elle lui cache ses descendants et le sépare de ses contemporains; elle le ramène sans cesse vers lui et menace de le renfermer enfin tout entier dans la solitude de son propre cœur.

De la démocratie en Amérique.

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27-04-2008

Elisabeth Fritz : séquestrée 24 ans

Une nouvelle affaire spectaculaire de séquestration a éclaté en Autriche avec la révélation dimanche du cas d’une femme séquestrée pendant plus de 20 ans par son propre père qui lui aurait fait sept enfants, selon les enquêteurs. Elle aurait eu aussi des jumeaux dont l’un d’eux est mort faute de soins. Son corps a été brûlé dans le sous-sol. (Comment ont-ils été déclarés à l’état-civil ? )

Dans un état psychologique et physique précaire, Elisabeth Fritzl, 42 ans, a affirmé à la police avoir vécu enfermée dans la cave de la maison familiale à Amstetten en Basse-Autriche (est) depuis le 28 août 1984.

Ce jour-là, le père, Josef, aujourd’hui âgé de 73 ans et mis sous les verrous samedi soir, lui aurait administré un produit anesthésiant et l’aurait menottée dans une pièce en sous-sol.

Officiellement, elle avait été portée disparue et aurait même envoyé une lettre à ses parents demandant qu’on arrête les recherches pour la retrouver. Les autorités en avaient déduit qu’elle était tombée entre les griffes d’une secte.

En réalité, elle a dû endurer des années de calvaire dans la cave du petit immeuble où résidait la famille au cours desquelles son père a « régulièrement abusé » d’elle, comme elle l’a raconté à la police. Elle aurait ainsi eu sept enfants de son père pendant sa détention.

Tous ont, semble-t-il, été mis au monde en secret dans ce sous-sol où elle vivait recluse. L’un d’eux, un jumeau, serait décédé un mois après sa naissance, faute de soins, et son corps aurait été brûlé, selon les enquêteurs.

Trois filles et trois garçons aujourd’hui âgés de 5 à 20 ans seraient ainsi issus de cette liaison incestueuse et des tests ADN doivent être effectués afin d’obtenir plus d’informations sur les liens de parenté. (A-t-elle accouchée seule ? )

L’affaire a été découverte après l’hospitalisation à la mi-avril d’une jeune fille de 19 ans transportée dans un état très grave à l’hôpital d’Amstetten.

Afin de déterminer la nature de l’affection dont souffre la jeune Kerstin, les médecins ont cherché à entrer en contact avec la mère, Elisabeth Fritzl.

Ces recherches ont permis de découvrir la séquestration samedi soir.

Au fil des années, le père d’Elisabeth aurait réussi à adopter trois des enfants, faisant croire à sa femme, Rosemarie, et aux autorités, qu’ils avaient été déposés devant la porte de leur domicile à quelques années d’intervalle.

Avec chacun des bébés déposés âgés de quelques mois, il y avait une lettre signée d’Elisabeth disant qu’elle ne pouvait subvenir à leurs besoins car elle avait déjà d’autres enfants.

Ces trois-là, dont les grands-parents Josef et Rosemarie ont eu officiellement la garde, ont semble-t-il pu suivre une scolarité normale et vivaient dans leur maison alors que leur mère et leurs trois autres frères et soeurs (une fille de 19 ans, un garçon de 18 et un de 5) végétaient dans la cave. Seul le père les aurait ravitaillés alors, son épouse ignorant leur présence. (La mère ignorait la présence de 4 personnes dans la cave ? Quelle eau et quelle électricité utilisaient-ils ? Qui payait ? Personne n’avait remarqué cette serrure électronique sur une porte de cave ? )

Ce n’est que samedi qu’ils auraient été libérés, le patriarche ayant alors déclaré à sa femme qu’Elisabeth avait soudainement reparu avec ses enfants.

Face aux accusations de « crimes massifs » de sa fille Elisabeth, qui aurait subi des sévices sexuels depuis l’âge de 11 ans, Josef n’a accepté que dimanche soir de révéler le code de la serrure électronique d’accès à la cache dans la cave du petit immeuble comptant quatre appartements.

Il s’agit d’un espace étroit avec plusieurs pièces de 1,70m sous plafond doté de sanitaires et d’un téléviseur, selon la police. (Qui a construit cette installation ? )

Comme Kerstin, toujours entre la vie et la mort à l’hôpital, l’état de santé de sa mère, qui paraît 20 ans de plus que son âge, et de ses frères et sœurs est préoccupant.

