29-06-2007

Kaspar Hauser, par K. Noubi. (26e partie)

070629kasparhauserdenkmal.jpgSuite à l’hypothèse du Lord anglais, certains croient savoir que Kaspar n’est qu’un imposteur, brandi par des ennemis de la couronne pour lui nuire. On va jusqu’à dire que toute l’histoire de la séquestration a été inventée, que Kaspar, un excellent comédien, a joué au sauvage, répétant scrupuleusement le rôle qu’on lui a appris…
Mais toutes ces hypothèses tombent à l’eau : la sincérité de Kaspar ne peut être mise en doute ni sa douloureuse histoire dont il porte des stigmates physiques et moraux…
Lord Stanhope, à l’origine de la polémique, se lasse de Kaspar. Le sauvage de Hanovre ne constitue plus pour lui une curiosité — il est beaucoup plus civilisé qu’il ne le croyait—, et il veut s’en débarrasser.
Un matin, en décembre 1933, il se rend avec lui dans la petite ville d’Ansbach, en Bavière, et le présente à son ami, le professeur Meyer et sa femme.
— Professeur, lui dit-il, je vous amène quelqu’un qui, depuis qu’il a été découvert, dans un état lamentable, cherche un foyer et une famille !
Le professeur, qui a entendu parler de Kaspar, hoche la tête.
— Il est évident, dit l’aristocrate, que je prends totalement en charge les frais de sa pension, de son habillement et de son éducation.
Il se retourne vers Kaspar.
— Mon garçon, tu cherchais une famille ? Eh bien, en voici une, différente de toutes celles que tu as eu jusqu’à présent.
Il lui présente le professeur :
— Lui sera comme ton père. Il est professeur et perfectionnera ton éducation générale et intellectuelle…
Il lui montre madame Meyer.
— Et voilà son épouse… Une brave femme, toute dévouée à sa famille… avec elle, tu ne manqueras ni de soins ni d’affection.
Il y a enfin les enfants du couple.
— Et eux, tu peux les considérer comme tes frères et sœurs… ils seront tes compagnons de jeu, tes amis et tes confidents !
Kaspar est ravi.
— Alors, dit le Lord, je peux te laisser dans cette famille ?
— Oh oui, dit Kaspar.
Lord Stanhope sourit.
— Cela va certainement te changer des mondanités et des papotages dont je t’ai donné le goût mais, je pense que tu seras heureux dans cette famille. On ne te prendra plus pour une curiosité mais pour ce que tu es : un homme.
L’aristocrate peut retourner chez lui, avec la satisfaction du devoir accompli. Il a laissé Kaspar entre de bonnes mains. (à suivre…)

Publié par Jean dans Feuilleton, Prisonniers de la solitude | RSS 2.0

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