27-09-2007

Solitude (fin) : il y a solitude et solitude

Jusqu’ici, j’ai pris le mot solitude au sens péjoratif et restreint d’isolement.

Mais la Pensée traditionnelle enseigne que la vraie solitude est positive. Le sentiment d’être isolé, vide et déraciné, demeure aussi longtemps qu’on cherche à s’en évader. Je ne parle plus ici de la nécessité d’organiser sa vie, de mettre de la cohérence dans son quotidien, mais d’une expérience que chacun doit faire, qui se trouve au-delà de l’organisation de sa vie et de la cohérence. Il n’y a pas de contradiction, c’est une question de niveau de fonctionnement : à un niveau de fonctionnement, j’organise ma vie quotidienne; à un autre niveau, je me retrouve malgré tout seul avec moi-même sans chercher à fuir… Car la solitude est inéluctable. Comme nous naissons seuls et que nous mourrons seuls.

Mais la conscience de cette solitude est positive. Aussi longtemps que nous cherchons à nous étourdir, nous éprouvons ce sentiment d’isolement; aussi longtemps que nous cherchons à fuir la solitude…

 »Toute notre culture, dit KRISHNAMURTI, est basée sur ces évasions. »

L’isolement se trouve transformé dès qu’on cesse de fuir; dès qu’on est décidé à affronter ce qui est. Et la solitude apparaît alors sous son aspect positif. Dans la mesure où notre sentiment d’isolement découle en partie de l’expérience de la naissance, de ce que tout à coup l’être se trouve séparé de ce qui l’englobait, la recherche de son origine cosmique est susceptible de combler petit à petit son vide intérieur, en lui donnant le sentiment d’être rattaché à quelque chose. Il s’agit de s’interroger sur le sens de l’incarnation. De savoir à quoi l’être, ultimement, se rattache. La conviction que l’expérience de l’incarnation a un sens; ou encore une simple ouverture sur une explication positive, est de nature à atténuer la souffrance qui découle du sentiment d’être isolé. Ce qu’il faut surmonter, c’est l’isolement et un certain état d’esprit.

La solitude, au vrai sens du terme, c’est une occasion de silence : de faire un peu le silence et de passer à l’écoute de soi. Il ne faut pas fuir la vraie solitude. Elle est inévitable. Il faut plutôt l’apprivoiser. Et découvrir ce qu’elle peut nous apprendre : le silence qui seul permet d’être à l’écoute de soi.

Publié par Jean dans Feuilleton | RSS 2.0

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