Archives pour mars 2008

31-03-2008

La solitude du gardien de phare

phare1Chansons :

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31-03-2008

Protégé : Les blogs des autres

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31-03-2008

Protégé : Blog-note : L’écrit du coeur de Monique…

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30-03-2008

Protégé : Blog-note : Zara

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29-03-2008

Protégé : 170 000

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29-03-2008

Louis Calaferte

Solitude : Déjà, ils ont éprouvé ce sentiment angoissant que même entourés, nous sommes seuls.

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28-03-2008

53) Bernard Lavilliers : Solitaire

Solitaire, un peu trop fier, pour vivre au présent
Tu t’demandes à quoi ça sert, passer tout ce temps
Cet arpège est un piège, on en sort comment
On réfléchit, on assiège, et plus seul qu’avant
Et plus seul qu’avant

Tu ratures, tu désespères, cri, chuchotement
Tu tournes en rond, tu t’enterres, tu bois énormément
C’est mauvais, y’a rien à faire, cette nuit est un enfer
On en sort comment, bien plus seul qu’avant
Bien plus seul qu’avant

Cette chanson de pervers, de bon sentiment
Ne veut pas se laisser faire, pour qui tu te prends ?
Autour de toi y’a la guerre, y’a la faim et la misère
Tu te ramollis grand frère, tu t’en sors comment ?
Bien plus seul qu’avant

C’est toujours un grand mystère, un secret pesant
Tout ce que l’homme peut faire, tout l’acharnement
Pour éliminer ses frères, radical et sanguinaire
Il a besoin de tout son talent
Et plus seul qu’avant

Cette image à la frontière d’une femme en blanc
Allongée dans la poussière depuis un moment
Y’a les décalages horaire, j’aurais mieux fait de me taire
C’est p’tet pas l’moment
J’suis plus seul qu’avant
J’suis plus seul qu’avant

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28-03-2008

Protégé : Catégories

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28-03-2008

Protégé : Questions

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27-03-2008

Oscar Vladislas de Lubicz Milosz (1877-1939)

Solitude, ma mère, redites-moi ma vie ! Voici
Le mur sans crucifix et la table et le livre
Fermé ! Si l’impossible attendu si longtemps
Frappait à la fenêtre, comme le rouge-gorge au coeur gelé,

Qui donc se lèverait ici pour lui ouvrir ? Appel
Du chasseur attardé dans les marais livides
Le dernier cri de la jeunesse faiblit et meurt la chute d’une seule feuille
Remplit d’effroi le coeur muet de la forêt.

Qu’es-tu donc, triste coeur ? une chambre assoupie
Où, les coudes sur le livre fermé, le fils prodigue
Écoute sonner la vieille mouche bleue de l’enfance ?
Ou un miroir qui se souvient ? ou un tombeau que le voleur a réveillé ?

Lointains heureux portés par le soupir du soir, nuages d’or,
Beaux navires chargés de manne par les anges ! est-ce vrai
Que tous, tous vous avez cessé de m’aimer, que jamais,
Jamais je ne vous verrai plus à travers le cristal

De l’enfance ? que vos couleurs, vos voix et mon amour,
Que tout cela fut moins que l’éclair de la guêpe
Dans le vent, que le son de la larme tombée sur le cercueil,
Un pur mensonge, un battement de mon coeur entendu en rêve ?

Seul devant les glaciers muets de la vieillesse ! seul
Avec l’écho d’un nom ! et la peur du jour et la peur de la nuit
Comme deux soeurs réconciliées dans le malheur
Debout sur le pont du sommeil se font signe, se font signe !

Et comme au fond du lac obscur la pauvre pierre
Des mains d’un bel enfant cruel jadis tombée :
Ainsi repose au plus triste du coeur,
Dans le limon dormant du souvenir, le lourd amour.

