08-09-2007

Solitude (4) : l’évolution des mœurs

070908solitude2.jpgLe mariage n’est pas une solution à la solitude, contrairement à ce que certains continuent de penser. D’autant moins que l’institution du mariage traverse une crise : l’évolution des mœurs qui favorise une plus grande liberté de l’individu paraît être aussi un facteur de solitude.

Ce qui apparaît comme un progrès sur un plan engendre souvent de nouveaux problèmes à d’autres niveaux. Le nombre de divorces augmente. Et plus spécialement chez les jeunes. On peut interpréter les statistiques d’une manière positive : cette révolution représente, en effet, un progrès vers l’autonomie de l’individu, vers la libération des contraintes imposées par la société. Mais, par ailleurs, le prix à payer est celui de l’insécurité et de la solitude.

Il y a beaucoup à dire sur le célibat en rapport avec la solitude. Le célibat, autrefois considéré comme marginal, est maintenant de plus en plus accepté dans notre société - et doit l’être, du reste - comme une façon normale de vivre : un état qui entre désormais dans la norme élargie. Le célibat, au sens large, comprend aussi les divorcés qui se retrouvent le plus souvent dans une situation comparable à celle des célibataires. Il demeure qu’un très grand nombre de célibataires acceptent mal l’isolement qui découle de leur état; un isolement qui augmente au fur et à mesure qu’on avance en âge. Des recherches démontrent clairement que, dans la majorité des cas, l’état de célibataire est associé à la solitude.

On constate qu’il y a, dans la société actuelle, une insuffisance de structures de rencontres. C’est pour répondre à ce besoin que sont nées des entreprises aussi diverses que nombreuses : les clubs de rencontres, les agences matrimoniales - sans oublier l’usage, à cette fin, des annonces classées. Ces entreprises répondent à un besoin véritable. Leur prolifération est un phénomène caractéristique de notre époque. Même s’il s’en trouve qui ne font qu’exploiter le malheur des autres… Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la clientèle de ces nouveaux médias est relativement jeune. Ces agences ne s’adressent plus, comme c’était souvent le cas autrefois, à des laissés pour compte, à des incasables…

La formule du mariage scientifique repose le plus souvent, en fait, sur les vieilles lois de l’homogamie (la règle veut que les semblables s’attirent : être de même culture, du même milieu, de la même classe sociale…) afin de prévenir les risques d’échec, respectant ainsi les vieilles normes traditionnelles, à quoi s’ajoutent toutefois des informations d’ordre psychologique sur le partenaire.

Ce qui revient à dire que ces nouvelles structures de rencontre permettent, en fait, le plus souvent, de retrouver celui ou celle qui aurait pu être autrefois le fils ou la fille du voisin et de savoir sur votre futur(e) ce que ses frères et sœurs n’auraient pas manqué de vous dire le jour des noces.

Peut-être y a-t-il une réserve à faire à propos de ces entreprises, qui découle d’études dont Vance PACKARD fait état dans Le sexe sauvage : les agences et les clubs attirent « plus spécifiquement les perfectionnistes, les esprits trop critiques, les intolérants, les inflexibles, ceux qui attendent trop des autres et sont, par conséquent, isolés et solitaires. »

Publié par Jean dans Feuilleton | RSS 2.0

Laisser un commentaire

Chawki |
Une autre vision du monde |
Y'en A Marrrrrre |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | rednoize propaganda
| La vie d'une copropriété
| DES BOUTS DE NOUS...