Ni les voisins, ni les services sociaux ne semblent avoir été alertés dans cette affaire qualifiée de cas le plus dramatique de l’histoire criminelle autrichienne.

Elle rappelle celui de Natascha Kampusch, retenue pendant huit ans et demi dans le sous-sol d’un pavillon de la banlieue de Vienne entre mars 1998 et août 2006 lorsqu’elle a réussi à s’échapper. Son ravisseur s’est suicidé le soir de l’évasion.

http://www.meinbezirk.at/index.php?bez=22,21&channel=1

Vidéo : http://www.actu24.be/article/monde/sequestree,_24_ans,_par_son_pere_incestueux!/137534.aspx

Photos : http://www.thesun.co.uk/sol/homepage/news/article1097344.ece

Additif : Elisabeth Fritzl, aurait eu sept (bien sept) enfants de son propre père, tous mis au monde dans le sous-sol de la maison et non déclarés aux autorités.

Trois filles et trois garçons sont âgés de 5 à 20 ans. Un nouveau né serait mort trois jours après sa naissance, ont également dit les enquêteurs qui vont effectuer des tests ADN pour plus d’informations.

Les trois enfants contraints de vivre avec Elisabeth dans la fenêtre de 5 ½ pieds de haut, ont été plus ancienne cave Kerstin, Stefan, 18, et cinq ans, Felix.

Trois autres enfants – Lisa, 16, Monika, 14, et Alexander, 12 – ont été adoptées par Josef après avoir dit à Rosemarie que Elisabeth les avait mystérieusement laissés à leur porte.

Additif (2) :

La police autrichienne, qui a écarté la complicité de la femme du suspect, Rosemarie âgée de 69 ans, suit d’autres pistes pour vérifier si Josef Fritzl a bénéficié de complicités pour séquestrer sa fille.

Les policiers s’intéressent à la lourde porte en béton armé, commandée électroniquement, qui condamnait l’accès à l’abri antiatomique de 60 m2 dans lequel Elisabeth a été détenue avec trois de ses sept enfants. « Nous avons demandé une expertise de cette porte imposante et sur le mécanisme de fermeture », a indiqué le chef de la police criminelle de Basse-Autriche, Franz Polzer.

Pour le quotidien Der Standard, « il est particulièrement choquant et révoltant de savoir que les voisins ne savaient rien, n’ont rien vu, tout en expliquant devant les caméras qu’ils avaient bien eu l’impression qu’il se passait quelque chose d’étrange ».

l’enquête a permis d’établir que le suspect, un électricien avait accumulé au fil des ans un patrimoine immobilier évalué à 2 millions d’euros, et n’avait pas aménagé de cellule dans les autres immeubles qu’il possédait. « Cinq bâtiments ont été vérifiés sans révéler de cachette ».

 

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26-04-2008

Louisa Siefert (1845-1877) : Solitude

Vous qui me plaignez, ne me plaignez plus,
Vous qui m’enviez, n’ayez pas d’envie,
Mon destin est tel que je le voulus,
Et Dieu fit sans moi mon cœur et ma vie.

J’ai su découvrir la sérénité
Dans le triste fond des plus tristes choses,
Et me rapprocher de la vérité
Assez près pour voir l’effet et les causes.

Maintenant je vais, le front haut et fier,
Les deux bras croisés sur mon cœur qui saigne,
Sans plus redouter aujourd’hui qu’hier
Les fatals secrets que la vie enseigne.

Vous qui me plaignez, vos plus grands plaisirs
N’ont pour moi qu’ennui, vide et lassitude ;
Vous qui m’enviez, vos plus chers désirs
Sont-ils tous bornés à la solitude ?

Bio : http://huguenots-france.org/france/lyon/celebrites_lyon/siefert_louisa.htm

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25-04-2008

57) Dick Annegarn : Buvant seul – 1997

Je suis solitaire à boire dans les fleurs
Une cruche de balthazar comme consœur
Je me lève et lève mon verre à la lune
Sa silhouette me suit nous sommes trois

La lune ne sait même pas boire que nenni
C’est en vain et sans espoir qu’elle me suit
Il fait vivre avec plaisance au printemps
Quand la lune et la nuit dansent pour un temps

Nous sommes sobres et solidaires camarades
Nous sommes ivres et nos chimères nous baladent
La bonne nuit nous envahi bien trop tôt
Nous vivrons dans d’autres vies d’autres eaux

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24-04-2008

Jean-Louis Aubert

C’est donc pour être «vide» que vous vous êtes retiré, seul, au château d’Hérouville (où sont passés Bowie, Iggy Pop…)?