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26-03-2008

Bernard Marie Koltès : La nuit juste avant les forêts

Résumé : Un homme assis à une table de café, tente de retenir par tous les mots qu’il peut trouver, un inconnu qu’il a abordé au coin d’une rue un soir où il est seul. Il lui parle de son univers, une banlieu où il pleut, où l’on est étranger, où l’on ne travaille plus. Il lui parle de tout et de l’amour comme on ne peut jamais en parler, sauf à un inconnu comme celui-là, un enfant peut-être, silencieux, immobile.

C’est la pièce qui a révélé Bernard-Marie Koltès quand Jean-Luc Boutté l’a montée au Petit Odéon, en 1981, avec Richard Fontana. En apparence, La nuit juste avant les forêts est un monologue – le monologue d’un homme marchant dans la ville, la nuit, sous la pluie. En réalité, c’est un dialogue avec un inconnu, dont l’apparition au coin d’une rue suscite chez l’homme un irrépressible besoin de parler. Parler comme on peut le faire quand on a été trop longtemps seul – avec un désir impérieux, physique.

Début : Tu tournais le coin de la rue lorsque je t’ai vu, il pleut, cela ne met pas à son avantage quand il pleut sur les cheveux et les fringues, mais quand même j’ai osé, et maintenant qu’on est là, que je ne veux pas me regarder, il faudrait que je me sèche, retourner là en bas me remettre en état — les cheveux tout au moins pour ne pas être malade, or je suis descendu tout à l’heure, voir s’il était possible de se remettre en état, mais en bas sont les cons, qui stationnent : tout le temps de se sécher les cheveux, ils ne bougent pas, ils restent en attroupement, ils guettent dans le dos, et je suis remonté — juste le temps de pisser — avec mes fringues mouillées, je resterai comme cela, jusqu’à être dans une chambre : dès qu’on sera installé quelque part, je m’enlèverai tout, c’est pour cela que je cherche une chambre, car chez moi impossible, je ne peux pas y rentrer — pas pour toute la nuit cependant —, c’est pour cela que toi, lorsque tu tournais, là-bas, le coin de la rue, que je t’ai vu, j’ai couru, je pensais : rien de plus facile à trouver qu’une chambre pour une nuit, une partie de la nuit, si on le veut vraiment, si l’on ose demander, malgré les fringues et les cheveux mouillés, malgré la pluie qui ôte les moyens si je me regarde dans une glace — mais, même si on ne le veut pas, il est difficile de ne pas se regarder, tant ici il y a de miroirs, dans les cafés, les hôtels, qu’il faut mettre derrière soi, comme maintenant qu’on est là, où c’est toi qu’ils regardent, moi, je les mets dans le dos, toujours, même chez moi, et pourtant c’en est plein, comme partout ici, jusque dans les hôtels cent mille glaces vous regardent, dont il faut se garder — car je vis à l’hôtel depuis presque toujours, je dis : chez moi par habitude, mais c’est l’hôtel, sauf ce soir où ce n’est pas possible, et si je rentre dans une chambre d’hôtel, c’est une si ancienne habitude, qu’en trois minutes j’en fais vraiment un chez-moi, par de petits riens, qui font comme si j’y avais vécu toujours, qui en font ma chambre habituelle, où je vis, avec toutes mes habitudes, toutes glaces cachées et trois fois rien, à tel point que, s’il prenait à quelqu’un de me faire vivre tout à coup dans une chambre de maison, qu’on me donne un appartement arrangé comme on veut, comme les appartements où il y a des familles, j’en ferais, en y entrant, une chambre d’hôtel, rien que d’y vivre, moi, à cause de l’habitude — « 

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25-03-2008

25 mars

Les jeunes vont par bandes, Les couples vont deux ensemble, Les vieux avec la solitude. (Proverbe suédois)

