01-07-2007

Kaspar Hauser, par K. Noubi. (28e partie)

Kaspar, lui, mène une vie paisible, chez les Meyer. Le professeur est sévère et il fait souvent des remontrances au jeune homme. Celui-ci supporte toutes les remarques et se garde de répliquer.
Les relations avec madame Meyer sont plus détendues et même marquées par de la tendresse. La brave femme s’occupe bien du jeune homme et lui donne toute l’affection et la chaleur humaine dont il a besoin. Un jour, dans un mouvement sentimental, il lui dit.
— Madame, me permettez-vous de vous appeler «maman» ?
La brave femme est surprise par la demande. Kaspar insiste.
— J’ai tellement manqué de l’affection d’une maman… toute ma vie, j’ai vécu seul, toute ma vie, j’ai été enfermé, et la seule personne que je pouvais voir était le geôlier qui m’apportait à boire et à manger !
Madame Meyer est émue jusqu’aux larmes.
— Bien sûr mon garçon…
Il se jette à ses pieds.
— Vous acceptez que je vous appelle «maman» ?
— Oui, oui…
— Vous voulez réellement être ma maman ?
— Puisque je te dis oui…
Il embrasse les mains de la brave femme, les mouille de ses larmes. Il est heureux, comme un enfant à qui on vient de faire un superbe cadeau.
Les enfants des Meyer s’entendent bien avec lui. Eux aussi veulent bien devenir ses frères. Il leur raconte des histoires, leur taille, avec une grande adresse, des jouets dans le bois. C’est toujours un garçon très doux et très serviable qui ne refuse jamais de rendre un service à son prochain, même si cela doit lui coûter de la peine.
Avec les Meyer, il est heureux, il a trouvé une vraie famille : il ne demande qu’à vivre en paix, et ne cherche même pas à rétablir la vérité sur ses origines. Un jour le professeur l’appelle et lui dit.
— Kaspar, tu es maintenant un grand garçon, il va falloir que tu penses à gagner ta vie.
— Aidez-moi à trouver un emploi, dit-il avec docilité.
— Que dirais-tu d’un travail de secrétaire au tribunal de la ville ? C’est un travail rémunéré qui va te passionner…
— Je l’accepte si vous pensez qu’il me convient !
— Il te convient, mon garçon… Kaspar commence le lendemain. Le travail lui plaît. C’est pour lui un élément supplémentaire d’intégration dans la société des hommes. (à suivre…)

Publié par Jean dans Feuilleton, Prisonniers de la solitude | RSS 2.0

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