Archives pour septembre 2007

30-09-2007

La solitude ras le bol

Tant de jours
De nuits trop brèves
Ces soupirs
Que tu achèves
Sans y croire, dérisoire

Tu voudrais
D’un autre monde
Je te sens
La proie d’une ombre
Illusoire, il faut me croire.

Il n’y a pas d’ailleurs
Il n’y a pas d’ailleurs
Tu sais que ta vie, c’est ici
Il n’y a pas d’ailleurs
Il n’y a pas d’ailleurs
Tu sais que ta vie
C’est la mienne aussi

Pour renaître
De tes cendres
Il te faudra
Réapprendre
Aimer vivre, rester libre

Délaisser
Tes amertumes
Te frayer
Jusqu’à la lune
Un passage, il me faut me croire…

Lien Voir aussi Ma vie ( à l’attention de Cathy)

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30-09-2007

Toni Negri : La solitude

070930sol.jpg Photo : Cathy

Je ne sais pas vraiment. Il est clair qu’il est difficile de définir la solitude. Pour moi, la solitude c’est l’impuissance, c’est comme ça qu’on peut la définir. Il arrive qu’on ait épuisé un certain type de recherche, un certain type de travail, et on se retrouve seul. Par exemple, il y a eu un moment, en France, au tout début, quand je suis arrivé, où j’étais,« seul », comme tu le dis – pas simplement d’un point de vue théorique, mais aussi d’un point de vue pratique, matériel. Et cela m’a évidemment amené à réfléchir à ce qu’avait été la réaction léopardienne à la solitude. La réaction de Léopardi était poétique mais surtout philosophique : c’était cette capacité à inventer des grands mondes matériels, lucréciens, à l’intérieur desquels l’être et les figures de l’être abondaient véritablement de toutes parts. Cette capacité à se soustraire à la défaite, au négatif, et de construire de nouveaux mondes toujours possibles, c’est toute la grandeur de Léopardi qui lui permet de se libérer de la solitude. Et cette capacité à construire des mondes différents passe en fait par la notion de « commun », par le commun, c’est-à-dire ce qui représente l’humain dans son ensemble. Ce que l’on retrouve chez Léopardi, c’est vraiment un humanisme d’après la mort de l’homme. Dans mon propre cas, j’ai vraiment éprouvé une solitude liée à l’impuissance. Un autre exemple : après les luttes de 1995, par exemple, qui avaient donné naissance à une formidable initiative, et à travers lesquelles nous avions commencé à comprendre ce que pouvait être une nouvelle construction de l’espace public – la construction d’une démocratie absolue -, après les luttes donc, il y a eu une sorte de retombée qui traduisait l’insuffisance de nos moyens d’intervention, de notre praxis. Nous pouvions analyser les luttes de 95 et les comprendre dans leur finalité implicite, mais nous étions complètement incapables de travailler dessus politiquement. C’est là qu’est née ma nouvelle solitude : dans cette impuissance à agir politiquement. Quand on redécouvre ces grands phénomènes, ces étranges renouvellements de la Commune de Paris que l’histoire produit tous les trente ou cinquante ans, il est absolument essentiel de reprendre l’action politique. Et c’est de ce point de vue que, quand la seule possibilité que j’avais encore était de continuer un travail sociologique, cette expérience que nous avons menée ensemble m’a semblé une solitude.

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30-09-2007

Protégé : 30 septembre

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30-09-2007

Infinie solitude – Camille Bazbaz

070929sol.jpg

Puisqu’on a fait c’que l’on a pu
Puisqu’on a plus c’que l’on avait
C’qu’on a vécu on l’a perdu
Dans notre infinie solitude

Ce qu’on était on n’sait même plus
C’que l’on voulait chérie t’en souviens tu ?
Ce qu’on croyait on y croit plus
Dans notre infinie solitude

Mais on sait tous
Qu’on y peut rien
Et vivre toujours
Pour mourir demain
Moi ça m’fait rien
Du tout
Plus rien du tout

On n’sait même plus c’qu’il faut se dire
Pour s’faire sourire et se guérir
Oh, ya pas d’quoi rire
Dur de construire
Dans cette infinie solitude

Loin des yeux
Loin de mon cœur
Mais moins j’te vois et plus j’pense à toi
Oh si j’avais su je serais resté
Dans mon infinie solitude

Mais on sait tous
Qu’on y peut rien
Et vivre toujours
Pour mourir demain
Moi ça m’fait rien
Plus rien du tout

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28-09-2007

Protégé : 28 septembre : surprise

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28-09-2007

27) Louis Chedid : Solitaire

Dans un vase, des fleurs en papier,
Des mégots dans un cendrier.
A la pendule, l’heure arrêtée,
Pour moins sentir le temps passer.
Sur la table, un rond de serviette,
Un couteau, un verre, une fourchette.
Ce soir, il trinque comme d’habitude,
A la santé de cette bonne vieille solitude.

Solitaire, solitaire,
Comme une pierre précieuse qui dort,
Solitaire, solitaire,
Au fond d’un coffre-fort.
Solitaire, solitaire,
Tuer le temps et le silence.
Solitaire, solitaire,
Meubler l’absence.

Tous les 6 mois chez le docteur,
Il se fait ausculter le cœur.
Qui bat tout à fait correctement,
Médicalement parlant.
Mais au fond c’est une autre histoire,
Toutes ces nuits blanches dans le noir,
Ces matins blêmes dans ce lit à une place,
Ça laisse des traces…

Solitaire, solitaire,
Comme une pierre précieuse qui dort,
Solitaire, solitaire,
Au fond d’un coffre-fort.
Solitaire, solitaire,
Tuer le temps et le silence.
Solitaire, solitaire,
Meubler l’absence.

L’amour, l’amour, l’amour, quelle utopie !
Liberté, liberté, liberté chérie !
Mais au fond, c’est une autre histoire,
Besoin de quelqu’un quelque part.

Solitaire, solitaire,
Comme une pierre précieuse qui dort,
Solitaire, solitaire,
Au fond d’un coffre-fort.
Solitaire, solitaire,
Tuer le temps et le silence.
Solitaire, solitaire,
Meubler l’absence.
Solitaire !

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27-09-2007

Solitude

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27-09-2007

Solitude (fin) : il y a solitude et solitude

Jusqu’ici, j’ai pris le mot solitude au sens péjoratif et restreint d’isolement.

Mais la Pensée traditionnelle enseigne que la vraie solitude est positive. Le sentiment d’être isolé, vide et déraciné, demeure aussi longtemps qu’on cherche à s’en évader. Je ne parle plus ici de la nécessité d’organiser sa vie, de mettre de la cohérence dans son quotidien, mais d’une expérience que chacun doit faire, qui se trouve au-delà de l’organisation de sa vie et de la cohérence. Il n’y a pas de contradiction, c’est une question de niveau de fonctionnement : à un niveau de fonctionnement, j’organise ma vie quotidienne; à un autre niveau, je me retrouve malgré tout seul avec moi-même sans chercher à fuir… Car la solitude est inéluctable. Comme nous naissons seuls et que nous mourrons seuls.

