30-06-2007

Kaspar Hauser, par K. Noubi. (27e partie)

070630feuerbach.jpgAu moment où on croyait que la polémique sur les origines de Kaspar s’était calmé, elle resurgit de plus belle.
Pour mettre fin à la querelle, le roi de Bavière charge le juriste allemand
Anselm Ritter von Feuerbach de mener l’enquête. Feuerbach est non seulement un juriste compétent mais c’est un fin limier, qui a mené à bien plusieurs enquêtes délicates.
Feuerbach reprend l’enquête à zéro. Il se rend à Ansbach et interroge Kaspar. Il lui fait raconter son histoire, décrire le cachot où il a été enfermé toute sa vie, donner des détails sur la vie menée, les personnages côtoyés…
Feuerbach a noté scrupuleusement les réponses et les a comparées avec celles des précédents interrogatoires. Sa conclusion est formelle :
«Ce garçon n’a pas menti. Ce n’est pas, comme on l’a prétendu, un comédien, apprenant un rôle appris, mais un homme sincère qui a réellement vécu les souffrances et les humiliations qu’il a rapportées !»
Après avoir passé en revue la vie de Kaspar, Feuerbach se penche sur ses origines. Il reprend les éléments d’enquête précédents, les enrichit de ses indices et déclare, sans ambages : Kaspar n’est ni un paysan ni un Hongrois comme on l’a prétendu mais un membre de la famille ducale de Bade !
Il revient sur la ressemblance physique entre Kaspar et les membres de cette famille, en les accentuant.
«Ce garçon aux traits fins et aux allures délicates ne peut pas être un vulgaire paysan. Il est indiscutablement de sang royal !»
Lui aussi croit à l’hypothèse de l’enlèvement de l’enfant à la naissance pour l’empêcher de régner un jour.
Ses parents ? Feuerbach ne veut pas se montrer catégorique mais lui aussi pense à Charles II de Bade et Stéphanie de Beauharnais. C’est, en effet, à leur lignée que revenait le trône de Bade et seule l’absence d’un héritier mâle pouvait l’en empêcher et favoriser l’avènement de la branche rivale. Charles et Stéphanie ont bien mis au monde un garçon mais celui-ci a été déclaré mort, sans que l’on montre le corps à sa mère. Or, Kaspar est né la même année que le petit prince (la lettre qui l’accompagnait lors de sa découverte l’indiquait) : il se peut donc que le prince ne soit pas mort mais ait été enlevé, remplacé par un enfant mort, puis confié à des paysans qui l’ont séquestré…
Les responsables d’un tel complot ne peuvent être que ceux qui n’avaient pas intérêt à ce que Charles de Bade ait un héritier mâle… La comtesse de Hoscberg est visée.
Feuerbach prétend avoir une preuve décisive de ce qu’il affirme et qu’il la révélera en temps opportun. Malheureusement, il meurt l’année suivante, d’un empoisonnement, sans avoir rien révélé. A-t-on cherché à le réduire au silence ? A-t-il trouvé un indice décisif ? On ne le saura jamais (à suivre…)

Publié par Jean dans Feuilleton, Prisonniers de la solitude | RSS 2.0

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