02-09-2007

Solitude (1): l’isolement des êtres

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Lorsqu’on parle de solitude, c’est plutôt d’isolement dont il s’agit.

La solitude est inhérente à la condition humaine. Une part de notre être restera toujours inexprimable, incommunicable. Qu’il faut, du reste, assumer. Alors que l’isolement – même si je continue d’employer, comme tout le monde, le mot solitude dans le même sens – est l’état d’une personne qui cesse d’être reliée à ses semblables, ou qui a le sentiment de ne pas l’être – ce qui revient au même.

Tout commence avec la naissance. Le stress, l’angoisse… Aujourd’hui, la solitude.

Avant de naître, l’être est pris en charge. Il est rattaché à un organisme qui le contient. Naître, c’est se séparer de la mère : l’être éprouve alors dans son inconscient un sentiment de rejet. La blessure de la naissance se referme mal. Plus tard, au moment du sevrage, il y aura une nouvelle séparation d’avec la mère, qui rouvrira la blessure de la naissance. Puis, ce sera le départ pour la maternelle… Et toutes les séparations de la vie. Avec, chaque fois, plus ou moins, le même sentiment de rejet qu’on éprouve. Il ne suffit pas sans doute de savoir que tout commence avec la naissance, mais je suppose que d’en prendre conscience aide à accepter la difficulté d’être et de vivre.

Un des pères de la psychologie moderne, le Dr Alfred Adler, a dit : « Être humain, c’est se sentir inférieur. » Ce sentiment compte pour beaucoup dans l’isolement d’un grand nombre d’individus. Il est difficile de savoir comment on est perçu par les autres. La plupart des êtres redoutent d’être perçus négativement. Et un grand nombre interprètent la difficulté de savoir ce que pensent les autres, comme la confirmation qu’ils sont perçus de façon négative par l’entourage.

Il suffit de très peu pour entretenir le sentiment que nous éprouvons tous, de notre infériorité. Nous avons tous peur, plus ou moins consciemment, de n’être pas acceptés par les autres, d’être maintenus à l’écart. Il est facile de se percevoir comme rejeté par les autres et de devenir un solitaire, ou plutôt un isolé. Le sentiment d’infériorité, qui favorise l’isolement de l’individu, est souvent entretenu par la vie : on se replie sur soi, par exemple, à la suite d’un échec sentimental – ce qui entraîne la peur d’un nouvel échec et c’est le cercle vicieux.

Un individu peut être un solitaire de tempérament ou le devenir par choix. Mais, à quelques rares exceptions près, le solitaire est souvent un être seul qui souffre de son isolement. Car l’être humain est un animal social.

La solitude est une question difficile à cerner. Elle est diverse dans ses manifestations. Pour certains, elle se traduit par un sentiment d’ennui; pour d’autres, par un état anxieux… Tout ce qu’on peut dire : ils sont de plus en plus nombreux dans notre société les gens qui se sentent seuls, coupés des autres, coupés du monde et qui souffrent d’isolement. De solitude, comme on dit. Ils sont nombreux. Mais combien sont-ils ? C’est difficile à dire.

Parce que la solitude est une souffrance muette. Il est mal vu de se plaindre de sa solitude. On se tait. On garde sa souffrance pour soi. Comme si on avait honte de se sentir isolé.

Publié par Jean dans Photos, Textes | RSS 2.0

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