Mais la conscience de cette solitude est positive. Aussi longtemps que nous cherchons à nous étourdir, nous éprouvons ce sentiment d’isolement; aussi longtemps que nous cherchons à fuir la solitude…

 »Toute notre culture, dit KRISHNAMURTI, est basée sur ces évasions. »

L’isolement se trouve transformé dès qu’on cesse de fuir; dès qu’on est décidé à affronter ce qui est. Et la solitude apparaît alors sous son aspect positif. Dans la mesure où notre sentiment d’isolement découle en partie de l’expérience de la naissance, de ce que tout à coup l’être se trouve séparé de ce qui l’englobait, la recherche de son origine cosmique est susceptible de combler petit à petit son vide intérieur, en lui donnant le sentiment d’être rattaché à quelque chose. Il s’agit de s’interroger sur le sens de l’incarnation. De savoir à quoi l’être, ultimement, se rattache. La conviction que l’expérience de l’incarnation a un sens; ou encore une simple ouverture sur une explication positive, est de nature à atténuer la souffrance qui découle du sentiment d’être isolé. Ce qu’il faut surmonter, c’est l’isolement et un certain état d’esprit.

La solitude, au vrai sens du terme, c’est une occasion de silence : de faire un peu le silence et de passer à l’écoute de soi. Il ne faut pas fuir la vraie solitude. Elle est inévitable. Il faut plutôt l’apprivoiser. Et découvrir ce qu’elle peut nous apprendre : le silence qui seul permet d’être à l’écoute de soi.

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26-09-2007

Quand, la fin de cela ?… – carpe diem

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Il y a ton absence… Et il y a tes mots si beaux…

Il y a la lourdeur de l’air qui m’entoure, il y a les longues heures de solitude parmi ces gens que je n’ai pas choisis… et qui sont ma famille.

Il y a l’impression qu’ils ne me laisseront jamais exister. La prise de conscience… Quatre enfants, et trois pour le moment qui se sentent perdus parmi Eux. Car il y a le mur. Il y a les mots que nous avons eu et qui n’ont rien changé.

Car ils ne… Ils nous écoutent, oui, mais dès le lendemain ils parlent de nos conversations en des termes blessants… Ils ressortent avec négligence les mots, que dis-je, les maux que je leur ai livrés. Je l’ai fait après des années de silence, je leur ai confiés, pensant qu’enfin ils sauraient en prendre soin… Mais j’ai eu tort…

Ils ne comprennent pas le don que je leur ai fait, ils jouent avec… Et moi rien que d’écrire cela, j’ai les larmes aux yeux. Pourquoi je me mets dans un tel état à cause d’eux ?…

C’est parce que je n’en peux plus… De vivre en me demandant ce qu’ils vont encore inventer pour m’étouffer davantage, ce qu’ils vont me cracher au visage, cette fois… En me demandant de quelle manière ils vont baisser mon moral, aujourd’hui. Ils y arrivent quasiment quotidiennement.

Ils le répètent, qu’ils souhaitent mon bonheur. Et croient même prendre les moyens de me rendre heureuse. Mais je m’en fous, de tous les plaisirs matériels qu’ils m’accordent. Et quand je demande leur accord pour ce qui me tient réellement à cœur, c’est le refus. Parce que mon âge. Parce que je suis une fille. Parce que de leur temps.

Parce qu’ils regardent leur jeunesse, et n’y voient pas la mienne.

Je les imagine, d’après leurs récits… Ne ratant jamais une occasion de sortir, voir du monde, futiles et drôles, pas très bosseurs, mais suffisamment pour qu’on leur foute la paix. Respectueux de leurs parents… Bref, comme la majorité des adolescents.

Oui mais voilà. Moi je n’aime pas danser, je n’aime pas sortir pour voir des gens que je connais à peine. Je n’aime pas les éclats de rire si faux, les sourires hypocrites.

Moi, je m’évade autrement. Mes amis n’auraient pu être les leurs.

Mes goûts ne sont pas ceux de l’adolescente-type… Je ne me préoccupe pas du maquillage, ni de la mode, ni des garçons, ni des potins… Tout ça me passe au dessus.

En fait, je suis tellement différente d’eux qu’ils sont perdus… Et puis, je leur donne une image de moi qui n’est pas entièrement vraie… Mais c’est pour me protéger, et j’ai vu ce que ça faisait, quand j’enlevais un peu de ma carapace…

[Et leurs mots m'atteignent si durement... Ma mère, au repas "Mais tu as peur de tout, toi !", d'un air ironique visant à me ridiculiser. Si elle savait à quel point c'est vrai... Ses mots m'ont surprise. Je ne savais que répondre... Car elle avait raison, mais elle n'en mesurait pas la portée. Elle ne comprenait pas.]

La seule chose que je leur demande, ce qui me permettrait d’être heureuse… Cela serait d’être libre… Libre de penser, libre d’aller où je veux, libre de voir qui je veux, libre d’aimer, libre de vivre…

Je n’ai pas ces libertés. Le mensonge s’est instauré entre eux et moi. Je l’avais toujours refusé, mais je n’ai pas pu faire autrement… Et à chaque fois que je doit mentir, ça me sert le cœur. Dès qu’ils me parlent de confiance…

Quand, la fin de cela ?… Lorsque j’aurai dix-huit ans ?… Et encore. Lorsque j’aurai pris mon envol, lorsque je n’habiterai plus ici.

Je me demande où je vais, comme ça… Il reste beaucoup de temps, avant que je ne sois indépendante… La situation va-t-elle empirer ? Le peut-elle ?…


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26-09-2007

André Langevin : Poussière sur la ville

070926poussieresurlaville.jpgDans son roman André Langevin aborde le thème de la solitude de l’être humain et de ses rapports avec la société. Inspirée par le courant existentialiste, son écriture tranche avec le roman traditionnel et donne un aperçu des bouleversements qui vont secouer la société québécoise.

Le personnage central du roman est Alain Dubois, un jeune médecin qui sombre dans le désespoir après s’être établi avec son épouse dans une petite ville minière du nom de Macklin. Considéré comme un des romans québécois les plus importants de son époque, «Poussière sur la ville» fera l’objet d’une adaptation cinématographique en 1967.

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26-09-2007

87) Red : Dépaysement

Je n’entend plus le chant des cigales
Tout est néant… tout est silence
Les parfums et les sons familiers
Ne caressent plus mon cœur et mes sens
Je n’entend plus le chant des cigales

Je ne veux point me réconcilier
Avec le soleil et les étoiles
Qui prétendaient avoir oublié
De m’envoyer leurs lumières banales
Je ne veux point me réconcilier

Seule dans une ville si froide et si vide
Seule dans la vie… plus seule que jamais
Dans le noir je tombe et je me relève
Astres, voulez-vous vous rallumer
Pour éclairer mes nuits froides et vides!

Voix criardes qui m’empêchent de dormir,
Laissez-moi plonger dans un sommeil
Si calme, si profond et sans rêves!
Tu peux disparaître vieux soleil
Reposes-toi et laisse-moi m’endormir!

Red Planet

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26-09-2007

Raymond Depardon (1942-

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Il faut aimer la solitude pour être photographe.

