28-06-2007

Kaspar Hauser, par K. Noubi (24e partie)

070627luisavonhochberg.jpgLa blessure est nettoyée et pansée et la police, arrivée sur les lieux, interroge le jeune homme.
«Que s’est-il passé ? Quelqu’un est entré dans ta chambre pour te tirer dessus ?»
Kaspar est encore affaibli, mais il fait un effort pour parler.
— Non, personne ne m’a tiré dessus… J’étais seul dans ma chambre !
— Alors, que s’est-il passé ?
Kaspar soulève la tête.
— Je suis monté sur une chaise… Je voulais voir le fusil accroché au mur… J’étais mal équilibré et je suis tombé… Dans ma chute, je me suis accroché au fusil, j’ai touché la gâchette et le coup est parti…
— Tu veux dire que tu t’es blessé accidentellement ?
— Oui, dit Kaspar, en détournant la tête.
On essaye d’imaginer la scène et on trouve le récit peu crédible. Mais pourquoi Kaspar mentirait-il ? Pour protéger un éventuel agresseur qu’il connaissait ? La police, elle, va le soupçonner d’avoir tenté de mettre fin à ses jours !
Apprenant cette hypothèse, Kaspar est scandalisé :
— Je ne mettrai jamais fin à ma vie ! Ce sont les autres qui veulent me tuer, alors que je n’ai jamais fait de mal à personne !
Quoi qu’il en soit, ce deuxième «incident» est interprété comme un nouvel attentat contre le jeune homme : on essaye de le faire disparaître !
Une fois de plus,
la comtesse de Hochberg est désignée du doigt.
«Elle veut se débarrasser d’un témoin gênant !»
La polémique sur les origines de Kaspar est relancée : si on veut l’éliminer, c’est parce qu’il est d’origine royale et qu’on craint qu’il ne prouve un jour son appartenance à la famille de Bade et n’exige le trône !
Le silence des mis en cause renforce la suspicion et on craint pour la vie du jeune Kaspar : un troisième attentat, croit-on, pourrait l’éliminer.
On lui change de famille, pour la troisième fois.
Cette fois-ci, il est pris en charge par le baron von Tucher. Celui-ci, conscient de la responsabilité qui lui a été confiée, enferme le jeune homme.
«Tu ne sortiras de la maison, lui dit-il, que sur mon autorisation, et tu seras toujours accompagné par un de mes domestiques. C’est le seul moyen de te protéger contre de nouvelles agressions !»
Comme Kaspar est de nature docile, il accepte les règles que lui impose le baron. Mais il est malheureux : l’enfermement imposé doit lui rappeler les jours de sa séquestration. Il est vrai qu’il ne vit pas dans un réduit et qu’il n’est pas séparé de ses semblables mais il ressent la même privation de liberté (à suivre…)

Publié par Jean dans Feuilleton, Prisonniers de la solitude | RSS 2.0

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