C’était assez monacal, un peu triste: le château est réputé hanté et il y fait froid. Mais il y avait une pièce et un piano magnifiques. C’était, comme je dis dans une chanson, «ma chère solitude»: quand on n’y est pas forcé, c’est merveilleux, la solitude. Elle permet de laisser le conscient et l’inconscient se mélanger. Là-bas, j’attendais, je compulsais mes notes et j’appliquais ce que je préfère dans la vie: «une idée par jour». Une fois par jour, je fais de la musique, n’importe quoi, avec ou sans paroles, je joue un tas d’instruments: je me jette. J’ouvre mon carnet au hasard, je vois ce que ça donne avec la musique. J’enregistre tout, c’est mon «grenier»: je retourne souvent y farfouiller.

http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=257507

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24-04-2008

Gabrielle de Coignard

Obscure nuit, laisse ton noir manteau,
Va réveiller la gracieuse aurore,
Chasse bien loin le soin qui me dévore,
Et le discours qui trouble mon cerveau.

Voici le jour gracieux, clair et beau,
Et le soleil qui la terre décore,
Et je n’ai point fermé les yeux encore,
Qui font nager ma couche tout en eau.

Ombreuse nuit, paisible et sommeillante,
Qui sais les pleurs de l’âme travaillante,
J’ai ma douleur cachée dans ton sein,

Ne voulant point que le monde le sache,
Mais toutefois, je te prie sans relâche,
De l’apporter aux pieds du Souverain.

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24-04-2008

Auteur inconnu

Jamais, mon Sincéro, je ne prendrai plaisir
De vous assujettir à des lois rigoureuses,
Ha vraiment je hais trop ces âmes langoureuses
Qui sans cause d’espoir renforcent leur désir.

Je vous saurai bon gré s’il vous plaît de choisir
Le temps le plus commode aux œuvres sérieuses :
Mais ne me racontez vos plaintes amoureuses
Sinon quand vous serez aux heures de loisir.

La plus grand part du temps demeurez à l’étude,
Puis quand vous serez las de votre solitude,
De raisonner en vous, et de penser en moi :

Allez voir le Palais, et la paume, et l’escrime,
Et les Dames d’honneur, de vertu, et d’estime,
Gardant toujours l’amour, l’espérance, et la foi.

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22-04-2008

René Char (1907-1988) : Biens égaux

Je suis épris de ce morceau tendre de campagne, de son accoudoir de solitude au
bord duquel les orages viennent se dénouer avec docilité, au mât duquel un
visage perdu, par instant s’éclaire et me regagne.  De si loin que je me
souvienne, je me distingue penché sur les végétaux du jardin désordonné de mon
père, attentif aux sèves, baisant des yeux formes et couleurs que le vent
semi-nocturne irriguait mieux que le main infirme des hommes.  Prestige
d’un retour qu’aucune fortune n’offusque.  Tribunaux de midi, je
veille.  Moi qui jouis du privilège de sentir tout ensemble accablement et
confiance, défection et courage, je n’ai retenu personne sinon l’angle fusant
d’une Rencontre.
Sur une route de lavande et de vin, nous avons marché côte à côte dans un cadre
enfantin de poussière à gosier de ronces, l’un se sachant aimé de
l’autre.  Ce n’est pas un homme à tête de fable que plus tard tu baisait
derrière les brumes de ton lit constant.  Te voici nue et entre toutes la
meilleure seulement aujourd’hui où tu franchis la sortie d’un hymne
raboteux.  L’espace pour toujours est-il cet absolu et scintillant congé,
chétive volte-face?  Mais prédisant cela j’affirme que tu vis;  le
sillon s’éclaire entre ton bien et mon mal. La chaleur reviendra avec le
silence comme je te soulèverai, Inanimée.

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22-04-2008

Gilbert Cesbron

Solitude :

Gilbert Cesbron dans Mots d'auteurs xNfaR

Comme unité de mesure du monde et des autres, chaque homme n’a que soi. C’est même sa définition. Ce n’est pas le rire mais la solitude qui est le propre de l’homme, ainsi que sa passion d’en sortir.

(Journal sans date. Paris, Robert Laffont)

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22-04-2008

Christine de Suède

Solitude : La solitude est l’élément des grands esprits.