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25-09-2007

Mots-à-mots : sa solitude

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Elle ne fait pas de bruit, elle fragilise les cœurs, elle mobilise les chercheurs de crédits, elle hante toutes les chansons dans les hits, c’est l’héroïne
Préoccupante, on l’a subit, on l’a choisit, elle nous entoure, elle est omniprésente, on la refuse, on l’a demande.
Elle nous apprivoise.
Elle a cet aspect de liberté et de responsabilité, mais en même temps elle aime jouer la douloureuse.
C’est un lieu de silence, qui redonne sens et force aux mots.
Elle se nourrit du bruit de notre éparpillement, pour cacher cette souffrance, disons pour essayer d’oublier cette souffrance.
Elle est ambiguë, elle nous détruit, elle nous construit, c’est la meilleure et la pire des choses.
Elle nous révèle à nous même, c’est notre antichambre de douleur, notre désespoir, notre coup de cafard.
A quoi bon, il n’y a ni fuite, ni repli, aucun vide, on recherche ce je ne sais quoi, ce quelqu’un.
C’est tout simplement le reflet d’une peur, la peur d’être soi-même
Ce n’est rien d’autre, que la juste distance de l’amour, d’une relation équilibrée que l’on assume sans s’y noyer.
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25-09-2007

Irène Nemirovsky (1903-1942) : Le vin de solitude

070925renenemirovsky.jpgLargement autobiographique, ce « vin de solitude » décrit avec acidité les souffrances et les rancœurs d’une fillette blessée par l’indifférence de son père et le mépris de sa mère.

Hélène est russe et a huit ans. Sa mère, issue d’une famille noble, la méprise ainsi que son mari qu’elle considère d’une extraction et d’une valeur inférieur à la sienne. Hélène, soumise à ses caprices et sautes d’humeur, fait douloureusement les frais de cet amour propre contrarié. Et pourtant, le père d’Hélène n’a d’yeux que pour son épouse, délaissant ainsi sa fillette. Hélène n’a que sa nurse française, qui lui voue une affection rigide mais sans faille. Malgré tout, son quotidien est largement fait de solitude et d’amertume.

Sa nourrice est renvoyée par sa mère puis, suite aux événements en Russie, la famille sera contrainte de s’expatrier à Paris. Avec les absences répétées du mari, s’engage alors un nouveau huis clos terrible : la mère, la fille et l’amant.

Cette œuvre est féroce et cruelle à la fois : Irène Némirovsky écorche sans concession le père absent et aveuglé, l’amant superficiel et dépravé et la mère snob, volage et vaine. Le tout à travers le regard grinçant et rancunier la fillette, spectatrice et victime de ce ballet sordide.

Cette haine raisonnée et sereine édifiée pierre par pierre par la fillette humiliée et solitaire puis par la jeune fille glacée et revancharde fera peu à peu son œuvre. Sa mère l’a détruite, l’a privé d’amour et d’insouciance. Alors, ce sera à son tour d’être délaissée et abandonnée.

Une œuvre ciselée et terrifiante, en coup de poing sur sa propre enfance. On ne sait plus si c’est la jeune adolescente Hélène qui parle ou la femme qu’Irène Némirovsky est devenue. Une catharsis sans doute pour l’auteur et une douche froide pour le lecteur. Ce roman n’en est pas moins extrêmement poignant, terrible et salutaire.

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25-09-2007

Léon Makarian : Solitude

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 1970

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24-09-2007

Red : Ma solitude

On est toutes deux inséparables
Moi et mon amie obscure
Pourtant son silence m’accable
Elle me fait peur… elle me torture

J’essaye de lui parler parfois
Mais elle refuse de dire un mot
Cependant, je n’ai pas le choix
Je l’aurais toujours sur le dos

Elle attend que tout le monde s’en aille
Pour venir me rendre visite
Elle m’encercle par ses murailles
Et refuse qu’un jour on se quitte

Même quand je suis accompagnée
L’insolente se faufile parfois
Et tisse ses toiles d’araignée
Dans ma tête et autour de moi

Et comme j’ai dû la supporter
Depuis le temps qu’on est unies,
J’ai appris à cohabiter
Et apprécier sa compagnie

Je la trouve même si agréable
Qu’on pourrait faire un compromis :
Puisqu’elle demeure inévitable,
Ce sera ma meilleure ennemie.

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24-09-2007

86) Jules Supervielle :

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Solitude au grand cœur encombré par les glaces,
Comment me pourrais-tu donner cette chaleur
Qui te manque et dont le regret nous embarrasse
Et vient nous faire peur?.

Va-t’en, nous ne saurions rien faire l’un de l’autre,
Nous pourrions tout au plus échanger nos glaçons
Et rester un moment à les regarder fondre
Sous la sombre chaleur qui consume nos fronts.

Le Forçat innocent

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24-09-2007

85) Louise de Vilmorin (1902-1969) : La Solitude est verte

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Tamara de Lempicka

La solitude est verte.

La solitude est verte.

La solitude est verte.

Le Sable du sablier, Poésie/ Gallimard n° 61 p. 63

En plus… 

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24-09-2007

Solitude (6) : vaincre la maudite de l’intérieur

Mais il n’y a pas de solution au problème de la solitude qui ne passe par une prise de conscience de cette solitude, une évaluation du vécu et une prise en charge de l’individu par lui-même.

Pour la plupart, la solution se trouve surtout dans l’attitude qu’il faut modifier. Les autres ne peuvent pas grand-chose. Il ne faut pas attendre le salut des circonstances non plus. La plupart des êtres ont secrètement la pensée qu’il va enfin se produire quelque chose dans leur vie. Mais, le plus souvent, c’est une excuse qu’on se donne. On a peur d’essuyer un refus; peur de s’engager - les relations humaines, ça crée des obligations… C’est une excuse pour ne pas se regarder en face, pour éviter de dénouer les nœuds du psychisme. Encore une fois, c’est souvent une question d’attitude devant la vie.

Si vous êtes un solitaire malgré vous et que vous souhaitez remédier à cette situation, voici peut-être la meilleure recette : le projet. Souvent, on se laisse prendre par son travail ou par ses occupations et puis arrive le temps de s’appartenir et de partager et on se trouve pris au dépourvu. « Qu’est-ce que je fais maintenant ? » Les autres sont souvent déjà occupés… Et on se retrouve seul.

Une planification de la vie, de ses temps de loisirs en particulier, est nécessaire. Il faut parler aux autres, s’organiser. Il peut paraître simpliste d’entrer ainsi dans les détails. Mais une vie intéressante, ça s’organise. Peu en sont conscients, qui restent à attendre, comme si tout dépendait du hasard. Il faut faire pour soi ce qu’on ferait pour d’autres. Si vous deviez, par exemple, organiser la fin de semaine d’un ami de passage… Faites-en autant pour vous-même. Soyez votre meilleur(e) ami(e) : sortez-vous, divertissez-vous, présentez-vous des amis.

Il y a la compagnie des plantes et des animaux. Elle est réelle. Les plantes ont une présence, on peut même leur parler. Il n’y a de risque que si vous croyez qu’elles se mettent à répondre… La présence d’un animal peut aussi apporter un grand réconfort. Mais cela entraîne des obligations. Un dicton zen dit :

« Il faut toujours tenir ses promesses. Même celles qu’on a faites à son chien.« 

Pour certains, en finir avec la solitude devra passer par l’acceptation de soi : la prise de conscience de l’aspect positif en soi.

L’autodestruction est un lent processus de dévalorisation, de négation de soi-même, qui débouche sur une solitude de plus en plus grande. S’accepter avec ses imperfections. Et accepter les autres avec leurs imperfections. Si nous étions parfaits, nous ne serions pas ici. Il y a, en chacun de nous, cette blessure. Qu’il faut identifier. Avec laquelle il faut vivre. Le fait qu’il y a, en chacun de nous, un vide qui ne sera jamais comblé. Telle est la condition humaine. La recherche de l’impossible est vaine. Il vaut mieux s’accommoder de ce qui est possible. Tirer le meilleur parti du possible.

