30-03-2007

1) Barbara : La solitude

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Je l’ai trouvée devant ma porte,
un soir que je rentrais chez moi,
partout elle me fait escorte,
elle est revenue, la voilà,
la renifleuse des amours mortes,
elle m’a suivie pas à pas,
la garce, que le Diable l’emporte,
elle est revenue, elle est là.

Avec sa gueule de carême,
avec ses larges yeux cernés,
elle nous fait le cœur à la traîne,
elle nous fait le cœur à pleurer,
elle nous fait des matins blêmes
et de longues nuits désolées ;
la garce elle nous ferait même
l’hiver au plein cœur de l’été.

Dans ta triste robe de moire
avec tes cheveux mal peignés,
t’as la mine du désespoir,
tu n’es pas belle à regarder !
Allez va t en ailleurs porter ailleurs!
ta triste gueule de l’ennui,
je n’ai pas le goût du malheur
va-t-en voir voir ailleurs si j’y suis.

Je veux encore rouler des hanches,
je veux me saouler de printemps,
je veux m’en payer des nuits blanches
à cœur qui bat à cœur battant,
avant que sonne l’heure blême
et jusqu’à mon souffle dernier,
je veux encore dire je t’aime,
et vouloir mourir d’aimer.

Elle a dit : « ouvre moi ta porte,
je t’avais suivi pas à pas,
je sais que tes amours sont mortes,
je suis revenue, me voilà,
ils t’ont récité leurs poèmes,
tes beaux messieurs , tes beaux enfants,
tes faux Rimbaud tes faux Verlaine,
et bien c’est fini maintenant.

Depuis elle me fait des nuits blanches,
elle s’est pendue à mon cou,
elle s’est enroulée à mes hanches
elle se couche à mes genoux,
partout elle me fait escorte,
et elle me suit, pas à pas,
elle m’attend devant ma porte,
elle est revenue, elle est là,
la solitude, la solitude.

Publié par Jean dans Chansons | RSS 2.0

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