08-10-2007

je t’attendais – paindepice

071008attente.jpg Attente 

- Ah, enfin, te voilà, je t’attendais ! Il se fait tard, tu sais. La nuit est tombée depuis longtemps. Ici tout est calme, nous sommes loin de l’agitation des villes. Écoute, on entend juste le bruit du vent et le souffle des mots..

Les années se sont écoulées, je suis restée seule, seule avec nos souvenirs. Quels souvenirs ! Te souviens-tu, nos délires et nos fous rires ? Rappelle-toi les roulades dans les prés, les balades en forêt, les pentes dévalées, rappelle-toi l‘océan…

Je n’ai pas cherché ailleurs cette complicité, je savais qu’elle n’existait pas, impossible : parce que c’était toi, parce que c’était moi…  Je n’en ai pas eu envie ; ça aurait été une trahison.

Même à ton ombre, j’ai su rester fidèle. Mais tu ne voulais pas que je t’aime. J’avais compris que je n’étais pas celle que tu espérais. Peut-être m’étais-je trompée ?

Quand tu m’as abandonnée, j’ai bien cru mourir, j’ai cru sombrer mille fois ; combien de larmes ai-je pu verser ? renoncer à toi, c’était renoncer à la vie ; par moments, je devenais folle, et le temps a passé, je me suis résignée et je me suis installée ici, dans ce havre de paix.

Pendant toutes ces années, tu m’as accompagnée, dirigeant mes pas, mes gestes, je n’étais pas tout à fait seule. Je me suis habituée à cette “solitude”, elle est presque devenue mon amie. J’ai dompté le silence, le tic-tac régulier de l’horloge m’est devenu familier. J’ai apprivoisé la nostalgie et la mélancolie.

Approche. Tu n’as pas changé, toujours cette étincelle dans les yeux, toujours ce même regard si profond qui me transperçait quand il se posait sur moi ; et ta bouche, ah, ce qu’elle a pu me manquer, souviens-toi, nos baisers passionnés. Et tes mains, tu t’amusais à les cacher au fond de tes poches, comme si tu avais peur que j’y lise l’avenir.

Bien sûr, je t’aurais dit la souffrance, les tourments, l’alcool, je t’aurais dit la solitude, enfin les femmes, la folie, l’amour encore et toujours.

Mais amour et liberté ne font pas bon ménage, tu aimais tant ta liberté et moi je ne savais que t’aimer.

“Je t’aime encore tu sais…”

Allez, viens, pose ta tête sur mon épaule et tes peines sur mon cœur.

©pain d’épices (13/04/2007)

L’un des textes qui donnent envie de retourner sur ce site.

Publié par Jean dans Paroles de solitaires | RSS 2.0

9 Réponses à “je t’attendais – paindepice”

  1. Juan, cette lettre n’était pas destinée à Michel, mais quand on vit une belle histoire d’amour, on l’a croit unique ; à vous lire, on découvre que toutes les amours (qui diffèrent) se ressemblent, entre bonheur et souffrance, entre souffrance et bonheur, « c’est toujours la même eau qui coule »… et comme, tu dis si bien : « nous ne savons jamais trouver les mots, surtout sous le coup de l’émotion « .

  2. Juan dit :

    Bonsoir paindepices !

    Cette lettre était adressée à Michel ?

    Je crois que nous ne savons jamais trouver les mots pour les gens que nous aimons vraiment et surtout quand nous sommes sous le coup d’une forte émotion.

    Dernière publication sur Iwazaru 言わざる : 64-143

  3. Michel, je crois que c’est la plus belle lettre d’amour que j’ai écrite ; elle n’a jamais été remise à son destinataire, un jour peut-être s’il revient. Je n’ai jamais vraiment su lui parler.
    Bonsoir Juan.

  4. Juan dit :

    Lorsque je supprime le café j’ai soufre de la tête. Je viens de dormir deux heures et tout est rentré dans l’odre.

    Paris, c’est pas difficle. Repert sur un plan la rue de ton rendez-vous et la porte du périf pour y arriver et le tour est joué.

    Si je vais écrire ce soir.

    Bisous. Je penserai à toi demain.

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  5. ah ben alors, le mal de tete moi c’était hier, j’espere que c’est passé aussi pour toi!!

    Je vais passer un entretien d’embauche a paris!! :)
    On verra ce que ça donne, c’est pour une boite de consultants!

    JE vais me perdre moi a paris!! lol

    UN gros bizou pour toi
    TU n’écris pas ce soir?
    a bientot
    Gulu

  6. Juan dit :

    Bonsoir ma Gulu !

    Oui, je vais bien. Un léger mal de tête mais cela vient de l’absence de caféïne aujourd’hui.

    J’ai vu que tu as été malade. ça va mieux alors ?

    Que vas-tu faire à Paris ?

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  7. bonjour mon Jean!!
    merci pour tes messages.
    je vais mieux, et je pars demain pour paris finalement.
    Et toi tu vas bien?
    Gros bizou et merci encore
    Gulu

  8. Juan dit :

    Bonsoir !

    Ce texte m’a plu parce qu’il contient une grande sincérité.

    Mais pour toi il n’est pas trop tard surtout que maintenant tu as comprit.

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  9. christian de dobbelere - 01 dit :

    j’ai si souvent voulu lui parler ainsi et ne l’ai jamais fait peut être parce que je suis l’autre, celui qui crut toujours en sa liberte, mais celle-ci n’est que poudre aux yeux ; aujourd’hui à l’aube d’une moitié de vie, liberté rime avec solitude et quand vient le soir, seule la peur de la nuit m’etreint.

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