070924sol07.jpgParmi les moyens qu’on suggère pour surmonter la solitude, il en est un dont l’efficacité ne fait pas de doute : aider les autres à surmonter leur propre solitude. On peut toujours trouver plus isolé que soi. La solution à tant de problèmes personnels se trouve souvent dans la capacité de s’oublier pour s’occuper des autres.

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24-09-2007

одиночество (2)

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24-09-2007

24 septembre : beau

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Lu :

Après de nombreuses recherches pour connaître l’histoire de La Réunion, il apparaît d’importantes différences entre les sources. Il n’en reste pas moins que l’on abandonnait sur une île déserte des individus dont on voulait se débarrasser. J’aimerais bien connaître d’autres cas de ce genre.

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23-09-2007

одиночество (1)

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23-09-2007

Protégé : 23 septembre

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23-09-2007

Marguerite Duras (1914-1996) : Ecrire

Jean-Paul Legaré : Un air d’automne

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Lu : La solitude est toujours accompagnée de folie. Je le sais. On ne voit pas la folie. Quelquefois seulement on la pressent. Je ne crois pas qu’il puissent en être autrement. Quand on sort de soi, tout un livre, on est forcément dans l’état particulier d’une certaine solitude qu’on ne peut partager avec personne. On ne peut rien faire partager. On doit lire seule le livre qu’on a écrit, cloîtré dans le livre. ça a évidemment un aspect religieux mais on ne le ressent pas comme tel sur-le-champ, on peut y penser après coup (comme en ce moment je le pense) en raison de quelque chose qui serait la vie, par exemple, ou d’une solution à la vie du livre, de la parole, des cris des hurlements sourds, silencieusement terribles de tous les peuples de la terre. Folio n° 2754, p. 44

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22-09-2007

Solitude (5) : vaincre la maudite de l’extérieur

La solution à l’isolement se trouve chez l’individu lui-même : dans sa capacité de communiquer. À l’Ère des Communications, nous savons de moins en moins communiquer au plan interpersonnel. Du fait de la complexité des structures de la société.

Certains chercheurs préconisent le développement et la stimulation chez les individus de notre capacité de communiquer.  Une formation à la communication leur paraît indispensable pour survivre dans notre société, au même titre que l’éducation sexuelle est devenue nécessaire. Le programme comprendrait de la psychologie (autre chose que l’étude du conditionnement des rats), de la sociologie, de la dynamique de groupe, une initiation aux techniques de communication et à l’échange verbal, une information sur les problèmes du couple, etc. Ces chercheurs pensent qu’avec un certain bagage d’informations sur la communication, les êtres auraient moins de mal à sortir de leur isolement. Il s’agirait, pour un système d’éducation renouvelé, de préparer les individus à se prendre en charge plutôt qu’à être pris en charge…

070922soltude.jpgCertains s’étonneront de ce qu’il faille aujourd’hui tout apprendre, y compris la communication interpersonnelle… « Autrefois », diront-ils… Ce qui est tout à fait exact : autrefois, l’individu était soutenu, orienté, voire dirigé par les structures sociales; il épousait le plus souvent le fils ou la fille du voisin. Mais aujourd’hui, la fille du voisin, ou son fils, ne parle pas toujours la même langue, met souvent des épices étranges dans son riz, quand il (elle) ne porte pas un anneau dans le nez…

Il paraît de plus en plus évident que nous devrons revenir au concept de la famille, comme solution à plusieurs de nos problèmes, dont celui de la solitude. Je ne pense pas ici à la famille restreinte, dite « nucléaire ». Mais à un modèle élargi de la famille.

Nous devons, à notre époque de changement, revendiquer le droit de vivre autrement. Le droit de vivre à deux, sans former un couple, à trois, à quatre : de créer des communes, des centres de vie communautaire…

La famille élargie, c’est la famille choisie par affinités. Ce pourrait être aussi une façon d’atténuer la ségrégation des âges : les enfants, les adultes, les vieillards redécouvriraient le plaisir de communiquer.

Nous sommes à une époque d’essais et d’erreurs. À une époque où les modes de vie qui s’écartent de la norme étroite sont non seulement possibles, mais nécessaires. Puisque notre civilisation est en train d’éclater et que nous devons en inventer une nouvelle.

Mais, bien souvent, des expériences qui pourraient être pleines d’enseignement suscitent de la méfiance, voire de l’hostilité. Nous devons tendre à une plus grande ouverture devant des modes de vie différents : accepter que d’autres vivent autrement, dans le respect de la liberté individuelle. C’est dans la diversité des modes de vie, je dirais même dans l’éventail le plus vaste possible des modes de vie, que certains pourront trouver une solution à leur solitude.

Il y a en nous une grande résistance au changement. Nous devons reconnaître le droit de vivre autrement à ceux qui cherchent des solutions en dehors de la norme.

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21-09-2007

26) Luck Mervil : Solitude dans la foule

Comme la pluie tombe sur la mer
Nos larmes mouilleront nos larmes
Nos enfants chasseront nos pleurs
Des essuie-glaces pour seules armes
Trop souvent nous verront trop tard
Des mots qui ne se disent pas
Trop souvent nous n’entendrons pas (non, non, non)
Des gestes qui, qui ne peuvent se voir
Des gestes qui, qui ne peuvent se croire

{Refrain:}
Vous n’êtes pas seuls
Nous sommes tous là
Solitude dans la foule
Les mêmes aïeuls, les mêmes lois
Solitude dans la foule
Nous savons faire
Nous savons taire
Solitude dans la foule
Vous êtes mes frères
Vous êtes ma chair
Solitude dans la foule

Certains voudraient qu’on les efface
Pour eux qu’il n’y ait plus de place
Qu’on les cons à rester de glace
Devant l’esseulé de la masse

Trop souvent nous verrons trop tard
Des mots qui ne se disent pas
Trop souvent nous n’entendrons pas (non, non, non)
Des gestes qui, qui ne peuvent se voir
Des gestes qui, qui ne peuvent se croire

{au Refrain}

Où est allé tout ce monde
Qui avait quelque chose à raconter
On a mis quelqu’un au monde
On devrait peut-être l’écouter

Solitude dans la foule

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21-09-2007

Marguerite Duras (1914-1996) : Ecrire

Lu : On ne trouve pas la solitude, on la fait. La solitude elle se fait seule. Je l’ai faite. Parce que j’ai décidé que c’était là que je devrais être seule, que je serais seule pour écrire. ça s’est passé ainsi. J’ai été seule dans cette maison. Je m’y suis enfermée – j’avais peur aussi bien sûr. Et puis je l’ai aimée. Cette maison, elle est devenue celle de l’écriture. Mes livres sortent de cette maison. De cette lumière aussi, du parc. De cette lumière réverbérée de l’étang. Il m’a fallu vingt ans pour écrire ça que je viens de dire là. Folio n° 2754 p. 17.

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21-09-2007

Protégé : L’embrasement

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20-09-2007

La solitude, de chtitezada

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J’aime ces moments où, seule assise à ce comptoir dans ce bar qui diffuse cette musique douce, je ne pense plus à rien… Pouvoir faire le vide et regarder ces gens dont je ne sais rien. Ni d’où ils viennent, ni qui ils sont.