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24-03-2008

Protégé : 24 mars

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23-03-2008

Jean-Jacques Rousseau : Quarantaine

Jean-Jacques Rousseau : Quarantaine dans Textes sand_78C’était le temps de la peste de Messine. La flotte anglaise y avait mouillé, et visita la felouque sur laquelle j’étais. Cela nous assujettit en arrivant à Gênes, après une longue et pénible traversée, à une quarantaine de vingt-un jours. On donna le choix aux passagers de la faire à bord ou au lazaret, dans lequel on nous prévint que nous ne trouverions que les quatre murs, parce qu’on n’avait pas encore eu le temps de le meubler. Tous choisirent la felouque. L’insupportable chaleur, l’espace étroit, l’impossibilité d’y marcher, la vermine, me firent préférer le lazaret, à tout risque. Je fus conduit dans un grand bâtiment à deux étages absolument nu, où je ne trouvai ni fenêtre, ni table, ni lit, ni chaise, pas même un escabeau pour m’asseoir, ni une botte de paille pour me coucher. On m’apporta mon manteau, mon sac de nuit, mes deux malles; on ferma sur moi de grosses portes à grosses serrures, et je restai là, maître de me promener à mon aise de chambre en chambre et d’étage en étage, trouvant partout la même solitude et la même nudité. Tout cela ne me fit pas repentir d’avoir choisi le lazaret plutôt que la felouque; et, comme un nouveau Robinson, je me mis à m’arranger pour mes vingt-un jours comme j’aurais fait pour toute ma vie. J’eus d’abord l’amusement d’aller à la chasse aux poux que j’avais gagnés dans la felouque. Quand, à force de changer de linge et de hardes, je me fus enfin rendu net, je procédai à l’ameublement de la chambre que je m’étais choisie. Je me fis un bon matelas de mes vestes et de mes chemises, des draps, de plusieurs serviettes que je cousis, une couverture de ma robe de chambre, un oreiller de mon manteau roulé. Je me fis un siège d’une malle posée à plat, et une table de l’autre posée de champ. Je tirai du papier, une écritoire; j’arrangeai en manière de bibliothèque une douzaine de livres que j’avais. Bref, je m’accommodai si bien, qu’à l’exception des rideaux et des fenêtres j’étais presque aussi commodément à ce lazaret absolument nu qu’à mon jeu de paume de la rue Verdelet. Mes repas étaient servis avec beaucoup de pompe; deux grenadiers, la baïonnette au bout du fusil, les escortaient; l’escalier était ma salle à manger, le palier me servait de table, la marche inférieure me servait de siège; et quand mon dîner était servi, l’on sonnait en se retirant une clochette, pour m’avertir de me mettre à table. Entre mes repas, quand je ne lisais ni n’écrivais, ou que je ne travaillais pas à mon ameublement, j’allais me promener dans le cimetière des protestants, qui me servait de cour, ou je montais dans une lanterne qui donnait sur le port, et d’où je pouvais voir entrer et sortir les navires. Je passai de la sorte quatorze jours; et j’aurais passé la vingtaine entière sans m’ennuyer un moment, si M. de Jonville, envoyé de France, à qui je fis parvenir une lettre vinaigrée, parfumée et demi-brûlée, n’eût fait abréger mon temps de huit jours: je les allai passer chez lui, et je me trouvai mieux, je l’avoue, du gîte de sa maison que de celui du lazaret.

Les Confessions, Livre Septième

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22-03-2008

La pierre, de Herdé

Une île n’est-elle pas le paradis pour une âme solitaire ? C’est de l’une d’entre elles dont je reviens ; un pied sur le sol de cette terre entourée d’eau et je me suis senti serein, et cohérent, enfin. Insulaire à son image, j’avais enfin la conviction d’avoir fait le bon choix, d’avoir mis la distance nécessaire (un océan ) entre mes liens (au 2 sens du terme) et moi : enfin libre !
Partez, mais ne revenez pas, coupez l’élastique qui vous permet de vous éloigner mais qui vous re-catapulte toujours à un moment ou un autre vers votre point de départ, attention à l’atterrissage ! La vraie liberté c’est de couper le cordon, et cela ressemble étrangement à une deuxième naissance.

