14-05-2007

Philippe Seguy / Sylvie Devilette : Solitude

S’y faire certes, puisque le choix n’existe pratiquement pas !!

A l’heure lucide et dangereuse des constats, des interrogations et des doutes, à l’heure où la lumière crue se tamise progressivement, où l’ombre s’épaissit comme un brouillard, on prend doucement conscience qu’un fantôme est entré dans la pièce, il a monté l’escalier, caressé le lit froissé, frôlé le cendrier plein, fixé longuement le téléphone muet et pris finalement possession du miroir.

Il ne nous offre pas grand chose, si ce n’est une certitude, la certitude que l’on est seule et pour longtemps.

Peut-être pour toujours, délire vague, sentiments poisseux, où l’on va jusqu’à faire l’exacte mesure de l’écho de ses propres pas. On reconnait alors tous ces sons secrets-apprivoisés par la très longue pratique qu’ils supposent, que la petite musique de la solitude nous procure, dont l’oreille est assez fine pour les recueillir avec déférence. C’est avant tout de cela que nous nourrissons notre esprit, que nous bâtissons peu à peu une œuvre qui prend des allures de sanctuaire.

070927sol01.jpgNous la traitons (la solitude) en compagne fidèle, en amie exigeante, un peu sévère. Comme le petit serpent dont les anneaux noueux serrent la gorge et blessent le ventre, comme le brin d’herbe, qui se tord sous la force du ruisseau, un sentiment doux amer emplit la bouche. Il glisse le long des veines, s’insinue dans les tempes et procure le frisson, prémices à la fièvre qui fait que l’on recherche le plaid ou la couverture de l’enfance, celle à grands carreaux qui tenait si chaud…

Le refuge enfin où pelotonnée en chat, la pointe des genoux au menton, on attend l’aube, le regard grand ouvert, l’esprit en éveil, sensible au moindre bruit, au moindre frémissement de la nature complice.

Publié par Jean dans Mots d'auteurs | RSS 2.0

2 Réponses à “Philippe Seguy / Sylvie Devilette : Solitude”

  1. Juan dit :

    Bonsoir Gulu !

    Comment je me sents ? Fragile ! Ma sensibilité me joue des tours, il me semble qu’au lieu de diminuer avec le temps elle s’emplifie.

    Je souhaite que tout aille bien pour toi Gulu ! Tu as bien réussit jusque là ça va continuer comme ça. Et tu me tiendras au courant n’est-ce pas ?

    A Jean

    Dernière publication sur Iwazaru 言わざる : 64-143

  2. bonjour Jean,
    comment te sens tu aujourd’hui? Mieux?? Je l’espère bien ;)
    Je viens répondre à ta question laissée sur mon blog, a propos de ma nuit blanche… Oui, tu as raison, ce passage Etudiant/emploi signifie en quelque sorte pour moi le passage a la vie adulte que j’ai toujours refusé, que j’ai toujours voulu remettre a plus tard. Ce qui me fait peur, c’est que maintenant je suis mise au pied du mur, je ne peux plus me derober. Et comme je n’ai pas de travail encore, l’incertitude des prochains mois est un peu pesante, et cela m’empêche de faire des projets, mais j’ai confiance, petit a petit les choses se mettront en place.
    Voila, mais comme toujours, tu cernes bien mon jeu!!!
    MErci Jean,
    J’espere sincerement que tu vas bien aujourd’hui
    A bientot
    Gulu

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