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21-04-2008

Marie-France Hirigoyen : Les Nouvelles solitudes

Dans toutes les sociétés développées, la montée de la solitude est devenue un phénomène social majeur. Alors que les interactions entre individus sont permanentes, voire envahissantes, de nombreuses personnes éprouvent un sentiment douloureux d’isolement. Et, en même temps, beaucoup d’autres font le choix de vivre seules. Dans ce livre riche de nombreux cas issus de son expérience clinique, la psychanalyste Marie-France Hirigoyen montre que cette réalité est le fruit d’une mutation profonde des rapports hommes/femmes, encore inaboutie.
Si les femmes ont enfin obtenu une autonomie nouvelle, dans le travail comme dans la sexualité, cette indépendance n’a pas été encore pleinement intégrée dans les mentalités. D’où une crise des rôles masculins et féminins et une précarisation des liens intimes : un mariage sur deux se termine par une rupture, surtout à l’initiative des femmes. On constate un durcissement des relations dans le couple, reflet aussi du durcissement du monde du travail. Et le surinvestissement dans la relation amoureuse s’accompagne d’une pratique croissante du « couple en CDD ».
Les périodes de solitude et d’abstinence sexuelle, souvent durables, conduisent à un recours accru aux sites de rencontres sur Internet ou aux « nouvelles thérapies », qui se révèlent le plus souvent illusoires. Alors que, explique Marie-France Hirigoyen, la solitude peut apporter énergie et inspiration : à tout âge, la solitude choisie, tout en restant disponible à l’autre, est une source de plénitude, un moyen de sortir de la superficialité d’une société dominée par le narcissisme et le culte de la performance.

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21-04-2008

Brice Parain (1897-1971) : Radio et solitudes

La philosophie moderne nous enseigne en gros dans son essence que chaque homme est seul, et qu’il n’est en communication avec les autres que d’une façon extrêmement fragile, par des paroles qui ne veulent pas dire ce qu’on voudrait leur faire dire et qui n’ont pas, pour les personnes qui les écoutent, le sens que la personne qui les a prononcées aurait voulu leur donner. Il y a une sorte d’articulation entre les hommes par les paroles qu’ils prononcent, mais c’est un mauvais engrenage, où il y a du jeu, des manques. Par conséquent, toute la philosophie moderne en revient à peu près à ce que disait Leibniz : chacun de nous est une monade avec une petite fenêtre sur l’extérieur.

La fenêtre, maintenant, sera le micro.

Est-ce vrai ? Voilà toute la question.

Il y a à la radio justement une expérience de la solitude. Quand on écoute un poste, on peut vraiment être seul et n’être que spectateur, c’est-à-dire être dans cet état d’esprit extrêmement cruel qui est l’état d’esprit du spectateur, puisque le spectateur est là pour attendre qu’on le distraie, pour attendre qu’on l’intéresse, pour attendre qu’on l’amuse, pour attendre qu’on le sorte un petit peu de cet… ne l’appelons pas « ennui », mais de cette espèce d’attente où il est justement. C’est dans cet état-là qu’on est quand on écoute la radio, parce qu’il suffit, comme une princesse, de faire défiler sous son doigt les attraits de la vie à travers le poste et de ne s’arrêter qu’à ceux qui sont vraiment séduisants.

Il y a là un véritable phénomène de solitude, et de solitude concentrée, parce que la vraie solitude, ce serait la solitude sans radio, sans rien. Mais, étant donné que nous avons la radio, nous sommes à peu près comme les hommes de la philosophie moderne : nous avons l’impression d’être seuls, et cependant le monde fait parvenir jusqu’à nous sa rumeur. Nous sommes donc à la fois seuls et occupés, distraits et intéressés à un monde présent autour de nous.

Que sortira-t-il de cet état de choses ? Telle est la question.

Supposons que, après un développement de la radio qui permet à chacun d’avoir son poste, qui permet à chacun ou à un très grand nombre d’acquérir les connaissances nécessaires pour se servir de ce poste de la meilleure façon, c’est-à-dire de connaître à la fois ce qu’il faut de langues, ce qu’il faut de politique, de science et d’intellectualité pour tirer le maximum de ce qu’un poste de radio peut dire au hasard des émissions ; supposons qu’à côté de ces postes récepteurs nous ayons aussi des postes émetteurs. Chacun chez soi, c’est-à-dire dans sa solitude, pourra non seulement écouter la rumeur du monde entier, c’est-à-dire s’intéresser à tout ce qui se passe, mais pourra aussi parler au monde entier. Chacun pourra, de très loin, dans une sorte d’absence, appeler n’importe qui dans le monde et lui répondre s’il en a envie.

