02-07-2007

Kaspar Hauser, par K. Noubi. (30e partie)

Il délire toute la nuit. On croit son heure venue mais le lendemain, il reprend connaissance. Le médecin revient pour soigner la blessure. On a des difficultés à faire baisser la fièvre. Il semble aller mieux et absorbe même un peu de bouillon.
La journée du 16 est stationnaire mais le 17, la fièvre monte de nouveau et il délire.
— Appelez ma mère, supplie-t-il.
Madame Meyer vient à son chevet. Elle lui tient la main et fait tout pour le calmer. Mais il s’agite et on croit son heure arrivée.
On fait venir le pasteur. L’homme d’église qui connaît bien Kaspar essaye de le rassurer.
— Comment vas-tu, mon garçon.
— Je ne vais pas très bien, monsieur le pasteur, je suis très fatigué !
— Tu mangeras du bouillon et de la viande et tu reprendras des forces ! N’oublie pas que les enfants te réclament pour finir la crèche…
— Je ne sais pas si je pourrais, monsieur le pasteur…
— Nous comptons tous sur toi, Kaspar.
— Je ferai de mon mieux, mais je ne sais pas si je pourrais…
Le pasteur hoche la tête.
— Dis-moi, tu veux peut-être dire quelque chose pour soulager ta conscience… C’est mon devoir de t’écouter et de t’aider.
Kaspar a un sourire triste ;
— Je n’ai rien à dire, monsieur le pasteur, j’ai la conscience tranquille…
Et il ajoute :
— Je demande pardon à tous… Le pasteur le regarde, étonné.
— Tu veux dire que tu pardonnes à tous… tu pardonnes le mal qu’on t’a fait, depuis ton enfance jusqu’à cet odieux attentat…
Kaspar se redresse. Il a du mal à parler.
— Personne ne m’a fait de mal…
Le pasteur n’en croit pas ses oreilles.
— Mon garçon, tu es une âme généreuse.
Le jeune homme laisse retomber la tête, épuisé par l’effort et répète, comme s’il se parlait à lui-même.
— Non, personne ne m’a fait de mal… Je n’ai rien à pardonner…
La cathédrale sonne à ce moment-là vingt heures. Kaspar pousse un soupir, regarde les gens qui l’entourent et ses yeux se figent. Le pasteur se lèvre, fait le signe de la croix et murmure avec une grande tristesse : «Il est mort.»
Puis, d’un geste de la main, il lui rabat les paupières. (à suivre…)

Publié par Jean dans Feuilleton, Prisonniers de la solitude | RSS 2.0

Une Réponse à “Kaspar Hauser, par K. Noubi. (30e partie)”

  1. Cathy 262 dit :

    oh noooooooooooooonnnnnn ! C’était le meilleur épisode ! Les « à suivre » commence à m’énnerver là ! ;)

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