Lors de ma tentative de renaissance (malheureusement avortée), j’ai pensé parfois à ce blog, et le seul avantage de mon retour sera de mettre peut être ma pierre à l’édifice en te donnant une info dont tu n’as peut être pas eu connaissance : le 12 mars de 14h à 15h sur France-Inter il y a eu une émission spéciale solitude (dans « la tête au carrée », émission généralement scientifique). Je ne sais pas si tu pourras la retrouver, ou la podcaster (voir de mettre des extraits en support sonore), mais au moins mon retour n’a pas été vain ! Futile ?

Je vais rechercher cette émission ! Merci !

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22-03-2008

Isolement – Petrus Borel

Les grand’s forêts renouvelées
La solitude des vallées
Clôses d’effroy tout à l’entour !
Ronsard
 

Sous le soleil torride au beau pays créole,
Où l’Africain se courbe au bambou de l’Anglais,
Encontre l’ouragan, le palmier qui s’étiole
Aux bras d’une liane unit son bois épais.
 
En nos antiques bois, le gui, saint parasite,
Au giron d’une yeuse et s’assied et s’endort ;
Mêlant sa fragile herbe, et subissant le sort
Du tronc religieux qui des autans l’abrite.
 
Gui ! liane ! palmier ! mon âme vous envie !
Mon cœur voudrait un lierre et s’enlacer à lui.
Pour passer mollement le gué de cette vie,
Je demande une femme, une amie, un appui !
 
— Un ange d’ici-bas ?… une fleur, une femme ?…
Barde, viens, et choisis dans ce folâtre essaim
Tournoyant au rondeau d’un preste clavecin. —
Non ; mon cœur veut un cœur qui comprenne son âme.
 
Ce n’est point au théâtre, aux fêtes, qu’est la fille
Qui pourrait sur ma vie épancher le bonheur :
C’est aux champs, vers le soir, groupée en sa mantille,
Un Werther à la main sous le saule pleureur.
 
Ce n’est point une brune aux cils noirs, l’air moresque ;
C’est un cygne indolent ; une Ondine aux yeux bleus
Aussi grands qu’une amande, et mourants, soucieux ;
Ainsi qu’en réfléchit le rivage tudesque.
 
Quand viendra cette fée ? — En vain ma voix l’appelle ! —
Apporter ses printemps à mon cœur isolé.
Pourtant jusqu’aux cyprès je lui serais fidèle !
Sur la plage toujours resterai-je esseulé ?
 
Sur mon toit le moineau dort avec sa compagne ;
Ma cavale au coursier a donné ses amours.
Seul, moi, dans cet esquif, que nul être accompagne,
Sur le torrent fougueux je vois passer mes jours.

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21-03-2008

Charles d’Orléans (1394-1465)

Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s’est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.

Il n’y a beste, ne oyseau,
Qu’en son jargon ne chante ou crie
Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye.

Riviere, fontaine et ruisseau
Portent, en livree jolie,
Gouttes d’argent, d’orfaverie ;
Chascun s’abille de nouveau
Le temps a laissié son manteau.

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21-03-2008

52) Vincent Biolay : La Chambre d’amis

Une table basse en chêne, une TV peu de chaînes
Une vue un peu moyenne, un canapé-lit crème
Une pile de magazine, des trophées en vitrine
un flacon d’eau sauvage, et des doubles vitrages
Les rideaux… mi-clos… quelques plantes… 2 heure 30…

Dans la chambre d’amis, pour la première nuit
Dans la chambre d’amant, tu dors seule à présent
Dans la chambre d’amis, je regarde la pluie
Les étoiles ambulantes et m’endors sur le… ventre

Une étagère qui penche, une fusée rouge et blanche
Quelques piles de linge, de la monnaie de singe
Deux vieux clichés jaunis, des films interdits
Aux moins de 18 ans et des dessins d’enfant
Les rideaux… mi-clos… immobile… 3 heures pile…

Dans la chambre d’ami, je suis cet ennemi
Qui dort au purgatoire, à gauche du couloir
Dans la chambre d’ami, de thèse en théorie
Je sais que j’ai tout faux, je m’endors sur le… dos

Dans la chambre d’amis, je recevrais des filles
Partenaire de dépit, de beaux oiseaux de nuit
Dans la chambre d’amant, j’irais de temps en temps
Mais le matin qui suit, jeté du paradis
Je reprendrais mes billes, ma montre Bulgari
Et reviendrais ici, dans la chambre d’amis…

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21-03-2008

Théodore Weustenraad (1805-1849) : Solitude

Tout meurt, pour rajeunir, hormis le cœur de l’homme.