J’aime ces moments où, seule dans cette rue ou dans ma voiture par une nuit douce, je regarde ces lumières et admire ce silence et cette tranquillité… repenser à chaque instant et à chaque moment qui ont construit ma vie et ce que je suis.

J’aime ces moments où, seule par cette pluie battante, je regarde les gouttes ruisselées le long de cette vitre. Je me demande d’où elles viennent et ce qu’elles ont traversé. Je m’identifie à elles et repense à tous ces bons moments.

C’est de la poésie en prose ! Lien : chtitezada Voir aussi Les boulettes !

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20-09-2007

20 septembre : ensoleillé

Lu : Il faut toujours une séparation d’avec les autres gens autour de la personne qui écrit des livres. C’est une solitude. C’est la solitude de l’auteur, celle de l’écrit. Pour débuter la chose, on se demande ce que c’était ce silence autour de soi. Et pratiquement à chaque pas que l’on fait dans une maison et à toutes les heures de la journée, dans toutes les lumières, qu’elles soient du dehors ou des lampes allumées dans le jour. Cette solitude réelle du corps devient celle, inviolable, de l’écrit. Je ne parlais de ça à personne. Dans cette période-là de ma première solitude j’avais déjà découvert que c’était écrire qu’il fallait que je fasse. J’en avais déjà été confirmée par Raymond Queneau. Le seul jugement de Raymond Queneau, cette phrase-là :  » Ne faites rien d’autre que ça, écrire.  » Ecrire, de Marguerite Duras. Folio n° 2754 p. 15
Réflexion : Notre solitude vient-elle de ce que personne ne s’est jamais rendu compte de ce que nous sommes vraiment ? Que notre personnalité reste opaque aux autres ?
Blog : A voir

070920054.jpg Laurent Viault

http://downsea.unblog.fr/2007/09/17/le-garde-du-corps/

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19-09-2007

19 septembre :

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Lecture : Le Ravissement de Lol V. Stein et Le Vice-consul, je les ai écrits là-hauts, dans ma chambre, celle aux armoires bleues, hélas maintenant détruites par des jeunes maçons. Quelquefois, j’écrivais ici, à cette table-là du salon.

Cette solitude des premiers livres je l’ai gardée. Je l’ai emmenée avec moi. Mon écriture, je l’ai toujours emmenée avec moi où que j’aille. A Paris. A Trouville. Ou à New-York. C’est à Trouville que j’ai arrêté dans la folie le devenir de Lola Valérie Stein. C’est aussi à Trouville que le nom de Yann André Steiner m’est apparu avec une inoubliable évidence. Il y a un an.

La solitude de l’écriture c’est une solitude sans quoi l’écrit ne se produit pas, ou il s’émiette exsangue de chercher quoi écrire encore. Perd son sang, il n’est plus reconnu par l’auteur. Et avant tout il faut que jamais il ne soit dicté à quelque secrétaire, si habile soit-elle, et jamais à ce stade-là donné lieu à un éditeur. Ecrire, de Marguerite Duras. Folio n° 2754 p. 14

Actualité : La solitude nuit au système immunitaire : L’activité de certains gènes serait modifiée chez les solitaires

Si les personnes qui vivent dans la solitude ont plus de risques que les autres de mourir prématurément et de souffrir de diverses maladies, ce ne serait pas seulement parce qu’elles n’ont pas à leurs côtés des personnes pour s’occuper d’elles. Si l’on en croit les travaux d’une équipe de chercheurs de l’université de Californie Los Angeles (UCLA), la solitude aurait des effets biologiques néfastes sur le système immunitaire.

De nombreuses études épidémiologiques ont montré que les personnes solitaires avaient plus de risque d’infection, d’hypertension artérielle, d’insomnie et de cancer. « Il y a deux théories pour expliquer ce phénomène. La théorie sociale repose sur le fait que lorsque vous êtes malade et entouré, on appellera plus facilement le docteur et on vérifiera que vous prenez bien vos médicaments. La seconde repose sur l’idée que la solitude et l’isolement affectent notre organisme » explique Steve Cole, biologiste moléculaire et auteur de cette nouvelle étude. (Journal de la santé)

 

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19-09-2007

84) Stephane Mallarmé : Plainte d’automne

Depuis que Maria m’a quitté pour aller dans une autre étoile – laquelle, Orion, Altaïr, et toi, verte Vénus ? – j’ai toujours chéri la solitude. Que de longues journées j’ai passées seul avec mon chat. Par seul, j’entends sans un être matériel et mon chat est un compagnon mystique, un esprit. Je puis donc dire que j’ai passé de longues journées seul avec mon chat, et seul, avec un des derniers auteurs de la décadence latine ; car depuis que la blanche créature n’est plus, étrangement et singulièrement j’ai aimé tout ce qui se résumait en ce mot : chute. Ainsi, dans l’année, ma saison favorite, ce sont les derniers jours alanguis de l’été, qui précèdent immédiatement l’automne et, dans la journée, l’heure où je me promène est quand le soleil se repose avant de s’évanouir, avec des rayons de cuivre jaune sur les murs gris et de cuivre rouge sur les carreaux. De même la littérature à laquelle mon esprit demande une volupté sera la poésie agonisante des derniers moments de Rome, tant, cependant, qu’elle ne respire aucunement l’approche rajeunissante des Barbares et ne bégaie point le latin enfantin des premières proses chrétiennes.

070919orgue.bmp

Je lisais donc un de ces chers poèmes (dont les plaques de fard ont plus de charme sur moi que l’incarnat de la jeunesse) et plongeais une main dans la fourrure du pur animal, quand un orgue de Barbarie chanta languissamment et mélancoliquement sous ma fenêtre. II jouait dans la grande allée des peupliers dont les feuilles me paraissent mornes même au printemps, depuis que Maria a passé là avec des cierges, une dernière fois. L’instrument des tristes, oui, vraiment : le piano scintille, le violon donne aux fibres déchirées la lumière, mais l’orgue de Barbarie, dans le crépuscule du souvenir, m’a fait désespérément rêver. Maintenant qu’il murmurait un air joyeusement vulgaire et qui mit la gaîté au tueur des faubourgs, un air suranné, banal : d’où vient que sa ritournelle m’allait à l’âme et me faisait pleurer comme une ballade romantique ? Je la savourai lentement et je ne lançai pas un sou par la fenêtre de peur de me déranger et de m’apercevoir que l’instrument ne chantait pas seul.

