Samedi 6 février 2010

Nicolas-Germain Léonard (1744-1793) : Les regrets

Enregistré dans : Au jour le jour — Juan @ 7.00

Pourquoi ne me rendez-vous pas
Les doux instants de ma jeunesse ?
Dieux puissants ! ramenez la course enchanteresse
De ce temps qui s'enfuit dans la nuit du trépas !
Mais quelle ambition frivole !
Ah ! dieux ! si mes désirs pouvaient être entendus,
Rendez-moi donc aussi le plaisir qui s'envole
Et les amis que j'ai perdus !

Campagne d'Arpajon ! solitude riante
Où l'Orge fait couler son onde transparente !
Les vers que ma main a gravés
Sur tes saules chéris ne sont-ils plus encore ?
Le temps les a-t-il enlevés
Comme les jeux de mon aurore ?
Ô désert ! confident des plus tendres amours !
Depuis que j'ai quitté ta retraite fleurie,
Que d'orages cruels ont tourmenté mes jours !

Ton ruisseau dont le bruit flattait ma rêverie,
Plus fidèle que moi, sur la même prairie,
Suit constamment le même cours :
Ton bosquet porte encore une cime touffue
Et depuis dix printemps, ma couronne a vieilli,
Et dans les régions de l'éternel oubli
Ma jeune amante est descendue.

Quand irai-je revoir ce fortuné vallon
Qu'elle embellissait de ses charmes ?
Quand pourrai-je sur le gazon
Répandre mes dernières larmes ?
D'une tremblante main, j'écrirai dans ces lieux
” C'est ici que je fus heureux ! “

Amour, fortune, renommée,
Tes bienfaits ne me tentent plus ;
La moitié de ma vie est déjà consumée,
Et les projets que j'ai conçus
Se sont exhalés en fumée :
De ces moissons de gloire et de félicité
Qu'un trompeur avenir présentait à ma vue,
Imprudent ! qu'ai-je rapporté ?
L'empreinte de ma chaîne et mon obscurité :
L'illusion est disparue ;

Je pleure maintenant ce qu'elle m'a coûté ;
Je regrette ma liberté
Aux dieux de la faveur si follement vendue.
Ah ! plutôt que d'errer sur des flots inconstants,
Que n'ai-je le destin du laboureur tranquille !
Dans sa cabane étroite, au déclin de ses ans,
Il repose entouré de ses nombreux enfants ;
L'un garde les troupeaux ; l'autre porte à la ville
Le lait de son étable, ou les fruits de ses champs,
Et de son épouse qui file
Il entend les folâtres chants.

Mais le temps même à qui tout cède
Dans les plus doux abris n'a pu fixer mes pas !
Aussi léger que lui, l'homme est toujours, hélas !
Mécontent de ce qu'il possède
Et jaloux de ce qu'il n'a pas.
Dans cette triste inquiétude,
On passe ainsi la vie à chercher le bonheur.
A quoi sert de changer de lieux et d'habitude
Quand on ne peut changer son cœur ?




Samedi 30 janvier 2010

Nicolas-Germain Léonard (1744-1793) : L’Absence

Enregistré dans : Poésies — Juan @ 7.33

Des hameaux éloignés retiennent ma compagne.
Hélas ! Dans ces forêts qui peut se plaire encor ?
Flore même à présent déserte la campagne
Et loin de nos bergers l'amour a pris l'essor.

Doris vers ce coteau précipitait sa fuite,
Lorsque de ses attraits je me suis séparé :
Doux zéphyr ! si tu sors du séjour qu'elle habite,
Viens ! que je sente au moins l'air qu'elle a respiré.

Quel arbre, en ce moment, lui prête son ombrage ?
Quel gazon s'embellit sous ses pieds caressants ?
Quelle onde fortunée a reçu son image ?
Quel bois mélodieux répète ses accents ?

Que ne suis-je la fleur qui lui sert de parure,
Ou le nœud de ruban qui lui presse le sein,
Ou sa robe légère, ou sa molle chaussure,
Ou l'oiseau qu'elle baise et nourrit de sa main !

Rossignols, qui volez où l'amour vous appelle,
Que vous êtes heureux ! que vos destins sont doux !
Que bientôt ma Doris me verrait auprès d'elle
Si j'avais le bonheur de voler comme vous !

Ah ! Doris, que me font ces tapis de verdure,
Ces gazons émaillés qui m'ont vu dans tes bras,
Ce printemps, ce beau ciel, et toute la nature,
Et tous les lieux enfin où je ne te vois pas ?

Mais toi, parmi les jeux et les bruyantes fêtes,
Ne va point oublier les plaisirs du hameau,
Les champêtres festons dont nous parions nos têtes,
Nos couplets ingénus, nos danses sous l'ormeau !

Ô ma chère Doris, que nos feux soient durables !
Il me faudrait mourir, si je perdais ta foi.
Ton séjour t'offrira des bergers plus aimables,
Mais tu n'en verras point de plus tendres que moi.

Que ton amant t'occupe au lever de l'aurore,
Et quand le jour t'éclaire, et quand il va finir ;
Dans tes songes légers, qu'il se retrace encore,
Et qu'il soit, au réveil, ton premier souvenir.

Si mes jaloux rivaux te parlaient de leur flamme,
Rappelle à ton esprit mes timides aveux :
Je rougis, je tremblai ; tu vis toute mon âme
Respirer sur ma bouche et passer dans mes yeux.