Quel deuil mystérieux plane sur ces montagnes
Où ma Muse, encor jeune, aimait tant à bondir
Parmi les rocs penchés, qui, du fond des campagnes,
Paraissent des géants prêts à les envahir ;

A suivre, pas à pas, la trace des ruines
Dont l’histoire funèbre allait se dérouler
Autour du tronc puissant et des vastes racines
D’un château-fort qui mit dix siècles à crouler !

Ils sont morts, les cyprès dont l’ombre séculaire,
Redoutable aux ébats des nocturnes Esprits,
Protégeait les tombeaux de l’ancien monastère
Où Charles-Quint, un jour, vint prier pour son fils,

Et défendait l’accès de l’antique chapelle
Dont la voûte écroulée et les fuyants lambris
Étalent sur un sol tout ravagé comme elle
L’orgueil humilié de leurs nobles débris.

Du doux fleuve natal aux ondes caressantes
Où vogua si souvent mon solitaire esquif,
Aux pieuses clartés des étoiles naissantes,
Ou sous les feux ardents d’un soleil pur et vif,

Le sein ne frémit plus sous la chanson virile
Que lui chantaient jadis les humbles nautonniers,
Dont la barque déserte et la rame inutile
Sommeillent auprès d’eux sur nos muets chantiers.

Au pied de ce moulin aux immobiles ailes
Qui se dresse de loin devant l’œil interdit,
Comme une blanche croix que la main des Fidèles
Éleva sur le seuil d’un village maudit,

Ne brillent plus les feux, qui, sous la main des pâtres,
S’élevaient, vers le soir, dans les airs obscurcis,
Et faisaient resplendir de leurs reflets rougeâtres
Des contes du vieux temps les lugubres récits.

Un silence de mort remplace le cantique
Qui, du sein rayonnant des paisibles hameaux,
Montait aux jours d’été vers un ciel magnifique,
Avec l’encens des fleurs et le chant des oiseaux,

Et n’est interrompu que par le roc qui tombe
Et se brise en éclats dans les vallons déserts,
Ou par le cri plaintif de la pauvre colombe
Qu’un épervier vainqueur emporte dans les airs.

Mais cette solitude aride et désolée
Renaîtra, tôt ou tard, à la vie, au bonheur ;
Elle refleurira par un Dieu repeuplée
Qui vous repeuplera, solitudes du cœur !

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20-03-2008

Seul – Edgar Allan Poe

Depuis l’heure de l’enfance, je ne suis pas
Semblable aux autres ; je ne vois pas
Comme les autres ; je ne sais pas tirer
Mes passions à la fontaine commune
D’une autre source provient
Ma douleur, jamais je n’ai pu éveiller
Mon cœur au ton de joie des autres
Et tout ce que j’aimai, je l’aimai seul
C’est alors — dans mon enfance — à l’aube
D’une vie de tumulte que fut puisé
A chaque abîme du bien et du mal,
Ce mystère qui toujours me retient –
Au torrent et à la fontaine
Dans la falaise rouge de la montagne –
Dans le soleil qui roule autour de moi
En son or automnal
Dans l’éclair qui volait au ciel et passait
Près de moi pour s’enfuir,
Dans le tonnerre et dans l’orage
Et dans la nuage qui prenait la forme
(Alors que le reste du ciel était bleu)
D’un démon à mes yeux.