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18-09-2007

Marguerite Duras (1914-1996) : Ecrire

Lecture : C’est dans une maison qu’on est seul. Et pas, au-dehors d’elle mais au-dedans d’elle. Dans le parc il y a des oiseaux, des chats. Mais aussi une fois, un écureuil, un furet. On n’est pas seul dans un parc. Mais dans la maison, on est si seul qu’on en est égaré quelquefois. C’est 070918neauphle.jpgmaintenant que je sais y être restée dix ans. Seule. Et pour écrire des livres qui m’ont fait savoir, à moi et aux autres, que j’étais l’écrivain que je suis. Comment est-ce que ça s’est passé? Et comment peut-on le dire? Ce que je peux dire c’est que la sorte de solitude de Neauphle a été faite pour moi. Pour moi. Et que c’est seulement dans cette maison que je suis seule. Pour écrire. Pour écrire pas comme je l’avais fait jusque-là. Mais écrire des livres encore inconnus de moi et jamais encore décidés par moi et jamais décidés par personne. Là j’ai écrit Le Ravissement de Lol V. Stein et Le Vice-Consul. Puis d’autres après ceux-là. J’ai compris que j’étais une personne seule avec mon écriture , seule très loin de tout. ça a duré dix ans peut-être, je ne sais plus, j’ai rarement compté le temps passé à écrire ni le temps tout court. J’ai compté le temps passé à attendre Robert Antelme et Marie-Louise ma jeune sœur. Après je n’ai plus rien compté. Folio n° 2754 p. 13-14

 

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17-09-2007

Protégé : 17 septembre

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17-09-2007

83) Solitude – Yves Brillon

070917automne01.jpg

par quel triste automne
l’arbre fut-il dépouillé
elle coule
coule la rivière
l’eau passe trépasse
et s’use la pierre
je suis seul
face à mon regard
seul
avec ma peine sauvage
qu’il me faut apprivoiser
vent
souffle de vent
fraîcheur
entre les branches vertes
odeurs fanées
qui doucement
doucement se dispersent
où sont les aurores
où sont les crépuscules
le temps seul est là
déformé
ridicule
et je m’évade
je pousse dans le rêve
loin de la rade
ma poupe lourde de sève
le pavillon bat
à la mesure du vent
à la mesure du temps
brusque choc
vibrante ossature
lorsque sur la coque
grincent les déchirures

je suis seul
sur un récif
battant dans le vent
au rythme du temps
mes profondes blessures
seul sous les saules
et se dérobe la blanche épaule
à ma douleur
je regarde la pluie
creuser de ses doigts fins
le sable qui fuit
du creux de ma main

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17-09-2007

17 septembre : 30 fructidor An 215

070917hieroglyphe.gifSolitude en hiéroglyphe

Citation : Je crois profondément que la civilisation a été inventée pour rendre possible la solitude. Renaud Camus

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15-09-2007

Solitude, par Isa

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15-09-2007

La solitude de … (1) Marguerite Yourcenar

070915oeil.jpgNous sommes tous solitaires, solitaires devant la naissance (comme l’enfant qui naît doit se sentir seul !) ; solitaires devant la mort ; solitaires dans la maladie, même si nous sommes convenablement soignés ; solitaires au travail car même au milieu d’un groupe, même à la chaîne, comme le forçat ou l’ouvrier moderne, chacun travaille seul. Mais je ne vois pas que l’écrivain soit plus seul qu’un autre. Considérez cette maison : il s’y fait presque continuellement un va-et-vient d’êtres : c’est comme une respiration. Ce n’est qu’à de très rares périodes de ma vie que je me suis sentie seule, et encore jamais tout à fait. Je suis seule au travail, si c’est être seule qu’être entourée d’idées ou d’être nés de son esprit ; je suis seule, le matin, de très bonne heure quand je regarde l’aube de ma fenêtre ou de la terrasse ; seule le soir quand je ferme la porte de la maison en regardant les étoiles. Ce qui veut dire qu’au fond je ne suis pas seule.

Mais dans la vie courante, de nouveau, nous dépendons des êtres et ils dépendent de nous. J’ai beaucoup d’amis dans le village ; les personnes que j’emploie et sans lesquelles j’aurai du mal à me maintenir dans cette maison après tout assez isolée, et manquant du temps et des forces physiques qu’il faudrait pour faire tout le travail ménager et celui du jardin, sont des amies ; sans quoi elles ne seraient pas là. Je ne conçois pas qu’on se croie quitte envers un être parce qu’on lui a donné (ou qu’on en a reçu) un salaire ; ou, comme dans les villes, qu’on ait obtenu de lui un objet (un journal mettons) contre quelques sous, ou des aliments contre une coupure. (C’est d’ailleurs l’idée de base de Denier du rêve : une pièce de monnaie passe de main en main, mais ses possesseurs successifs sont seuls). Et c’est ce qui me fait aimer la vie dans les très petites villes ou au village. Le marchand de comestibles, quand il vient livrer sa marchandise, prend un verre de vin ou de cidre avec moi, quand il en a le temps. Une maladie dans la famille de ma secrétaire m’inquiète comme si cette personne malade que je n’ai jamais vue, était ma parente ; j’ai pour ma femme de ménage autant d’estime et de respect qu’on pourrait en avoir pour une soeur. L’été, les enfants de l’école maternelle viennent de temps en temps jouer dans le jardin ; le jardinier de la propriété d’en face est un ami qui me rend visite quand il fait froid pour boire une tasse de café ou de thé. Il ya aussi bien entendu, hors du village, des amitiés fondées sur des goûts en commun (telle musique, telle peinture, tels livres), sur des opinions ou des sentiments en commun, mais l’amitié, quelles qu’en soient les autres raisons, me paraît surtout née de la sympathie spontanée, ou parfois lentement acquise, envers un être humain comme nous, et de l’habitude de se rendre service les uns aux autres. Quand on accueille beaucoup les êtres, on n’est jamais ce qui s’appelle seul. La classe (mot détestable, que je voudrais voir supprimer comme le mot caste) ne compte pas ; la culture, au fond, très peu : ce qui n’est certes pas dit pour rabaisser la culture. Je ne nie pas non plus le phénomène qu’on appelle «la classe», mais les êtres sans cesse le transcendent. Les Yeux ouverts

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15-09-2007

15 septembre :

Lu : Solitude Je ne crois pas comme ils croient. Je ne vis pas comme ils vivent. Je n’aime pas comme ils aiment Je mourrai comme ils meurent. Marguerite Yourcenar.

Réflexion : La solitude est la seule alternative qui nous reste quand les gens qui nous entourent ne nous conviennent pas.

Lu : Le cœur de l’homme n’est-il pas une énorme solitude où nul ne pénètre ? les passions qui y viennent sont comme les voyageurs dans le désert du Sahara, elles y meurent étouffées, et leurs cris ne sont point entendus au-delà. Gustave Flaubert, Novembre

Tellement vrai cette citation.

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14-09-2007

25) Géard Manset (1974) : Il voyage en solitaire

Il voyage en solitaire
Nul ne l’oblige à se taire.
Il chante la terre.
Il chante la terre

C »est une vie sans mystère
Qui se passe de commentaires.
Pendant des journées entières,
Il chante la terre.

Mais il est seul.
Un jour,
L’amour
L’a quitté, s’en est allé
Faire un tour de l’autre côté
D’une ville où y’avait pas de place
Pour se garer.

Il voyage en solitaire
Nul ne l’oblige à se taire.
Il sait ce qu’il a à faire.
Il chante la terre.

Il reste le seul volontaire
Puisqu’il n’a plus rien à faire,
Plus fort qu’un armée entière,
Il chante la terre

Mais il est seul.
Un jour,
L’amour
L’a quitté, s’en est allé
Faire un tour de l’autre côté
D’une ville où y’avait pas de place
Pour se garer

Voilà le miracle en somme,
C’est lorsque sa chanson est bonne,
Car c’est pour la joie qu’elle lui donne
Qu’il chante la terre.