Et alors régnera une sorte de bruit terrible dans le monde entier. La vie entière sera occupée par la radio. Il n’y aura pas assez d’heures par jour pour écouter tout ce qu’il y aura à écouter dans les postes de radio ; et en plus, dans les intervalles, chacun pourra dire ce qu’il a à dire, et dire ce qu’il a à dire de la meilleure façon possible, parce que, lorsque nous écrivons, nous sortons de nous-mêmes, nous sommes obligés de faire un effort, nous sommes obligés de nous déplacer. Autrefois, on était obligé de se déplacer pour écouter un concert ou voir une personne. Le fait de s’asseoir à sa table, de prendre un stylo, d’avoir cette distance entre l’esprit qui a conçu quelque chose et le papier sur lequel il faut l’inscrire est un déplacement, tandis qu’avec un poste émetteur, on imagine très bien les individus chez eux, bien au chaud, en plein dans leur rêverie, appelant tout près d’eux, dans leur intimité, d’autres individus au moment où ça leur « chante », comme on dit, simplement par la parole : probablement ne seront-ils pas obligés de manier des manettes, mais pourront-ils simplement commencer à parler, comme s’ils avaient quelqu’un avec eux.

Alors, pourquoi ne pas imaginer qu’il y aura des hommes qui, simplement, comme autrefois on attendait (comme disaient les paysans, on « espérait »), écouteront tout ce qui viendra du monde, parleront au monde et lui diront tout ce qu’ils ont à dire, jusqu’au moment peut-être où ils entendront une voix qui répondra ?

C’est une sorte de civilisation qu’on pourrait presque appeler primitive, puisqu’il n’y aura plus toute cette vie de société par laquelle les hommes sont tous demi-présents les uns aux autres. Il y aura dans cette solitude une sorte d’appel plus pressant, plus vrai, et peut-être une possibilité de réponse venant de loin, d’un endroit où la personne qui parle n’aurait peut-être pu aller.

C’est en cela qu’il existe peut-être dans la radio la possibilité d’une sorte de nouvelle civilisation ou de nouvelle littérature, c’est-à-dire la littérature qui accepterait ce qu’il y a d’absence en elle, qui n’aurait pas besoin de faire d’effort, cet effort dans lequel est contenu la rhétorique, la littérature qui serait plus proche de l’inspiration, qui n’aurait pas besoin de se soumettre à des règles d’expression qui font qu’il faut dire une chose avant une autre, selon un ordre qu’il est nécessaire de calculer pour que les gens vous comprennent ou vous suivent, mais qui se laisserait aller beaucoup plus à une sorte d’inspiration spontanée, de rêve naturel. Sans omettre le ton de la voix, ce qu’aucun livre ne peut ajouter, même avec la meilleure perfection du style.

Par conséquent, cela pourrait permettre entre les personnes les plus éloignées des communications absolument inattendues.

Peut-être sera-ce la solution de notre monde. Il ne faut pas être pessimiste, mais il faut bien dire que notre monde est très vaste et très vagabond., Ce sera peut-être la solution de notre monde vagabond, parce qu’il est possible de concevoir qu’il y ait des postes de T.S.F. pas plus gros qu’une montre, qu’on pourrait porter dans sa poche et qui, par conséquent, pourraient permettre à chacun, même en prison – à condition que ce soit permis, ou de la façon clandestine qu’on peut imaginer, – d’avoir le sentiment de ne pas être séparé de la vie, de ne pas être réduit à l’état de bête traquée dans lequel, souvent, on est lorsqu’on est ou relégué ou en prison.

Voilà quel pourrait être le sens de la radio, au-delà de cette impression qu’on a tout de suite lorsqu’on va dans un de ces villages qui, il y a cinquante ans, étaient si calmes l’été, et qu’on entend d’une fenêtre ouverte une sorte de bruit de conversation, de concert, de conférence, toutes ces choses qui sont inutiles et qui font la farce, la mauvaise farce du bruit de la civilisation d’aujourd’hui.

C’est peut-être quelque chose de cet ordre qui se cache derrière la radio et qui est l’indice d’une certaine création. (1930)

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21-04-2008

Henry Miller (1891-1980)

Solitude : La vie ne commence réellement qu’avec la solitude ; ce qui se passe, lorsqu’on se rassemble, découle purement et simplement de ce qu’on était seul. Les phases essentielles de notre vie, ses points tournants, ont pour ressort le silence. Le monde du sexe. Paris, Buchet / Chastel

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19-04-2008

Charles Baudelaire

Charles Baudelaire  dans Mots d'auteurs Man-Ray_01Solitude : Sentiment de solitude, dès mon enfance. Malgré la famille, et au milieu des camarades, surtout, – sentiment de destinée éternellement solitaire.