(traduction de Charles Baudelaire)

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20-03-2008

George Sand

Marianne Monnier-Koenig, La Nuit transfigurée

George Sand dans Textes die_verklaerte_nacht_2002

C’est le temps des bruits insolites et mystérieux dans la campagne. Les grues émigrantes passent dans des régions où, en plein jour, l’œil les distingue à peine. La nuit, on les entend seulement ; et ces voix rauques et gémissantes, perdues dans les nuages, semblent l’appel et l’adieu d’âmes tourmentées qui s’efforcent de trouver le chemin du ciel, et qu’une invincible fatalité force à planer non loin de la terre, autour de la demeure des hommes ; car ces oiseaux voyageurs ont d’étranges incertitudes et de mystérieuses anxiétés dans le cours de leur traversée aérienne. Il leur arrive parfois de perdre le vent, lorsque des brises capricieuses se combattent ou se succèdent dans les hautes régions. Alors on voit, lorsque ces déroutes arrivent durant le jour, le chef de file flotter à l’aventure dans les airs, puis faire volte-face, revenir se placer à la queue de la phalange triangulaire, tandis qu’une savante manœuvre de ses compagnons les ramène bientôt en bon ordre derrière lui. Souvent, après de vains efforts, le guide épuisé renonce à conduire la caravane ; un autre se présente, essaie à son tour et cède la place à un troisième, qui retrouve le courant et engage victorieusement la marche. Mais que de cris, que de reproches, que de remontrances, que de malédictions sauvages ou de questions inquiètes sont échangés, dans une langue inconnue, entre ces pèlerins ailés !

Dans la nuit sonore, on entend ces clameurs sinistres tournoyer parfois assez longtemps au-dessus des maisons ; et comme on ne peut rien voir, on ressent malgré soi une sorte de crainte et de malaise sympathique, jusqu’à ce que cette nuée sanglotante se soit perdue dans l’immensité.

Il y a d’autres bruits encore qui sont propres à ce moment de l’année, et qui se passent principalement dans les vergers. La cueille des fruits n’est pas encore faite, et mille crépitations inusitées font ressembler les arbres à des êtres animés. Une branche grince, en se courbant sous un poids arrivé tout à coup à son dernier degré de développement ; ou bien une pomme se détache et tombe à vos pieds avec un son mat sur la terre humide. Alors vous entendez fuir, en frôlant les branches et les herbes, un être que vous ne voyez pas : c’est le chien du paysan, ce rôdeur curieux, inquiet, à la fois insolent et poltron, qui se glisse partout, qui ne dort jamais, qui cherche toujours on ne sait quoi, qui vous épie, caché dans les broussailles et prend la fuite au bruit de la pomme tombée, croyant que vous lui lancez une pierre.

C’est durant ces nuits-là, nuits voilées et grisâtres, que le chanvreur raconte ses étranges aventures de follets et de lièvres blancs, d’âmes en peine et de sorciers transformés en loups, de sabbat au carrefour et de chouettes prophétesses au cimetière. Je me souviens d’avoir passé ainsi les premières heures de la nuit autour des broyes en mouvement, dont la percussion impitoyable, interrompant le récit du chanvreur à l’endroit le plus terrible, nous faisait passer un frisson glacé dans les veines. Et souvent aussi le bonhomme continuait à parler en broyant ; et il y avait quatre à cinq mots perdus : mots effrayants, sans doute, que nous n’osions pas lui faire répéter, et dont l’omission ajoutait un mystère plus affreux aux mystères déjà si sombres de son histoire. C’est en vain que les servantes nous avertissaient qu’il était bien tard pour rester dehors, et que l’heure de dormir était depuis longtemps sonnée pour nous : elles-mêmes mouraient d’envie d’écouter encore ; et avec quelle terreur ensuite nous traversions le hameau pour rentrer chez nous ! comme le porche de l’église nous paraissait profond et l’ombre des vieux arbres épaisse et noire ! Quant au cimetière, on ne le voyait point ; on fermait les yeux en le côtoyant.

 

La Mare au diable

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20-03-2008

19 mars

Aujourd’hui, j’ai passé le cap des 1000 articles. Je n’ai absolument pas  l’impression d’avoir autant écrit ici.