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14-09-2007

Anne Edwards : Maria Callas

Les fées qui se sont penchées sur le berceau de Maria Kalogeropoulos (New York 1923 – Paris 1977) n’ont omis aucun des ingrédients qui allaient faire de sa vie une tragédie. Sa mère détecte son talent alors qu’elle n’a que sept ans. Dès lors, Évangelia n’a plus qu’un objectif : faire de sa fille une diva. Elle y parviendra, mais à quel prix ? Maria est privée d’enfance, séparée de son père pour suivre des études à Athènes. Sa sœur aînée est jetée dans les bras d’un homme en échange de l’argent qui permettra de payer les leçons de chant de l’enfant prodige… Dès cette époque, la solitude devient la compagne de Maria Callas. Elle ne la quittera plus malgré les rencontres jalonnant son existence. Celles de mentors : Maria Trivella, Elvira de Hidalgo et Tullio Serafin. Des personnages marquants d’une époque : Pasolini, Karajan, Bernstein, Churchill, Grace et Rainier de Monaco… Des hommes de sa vie, de Meneghini, Visconti à, bien sûr, Onassis. Malgré les trahisons de son entourage et la cruauté de la presse, la  » Divina  » acceptera pourtant cette solitude jusqu’au bout. Jusqu’à ce que sa voix, à qui elle sacrifiait tout, l’abandonne à son tour.  » Il ne me reste plus qu’à mourir « , confie-t-elle alors à sa sueur.

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13-09-2007

Electron libre : Viens ma solitude

Viens ma solitude
Viens te lover au creux de moi
Écoutons ensemble le chant du vent
Qui poursuit les nuages dans les cieux
Et caresse la cime des arbres

Viens te réfugier contre moi
Ensemble fermons les yeux
Et laissons nous prendre
Par la chaleur de notre étreinte

Nous n’aurons pas d’enfant
C’est toi qui ce soir m’enfante
Me renouvelle et me brûle
De cet amour sans nom
Qui nous envahit tous deux
Sans les corps sans les sens

Serons nous bienheureux

Déjà tu t’endors et me laisses
Seul dans ce lit sans sommeil
Sans rêve et sans lumière

Viens ma solitude
Je te connais déjà
Et ne veux plus te perdre

Tu n’es pas un mensonge
Tu effaces les mirages
Viens me serrer un peu en toi
M’ouvrir à d’autres songes
Comme les arcs en ciel
Ou les couleurs des saisons

Viens ma solitude
Viens au plus près de moi.

(17-2-2007)

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11-09-2007

La solitude absence

La solitude est intrinsèque à la condition humaine ; elle traverse chacun de l’instant de la naissance à celui de la mort ; tout être en fait une expérience différente sans doute selon les différents âges de la vie, mais aussi selon les chemins qu’il emprunte ou dans lesquels, parfois, il se fourvoie.
L’être humain est condamné à faire l’expérience de la solitude parce qu’il est condamné, pour vivre, à se séparer ; se séparer, d’abord, du corps maternel ; se séparer ensuite de l’environnement qui le soutenait mais dont il était dépendant ; se séparer, donc, pour trouver son autonomie et construire son identité : l’être humain, paradoxalement, ne peut se trouver et vivre que dans l’apprentissage de la séparation et donc de la solitude ; il ne peut être dans la continuité avec l’autre, cet autre qui pourtant, parfois, lui manque tant…
Or la solitude si nécessaire à la construction de l’humain a mille visages ; pour certains, état d’âme tout de pesanteur et de noirceur, elle évoque le rejet, l’abandon, voire l’exclusion ; elle est subie et il est possible de se perdre dans ses affres. Pour d’autres, plus lumineuse, la solitude est un choix ; elle est, alors, source de paix, moment de retrait réparateur et vivifiant, retrouvailles avec soi-même et même ouverture sur le monde.
070911seuls2.jpgPourquoi des vécus si opposés de la solitude ?
Pourquoi rentrer chez soi le soir, seul, est-il pour certains un moment si redouté ?
Pourquoi l’absence d’un être à qui parler, ou sur qui tout simplement, porter ses regards, est-il une telle souffrance ?
Pourquoi le besoin d’entendre une voix et la certitude du silence sont-ils si chargés d’angoisse ?
Pourquoi, enfin, ces moments-là engendrent-ils absence d’estime de soi, sentiments de dévalorisation, d’abandon, voire de nullité ?
Etre seul, c’est pour certains ne pas être digne d’être aimé ; c’est aussi, pour d’autres, la preuve du sentiment de nullité. Dans cette perspective, la solitude peut-être insoutenable, destructrice et paradoxalement, par une stratégie du pire, faire sombrer dans l’isolement ; isolement, fuite et piège à la fois, fait douter de tout et surtout de l’espoir en de nouvelles relations.
La solitude n’est jamais si destructrice que si elle réactive le souvenir d’une enfance trop solitaire, d’un entourage trop peu présent, trop silencieux et surtout d’une mère trop froide, trop distante, trop indifférente aux sentiments de son enfant, aux besoins qu’il a des manifestations de son amour. Il y a des mères parfois trop absentes d’elles mêmes – en raison de leur propre histoire ou de leur vécu de femme – qui ne peuvent réfléchir la vie, qui ne répondent pas aux sollicitations de leur enfant et qui malgré les tentatives de ces derniers pour les émouvoir, les « réanimer », demeurent lointaines et inaccessibles. L’adulte, dont les efforts d’enfant auront été vains, pourra éprouver dans la solitude un sentiment d’impuissance, de nullité et de vide.
Pour le psychanalyste D.W. Winnicott, l’être humain qui aurait pu, enfant, faire l’expérience « d’être seul… en présence de sa mère », « une mère suffisamment bonne », en gardera à jamais une sécurité intérieure. Il aura acquis, malgré le départ de l’objet primordial, malgré son absence, la certitude de son retour et une confiance stable en elle. La mère intériorisée, dans l’enfance, comme un support, permettra à l’adulte d’avoir une relation vivante avec lui-même, avec les autres et d’avoir foi en un avenir chargé de promesses. Habité par une image maternelle lumineuse, animé par les traces inconscientes de ses sourires et du sourire de son regard, il fera l’expérience d’une solitude vivifiante et non plus vide. Relié à lui-même et à ceux qu’il aime malgré l’absence, il recherchera la solitude pour des retrouvailles intimes, pour y éprouver ou ré éprouver la paix intérieure, pour se reconstruire ou ouvrir en lui de nouveaux espaces psychiques. De ce retour fécond vers lui-même, il pourra retourner aux autres plus vivant ; objectif final, par ailleurs d’un travail analytique.
De la qualité de la solitude procède la qualité de la vie, des relations et de l’amour. L’autre n’est aimé pour lui-même que s’il n’a pas pour fonction de combler un vide.
« L’Amour, la Solitude », est le titre d’un poème de Paul Eluard. Le poète, comme toujours, n’a pas manqué de saisir le lien intime qui unit étroitement ces deux sentiments.

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11-09-2007

Marc Lévy (1961-

Citation : La solitude peut être une forme de compagnie. Marc Levy Vous Revoir

Lu : http://www.szarah.org/index.php?num=34

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10-09-2007

La solitude, un des plus grand maux d’aujourd’hui, de Amélie Naudot

Tous les moyens de communication aident la rencontre des gens. Ainsi, les tchats, email, sms permettent de relier entre eux les personnes comme nous le démontre le slogan d’un célèbre opérateur mobile « connecting people ». Le monde n’a jamais été autant lié. Le phénomène des boites de nuit, boite de rencontre ou speed dating vont dans ce sens. La canicule du mois d’août 2003 en France, qui a provoqué 15.000 décès a pourtant mis notamment en évidence la solitude des personnes âgées. Mais cette solitude n’est pas uniquement l’apanage des séniors. 070910solitude.jpgAu Japon, malgré ses 130 millions d’habitants entassés sur un territoire de 377 835 km2, la solitude y règne en maître. Selon un sondage du fabricant de préservatifs Durex les japonais, bons derniers, déclaraient en 2005 une moyenne de 45 rapports sexuels par ans, contre 120 en France. Le taux de natalité y est très faible alors que le taux de suicide y est le plus élevé du monde industrialisé (24,1 pour 100.000 habitants).