Cependant, goût très vif de la vie et du plaisir. Mon Coeur mis à nu, Journal Intime.

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18-04-2008

Albert Camus (1913-1960) : L’Envers et l’endroit, Préface

Albert Camus (1913-1960) : L'Envers et l'endroit, Préface dans Mots d'auteurs 59-131-camus--144x150Solitude : Si la solitude existe, ce que j’ignore, on aurait bien le droit, à l’occasion, d’en rêver comme d’un paradis.

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18-04-2008

56) Joe Dassin : Depuis l’année dernière – 1975

Il y a des soirs ou j’ai enviehttp://a2.img.v4.skyrock.net/a27/lespompomettes/pics/678487539_small.jpg
De ne pas rentrer à l’hôtel
Ou j’ai besoin de traîner dans la nuit
Quand on est
seul toutes les filles sont belles

Un numéro perdu dans un carnet
Des cheveux blonds, des yeux gentils
Et si ce soir, pour voir, je t’appelais
Peut-être que toi aussi tu t’ennuies

Comment vas-tu depuis l’année dernière
Quelqu’un m’a dit qu’on ne te voyait plus
Toi qui sortais pendant des nuits entières
Ce soir je chante et tu n’es pas venue

J’entends des cris d’enfant au téléphone
Comment est-il, est-ce qu’il a tes cheveux
A quelques mois ça n’ressemble à personne
J’aimerais bien vous voir tous les deux

Mais tu préfères que je ne le voie pas
Tu dis que tu t’en sors très bien
Moi c’est souvent que je pensais à toi
Pardonne moi, moi je n’en savais rien

Comment vas-tu depuis l’année dernière
Quelqu’un m’a dit qu’on ne te voyait plus
Toi qui sortais pendant des nuits entières
Ce soir je chante et tu n’es pas venue

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17-04-2008

Aimé Césaire (1913-2008) : solitude

57098aimecesaire.jpgPour toi Aimé Césaire, qu’est-ce que c’est que la solitude?

Ah! Qu’est-ce que c’est que la solitude? [Je ne sais pas] très bien comment répondre à cette question. C’est que la solitude on ne la définit pas, on l’éprouve et je me suis senti et je me sens encore un homme isolé. Peut-être d’ailleurs que si j’écris c’est précisément pour sortir de l’isolement. Mais je crois que tout poète, tout homme éprouve ce sentiment-là. Je ne crois pas du tout que ce soit un sentiment qui me soit particulier. Peut-être ce sentiment de solitude, peut-être était-il plus accusé chez moi dans ma Martinique. D’abord parce que la Martinique est une île. Ce sentiment que l’île se suffit jamais à elle-même, elle appelle autre chose. Elle a besoin d’un complément. Et le fait que étant peu accessible, peu en accord avec les valeurs de la société martiniquaise, je me sentais tout à fait isolé. Ça c’est très vraisemblable.

Allons on va voir l’autre côté de la question si tu veux. Tournons le miroir. Il y avait quand même l’enfance. L’enfance est une chose extraordinaire surtout pour un homme comme toi, c’est-à-dire pour un poète. Aujourd’hui, tu m’as dit ton âge tout à l’heure, avec ta permission je vais dire que tu as dépassé largement la cinquantaine. Pas besoin je crois de jeter un regard en arrière, ton enfance t’accompagne n’est-ce pas?

Peut-être ! Sans doute, même ! Oui !

Et dans cette enfance il y a eu miracle aussi sûrement. A part cette solitude, à part ce rejet du lieu où tu étais, cette espèce de refus de ce qui étais à côté de toi, il y a eu quand même le miracle qui est inhérent à l’enfance malgré toutes les situations bonnes ou mauvaises dans lesquelles on se trouve.

Ah, je crois que ce miracle c’est que, c’est le miracle de la communion n’est ce pas, de la communion avec un certain nombre de choses. Il est clair que cet isolement ne pouvait pas être total. Je me suis identifié, je me suis raccroché à un certain nombre de choses: avec la nature, avec les paysages de chez moi, avec tout le petit peuple de la Martinique, avec le folklore martiniquais. Au fond! comment se fait-il que moi Martiniquais, dans une génération qui était entièrement coupée de l’Afrique et qui était fière de se couper de l’Afrique, qui n’avait qu’un souci c’était de se couper de l’Afrique, de tout ce qui était noir dans un monde qui se voulait complètement assimilé à la France, comment les idées qui sont les miennes à l’heure actuelle, comment ses idées-là ont-elles pu naître, ces idées qu’on a pu appeler une sorte de panafricanisme. Comment cela a pu naître au fond. C’est parce que tout simplement ma mère était une femme du peuple, ma grand-mère était une femme du peuple, j’ai baigné dans le petit peuple, j’ai passionnément aimé le petit peuple. Et je l’ai aimé physiquement, je l’ai aimé dans ses poèmes, je l’ai aimé dans son folklore