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19-03-2008

Jean Giraudoux

Un volume que je retirai presque intact, et dont le titre était tel que je restai une minute immobile au-dessus comme sur un miroir : Robinson Crusoé

Un mendiant ne comprend son infortune qu’en voyant un mendiant, un nègre un nègre, un mort qu’en voyant un mort. Jamais il ne m’était venu à l’idée jusqu’à ce jour, par égoïsme, de comparer mon sort à celui de Robinson. Je n’avais pas voulu admettre que sa solitude effroyable fût la mienne. La vue de cette seconde île ronde comme un ballon d’oxygène au-dessus de mon île l’avait maintenue dans l’espoir. Mais aujourd’hui je feuilletai le livre comme un manuel de médecine sur la maladie qu’on croit soudain la sienne… c’était bien la même… mêmes symptômes, mêmes mots… des oiseaux, des bêtes, une peu de terre entourée d’eau de tous côtés… La nuit tombait, j’allumai deux torches… Seule, seule à la lisière d’un archipel, une femme lit Robinson Crusoé.

Suzanne et le Pacifique

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18-03-2008

André Malraux : Livres de solitude

 » Trois livres, Messieurs, trois livres tiennent en face de la prison. »
Il jeta autour de lui un coup d’œil ironique et amer :
 » Robinson. Don Quichotte. L’Idiot.
- Et l’Evangile, dit une voix.
- Non. Je ne sais pas. Enfin voilà : ces trois livres-là.
- Or, remarquez bien, c’est le même livre. Le même.

- Dans les trois cas (sa parole devint moins précipitée) un homme nous est donné initialement comme séparé des hommes, Robinson par le naufrage, Don Quichotte par la folie, le prince Muichkine par sa propre nature, par… vous voyez ce dont il s’agit… disons : par l’innocence. Les trois solitaires du roman mondial! Et que sont les trois récits? La confrontation de chacun de ces trois solitaires avec la vie, le récit de sa lutte pour détruire sa solitude, retrouver les hommes. Le premier lutte par le travail, le second par le rêve, le troisième par la sainteté. Je suis un peu rapide en ce moment, simple vue à vol d’oiseau! Je sais, je sais (il imitait un contradicteur imaginaire et haussa les épaules précipitamment), Daniel de Foe n’était pas naufragé, Cervantès n’était pas fou, Dostoïevski n’était pas saint.

Les Noyers d’Altenburg.

 

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16-03-2008

Protégé : 16 mars : anniversaire

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16-03-2008

Paul Fort : Ballade de la nuit

Paul Fort : Ballade de la nuit dans Poésies heic0607a

L’ombre, comme un parfum, s’exhale des montagnes, et le silence est tel que l’on croirait mourir. On entendrait, ce soir, le rayon d’une étoile remonter en tremblant le courant du zéphyr.

Contemple. Sous ton front que tes yeux soient la source qui charme de reflets ses rives dans sa course… Sur la terre étoilée surprends le ciel, écoute le chant bleu des étoiles en la rosée des mousses.

Respire et rends à l’air, fleur de l’air, ton haleine, et que ton souffle chaud fasse embaumer des fleurs, respire pieusement en regardant le ciel, et que ton souffle humide étoile encore les herbes.

Laisse nager le ciel entier dans tes yeux sombres, et mêle ton silence à l’ombre de la terre : si ta vie ne fait pas une ombre sur son ombre, tes yeux et ta rosée sont les miroirs des sphères.

Sens ton âme monter sur sa tige éternelle : l’émotion divine, et parvenir aux cieux, suis des yeux ton étoile, ou ton âme éternelle, entrouvrant sa corolle et parfumant les cieux.

À l’espalier des nuits aux branches invisibles, vois briller ces fleurs d’or, espoir de notre vie, vois scintiller sur nous, – scels d’or des vies futures, – nos étoiles visibles aux arbres de la nuit.

Écoute ton regard se mêler aux étoiles, leurs reflets se heurter doucement dans tes yeux, et mêlant ton regard aux fleurs de ton haleine, laisse éclore à tes yeux des étoiles nouvelles.

