05-09-2007

Solitude : (3) autrefois

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La société reposait autrefois sur des communautés de base : d’origine, d’habitat, de travail, de loisir, etc. L’individu se trouvait naturellement intégré dans ces communautés – ce qui lui permettait de s’exprimer et de s’épanouir.

La famille, en particulier, jouait un rôle important comme lieu des échanges interpersonnels. Je pense à la grande famille qui regroupait les collatéraux : oncles, tantes, neveux, cousins. Elle a été progressivement réduite à la famille nucléaire : le couple et quelques enfants, et on assiste même aujourd’hui à son éclatement.

L’individu devient l’unité de survie. Facteur d’isolement.

Il existait aussi les lieux de rencontre tels que, par exemple, le perron de l’église… Je pense à la sortie de la grand-messe, le dimanche à la campagne, alors que pratiquement tout le monde se retrouvait. Il y avait aussi la place du marché qui était une occasion de rencontre. Au Mexique, on trouve encore ce petit parc au centre des villes, le « zocalo » souvent entouré de cafés terrasses, lieu d’interaction, où s’amorcent les idylles amoureuses, sous le regard discret des anciens.

La croissance démesurée de la ville a entraîné la destruction de l’espace sociologique, par la réduction, puis l’effacement des communautés de base – ce que certains s’emploient aujourd’hui à reconstituer. Il y avait aussi des fêtes qui étaient l’occasion de véritables manifestations collectives et d’échanges interpersonnels; alors que les fêtes sont plutôt aujourd’hui l’occasion des fins de semaine prolongées pendant lesquelles on tend à se replier sur soi. Il n’y a plus l’éclatement sur l’extérieur dont les fêtes étaient l’occasion.

La nostalgie en soi n’apporte rien. Mais elle peut permettre de découvrir certaines règles pour une vie plus harmonieuse. À une époque où nous devons entreprendre de remettre le monde à l’endroit.

Publié par Jean dans Feuilleton, Textes | RSS 2.0

8 Réponses à “Solitude : (3) autrefois”

  1. Je t’embrasse Juan.
    Je vais me coucher. Demain, debout à 7h. Le temps de lire un peu, et au dodo !
    J’ai moins le temps de lire tous tes textes maintenant, mais je compte bien me rattraper les week-ends !
    Baisers……….
    A très bientôt.

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  2. Juste se respecter les uns les autres.
    Apprendre à être correct avec chacun quelles que soient les circonstances.
    Apprendre la tolérance.
    Apprendre à vivre quelques heures ensemble par jour (6 quand même!), dans de bonnes conditions et dans la confiance mutuelle….

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  3. Juan dit :

    La soirée a été passée sur la toile !

    Qu’appelles-tu se respecter ?

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  4. Pffff…!
    Certains oui, d’autres non…
    Bon demain, on remet ça.
    Ecriture de textes, grands nombres, la frise chronologique, et aller courir aussi !!
    Et puis rire, chanter un peu.
    Se respecter, se découvrir….
    Voilà… et toi, la soirée a-t-elle été bonne?

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  5. Juan dit :

    Tes cahiers ont-ils été bon ce soir, Isa ?

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  6. Ca va bien Juan!
    Je corrige mes cahiers, eh oui !
    Ici aussi, tout le monde me connait. Instit dans le village, expos l’été…forcément, on ne passe pas inaperçu.
    Le ciné, il n’y a pas, mais il n’y a jamais eu. Il y a une belle salle de spectacle où la programmation est de qualité.
    Quant aux bals, ici, il reste les fest noz, le Breton est très festif et danse la gavotte jusqu’à pas d’heure!
    J’espère que tu vas bien toi aussi.

    Je retourne à mes cahiers.
    Sans doute à tout à l’heure!

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  7. Juan dit :

    Bonsoir Isabelle !

    Moi aussi j’habite un village comme le tien. Ici on dit bonjour aux gens que l’on croise dans la rue. Tous les magasins sont des lieux de dicussion même la superette, la salle d’attente du médecin.

    Mais il n’y a plus les bals où les jeunes se rencontraient, il n’y plus le cinéma.

    Je participe à la troupe théatrale tout le village me connait.

    Comment vas-tu ?

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  8. Bonjour Juan,
    Il existe encore des tas de bourgs en France où l’indifférence ne règne pas.
    Ici, entre autres et juste par exemple, le marché, la boulangerie, le port, sont autant de lieux où l’on passe et où l’on papote du grand qui entre au collège, de la maladie d’un ami, du petit qui commence à marcher, de la pluie, du beau temps….
    Même si la famille a éclaté, même si l’individu se construit dans une solitude parfois au quotidien, je sais que lorsque l’on sort, lorsque l’on accepte un verre chez une amie, lorsqu’on ose parler un peu de soi, une nouvelle forme de famille se construit autour de l’amitié.
    Est-ce mieux?
    Est-ce pire?
    C’est différent, c’est tout….
    Je t’embrasse Juan.

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