Et maintenant, grands dieux ! quelle est mon infortune !
De mes plus chers amis je méconnais la voix,
Tout ce qui me charmait m'afflige et m'importune ;
Je demande Doris à tout ce que je vois.

Tu reposais ici ; souvent dans ce bocage,
Penché sur tes genoux, je chantais mon amour :
Là, nos agneaux paissaient au même pâturage ;
Ici, nous nous quittions vers le déclin du jour.

Revenez, revenez, heures délicieuses,
Où Doris habitait ces tranquilles déserts,
L'écho répétera mes chansons amoureuses,
Et sur ma flûte encor je veux former des airs.

Mercredi 27 janvier 2010

Anaïs Nin

Enregistré dans : Note de lecture — Juan @ 17.29

Je comprends la solitude mieux que quiconque, c'est pourquoi je réponds à toutes les lettres, et quand vous parlez d'une indigence de rapports humains je me rappelle les époques et les lieux qui ne donnaient pas la vie. Faut-il que vous restiez là ? On devrait avoir le courage de quitter les endroits vides ou déserts. La vie est bien trop précieuse. Lorsque je regarde en arrière je vois comment nous créons notre propre destinée, comment nous suscitons les aspects négatifs par notre passivité. Nous ne devrions jamais accepter la pauvreté de vie. Je sais qu'il est difficile de faire face à l'inconnu, de créer un autre travail, ou un autre style de vie. Mais si cela dépend de vous, n'acceptez pas le vide. Journal, Hiver 1958-59, Le Livre de Poche p. 274

Dimanche 24 janvier 2010

Camille Corot : La solitude - Souvenir de Vigen

Enregistré dans : Toiles — Juan @ 6.19

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Napoléon III acheta cette toile au salon de 1866.




Samedi 23 janvier 2010

Solitude - Tazounette

Enregistré dans : Poésies, Lien — Juan @ 9.38

S’accrocher à ta voix coulant du récepteur
Oublier les jours tristes où grandit cette attente
Laisser aller ses rêves au fil des silences ou
Intonations aimées. Sourire, rire, être émue
Trouver de la quiétude dans ta fausse présence
Une impression de toi, un vide presque tût
Doux instants partagés par cet infime lien
Ecouter cette voix et te sentir si là…

Lien : Tazounette : Voilà un vrai blog ! Ce que je ne sais pas faire ! En parcourant les articles on a une idée précise des goûts, du caractère, de l'ambition intérieure de la blogeuse ! Outre celui-ci, elle y a publié à cette heure 56 autres poèmes, qui finiront (j'en fais le pari) en livre ! Il n'y a plus qu'à espérer qu'elle ne le fermera jamais !

Vendredi 22 janvier 2010

Gérald Aubert

Enregistré dans : Citations — Juan @ 22.47

57051affichesentimentsprovisoires.jpgLa solitude est un chien du cœur et j’ai perdu la laisse. Sentiments provisoires.

Dimanche 17 janvier 2010

Hans Thoma (1839-1924) - Solitude

Enregistré dans : Toiles — Juan @ 18.28

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Samedi 16 janvier 2010

Ma solitude - Red

Enregistré dans : Poésies, Lien — Juan @ 7.00

On est toutes deux inséparables
Moi et mon amie obscure
Pourtant son silence m'accable
Elle me fait peur… elle me torture

J'essaye de lui parler parfois
Mais elle refuse de dire un mot
Cependant, je n'ai pas le choix
Je l'aurais toujours sur le dos

Elle attend que tout le monde s'en aille
Pour venir me rendre visite
Elle m'encercle par ses murailles
Et refuse qu'un jour on se quitte

Même quand je suis accompagnée
L'insolente se faufile parfois
Et tisse ses toiles d'araignée
Dans ma tête et autour de moi

Et comme j'ai dû la supporter
Depuis le temps qu'on est unies,
J'ai appris à cohabiter
Et apprécier sa compagnie

Je la trouve même si agréable
Qu'on pourrait faire un compromis:
Puisqu'elle demeure inévitable,
Ce sera ma meilleure ennemie.

Red Planet

Dimanche 10 janvier 2010

Einsamkeit - Moritz Bauernfeind - 1911

Enregistré dans : Toiles — Juan @ 18.22

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Samedi 9 janvier 2010

174) Louis Aragon (1897-1982)

Enregistré dans : Poésies — Juan @ 12.56

J'ai vu ce couple au déclin du jour je ne sais dans quel quartier
Nous avions fait un détour au-dessus de Nice avec la voiture
La ville mauve en bas allumait peu à peu ses devantures

Ces enfants se tenaient par la main comme sur une peinture
Histoire de les regarder je me serais arrêté volontiers.

Il n'y avait dans ce spectacle rien que de très ordinaire
Ils étaient seuls ils ne se parlaient pas ne bougeaient pas rêvant
Ils écoutaient leur cœur à distance et n'allaient point au-devant
La place était vide autour d'eux il n'y remuait que le vent
Et l'auto n'a pas ralenti Les phares sur les murs tournèrent

Le Roman inachevé, Une respiration profonde

Loneliness - T.E. Turner - 1999

Enregistré dans : Toiles — Juan @ 7.00

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Vendredi 8 janvier 2010

Samoce

Enregistré dans : Photos — Juan @ 17.12

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