Contemple, sois ta chose, laisse penser tes sens, éprends-toi de toi-même épars dans cette vie. Laisse ordonner le ciel à tes yeux, sans comprendre, et crée de ton silence la musique des nuits.

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15-03-2008

Protégé : 15 mars

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14-03-2008

51) Romane Serda : Je m’appelle Solitude

L'image “http://medias.fluctuat.net/people/2/8/286/romane-serda/photos/14358.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Je m’appelle Solitude
C’est un prénom, pas une habitude
C’est un regard détaché sur les gens
Quand on aime que toi depuis deux mille ans

Je m’appelle Lonliness
Un petit nom comme une caresse
Un baiser sur tes doigts brûlants
Quand la nuit se noue entre nos draps blancs

Aime-moi, aime-moi
Comme si tu m’avais inventée
Comme si tu m’avais dessinée
Sur une nappe en papier…d’argent

Aime-moi, aime-moi
De l’aube jusqu’à la fin des temps
Aime-moi, muhh-muhh
Aime-moi

Je m’appelle Soledad
Un nom qui court comme une cascade
Un soleil sur l’océan
Quand le ciel rougit en nous écoutant

Aime-moi, aime-moi
Comme si tu m’avais inventée
Comme si tu m’avais déssinée
Sur le sable ou sur les ailes du vent

Aime-moi, aime-moi
De l’aube jusqu’à la fin des temps
Aime-moi, muhh-muhh
Aime-moi

Aime-moi, aime-moi
Comme si tu m’avais inventée
Comme si tu m’avais dessinée
Comme si j’étais un rêve d’enfant

Aime-moi, aime-moi
De l’aube jusqu’à la fin des temps
Aime-moi, muhh-muhh
Aime-moi

Aime-moi

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11-03-2008

11 mars

Instruire : Celui qui ouvre une porte d’école, ferme une prison. Victor Hugo.

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09-03-2008

Protégé : 9 mars

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07-03-2008

50) Guy Skornik : Il

Il habite dans le froid
Il n’a plus ni père ni mère
Il habite dans les bois
Il ne connaît que l’hiver
Il a treize ans aujourd’hui
Il n’a plus un seul ami je crois
Parfois il rêve la nuit
Parfois il coupe son bois

Oui mais il parle aux oiseaux
Au soleil et aux forêts
Oui mais il parle aux ruisseaux parfois
Quand le temps n’est pas trop froid

Il ne lit pas les journaux
Il connait cela par cœur déjà
Il n’écoute pas la radio
Il préfère couper son bois

Oui mais il parle aux oiseaux
Au soleil et aux forêts
Oui mais il parle aux ruisseaux parfois
Quand le temps n’est pas trop froid

Oui mais il parle aux oiseaux
Au soleil et aux forêts
Oui mais il parle aux ruisseaux parfois
Quand le temps n’est pas trop froid
La la la la …

Oui mais il parle aux oiseaux
Au soleil et aux forêts
Oui mais il parle aux ruisseaux parfois
Quand le temps n’est pas trop froid….

Posté par Jean dans Chansons | 1 Commentaire »

04-03-2008

4 mars : neige

Solitude : La solitude rétablit aussi bien les harmonies du corps que celles de l’âme.

Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)

Posté par Jean dans Mots d'auteurs | 2 Commentaires »

03-03-2008

Protégé : 3 mars

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03-03-2008

Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814) : Paul et Virginie

58112aguillerminotjacqueshenribernardindesaintpierrefrenchwriter.jpg

Après le rare bonheur de trouver une compagne qui nous soit bien assortie, l’état le moins malheureux de la vie est sans doute de vivre seul.

Posté par Jean dans Mots d'auteurs | 2 Commentaires »

02-03-2008

2 mars

Solitude : Ceux qui ne savent pas rester chez eux sont toujours des ennuyés et, par conséquent, des ennuyeux.

Charles Joseph, prince de Ligne (1735-1814 – Mes écarts)

Posté par Jean dans Mots d'auteurs | Pas encore de commentaires »

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