Malgré la société actuelle, la solitude est donc encore apparente dans le coeur de chacun. On s’efforce de rencontrer des gens, de sortir pour imiter son voisin, ce qui malgré tout, engendre, une personnalité identique. La recherche de l’être aimé est omniprésente. Les gens critiquent alors qu’ils ne reconnaissent pas forcément, peut-être même ne se connaissent-ils pas eux-mêmes ! Chacun passe et trépasse dans un monde ou chacun vis sans se soucier de l’autre, mais cela comporte des risques et la solitude en devient plus évidente.

A un moment donné, la solitude, ce mal si répandu, nous pèse d’ou la concentration des maladies psychiatriques. Ainsi, au cours de ces trente dernières années, les décès par suicide ont augmenté de près de 30%. Selon la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques, 1,2 millions de français sont suivis par un psy. Les mouvements sectaires, en plein essor, font particulièrement recette en exploitant le sentiment de perdition des gens.

La solitude rime aussi parfois avec ambition, car pour évoluer, les gens s’écrasent entre eux, le conflit s’installe et la victoire fait transparaître le malheur. L’homme est seul dans une jungle où il doit survivre car la société est un monde animal où son roi doit gouverner. Dans ce monde où la réussite sociale est un combat, les personnes les plus fragiles se retrouvent isolées, perdues, incapables de prendre part à la « compétition ».

Cette vision des choses parait plutôt pessimiste mais au fond, la solitude a aussi ses vertus. Celles de l’indépendance, de la liberté et de la tranquillité. La solitude permet de se retrouver, de faire le point sur le passé, le présent ou l’avenir. Il faut savoir l’apprécier. Mais comme les bonnes choses, il ne faut pas trop en abuser. (7 juin 2006)

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10-09-2007

10 septembre

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Test : Comment vivez-vous la solitude ?

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10-09-2007

Séquestrée japonaise

070910kenna2.jpgDans la préfecture de Niigata (nord-ouest du Japon), une jeune fille a disparu en novembre 1990, à l’âge de 9 ans, et n’a été retrouvée, par hasard, que fin janvier 2000, neuf ans et deux mois plus tard.
Entre-temps, elle n’a jamais quitté une chambre au second étage de la maison de son kidnappeur, un chômeur alors âgé de 37 ans.

La jeune recluse – dont l’identité n’a jamais été révélée – fut découverte par hasard par des ambulanciers venus chercher son « gardien » pour le placer en milieu hospitalier à la demande de sa mère, qui trouvait son comportement « étrange ». La mère du ravisseur a expliqué à la police qu’elle n’avait jamais soupçonné la présence de la jeune fille dans la maison.

Epuisée par le manque d’exercice et la malnutrition, la prisonnière, qui avait été battue et maltraitée au début de sa séquestration, était dans un état « très faible » au moment de sa libération. Sa mère mit d’ailleurs un certain temps à reconnaître celle qui n’était qu’une enfant lors de sa disparition.

La fillette avait été enlevée sur le chemin de l’école, à une cinquantaine de kilomètres de l’habitation du ravisseur.

Au lendemain de son arrestation, ce dernier, Nobuyuki Sato, fut hospitalisé pour troubles mentaux. Mais les experts jugèrent que qu’il était responsable de ses actes en dépit de troubles psychiques. Après avoir plaidé coupable, il a été condamné en juillet 2003 à quatorze ans de prison pour enlèvement de mineur et séquestration ayant entraîné des blessures.

Ce fait divers provoqua une émotion considérable au Japon. L’émotion de la découverte passée, l’affaire devint rapidement le procès de la police, accusée d’incompétence pour ne pas avoir interrogé, durant l’enquête, le ravisseur, pourtant inquiété pour une tentative d’enlèvement de mineur quelques années plus tôt.

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08-09-2007

Solitude (4) : l’évolution des mœurs

070908solitude2.jpgLe mariage n’est pas une solution à la solitude, contrairement à ce que certains continuent de penser. D’autant moins que l’institution du mariage traverse une crise : l’évolution des mœurs qui favorise une plus grande liberté de l’individu paraît être aussi un facteur de solitude.

Ce qui apparaît comme un progrès sur un plan engendre souvent de nouveaux problèmes à d’autres niveaux. Le nombre de divorces augmente. Et plus spécialement chez les jeunes. On peut interpréter les statistiques d’une manière positive : cette révolution représente, en effet, un progrès vers l’autonomie de l’individu, vers la libération des contraintes imposées par la société. Mais, par ailleurs, le prix à payer est celui de l’insécurité et de la solitude.

Il y a beaucoup à dire sur le célibat en rapport avec la solitude. Le célibat, autrefois considéré comme marginal, est maintenant de plus en plus accepté dans notre société - et doit l’être, du reste - comme une façon normale de vivre : un état qui entre désormais dans la norme élargie. Le célibat, au sens large, comprend aussi les divorcés qui se retrouvent le plus souvent dans une situation comparable à celle des célibataires. Il demeure qu’un très grand nombre de célibataires acceptent mal l’isolement qui découle de leur état; un isolement qui augmente au fur et à mesure qu’on avance en âge. Des recherches démontrent clairement que, dans la majorité des cas, l’état de célibataire est associé à la solitude.

On constate qu’il y a, dans la société actuelle, une insuffisance de structures de rencontres. C’est pour répondre à ce besoin que sont nées des entreprises aussi diverses que nombreuses : les clubs de rencontres, les agences matrimoniales - sans oublier l’usage, à cette fin, des annonces classées. Ces entreprises répondent à un besoin véritable. Leur prolifération est un phénomène caractéristique de notre époque. Même s’il s’en trouve qui ne font qu’exploiter le malheur des autres… Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la clientèle de ces nouveaux médias est relativement jeune. Ces agences ne s’adressent plus, comme c’était souvent le cas autrefois, à des laissés pour compte, à des incasables…

La formule du mariage scientifique repose le plus souvent, en fait, sur les vieilles lois de l’homogamie (la règle veut que les semblables s’attirent : être de même culture, du même milieu, de la même classe sociale…) afin de prévenir les risques d’échec, respectant ainsi les vieilles normes traditionnelles, à quoi s’ajoutent toutefois des informations d’ordre psychologique sur le partenaire.

Ce qui revient à dire que ces nouvelles structures de rencontre permettent, en fait, le plus souvent, de retrouver celui ou celle qui aurait pu être autrefois le fils ou la fille du voisin et de savoir sur votre futur(e) ce que ses frères et sœurs n’auraient pas manqué de vous dire le jour des noces.

Peut-être y a-t-il une réserve à faire à propos de ces entreprises, qui découle d’études dont Vance PACKARD fait état dans Le sexe sauvage : les agences et les clubs attirent « plus spécifiquement les perfectionnistes, les esprits trop critiques, les intolérants, les inflexibles, ceux qui attendent trop des autres et sont, par conséquent, isolés et solitaires. »

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08-09-2007

7) Solitude

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Posté par Jean dans Toiles | 2 Commentaires »

07-09-2007

Protégé : 7 septembre

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