http://www.potomitan.info/index.php

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16-04-2008

John Krakauer : Voyage au bout de la solitude

John Krakauer : Voyage au bout de la solitude dans Livres chris-mccandlessLa triste histoire de Chris McCandless se situe à mi-chemin entre la colonne des faits divers et la mythologie américaine. En France, mourir de faim au fond des bois relève de l’exploit. Aux Etats-Unis, rien de plus facile. Surtout dans le quarante-neuvième d’entre eux, cet Alaska où le mot «sauvage» a encore un sens. C’est là, en 1992, qu’on retrouve le corps d’un garçon de vingt-deux ans, pesant moins de quarante kilos, au fond de son sac de couchage. Comment McCandless a-t-il péri? Pourquoi diable s’est-il aventuré dans des parages aussi hostiles sans vivres ni équipement adéquat? John Krakauer, dont l’existence fut elle aussi aventureuse, bâtit son récit comme une enquête policière. Grâce à une série de témoignages, il reconstitue les deux années d’errance d’un brillant étudiant de la côte Est qui abandonna sa famille et vagabonda entre le Mexique et le Dakota du Sud, avant de brûler ses derniers dollars et de s’enfoncer dans les solitudes frisquettes qui s’étendent au pied du mont McKinley. Plusieurs hypothèses ont été avancées: l’inconscience de la jeunesse, l’amour niais de la nature propre à certains citadins, ou encore la mode zen des expériences mystiques. Mais la réponse réside ailleurs, au fondement même de l’histoire du Nouveau Monde, dans les livres de Thoreau, Mark Twain, John Muir, Jack London. Or, chacun sait que les récits du Grand Nord se terminent mal, le plus souvent.

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14-04-2008

Protégé : 14 avril

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11-04-2008

Sully Prudhomme : Première Solitude

57199picasso1913.jpgSully-Prudhomme par Picasso 1913 

Il est plus d’un silence, il est plus d’une nuit,
Car chaque solitude a son propre mystère :
Les bois ont donc aussi leur façon de se taire
Et d’être obscurs aux yeux que le rêve y conduit.

On sent dans leur silence errer l’âme du bruit,
Et dans leur nuit filtrer des sables de lumière.
Leur mystère est vivant : chaque homme à sa manière
Selon ses souvenirs l’éprouve et le traduit.

La nuit des bois fait naître une aube de pensées ;
Et, favorable au vol des strophes cadencées,
Leur silence est ailé comme un oiseau qui dort.

Et le coeur dans les bois se donne sans effort :
Leur nuit rend plus profonds les regards qu’on y lance,
Et les aveux d’amour se font de leur silence.

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11-04-2008

Robert Sabatier : Les solitudes

Seule et pleurant le jardin sans la vigne,
L’amour sans fruits, la ruche sans abeilles,
Et déchirant ses épaules aux ronces,
Les seins meurtris, les lèvres sans alcool
Et moi croisant le fer avec moi-même.

Je tente en vain de te rejoindre, et l’ombre
Qui t’accompagne est l’ultime rampart
Entre ces jours séparés, ces espaces
Et cette loi des mondes si semblables
Et si cruels dans leurs arrachements.

Est-ce le Graal ou la Rose qui fuit ?
Au fond des mers le livre initial,
Au fond des nuits la clé perdue et l’or
Philosophal. En moi ta peine, en moi
Le chêne vert que dévore l’outrage.

Dans ce palais de longue longue vie
Passe un fantôme, un autre, qui s’ignorent,
Et les oiseaux effrayés se détachent
De la muraille où les pierres s’effritent.

Quand mon amour, quand mon amour, ô quand
Reviendras-tu pour t’unir à ma vie ?

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11-04-2008

Gérard de Nerval : Avril

Gérard de Nerval : Avril dans Poésies boisjoili2Déjà les beaux jours, – la poussière,
Un ciel d’azur et de lumière,
Les murs enflammés, les longs soirs ; -
Et rien de vert : – à peine encore
Un reflet rougeâtre décore
Les grands arbres aux rameaux noirs !

Ce beau temps me pèse et m’ennuie.
- Ce n’est qu’après des jours de pluie
Que doit surgir, en un tableau,
Le printemps verdissant et rose,
Comme une nymphe fraîche éclose
Qui, souriante, sort de l’eau.

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11-04-2008

55) Miguel Pous : En mi soledad

In my solitude (2004) Renata Frolova.

En Mi Soledad (In My Solitude)

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10-04-2008

Jules Supervielle : Iles sur le vent

Mon cœur, si mal blotti dans notre solitude,
L’un à l’autre attachés, nourris d’un même sang,
Mon cœur et mon cerveau, mes ramiers sous le vent,
Retenu à leur toit par une corde rude,
Le toit c’est encore moi et même la maison ;
Et même les ramiers qui sont à naître encore
Mais devinent déjà les couteaux de l’aurore,
Palpitants et peureux dans un sommeil sans fond.

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09-04-2008

Camille Belguise

Dans le silence et la solitude, on n’entend plus que l’essentiel. Echos du silence.

La solitude désole le œur et contente l’esprit. Echos du Silence.

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07-04-2008

Mihai Eminescu (1850 – 1889) : Solitude

Assis à ma petite table,
Avec les rideaux tirés,
Le feu clignotant dans l’âtre,
Je plonge triste dans mes pensées.

Des nuées de souvenirs,
Illusions en éventail,
Stridulent comme des cigales,
Entre les vieilles, noires murailles.

Ou tombent lourdes, tendres, douces
Et s’écrasent dans l’âme triste,
Comme dégouline la cire
Aux pieds d’une statue du Christ.

Les encoignures de la chambre
Tissées en toile d’araignée
Parmi des amas de livres
Cachent des souris affamées.

De cette douce paix j’élève
Le regard vers le grenier
Et j’entends comme elles grignotent
Couvertures de livres épais.

Oh, combien de fois ai-je voulu
Pendre la lyre au clou
Mettre fin à mes poèmes,
Trouver au désert, le bout ;

Mais alors, souris et cigales,
De leur pas léger, petit,
Ramènent la mélancolie
Et elle se fait poésie.

Parfois… très rarement, sur le tard,

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05-04-2008

André Dumas : Le Phare

Lentement, tristement, le jour pâlit et meurt.
La mer, que nous révèle une sourde rumeur,
Dort là-bas, invisible, et, debout, dans la brume,
Le vieux phare, fidèle à son devoir, s’allume.
L’un blanc et l’autre rouge, éclairs intermittents ;
Ses feux alternatifs jaillissent par instants,
Projetant autour d’eux leur clarté fraternelle.
Et jusqu’au petit jour, vaillante sentinelle,
Le phare, scrutant l’ombre et tenant tête au vent,
Veille et palpite, car c’est quelqu’un de vivant.
Et le marin battu par des souffles contraires
Moins seul dans l’infini, songe aux hommes, ses frères,
Dont la main secourable alluma des flambeaux.

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04-04-2008

54) William Scheller : Oh ! j’cours tout seul !

La vie c’est comme une image
Tu t’imagines dans une cage
Ou ailleurs
Tu dis « C’est pas mon destin »
Ou bien tu dis « C’est dommage »
Et tu pleures

On m’a tout mis dans les mains
J’ai pas choisi mes bagages
En couleur
Je cours à côté d’un train
Qu’on m’a donné au passage
De bonheur

Et je regarde ceux
Qui se penchent aux fenêtres
J’me dis qu’il y en a parmi eux
Qui me parlent peut-être
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

Et si j’te comprends pas
Apprends-moi ton langage
Dis-moi les choses qui m’font du bien
Qui m’remettent à la page
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

Pour des histoires que j’aime bien
J’ai parfois pris du retard
Mais c’est rien
J’irai jusqu’au bout du chemin
Et quand ce s’ra la nuit noire
Je s’rais bien

Faut pas qu’tu penses à demain
Faut pas dormir au hasard
Et tu tiens
Je cours à côté d’un train
Qu’on m’a donné au passage
Un matin

Et je regarde ceux
Qui s’allument aux fenêtres
J’me dis qu’il y en a parmi eux
Qui m’aimeraient peut-être
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul


Et si j’te comprends pas
Apprends-moi ton langage
Dis-moi les choses qui m’font du bien
Qui m’remettent à la page
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

Et je regarde ceux
Qui s’endorment aux fenêtres
J’me dit qu’il y en a parmi eux
Qui m’oublient peut-être
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

On vous dira sans doute
Que mon histoire est bizarre
Je sais mais j’peux pas m’arréter
Vu qu’y a plus d’noms sur les gares
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

Posté par Jean dans Chansons | 1 Commentaire »

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